Extrait quotidien de la Règle de Notre Bienheureux Père Saint Benoît, et son commentaire par le TRP Dom Paul Delatte, abbé de Solesmes :
Caput 7: De humilitate (k) 7 - L’HUMILITÉ (k)
Nonus humilitatis gradus est, si linguam ad loquendum prohibeat monachus et taciturnitatem habens, usque ad interrogationem non loquatur, monstrante Scriptura quia in multoloquio non effugitur peccatum, et quia vir linguosus non dirigitur super terram. Le neuvième échelon de l’humilité est que le moine sache retenir sa langue et garde le silence sans rien dire tant qu’il n’est pas interrogé. Car l’Écriture atteste que « dans le flot de paroles on n’évite pas le péché » et que « le bavard ne marche pas droit sur la terre. »
Saint Benoît a consenti enfin à parler des œuvres extérieures dans le huitième degré, où il a condensé tout ce qui regarde l’ensemble de notre activité monastique. Les trois degrés suivants, qui pourraient facilement se ramener à un seul, sont relatifs à quelques détails plus importants
à la parole et à certains éléments concomitants. Un moine humble sait retenir sa langue, toujours disposée à abuser. Il a l’esprit de silence, le culte du silence. Devant ses supérieurs ou devant ses frères, il sait attendre, pour parler, une sorte de mise en demeure et un motif. Même en récréation, il y a une mesure à garder ; mais enfin la conversation a ses droits, et c’est l’heure : si l’on pouvait ne parler que durant les heures de récréation ! Mais il en est qui sont constamment sous pression et ne peuvent se contenir ; c’est devenu nécessité, nature ; il y a toujours urgence à leurs yeux : une si bonne plaisanterie, une confidence qui ne supporte pas de retard, une idée géniale qui mérite d’être communiquée immédiatement aux amis ! Et c’est en vain que devant ceux-là on, parle du silence : ils croient toujours que c’est pour d’autres. Observons-nous, gardons-nous d’amnistier notre bavardage, en prétendant que ce n’est après tout qu’une manière d’être extérieure : cette attitude extérieure se conjugue, hélas ! intérieurement. avec un fonds d’orgueil, d’immortification, de dissipation spirituelle. Et nous ne parviendrons à corriger l’ennemi caché que si nous nous appliquons à. le saisir dans ses manifestations visibles. La conséquence de ce flot inconsidéré de paroles, l’Écriture nous le répète, c’est, immanquablement, le péché (PROV., X, 19) ; c’est le temps perdu, et de façon irrémédiable, c’est le scandale, la destruction lente de notre charité fraternelle et de notre esprit d’obéissance. L’homme verbeux, le grand parleur ne réussira jamais, ne trouvera jamais sa voie sur la terre : il fatiguera .et blessera Dieu et les hommes (Ps. CXXXIX, 12).
Les textes français proposés ont pour seul but une meilleure compréhension des textes latins. Ils ne doivent pas être utilisés dans la liturgie en Français.
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