Extrait quotidien de la Règle de Notre Bienheureux Père Saint Benoît, et son commentaire par le TRP Dom Paul Delatte, abbé de Solesmes :
Caput 57 - DE ARTIFICIBUS MONASTERII 57 - LES ARTISANS DU MONASTÈRE
Artifices si sunt in monasterio cum omni humilitate faciant ipsas artes, si permiserit abbas. Quod si aliquis ex eis extollitur pro scientia artis suæ, eo quod videatur aliquid conferre monasterio, hic talis erigatur ab ipsa arte et denuo per eam non transeat, nisi forte humiliato ei iterum abbas iubeat. Si quid vero ex operibus artificum venumdandum est, videant ipsi per quorum manus transigenda sint ne aliquam fraudem præsumant. Memorentur semper Ananiæ et Safiræ, ne forte mortem quam illi in corpore pertulerunt, hanc isti vel omnes qui aliquam fraudem de rebus monasterii fecerint in anima patiantur. In ipsis autem pretiis non surripiat avaritiæ malum, sed semper aliquantulum vilius detur quam ab aliis sæcularibus dari potest, ut in omnibus glorificetur Deus. S’IL Y A DES ARTISANS au monastère, ils exer-ceront leur métier en toute humilité, à condition que l’abbé le permette. Mais si jamais l’un d’eux s’enorgueillit de la connaissance qu’il a de son métier, en voyant qu’il rapporte quelque chose au monastère, celui-là sera relevé de son emploi et il n’y retournera plus, à moins qu’il ne se soit humilié et que l’abbé ne lui ait commandé de s’y remettre. Si un objet fabriqué par les artisans doit être vendu, ceux par qui se fera la transaction veilleront à ne se permettre aucune fraude. Qu’ils se souviennent toujours d’Ananie et de Saphire, redoutant que la mort subie par ceux-ci dans leur corps, eux-mêmes et tous ceux qui commettraient quelque fraude sur les biens du monastère ne viennent à l’éprouver dans leur âme. Dans les prix, que le mal de l’avarice ne se glisse pas non plus, mais que l’on vende toujours un peu moins cher que les commerçants dans le monde, « afin qu’en toutes choses Dieu soit glorifié ».
La première portion de ce chapitre est relative aux métiers et aux arts mécaniques qui s’exercent à l’intérieur du monastère ; la seconde aux fruits et produits de ces travaux.
Pour les grosses besognes comme pour celles qui s’exécutent aisément, tous les frères ont compétence. Mais il est des ouvrages un peu spéciaux qui réclament un apprentissage et ne conviennent qu’aux artifices, aux artisans. Saint Benoît suppose donc qu’il se trouve dans le monastère des gens de métier, peut-être même de vrais artistes : peintres, sculpteurs, calligraphes. On a pu apprendre cet art dans le monde, ou bien c’est au cloître qu’a eu lieu l’initiation. Car N. B. Père désire qu’on cultive chez lui tous les arts nécessaires à l’entretien de la maison ; c’est plus qu’une tolérance, c’est un souhait formel ; il pressent, d’ailleurs, ici comme au chapitre LXVl, que cela ne sera pas possible toujours.
Saint Benoît est cohérent avec sa pensée habituelle lorsqu’il décide qu’on pourra tirer parti de l’habileté des frères qui savent un métier jamais il n’a songé à contrarier systématiquement, sous couleur de mortification, les aptitudes et les goûts. Un seule condition est exigée l’ordre ou la permission de l’Abbé. Il est entendu que le religieux exercera son art en toute humilité et soumission Ce savoir-faire créait une distinction et il fallait se prémunir contre une disposition à la suffisance. De plus, un bénéfice est acquis d’ordinaire à la société monastique par ces compétences spéciales ; et plus ce bénéfice est réel, plus il est facile à celui qui le procure d’y trouver un prétexte à la superbe ou à l’irrégularité. Toutes les fois qu’est annexée au monastère une exploitation, une fabrication, une institution de rapport, le danger existe : “ Bon an, mal an, se dit-on, je vaux tant à la communauté. Les autres ne font que boire et manger ; pendant ce temps, je fournis, moi, aux finances de l’abbaye, un apport annuel considérable. Ce n’est qu’à la condition d’un grand esprit religieux qu’on peut échapper au péril de ces situations. Saint Augustin l’avait prévu avant saint Benoît : Nec exiollantur si communi vitae de suis facultatibus aliquid contulerunt ; de même Cassien. Saint Ephrem, lui aussi, invite le moine à ne se prévaloir jamais de ce qu’il rapporte ; et saint Basile recommande au supérieur, comme le fait N. B. Père, de ne pas tolérer un pareil scandale .
L’âme d’un moine vaut mieux que tout. Et le jour où l’Abbé verrait se glisser, ou bien l’orgueil, ou bien l’esprit mercantile, ou bien l’insubordination et le particularisme, dans ces petites institutions, ce lui serait un devoir de passer outre à une plaie d’argent, qui n’est jamais mortelle, et de sauvegarder les âmes à tout prix. Les paroles de la Règle sont énergiques : “ Cet homme-là doit être arraché à son travail et ne plus s’en occuper désormais, à moins qu’il ne s’humilie et que l’Abbé ne lui ordonne de le reprendre. ”

Si quid vero ex operibus artificum venumdandum est, videant ipsi per quorum manus transigenda sunt, ne aliquam fraudem praesumant inferre Memorentur Ananix et Saphirae : ne forte mortem quam illi in corpore pertulerunt, hane isti, vel omnes qui aliquam frandem de rebus monas terii fecerint, in anima patiantur
Si un objet fabriqué par les artisans doit être vendu, ceux par qui se fera la transaction veilleront à ne se permettre. aucune fraude. Qu’ils se souviennent toujours d’Ananie et de Saphire, redoutant que la mort subie par ceux-ci dans leur corps, eux-mêmes et tous ceux qui commettraient quelque. fraude sur les biens du monastère ne viennent à l’éprouver dans leur âme.


Peut-être serait-ce ici le lieu de passer en revue la série des fabrications et exploitations qui sont compatibles avec la dignité extérieure de notre vie, avec la composition du monastère, avec nos traditions . Le problème a tout ensemble son importance et sa délicatesse. Aux diverses branches des familles religieuses les traditions ont déterminé ce qui convient et ce qui ne sied pas. En ces matières, il faut s’abstenir de légiférer d’une manière universelle. Chaque supérieur est un peu juge de ce qu’il se doit, de ce qu’il doit à son monastère, de ce qu’exige la solidarité des maisons entre elles, de ce à quoi elles sont parfois contraintes pour subvenir à des détresses financières. Les Chartreux font de la liqueur, on plutôt il y a un père et quelques frères convers qui s’y emploient. Les Trappistes fabriquent du chocolat, des fromages, de la bière, ils exploitent leurs terres ; c’est reçu chez eux. Pour ce qui nous concerne, nous ne sommes les fournisseurs authentiques et patentés d’aucun produit. Que pour la publication des livres liturgiques et des autres travaux monastiques, et pour aider à la diffusion de la vérité, nous dirigions une imprimerie, rien de mieux. C’est une sorte de prédication conventuelle ; nous ne faisons que reprendre ainsi nos traditions, et multiplier par la typographie des manuscrits que nous transcrivions et enluminions autrefois. Sortir de là, c’est nous exposer parfois à de gros mécomptes. C’est rentrer par la mauvaise porte dans toutes les responsabilités et les préoccupations séculières, c’est échapper à notre vie religieuse, et propter vitam, vivendi perdere causas. Il n’est pas démontré que le Seigneur aime beaucoup chez nous l’exercice d’aucune industrie.
Mais enfin, dans une abbaye, une exploitation annexe produit du fruit et au delà de ce qui est nécessaire au monastère lui-même : du vin par exemple, du miel, des légumes ; que faire de ce qui reste ? Parmi les Pères d’Orient, quelques-uns détressaient nattes et corbeilles, et recommençaient. Cassien nous raconte que l’Abbé Paul, vivant à sept jours de marche de toute habitation, brûlait à la fin de l’année les corbeilles qui encombraient sa grotte. La plupart écoulaient en ville leurs produits ; il ne nous est pas défendu de les imiter et, après avoir prélevé la part de l’aumône, d’assurer ainsi quelques ressources au monastère. Mais il ne semble pas que saint Benoît ait été soucieux de voir les moines s’en aller eux-mêmes aux foires et aux marchés publics . Lui qui demandera plus loin que tous les métiers soient exercés au monastère : ut non sit monachis necessitas vagandi foras, comment aurait-il pu souhaiter que les moines sortissent, non plus pour acheter, mais pour faire commerce ?
La vente se fera par des intermédiaires. Et saint Benoît avertit l’Abbé et les moines de veiller à leur probité. Ils pouvaient être tentés de prélever une commission. Le travail était accompli avec conscience, le vin n’était pas frelaté : les clients ne manquaient pas. Les vendeurs étaient portés, par la supériorité même de la marchandise qu’ils offraient, à la taxer très haut, sauf à encaisser la différence. Peut-être étaient-ils les familiers du monastère et trouvaient-ils tout naturel de s’enrichir à ses dépens. Mais saint Benoît se souvient du cas d’Ananie, et de Saphire (ACT., V) : le fait qui attira sur les deux époux la juste sévérité de Dieu et de saint Pierre est assez semblable à celui gui est prévu dans la Règle Ils avaient vendu leur champ ; au lieu de remettre à la, communauté l’intégralité du prix reçu, ils prélevèrent sur cette somme un petit argent de poche et remirent le reste à saint Pierre, ajoutant au prélèvement un mensonge et un mensonge concerté. Il semble que saint Benoît considère comme vénielle et comme punie seulement de mort corporelle la faute d’Ananie et de Saphire ; il suivrait en cela l’interprétation de plusieurs Pères Origène, saint Augustin, Cassien . Mais la faute des agents du monastère est plus grave ; car la matière des transactions n’est entre leurs mains qu’un dépôt, et un dépôt sacré, puisque tous les biens monastiques appartiennent à Dieu ; aussi est-ce dans leur âme qu’ils seront frappés.

In ipsis auteur pretiis non surripiat avaritiae malum, sel semper aliquan tulum vilius detur, quam a saecula iibus datur, ut in omnibus glorificetur Deus
Dans les prix, que le mal de l’avarice ne se glisse pas non plus, mais que l’on vende toujours un peu moins cher que les commerçants dans. le monde, “ afin qu’en toutes choses Dieu soit glorifié ”.


Les moines éviteront tout ce qui ressemble à la cupidité, à l’avidité qui amasse le plus possible : avaritiae malum. Combien serait indigne d’un religieux l’esprit de lucre ! Nous savons par saint Jérôme, à qui N. B. Père a emprunté le portrait des moines sarabaïtes (chap. Ier), que ceux-ci vendaient cher : Et de eo quod laboraverint in medium partes conferunt ut habeant alimenta communia ...et quasi ars sit sancta, non vita, quidquid vendiderint majoris est pretii . C’est tout le contraire que réclame saint Benoît. Les produits du travail monastique seront toujours abandonnés à un taux inférieur au prix commun : afin que ne s’élèvent. point contre les religieux des protestations et des colères qui rejailliraient sur Dieu ; afin que les séculiers aient à s’édifier de l’esprit accommodant et désintéressé des moines, et que, jusque dans les questions d’argent, ceux-ci trouvent matière à une sorte d’apostolat : Ut in omnibus glorificetur Deus (I PETR., lV, 11) .
Un peu de fierté surnaturelle nous défendra facilement contre toutes habiletés peu séantes et nous permettra d’être fidèles à l’esprit de la Règle, sinon toujours à sa lettre. Il est, en effet, des conditions économiques et des susceptibilités extérieures dont il faut bien tenir compte. A une époque où il n’y avait ni concurrence commerciale, ni, comme l’on dit aujourd’hui, surproduction ; alors surtout que le travail monastique s’employait à produire des objets de première nécessité, aucune rivalité ne pouvait s’établir, et l’infériorité des taux monastiques n’était pour le peuple qu’un bénéfice net. Mais, actuellement, les monastères qui inonderaient les marchés publics d’éléments manufacturés cotés au-dessous du prix courant, amèneraient des dépréciations ruineuses, des faillites et des haines. Si une fabrique monastique est obligée de gagner un peu plus qu’elle ne voudrait, elle peut toujours restituer en aumônes. Quand l’exploitation est restreinte et ne saurait constituer de concurrence sérieuse, il est loisible de vendre à bas prix ; de même lorsqu’on exploite un brevet, on garde ses coudées plus franches. Mass qu’on abaisse les prix ou qu’on les majore, l’essentiel est de réaliser toujours la devise bénédictine : Ut in omnibus glorificetur Deus.

LES FRÈRES CONVERS. - C’est à l’occasion du chapitre LVll qu’on peut dire un mot des frères convers. Leur histoire est encore à écrire. Elle a pourtant été esquissée par M. Raymond Chasles dans sa thèse de l’École des Chartes et par le R P Eberhard Hoffmann, cistercien de Mehrerau . On peut lire aussi la dissertation de D. Martène, dans la Préface au tome Vl de la Veterum scriptorum... amplissima collectio ; de même D. Calmet, en son Commentaire sur le chapitre Il de la Règle ; Manillon, Préface au sixième siècle bénédictin (P. Il).
Les commentateurs du dix-septième siècle semblent s’être mépris en affirmant l’existence des convers avant saint Benoît et chez saint Benoît même. Il y avait dans les monastères occidentaux primitifs, comme à Lérins, sous Fauste, au cinquième siècle, des moines clercs, et des “ laïcs ”, moines aussi ; il y avait des moines lettrés et des “ illettrés ” ; que l’on ait confié, de préférence, à ces derniers les gros travaux, rien de surprenant. Mais ils ne formaient point une catégorie à part. De même, bien des monastères avaient dans leurs domaines des serviteurs, voire des esclaves, mais qui n’étaient pas religieux.
Plusieurs passages de la Règle bénédictine semblent exclusifs d’une distinction quelconque entre les moines (nous lisons, par exemple, au chapitre Il : Non ab eo persona... discernatur) ; et nul texte ne prouve la présence d’une catégorie distincte, vouée spécialement aux services matériels du monastère. Comment art-on pu trouver dans les prescriptions relatives à l’infirmerie, à l’hôtellerie, à la porterie, etc., des allusions aux frères convers ? Au chapitre XXXVlll il est dit que le lecteur de table mangera cum coquinae hebdomadariis et serviioribus : mais ce n’est pas même suffisant pour établir la présence des serviteurs purement laïcs, comme le conjecture pourtant M. Chasles. Ce qui est incontestable, c’est qu’il y avait au Mont Cassin ; à côté des religieux instruits et cultivés, des paysans, d’anciens esclaves : tel le bon Goth dont il est parlé dans la Vie de N. B. Père. Il en est qui “ ne peuvent ni méditer ni lire (chap. XLVlll) ; certains sont incapables d’écrire leur charte de profession (chap. LVIII). Évidemment, ce n’était pas parmi ces simples , comme les appelle saint Benoît, que l’Abbé choisissait les clercs et les prêtres. ; et il fallait leur donner des travaux appropriés à leurs aptitudes. Mais encore une fois, hormis cela, ils ne se distinguaient en rien des autres moines. Ils venaient à l’office divin et y prenaient part dans la mesure du possible ; leur mémoire enregistrait peu. à peu les psaumes et les hymnes.
Du huitième siècle au dixième siècle, - et nous résumons ici les conclusions de M. Chasles, - une transformation s’opère dans les habitudes monastiques. L’Opus Dei prend des proportions plus considérables qu’au temps de saint Benoît. Les moines affluent. La différence entre les lettrés et les illettrés s’accentue ; peu à peu, les famuli laïcs font place à des religieux occupés exclusivement aux travaux manuels, ayant un office liturgique spécial, très simple . Cluny avait ses convers. Ils étaient moines, mais sans faire partie du chapitre ; à l’église, ils se plaçaient dans, le bas chœur ; quelques-uns pourtant étaient employés aux cérémonies ; et même, ceux qui avaient de bonnes voix faisaient fonction de chantre et revêtaient la chape. Les convers avaient un habit spécial et portaient la barbe, d’où leur surnom de barbati ; primitivement, le nom de conversi s’appliquait à tous les moines. Il y avait encore dans les monastères la catégorie des “ oblats ”, dont l’histoire est intimement liée à celle des convers. Les enfants élevés dans les cloîtres étaient souvent appelés nutriti, pour les distinguer des conversi, de ceux qui étaient venus spontanément. C’est au onzième siècle que l’institut des convers atteint son plein développement. Il s’établit en Allemagne, grâce surtout à l’Abbé d’Hirsauge, Guillaume, qui s’inspire beaucoup, comme on sait, des Us de Cluny ! :Aimon, son biographe, nous a laissé le résumé de la Règle des convers d’Hirsauge ; comme à Cluny, le service de la cuisine leur était confié.
Les convers jouent un rôle important à la fin du onzième siècle. Au douzième, ils pénètrent dans toutes les abbayes de l’Europe occidentale. On les trouve chez les Camaldules, à Vallombreuse, à la Chartreuse. Mais c’est surtout à Cîteaux qu’ils tiennent une grande place. On rédige pour eux des Us et une Règle. Il en est qui résident à l’abbaye, d’autres dans les granges , d’autres auprès de hauts personnages séculiers ; quelques-uns sont au service des abbayes de Cisterciennes. Les Congrégations plus récentes du Mont Cassin, de Bursfeld, de Saint Vanne, de Saint-Maur, eurent aussi leurs convers. Au-dessous des convers, il y avait encore, à Saint-Maur, les “ commis”, chargés surtout des besognes extérieures et des relations avec le dehors : ils faisaient profession de stabilité, après probation ; il y avait enfin des “ serviteurs perpétuels ”, liés au monastère par contrat civil.
Il faut noter que nos Constitutions, empruntées dans l’espèce à celles de Saint-Maur, prescrivent de n’agréger aux frères convers que les candidats possédant des aptitudes pour les travaux qui leur sont réservés. Il faut remarquer surtout qu’ils sont vraiment religieux et moines, tout comme les pères de chœur : on doit donc leur assurer l’enseignement et la formation qui leur permettront de faire honneur à leurs veaux. Ils sont tous, novices et profès, sous la direction spirituelle du Maître des convers. Pour leurs obédiences ils relèvent du cellérier : hormis celui-ci et les pères qui y sont autorisés par leur charge, nul n’a de titre à leur commander une besogne ou à leur demander un service : si les frères convers ne sont pas les domestiques de la communauté, bien moins encore le sont-ils de tel ou tel moine. Une parfaite courtoisie et une charité attentive régleront toujours nos rapports avec eux ; toute espèce de familiarité triviale doit être sévèrement bannie, même toute conversation non justifiée : il y va de leur intérêt et du nôtre. Prenons garde aussi de scandaliser des âmes simples par certaines allures peu monastiques et des manquements notoires à la Règle.
Leur vie est humble, silencieuse, cachée, plus sévère sur certains points que celle des religieux de chœur ; et, comme le marquaient les Déclarations de Saint-Maur, ils ne sauraient être promus aux ordres, ni entreprendre de hautes études. L’observation stricte de ces deux derniers points est indispensable pour la sauvegarde de leur vocation monastique ; et un échec attend presque toujours ceux qui cherchent à entrer dans la cléricature. Leur journée laborieuse devient aisément un long colloque avec le Seigneur ; et le spectacle de cette fidélité joyeuse et paisible est le plus appréciable de tous leurs services.
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