Vigiles (OSB) du mardi 23 janvier 2018 -

Hebdomada III per annum IIIème semaine dans l'année
Feria III Mardi
In primo nocturno, anno II Premier nocturne, année II
De libro Génesis Du livre de la Genèse
Lectio I Lecture I
Visitávit autem Dóminus Saram, sicut promíserat, et implévit Saræ, quæ locútus est; concepítque et péperit Abrahæ fílium in senectúte eius témpore quo prædíxerat ei Deus. Vocavítque Abraham nomen fílii sui, quem génuit ei Sara, Isaac et circumcídit eum octávo die, sicut præcéperat ei Deus. Cum Abraham centum esset annórum, natus est ei Isaac fílius eius. Dixítque Sara: " Risum fecit mihi Deus; quicúmque audíerit, corridébit mihi. " Rursúmque ait: " Quis auditúrum créderet Abraham quod Sara lactáret fílios, quia péperit ei fílium iam seni? " Le Seigneur visita Sara comme il avait dit et il fit pour elle comme il avait promis. Sara conçut et enfanta un fils à Abraham déjà vieux, au temps que Dieu avait marqué. Au fils qui lui naquit, enfanté par Sara, Abraham donna le nom d'Isaac. Abraham circoncit son fils Isaac, quand il eut huit jours comme Dieu lui avait ordonné. Abraham avait cent ans lorsque lui naquit son fils Isaac. Et Sara dit: " Dieu m'a donné de quoi rire, tous ceux qui l'apprendront me souriront. " Elle dit aussi: " Qui aurait dit à Abraham que Sara allaiterait des enfants! car j'ai donné un fils à sa vieillesse. "
R/. Locútus est Dóminus ad Abraham, dicens: Egrédere de terra et de cognatióne tua, et veni in terram quam monstrávero tibi; * Et fáciam te créscere in gentem magnam. V/. Benedícens benedícam tibi et multiplicábo te. * Et fáciam. R/. Le Seigneur adressa la parole à Abraham: Sors de ton pays, laisse ta parenté, va dans le pays que je te montrerai; * Je ferai naître de toi une grande nation. V/. Je te comblerai de bénédictions et je multiplierai ta descendance. * Je ferai naître.
Lectio II Lecture II
Crevit ígitur puer et ablactátus est. Fecítque Abraham grande convívium in die ablactatiónis eius. Cumque vidísset Sara fílium Agar Ægýptiæ iocántem cum Isaac fílio suo, dixit ad Abraham: " Eice ancíllam hanc et fílium eius; non enim erit heres fílius ancíllæ cum fílio meo Isaac. " Dure accépit hoc Abraham propter fílium suum. Cui dixit Deus: " Non tibi videátur ásperum super púero et super ancílla tua; ómnia quæ díxerit tibi Sara, audi vocem eius, quia in Isaac vocábitur tibi semen. Sed et fílium ancíllæ fáciam in gentem magnam, quia semen tuum est. " L'enfant grandit et fut sevré, et Abraham fit un grand festin le jour où l'on sevra Isaac. Or Sara aperçut le fils né à Abraham de l'Egyptienne Agar, qui jouait avec son fils Isaac, et elle dit à Abraham: " Chasse cette servante et son fils, il ne faut pas que le fils de cette servante hérite avec mon fils Isaac. " Cette parole déplut beaucoup à Abraham, à propos de son fils, mais Dieu lui dit: " Ne te chagrine pas à cause du petit et de ta servante, tout ce que Sara te demande, accorde-le, car c'est par Isaac qu'une descendance perpétuera ton nom, mais du fils de la servante je ferai aussi une grande nation car il est de ta race. "
R/. Dum staret Abraham ad ílicem Mambre, vidit tres púeros: * Tres vidit et unum adorávit. V/. Dómine, si invéni grátiam in óculis tuis, transíte et requiéscite in loco isto. * Tres vidit. R/. Comme Abraham se tenait près du chêne de Mambré, il vit trois jeunes gens: * Il en vit trois et se prosterna devant l'Unique. V/. Seigneur, si j'ai pu trouver grâce à tes yeux, reposez-vous ici, en passant. * Il en vit trois.
Lectio III Lecture III
Surréxit ítaque Abraham mane et tollens panem et utrem aquæ impósuit scápulæ eius tradidítque púerum et dimísit eam. Quæ, cum abísset, errábat in desérto Bersabée. Cumque consúmpta esset aqua in utre, abiécit púerum subter unum arbústum et ábiit; sedítque e regióne procul, quantum potest arcus iácere. Dixit enim: " Non vidébo moriéntem púerum. " Et sedens contra levávit vocem suam et flevit. Exaudívit autem Deus vocem púeri; vocavítque ángelus Dei Agar de cælo dicens: " Quid tibi, Agar? noli timére; exaudívit enim Deus vocem púeri de loco, in quo est. Surge, tolle púerum et tene illum manu tua, quia in gentem magnam fáciam eum. " Aperuítque Deus óculos eius; quæ videns púteum aquæ ábiit et implévit utrem dedítque púero bíbere. Et fuit Deus cum eo; qui crevit et morátus est in solitúdine factúsque est iúvenis sagittárius. Habitavítque in desérto Pharan; et accépit illi mater sua uxórem de terra Ægýpti. Abraham se leva tôt, il prit du pain et une outre d'eau qu'il donna à Agar, et il mit l'enfant sur son épaule, puis il la renvoya. Elle s'en fut errer au désert de Bersabée. Quand l'eau de l'outre fut épuisée, elle jeta l'enfant sous un buisson et elle alla s'asseoir vis-à-vis, loin comme une portée d'arc. Elle se disait en effet: " Je ne veux pas voir mourir l'enfant! " Elle s'assit vis-à-vis et se mit à crier et à pleurer. Dieu entendit les cris du petit et l'Ange de Dieu appela du ciel Agar et lui dit: " Qu'as-tu, Agar? Ne crains pas, car Dieu a entendu les cris du petit, là où il était. Debout! soulève le petit et tiens-le ferme, car j'en ferai une grande nation. " Dieu dessilla les yeux d'Agar et elle aperçut un puits. Elle alla remplir l'outre et fit boire le petit. Dieu fut avec lui, il grandit et demeura au désert, et il devint un tireur d'arc. Il demeura au désert de Parân et sa mère lui choisit une femme du pays d'Égypte.
R/. Apparuérunt tres viri Abrahæ ad ílicem Mambre, et dixit ad eum: Dómine, si invéni grátiam in óculis tuis, transíte * Et requiéscite in loco isto. V/. Auferam pusíllum aquæ, et lavéntur pedes vestri, * Et requiéscite. V/. Glória Patri. * Et requiéscite. R/. Trois hommes apparurent aux regards d'Abraham, près du chêne de Mambré; alors, il dit: Seigneur, si j'ai trouvé grâce à tes yeux, * Reposez-vous ici, en passant. V/. Permettez que j'apporte un peu d'eau pour vous laver les pieds; * Reposez-vous. V/. Gloire au Père. * Reposez-vous.
In secundo nocturno, anno II Deuxième nocturne, année II
Ex Enarratiónibus sancti Augustíni epíscopi in psalmos (En. in ps. 62, 3-4: CCL 39, 795) Commentaire de saint Augustin sur le psaume 62
Lectio I Lecture I
Sæculum istud est desértum ubi multum sitítur, et auditúri estis vocem modo sitiéntis in desérto. Si autem cognoscámus nos sitiéntes, cognoscémus nos et bibéntes, quia qui sitit in hoc sæculo, in futúro sæculo satiábitur, dicénte Dómino: Beáti qui esúriunt et sítiunt iustítiam, quia ipsi saturabúntur. Ergo in hoc sæculo non debémus quasi amáre sagínam. Hic sitiéndum est; álibi saginábimur. Modo autem ut non deficiámus in isto desérto, aspérgit nobis rorem verbi sui, et non nos dimíttit prorsus aréscere, ut non sit de nobis repetítio, sed ut sic sitiámus, ut bibámus. Ut autem bibámus, áliqua grátia eius aspérgimur; tamen sitímus. Et quid dicit ánima nostra Deo? Cette vie est le désert où l'on a tant à souffrir de la soif; et vous allez entendre la voix de quelqu'un qui est dévoré de cette soif dans le désert. Mais si, dans ce personnage altéré, nous nous reconnaissons nous-mêmes, nous nous reconnaîtrons également en lui, quand il lui sera donné à boire. Car qui souffre de la soif en ce siècle, sera désaltéré dans le siècle futur, suivant la promesse du Seigneur: Heureux ceux qui ont faim et soif de la justice, car ils seront rassasiés. Donc nous ne devons pas, dans le siècle présent, aspirer en quelque sorte au plein rassasiement. Ici, c'est le pays de la soif; ailleurs, celui du rassasiement. Mais présentement pour nous empêcher de défaillir dans ce désert, il nous asperge de la rosée de sa parole et ne nous laisse jamais entièrement à sec, afin que nul n'ait à alléguer notre perte, mais il nous laisse avoir soif pour que nous songions à boire; or, pour que nous buvions, il répand sur nous quelque rosée de grâce. Toutefois, nous avons toujours soif. Et notre âme, que dit-elle à Dieu?
R/. Dum staret Abraham ad radícem Mambre, vidit tres púeros descendéntes per viam: * Tres vidit et unum adorávit. V/. Dixit Dóminus ad Abraham: Ecce Sara uxor tua páriet tibi fílium, et vocábis nomen eius Isaac. * Tres vidit. R/. Comme Abraham se tenait au pied du chêne de Mambré, il vit trois jeunes gens qui descendaient le chemin: * Il en vit trois et se prosterna devant l'Unique. V/. Le Seigneur dit à Abraham: Ta femme, Sara, te donnera un fils, et tu l'appelleras Isaac. * Il en vit trois.
Lectio II Lecture II
Deus, Deus meus, ad te de luce vígilo. Quid est vigiláre? Utique non dormíre. Quid est dormíre? Est somnus ánimæ, est somnus córporis; somnum córporis omnes debémus habére, quia, si non habeátur somnus córporis, déficit homo, déficit ipsum corpus. Non enim potest diu sustinére corpus nostrum frágile ánimam vigilántem et inténtam in actiónibus; si diu fúerit inténta ánima in actiónibus, corpus frágile et terrénum non illam capit, non illam sústinet perpétuo agéntem, et déficit, et succúmbit. Mon Dieu, mon Dieu, je veille, les yeux levés vers toi, dès l'aurore. Qu'est-ce que veiller? Évidemment, ne pas dormir. Qu'est-ce que dormir? Il y a le sommeil de l'âme, il y a le sommeil du corps. Pour nous tous, le sommeil du corps est indispensable; privé du sommeil corporel, l'homme défaille; le corps lui-même défaille. Car notre corps fragile ne peut supporter longtemps une âme sans cesse éveillée et agissante. Que l'âme soit pendant longtemps en activité, le corps fragile et terrestre ne peut plus la soutenir, ne peut plus la seconder de son action incessante: il défaille et succombe.
R/. Vocávit ángelus Dómini Abraham de cælo, dicens: Benedícam tibi * Et multiplicábo te sicut stellas cæli. V/. Et benedicéntur in te omnes tribus terræ, quia obœdísti voci meæ. * Et multiplicábo. R/. L'Ange du Seigneur appela Abraham du haut du ciel et dit: Je te comblerai de bénédictions, * Je rendrai ta descendance aussi nombreuse que les étoiles du firmament. V/. Puisque tu m'as obéi, toutes les nations de la terre s'adresseront l'une à l'autre la bénédiction par ton nom. * Je rendrai.
Lectio III Lecture III
Ideo Deus donávit somnum córpori, quo reparántur membra córporis, ut possint vigilántem ánimam sustinére. Illud autem cavére debémus, ne ipsa ánima nostra dórmiat; malus enim est somnus ánimæ. Bonus somnus córporis, quo reparátur valetúdo córporis. Somnus autem ánimæ est oblivísci Deum suum. Quæcúmque ánima oblíta fúerit Deum suum, dormit. Aussi Dieu a-t-il donné le sommeil au corps pour réparer les membres du corps et soutenir l'âme toujours en éveil. Mais nous devons prendre garde que l'âme elle-même ne s'endorme; car c'est un mal que le sommeil de l'âme. C'est une bonne chose que le sommeil du corps, puisque ses forces y trouvent leur réfection. Mais le sommeil de l'âme, c'est l'oubli de Dieu. Toute âme qui oublie son Dieu est en sommeil.
R/. Crédidit Abraham Deo, et reputátum est ei ad iustítiam; * Et ídeo amícus Dei appellátus est. V/. Fuit autem iustus coram Dómino, et ambulávit in viis eius; * Et ídeo. V/. Glória Patri. * Et ídeo. R/. Abraham eut foi en Dieu, et de ce fait Dieu estima qu'il était juste; * C'est pourquoi il reçut le nom d'ami de Dieu. V/. Abraham fut un homme juste aux yeux du Seigneur, il marcha selon ses voies; * C'est pourquoi. V/. Gloire au Père. * C'est pourquoi.