Vigiles (OSB) du mercredi 8 avril 2020 - Mercredi de la semaine sainte

Hebdomada Sancta Semaine sainte
Feria IV Mercredi
Feria IV hebdomadae sanctae Mercredi de la semaine sainte
Ad Vigilas
Ad Vigilias
In primo nocturno, anno II Premier nocturne, année II
De libro Ieremíæ prophétæ Du livre de Jérémie
Lectio I Lecture I
Tu autem, Dómine, demonstrásti mihi et cognóvi; tunc ostendísti mihi ópera eórum. Et ego quasi agnus mansuétus qui portátur ad víctimam; et non cognóvi quia super me cogitavérunt consília: " Cædámus lignum in vigóre eius et eradámus eum de terra vivéntium, et nomen eius non memorétur ámplius. " Tu autem, Dómine exercítuum, qui iúdicas iuste et probas renes et corda: vídeam ultiónem tuam ex eis; tibi enim revelávi causam meam. Le Seigneur me l'a fait savoir et je l'ai su; tu m'as alors montré leurs agissements. Et moi, comme un agneau confiant qu'on mène à l'abattoir, j'ignorais qu'ils tramaient contre moi des machinations: " Détruisons l'arbre dans sa vigueur, arrachons-le de la terre des vivants, qu'on ne se souvienne plus de son nom! " Seigneur des armées, qui juges avec justice, qui scrutes les reins et les cœurs, je verrai ta vengeance contre eux, car c'est à toi que j'ai exposé ma cause.
℟. Senióres pópuli consílium fecérunt, ut Iesum dolo tenérent et occíderent. * Cum gládiis et fústibus exiérunt tamquam ad latrónem. ℣. Congregavérunt iniquitátem sibi, et egrediebántur foras. * Cum gládiis. ℟. Les anciens du peuple tinrent conseil pour arrêter Jésus par ruse, et le faire mourir. * Ils partirent armés d'épées et de bâtons, comme pour un bandit. ℣. Ils emplirent leur cœur de pensées méchantes, et sortirent exécuter leur dessein. * Ils partirent.
Lectio II Lecture II
Iustus quidem tu es, Dómine, si dísputem tecum; verúmtamen de iudíciis loquar ad te. Quare via impiórum prosperátur? Bene est ómnibus qui prævaricántur et iníque agunt. Plantásti eos et radícem misérunt, profíciunt et fáciunt fructum; prope es tu ori eórum et longe a rénibus eórum. Et tu, Dómine, nosti me, vidísti me et probásti cor meum tecum; ségrega eos quasi gregem ad víctimam et sanctífica eos in diem occisiónis. Usquequo lugébit terra et herba omnis regiónis siccábitur propter malítiam habitántium in ea? Consúmptum est ánimal et vólucre, quóniam dixérunt: " Non vidébit novíssima nostra. " Si cum pedítibus currens laborásti, quómodo conténdere póteris cum equis? Cum autem in terra pacis secúrus fúeris, quid fácies in silva condénsa Iordánis? Nam et fratres tui et domus patris tui, étiam ipsi fraudulénter egérunt advérsum te et clamavérunt post te plena voce; ne credas eis, cum locúti fúerint tibi bona. Tu es trop juste, Seigneur, pour que j'entre en contestation avec toi. Cependant je parlerai avec toi de questions de droit: Pourquoi la voie des méchants est-elle prospère? Pourquoi tous les traîtres sont-ils en paix? Tu les plantes, ils s'enracinent, ils vont bien, ils portent du fruit. Tu es près de leur bouche, mais loin de leurs reins. Mais toi, Seigneur, tu me connais, tu me vois, tu éprouves mon cœur qui est avec toi. Enlève-les comme des brebis pour l'abattoir, consacre-les pour le jour du massacre. (Jusques à quand le pays sera-t-il en deuil et l'herbe de toute la campagne desséchée? C'est par la perversité de ses habitants que périssent bêtes et oiseaux. ) Car ils disent: Dieu ne voit pas notre destinée. - Si la course avec des piétons t'épuise, comment lutteras-tu avec des chevaux? Dans un pays en paix tu te sens en sécurité, mais que feras-tu dans les halliers du Jourdain? Car même tes frères et la maison de ton père, même eux te trahiront! Même eux crieront après toi à pleine voix. N'aie pas confiance en eux quand ils te diront de bonnes paroles!
℟. Revelábunt cæli iniquitátem Iudæ, et terra advérsus eum consúrget, et maniféstum erit peccátum illíus in die furóris Dómini, * Cum eis qui dixérunt Dómino meo: Recéde a nobis, sciéntiam viárum tuárum nólumus. ℣. Fiat mensa eórum coram ipsis in láqueum, et in retributiónes et in scándalum. * Cum eis. ℟. Les cieux dévoileront l'iniquité de Judas, et la terre se dressera contre lui; son péché sera manifeste au jour de la colère divine, * Avec ceux qui auront dit à mon Seigneur: Éloigne-toi de nous, nous ne désirons pas connaître tes voies. ℣. Que leur table devienne un piège, un guet-apens pour leurs convives. * Avec ceux.
Lectio III Lecture III
Relíqui domum meam, dimísi hereditátem meam; dedi diléctam ánimæ meæ in manu inimicórum eius. Facta est mihi heréditas mea quasi leo in silva; dedit contra me vocem, ídeo odívi eam. Numquid avis díscolor heréditas mea mihi? Numquid aves in circúitu contra eam? Veníte, congregámini, omnes béstiæ campi, properáte ad devorándum. Pastóres multi demolíti sunt víneam meam, conculcavérunt partem meam; dedérunt portiónem meam desiderábilem in desértum solitúdinis. Posuérunt eam in dissipatiónem; lugétque coram me desoláta, vastáta est omnis terra, quia nullus est qui recógitet corde. Super omnes colles in desérto venérunt vastatóres, quia gládius Dómini dévorat ab extrémo terræ usque ad extrémum eius; non est pax univérsæ carni. Seminavérunt tríticum et spinas messuérunt, laboravérunt, et non eis próderit; confundémini a frúctibus vestris propter iram furóris Dómini. J'ai abandonné ma maison, quitté mon héritage; ce que je chérissais, je l'ai livré aux mains de ses ennemis. Mon héritage s'est comporté envers moi comme un lion de la brousse, il a poussé contre moi ses rugissements, aussi l'ai-je pris en aversion. Mon héritage serait-il un rapace bigarré, que les rapaces l'encerclent de toutes parts? Allez! Rassemblez toutes les bêtes sauvages, faites-les venir à la curée! Des pasteurs en grand nombre ont saccagé ma vigne, piétiné mon domaine, réduit mon domaine préféré en solitude désertique. Ils en ont fait une région désolée, en deuil, désolée devant moi. Tout le pays est désolé et personne ne prend cela à cœur! Sur tous les monts chauves du désert sont arrivés des dévastateurs (car le Seigneur tient une épée dévorante): d'un bout du pays jusqu'à l'autre il n'y a de paix pour aucune chair. Ils ont semé du blé, ils moissonnent des épines: ils se sont épuisés sans profit. Ils ont honte de leurs récoltes, à cause de l'ardente colère du Seigneur.
℟. O Iuda, qui dereliquísti consílium pacis et cum Iudæis consiliátus es, trigínta argénteis vendidísti sánguinem iustum, * Et pacis ósculum ferébas, quam in péctore non habébas. ℣. Verax datur fallácibus, pium flagéllat ímpius. * Et pacis. ℣. Glória Patri. * Et pacis. ℟. Ô Judas, tu as abandonné les projets de paix, pour former, avec les autorités juives, celui de vendre le sang d'un juste trente pièces d'argent. * Et tu offrais le baiser d'une paix que tu n'avais pas dans le cœur. ℣. L'homme véridique est livré aux imposteurs, l'impie flagelle l'homme de la piété filiale. * Et tu offrais. ℣. Gloire au Père. * Et tu offrais.
In secundo nocturno, anno II Deuxième nocturne, année II
Ex Sermónibus sancti Bernárdi abbátis (Sermo in Fer. 4 Hebd. Sanctæ, 3-4: EC 5, 58-59) Sermon de saint Bernard
Lectio I Lecture I
Vidimus eum et non erat ei aspéctus, nec speciósum forma præ fíliis hóminum, sed oppróbrium hóminum, tamquam leprósum; novíssimum virórum, plane virum dolórum, a Deo percússum et humiliátum; ita ut nulla esset ei spécies neque decor. O novíssimum, et altíssimum! O húmilem, et sublímem! O oppróbrium hóminum, et glóriam angelórum! Nemo illo sublímior, neque humílior. Dénique sputis íllitus est, oppróbriis saturátus est, morte turpíssima condemnátus est, cum scelerátis deputátus est. Nihílne merébitur vel ista humílitas, quæ hunc habet modum, immo quæ tam est ultra modum? Sicut est patiéntia singuláris, sic humílitas admirábilis, útraque sine exémplo. Nous l'avons vu, et il n'y avait rien en lui qui pût attirer nos regards, le plus beau des enfants des hommes est devenu objet d'horreur, comme un lépreux, le dernier des hommes, vraiment l'homme de la douleur, frappé par Dieu et humilié, et il n'y avait plus en lui ni éclat ni beauté. Ô dernier des hommes, qui es premier Humilié, exalté. Ô déchet des hommes et gloire des anges. Nul n'est plus haut que lui et nul n'est plus bas. Il a été couvert de crachats, saturé d'opprobres, condamné à la mort la plus honteuse et mis au rang des criminels. Ne méritera-t-elle rien, cette humilité aussi qui embrasse une telle mesure, bien plus, qui dépasse tellement toute mesure? De même que la patience du Christ est unique, ainsi son humilité est admirable, sans exemple toutes deux.
℟. Eram quasi agnus ínnocens, ductus sum ad immolándum, et nesciébam: consílium fecérunt inimíci mei advérsum me, dicéntes: * Veníte, mittámus lignum in panem eius, et conterámus eum de terra vivéntium. ℣. Omnes inimíci mei advérsum me cogitábant mala mihi; verbum iníquum mandavérunt advérsum me, dicéntes: * Veníte. ℟. J'étais comme un agneau docile qu'on mène à l'abattoir, et je ne savais pas ce que mes ennemis préparaient contre moi. Ils disaient: * Venez, mettons du bois dans son pain, retranchons-le de la terre des vivants. ℣. Unis contre moi, mes ennemis murmurent; ils m'adressent des paroles maléfiques: * Venez.
Lectio II Lecture II
Utrámque tamen magnífice causa ipsa comméndat; nimírum cáritas est. Propter nímiam enim caritátem suam qua diléxit nos Deus, ut servum redímeret, nec Pater Fílio, nec sibi Fílius ipse pepércit. Vere nímiam, quia et hæc mensúram excédit, modum súperat, plane superéminens univérsis. Nec sane áliud áliquid patiéntiam hanc et humilitátem æque illústrat, quam quod trádidit in mortem ánimam suam et peccáta multórum tulit, étiam pro transgressóribus rogans, ut non perírent. Fidélis sermo, et omni acceptióne dignus! Quia enim vóluit, oblátus est. Non modo vóluit et oblátus est, sed quia vóluit. Solus nimírum potestátem hábuit ponéndi ánimam suam: nemo eam ábstulit ab eo; óbtulit ultro. L'une et l'autre prennent plus de splendeur encore si l'on pense à leur racine: Le trop grand amour dont Dieu nous a aimés. Pour racheter l'esclave, le Père n'a pas épargné son Fils, le Fils ne s'est pas épargné lui-même. Trop grand, oui, car il dépasse mesure et mode, l'emportant sur tout autre amour. Rien ne définit mieux sa patience et son humilité: il a donné sa vie et porté le péché de la multitude, priant encore pour les coupables. Parole fidèle, digne de toute créance: c'est parce qu'il l'a voulu qu'il est devenu sacrifice. On ne doit pas seulement dire qu'il l'a voulu et qu'il est devenu sacrifice, mais parce qu'il l'a voulu Car il eut seul ce pouvoir de déposer sa vie: nul ne la lui ôta, il l'offrit spontanément.
℟. Omnes amíci mei dereliquérunt me, et prævaluérunt insidiántes mihi. Trádidit me quem diligébam; et terribílibus óculis plaga crudéli percutiéntes, * Acéto potábant me. ℣. Et dedérunt in escam meam fel, et in siti mea, * Acéto. ℟. Tous mes amis se sont détournés de moi, ceux qui m'attaquent ont pris le dessus: il m'a livré celui que j'aimais; dardant les yeux sur moi, on me frappait d'une plaie cruelle; * Ils m'ont donné à boire du vinaigre. ℣. À mon pain ils ont mêlé du poison; et quand j'avais soif, * Ils m'ont donné.
Lectio III Lecture III
Cum accepísset acétum dixit: Consummátum est. Nihil restat impléndum iam non est quod exspéctem. Et inclináto cápite, factus obœdiens usque ad mortem, trádidit spíritum. Quis tam fácile quando vult dormit? Magna quidem infírmitas mori; sed plane sic mori, virtus imménsa. Nempe quod infírmum est Dei, fórtius est homínibus. Solus in mortem trádidit ánimam suam, qui solus virtúte própria regréssus est ad vitam. Solus potestátem hábuit ponéndi, qui solus facultátem æque hábuit líberam resuméndi, impérium habens vitæ et mortis. Ayant pris le vinaigre, il dit: Tout est consommé. Toutes choses sont accomplies, je n'attends rien de plus. Et, inclinant la tête, obéissant jusqu'à la mort, il rendit l'esprit. Quel homme peut s'endormir ainsi dans la mort, au gré de sa volonté Mourir, quelle grande infirmité mais mourir ainsi, quelle force immense Vraiment, ce qui est faiblesse de Dieu est plus fort que les hommes. Seul pouvait se livrer ainsi à la mort celui qui seul allait revenir à la vie par sa vertu propre. Seul il eut le pouvoir de donner sa vie, lui qui, seul, pouvait la reprendre parce qu'il commande la vie et la mort.
℟. Iudas, mercátor péssimus, ósculo pétiit Dóminum. Ille, ut agnus, ínnocens non negat Iudæ ósculum. * Denariórum número Christum Iudæis trádidit. ℣. Mélius illi erat si natus non fuísset. * Denariórum. ℣. Glória Patri. * Denariórum. ℟. Judas, ce misérable mercantile, dans un baiser assaille le Seigneur: lui, cet agneau innocent, ne refuse pas le baiser de Judas; * Pour quelques deniers, le malheureux livre le Christ aux autorités juives. ℣. Il vaudrait mieux pour lui qu'il ne soit pas né! * Pour quelques deniers. ℣. Gloire au Père. * Pour quelques deniers