Evangile commenté du lundi 10 septembre 2018

Hebdomada XXIII per annum XXIIIème semaine dans l'année
Feria II Lundi
 Evangelium  Evangile
Luc (6,6-11) Luc (6,6-11)
Factum est autem in sábbato, ut intráret Iesus in synagógam et docéret; et erat ibi homo, et manus eíus dextra erat árida. Observábant autem illum scribae et pharisǽi, si sábbato curáret, ut invenírent accusáre illum. Ipse vero sciébat cogitatiónes eórum et ait hómini, qui habébat manum áridam: “Súrge et sta in médium.” Et surgens stetit. Ait autem ad illos Iésus: “Intérrogo vos, si licet sábbato bene fácere an male; ánimam salvam fácere an pérdere?” Et circumspéctis ómnibus illis, dixit illi: “Exténde manum tuam.” Et fecit; et restitúta est manus eíus. Ipsi autem repléti sunt insipiéntia et colloquebántur ad ínvicem quidnam fácerent Iésu. Il arriva, un jour de sabbat, que Jésus entra dans la synagogue et qu'Il enseignait; et il y avait là un homme dont la main droite était desséchée. Or les scribes et les pharisiens L'observaient, pour voir s'Il ferait une guérison le jour du sabbat, afin de trouver de quoi L'accuser. Mais Lui, Il connaissait leurs pensées, et Il dit à l'homme qui avait la main desséchée: Lève-toi, et tiens-toi là au milieu. Et se levant, il se tint debout. Alors Jésus leur dit: Je vous demande s'il est permis, les jours de sabbat, de faire du bien ou de faire du mal, de sauver la vie ou de l'ôter? Et ayant promené Ses regards sur eux tous, Il dit à l'homme: Etends ta main. Il l'étendit, et sa main fut guérie. Mais eux, remplis de démence, s'entretenaient ensemble de ce qu'ils feraient à Jésus.
Verbum Dómini. ℟. Laus tibi, Christe. Parole du Seigneur. ℟. Louange à Toi, ô Christ.
Commentaire de l'Evangile par le TRP Dom Paul Delatte, abbé de Solesmes.
Commentaire par Dom Paul Delatte (1848-1937), osb, abbé de saint Pierre de Solesmes
Les textes de saint Matthieu et de saint Marc nous laisseraient supposer que ce miracle a été accompli le même jour que le précédent, si le texte parallèle de saint Luc ne disait formellement qu'il s'agit d'un autre sabbat. Le Seigneur, fidèle à sa coutume, entre dans une synagogue pour y enseigner. Or, il y avait dans l'auditoire un homme affligé d'une paralysie de la main droite. Il s'y trouvait aussi, comme toujours, des scribes et des pharisiens. Résolus d'avance à ce que le Seigneur fût en défaut, et le sachant libéral sur cette question du sabbat, ils l'épiaient ensemble. Le Seigneur ne se hâtait pas. Ils tendirent eux-mêmes ce qu'ils croyaient être un piège. Sans doute, ils signalèrent la présence de l'infirme, et demandèrent à Jésus : « Est-il permis de guérir le jour du sabbat ? » Peut-être avaient-ils eu connaissance de la guérison du paralytique, à la piscine de Béthesda. Quelques uns pouvaient poser le cas de conscience avec un reste de bonne foi ; mais d'autres interrogent afin de trouver dans les paroles ou les actes du Seigneur un grief nouveau contre lui. Le Seigneur n'ignorait point les dispositions secrètes des pharisiens. Alors qu'ils complotent en secret, il va leur répondre très ouvertement. Mais son procédé est habile. Guérir aussitôt l'infirme eût été chose trop simple : il lui faut chercher, soit à éclairer ses adversaires, soit à les confondre dans leur mauvaise foi.
Il fait donc sortir des rangs l'homme à la main desséchée, l'invite à se placer au milieu de l'espace libre, bien en évidence. A la question que lui ont posée les docteurs, il répond par Une interrogation semblable : « Je vous le demande à mon tour, dit le Seigneur : est-il permis, le jour du sabbat, de faire du bien, en sauvant une vie, — ou bien faut-il plutôt faire le mal, en ne lui portant point secours ? » Les pharisiens se turent ; aussi bien, que pouvaient-ils répondre ? Interdire le miracle, devant celui qui pouvait en bénéficier, devant la foule qui sympathise volontiers avec la souffrance, c'était maladroit et cruel ; avouer que la guérison est permise, c'était renoncer à l'espoir d'accuser le Seigneur et abandonner le plus spécieux grief qu'ils eussent, jusqu'alors, trouvé contre lui. En face de leur silence prudent, le Seigneur poursuivit, et sur le ton, cette fois, de la discussion : « Quel est celui d'entre vous qui, ayant une seule brebis, et la sachant tombée dans mie fosse, n'ira pas, même un jour de sabbat, la saisir et la retirer ? Mais combien un homme ne vaut-il pas mieux qu'une brebis ! J'en conclus qu'il est permis de faire du bien le jour du sabbat. « Saint Matthieu est le seul à reproduire ce raisonnement ; saint Luc en rapporte un analogue, à propos de la guérison de l'hydropique (xiv, 1-6). En constatant l'insuccès de sa démonstration, le Seigneur promena sur eux tous un regard irrité, et gémit tout bas sur l'endurcissement de leur cœur. Puis, s'adressant à l'infirme : « Étendez votre main », lui dit-il. Il l'étendit, et cette main aride et morte redevint sur le champ aussi saine que l'autre. Le Seigneur n'avait même pas touché l'infirme : tout son travail avait été de solliciter un acte de foi et de faire le bien par sa vertu secrète.
Les textes français proposés ont pour seul but une meilleure compréhension des textes latins. Ils ne doivent pas être utilisés dans la liturgie en Français.
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