Extrait quotidien de la Règle de Notre Bienheureux Père Saint Benoît, et son commentaire par le TRP Dom Paul Delatte, abbé de Solesmes :
Caput 37 - DE SENIBUS VEL INFANTIBUS 37 - LES VIEILLARDS ET LES ENFANTS
Licet ipsa natura humana trahatur ad misericordiam in his ætatibus, senum videlicet et infantum, tamen et regulæ auctoritas eis prospiciat. Consideretur semper in eis imbecillitas et ullatenus eis districtio regulæ teneatur in alimentis, sed sit in eis pia consideratio et præveniant horas canonicas. BIEN QUE la nature humaine incline d’elle- même à l’indulgence envers ces âges, celui des vieillards et celui des enfants, cependant l’autorité de la Règle aura aussi égard à eux. On prendra toujours en considération leur faiblesse et on ne maintiendra pas pour eux toute la rigueur de la Règle quant à la nourriture, mais on usera de condescendance envers eux et ils mangeront avant les heures normales.
C’est assez d’être homme, dit saint Benoît, pour être incliné à la sympathie et à l’indulgence envers ces deux âges : la vieillesse et l’enfance ; il convient pourtant que l’autorité de la Règle intervienne aussi en leur faveur. La charité est quelque chose de mieux que la simple philanthropie, et le motif profond de nos actes doit être surnaturel. De plus, il nous faut bien remarquer que les dispenses, les permissions, les interprétations bienveillantes de la Règle appartiennent encore à la Règle et émanent de l’autorité ; elles ne sont pas le caprice, l’arbitraire, le relâchement.
On aura donc toujours égard à la faiblesse des enfants et des vieillards, et on ne leur appliquera aucunement l’austérité de la Règle au point de vue du régime alimentaire . Mais on usera pour eux d’une affectueuse condescendance et ils pourront devancer l’heure régulière des repas, praeveniant horas canonicas. En un mot, on s’ingéniera pour que la vie monastique, qui ne consiste pas dans le nivellement et l’uniformité, leur demeure possible. Saint Benoît n’a pas jugé opportun d’entrer dans les détails et les précisions : tout est laissé à la discrétion de l’Abbé. C’est à lui d’apprécier, pour chaque cas, à quel âge finit l’enfance et à quel âge commence la vieillesse ; de reconnaître s’il convient d’accorder un ou plusieurs repas supplémentaires ou seulement de petits acomptes, analogues aux soulagements qu’on procure aux serviteurs de la cuisine, aux lecteurs, aux moines qui ont fourni un travail fatigant. Nous savons paf une phrase du chapitre LXlll que les enfants prenaient part aux repas de la communauté. Au sujet des mots in alimentis, D. Ménard remarque que les exceptions dont parle saint Benoît portent sur la qualité plutôt que sur la quantité des mets, car il est écrit au chapitre XXXlX :
Pueris vero minori aegate non eadem servetur quantitas, sed minor quam majoribus ; l’estomac des enfants est trop petit, dit-il, pour assimiler une nourriture abondante, de même que celui des vieillards est trop froid et s’expose, par une alimentation mal réglée, à étouffer le peu de chaleur qui lui reste, selon l’enseignement d’Hippocrate.
Les textes français proposés ont pour seul but une meilleure compréhension des textes latins. Ils ne doivent pas être utilisés dans la liturgie en Français.
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