Vigiles (OSB) du mardi 30 janvier 2018 -

Hebdomada IV per annum IVème semaine dans l'année
Feria III Mardi
In primo nocturno, anno II Premier nocturne, année II
De libro Génesis Du livre de la Genèse
Lectio I Lecture I
Egréssus Iacob de Bersabée pergébat Charran. Cumque venísset ad quendam locum et vellet in eo requiéscere post solis occúbitum, tulit de lapídibus, qui iacébant, et suppónens cápiti suo dormívit in eódem loco. Vidítque in sómnio scalam stantem super terram et cacúmen illíus tangens cælum, ángelos quoque Dei ascendéntes et descendéntes per eam et Dóminum inníxum scalæ dicéntem sibi: " Ego sum Dóminus, Deus Abraham patris tui et Deus Isaac. Terram, in qua dormis, tibi dabo et sémini tuo. Erítque semen tuum quasi pulvis terræ; dilatáberis ad occidéntem et oriéntem et septentriónem et merídiem; et benedicéntur in te et in sémine tuo cunctæ tribus terræ. Et ecce, ego tecum sum et custódiam te, quocúmque perréxeris, et redúcam te in terram hanc; nec dimíttam te, nisi complévero quæ dixi tibi. " Jacob quitta Bersabée et partit pour Harân. Il arriva d'aventure en un certain lieu et il y passa la nuit, car le soleil s'était couché. Il prit une des pierres du lieu, la mit sous sa tête et dormit en ce lieu. Il eut un songe: Voilà qu'une échelle était dressée sur la terre et que son sommet atteignait le ciel, et des anges de Dieu y montaient et descendaient! Voilà que le Seigneur se tenait devant lui et dit: " Je suis le Seigneur, le Dieu d'Abraham ton ancêtre et le Dieu d'Isaac. La terre sur laquelle tu es couché, je la donne à toi et à ta descendance. Ta descendance deviendra nombreuse comme la poussière du sol, tu déborderas à l'occident et à l'orient, au septentrion et au midi, et tous les clans de la terre se béniront par toi et par ta descendance. Je suis avec toi, je te garderai partout où tu iras et te ramènerai en ce pays, car je ne t'abandonnerai pas que je n'aie accompli ce que je t'ai promis. "
R/. Dum dormíret Iacob, vidit scalam pósitam super terram, et cacúmen eius tangens cælum, * Et ángelos ascendéntes et descendéntes; et evígilans a somno, dixit: Vere domus Dei hic est. V/. Hic domus Dei est et porta cæli, et ego nesciébam. * Et. R/. Pendant qu'il dormait, Jacob eut un songe: une échelle était dressée sur la terre, et son sommet touchait le ciel, * Des anges montaient et descendaient. Jacob sortit de son sommeil et s'écria: Vraiment ce lieu est la maison de Dieu! V/. Ce lieu est réellement la maison de Dieu, la porte du ciel! Et moi, je ne le savais pas. * Des anges.
Lectio II Lecture II
Cumque evigilásset Iacob de somno, ait: " Vere Dóminus est in loco isto, et ego nesciébam. " Pavénsque: " Quam terríbilis est, inquit, locus iste! Non est hic áliud nisi domus Dei et porta cæli. " Surgens ergo Iacob mane tulit lápidem, quem supposúerat cápiti suo, et eréxit in títulum fundens óleum désuper. Appellavítque nomen loci illíus Bethel; prius autem urbs vocabátur Luza. Jacob s'éveilla de son sommeil et dit: " En vérité, le Seigneur est en ce lieu et je ne le savais pas! " Il eut peur et dit: " Que ce lieu est redoutable! Ce n'est rien de moins qu'une maison de Dieu et la porte du ciel! " Levé de bon matin, il prit la pierre qui lui avait servi de chevet, il la dressa comme une stèle et répandit de l'huile sur son sommet. À ce lieu, il donna le nom de Béthel, mais auparavant la ville s'appelait Luz.
R/. Dum exíret Iacob de terra sua, vidit glóriam Dei et ait: * Quam terríbilis est locus iste! Non est hic áliud nisi domus Dei et porta cæli. V/. Vere Dóminus est in loco isto, et ego nesciébam. * Quam terríbilis. R/. Alors qu'il sortait de son pays, Jacob vit la gloire de Dieu et déclara: * Que ce lieu est redoutable! Il est réellement la maison de Dieu, la porte du ciel! V/. Vraiment le Seigneur est en ce lieu! Et moi, je ne le savais pas. * Que ce lieu.
Lectio III Lecture III
Vovit Iacob étiam votum dicens: " Si fúerit Deus mecum et custodíerit me in via hac, per quam ambulábo, et déderit mihi panem ad vescéndum et vestiméntum ad induéndum, reversúsque fúero próspere ad domum patris mei, erit mihi Dóminus in Deum, et lapis iste, quem eréxi in títulum, erit domus Dei; cunctorúmque, quæ déderis mihi, décimas ófferam tibi. " Jacob fit ce vœu: " Si Dieu est avec moi et me garde en la route où je vais, s'il me donne du pain à manger et des habits pour me vêtir, si je reviens sain et sauf chez mon père, alors le Seigneur sera mon Dieu et cette pierre que j'ai dressée comme une stèle sera une maison de Dieu, et de tout ce que tu me donneras je te payerai fidèlement la dîme. "
R/. Surgens ergo mane Iacob, tulit lápidem quam supposúerat cápiti suo et eréxit in títulum, fundénsque óleum désuper votum vovit Dómino; et dixit: * Vere locus iste sanctus est, et ego nesciébam. V/. Cumque obdormísset, vidit scalam cuius cacúmen cælos tangébat, et Dóminum inníxum scalæ; et dixit: * Vere. V/. Glória Patri. * Vere. R/. Jacob se leva de bon matin, il prit la pierre qu'il avait posée sous sa tête, l'érigea en stèle, la consacra en versant de l'huile sur le sommet, et fit un vœu au Seigneur; il déclara: * Vraiment, ce lieu est saint! Et moi, je ne le savais pas. V/. Pendant qu'il dormait, Jacob eut un songe: il vit une échelle dont le sommet touchait le ciel, et le Seigneur était appuyé sur l'échelle. Il déclara: * Vraiment. V/. Gloire au Père. * Vraiment.
In secundo nocturno, anno II Deuxième nocturne, année II
Ex Tractátibus sancti Zenónis Veronénsis epíscopi (Tract. 13,1: PL 11, 428-429) Traité de saint Zénon de Vérone
Lectio I Lecture I
Vere, fratres caríssimi, cor eius non dormit, qui Iacob sómnium secretáque cognóscit: prophetía étenim semper figúris variántibus lóquitur; sed res una in ómnibus invenítur. Igitur Iacob habet imáginem Christi; sed et lapis ipse, quem ad caput suum posuísse cognóscitur; quóniam caput viri Christus, qui aliquótiens lapis est nuncupátus. Scala autem duo Testaménta signíficat, quæ et evangélicis intéxta præcéptis, credéntes hómines voluntatémque Dei faciéntes quasi per quosdam observántiæ gradus in cælum leváre consuevérunt. Vraiment, frères très chers, il ne dort pas, le cœur de celui qui connaît les secrets du songe de Jacob. Car la prophétie parle toujours en figures variées, mais en toutes on trouve une seule chose. Nous savons que Jacob est l'image du Christ; mais l'est également, cette pierre même qu'il plaça sous sa tête; car le Christ est la tête de l'homme; et parfois on le désigne sous le nom de rocher. Quant aux deux montants de l'échelle, ils signifient les deux Testaments qui, tissés des préceptes de l'Évangile, ont de tout temps soulevé jusqu'au ciel, par des degrés d'obéissance, les hommes qui croient en Dieu et accomplissent sa volonté.
R/. Dum iret Iacob de Bersabée et pergéret Haran, locútus est ei Deus dicens: * Terram, in qua dormis, tibi dabo et sémini tuo. V/. Ædificávit ibi Iacob ex lapídibus altáre in honórem Dómini, fundens óleum désuper; et benedíxit eum Deus dicens: * Terram. R/. Jacob était parti de Bershéba et se dirigeait vers Harrane. Le Seigneur lui parla en ces termes: * La terre sur laquelle tu es couché, je te la donne, à toi et à tes descendants. V/. En ce lieu, Jacob dressa en l'honneur du Seigneur un autel de pierre, le consacra en y versant de l'huile; et Dieu le bénit en disant: * La terre.
Lectio II Lecture II
Hanc in Apocalýpsi Ioánnes bis acútum gládium cum uno cápulo nuncupávit, quem ex ore Dómini prodíre descrípsit. Gládius enim Spíritus Sanctus est, unum cápulum habens, id est unam substántiam, virtútem, deitátem, maiestátem voluntatémque Patris et Fílii; contéstans duas ácies, id est duo Testaménta gerens; quorum regálibus mónitis et créduli devotíque servántur et incréduli desertorésque puniúntur. Jean, dans l'Apocalypse, a pris une autre image, celle du glaive à deux tranchants sous une seule poignée. Il décrit ce glaive sortant de la bouche du Seigneur. Le glaive est l'Esprit Saint. Il a une seule poignée, c'est-à-dire une seule substance, qui est la puissance, la divinité, la majesté et la volonté du Père et du Fils; et ce glaive cite ensemble comme témoins deux tranchants, c'est-à-dire qu'il réunit les deux Testaments. Ceux-ci par leur doctrine royale préservent les croyants dévoués à Dieu, mais punissent les incroyants et déserteurs.
R/. Vere Dóminus est in loco isto, et ego nesciébam. * Quam terríbilis est locus iste! Non est hic áliud nisi domus Dei et porta cæli. V/. Cumque evigilásset Iacob a somno, ait: * Quam terríbilis. R/. Vraiment, le Seigneur est en ce lieu! Et moi, je ne le savais pas. * Que ce lieu est redoutable! Il est réellement la maison de Dieu, la porte du ciel! V/. Jacob sortit de son sommeil et s'écria: * Que ce lieu.
Lectio III Lecture III
Hanc Isaías in modum fórcipis vidit: quibus ad conflánda lábia inquináta ab uno de Séraphim ex ara Dei sublátum carbónem vaticinándo perhíbuit. Etenim lábia inquináta duos pópulos Iudæórum Gentiúmque debémus accípere; qui cum essent anterióris vitæ facinóribus inquináti; unus Christum blasphemándo atque persequéndo, álius deos asseréndo, atque abominánda figménta coléndo, tactu carbónis in unum pópulum per confessiónem nóminis Christi noscúntur esse confláti. Etenim conflátio et puritátem desígnat, et unitátem: carbo enim verbum Dei est, ara lex, forceps duo Testaménta, quæ credéntes tenent, non credéntes íncidunt. Isaïe a vu la même réalité sous l'image de pincettes avec lesquelles, dit-il en prophétie, un séraphin prit de l'autel de Dieu un charbon embrasé pour forger ensemble des lèvres souillées. Par les lèvres souillées, nous devons entendre les deux peuples, Juifs et païens: alors qu'ils étaient souillés des crimes de leur vie antérieure, l'un blasphémant le Christ et le persécutant, l'autre affirmant l'existence des faux dieux et adorant des statues abominables, nous savons qu'au contact du charbon embrasé ils ont été forgés en un seul peuple, par la confession du nom du Christ. Car la forge symbolise la pureté et l'unité; le charbon embrasé est le Verbe de Dieu; l'autel est la Loi; les pincettes sont les deux Testaments, que les croyants tiennent fidèlement et que les incroyants coupent et entaillent.
R/. Si Dóminus Deus meus fúerit mecum in via ista qua ego ámbulo, et custodíerit me, et déderit mihi panem ad edéndum et vestiméntum quo opériar, et revocáverit me cum salúte, * Erit mihi Dóminus in refúgium, et lapis iste in signum. V/. Vere Dóminus est in loco isto, et ego nesciébam. * Erit mihi. V/. Glória Patri. * Erit mihi. R/. Si le Seigneur mon Dieu est avec moi sur le chemin où je marche, s'il me protège, s'il me donne du pain à manger et des vêtements pour me couvrir, et s'il me ramène sain et sauf, * Le Seigneur sera pour moi un refuge; et cette pierre, un mémorial. V/. Vraiment, le Seigneur est en ce lieu! Et moi, je ne le savais pas. * Le Seigneur. V/. Gloire au Père. * Le Seigneur.