Vigiles (OSB) du mercredi 31 janvier 2018 - St Jean Bosco, prêtre.

Hebdomada IV per annum IVème semaine dans l'année
Feria IV Mercredi
S. Ioannis Bosco, presbyteri St Jean Bosco, prêtre.
Memoria Mémoire
In primo nocturno, anno II Premier nocturne, année II
De libro Génesis Du livre de la Genèse
Lectio I Lecture I
Postquam audívit Iacob verba filiórum Laban dicéntium: " Tulit Iacob ómnia quæ fuérunt patris nostri, et de patris nostri facultáte acquisívit has divítias ", animadvértit quoque fáciem Laban quod non esset erga se sicut heri et nudiustértius. Et dixit Dóminus ad Iacob: " Revértere in terram patrum tuórum et ad cognatiónem tuam, eróque tecum. " Misit Iacob et vocávit Rachel et Liam in agrum, ubi pascébat greges, dixítque eis: " Vídeo fáciem patris vestri quod non sit erga me sicut heri et nudiustértius; Deus autem patris mei fuit mecum, et ipsæ nostis quod totis víribus meis servíerim patri vestro. Sed pater vester circumvénit me et mutávit mercédem meam decem vícibus; et tamen non dimísit eum Deus ut nocéret mihi. Si quando dixit: "Váriæ erunt mercédes tuæ", pariébant omnes oves vários fetus. Quando e contrário ait: "Striáta quæque accípies pro mercéde", omnes greges striáta peperérunt. Tulítque Deus substántiam patris vestri et dedit mihi. Postquam enim concéptus gregis tempus advénerat, levávi óculos meos et vidi in somnis ascendéntes mares super féminas, striátos et vários et respérsos. " Jacob apprit que les fils de Laban disaient: " Jacob a pris tout ce qui était à notre père et c'est aux dépens de notre père qu'il a constitué toute cette richesse. " Jacob vit à la mine de Laban qu'il n'était plus avec lui comme auparavant. Le Seigneur dit à Jacob: " Retourne au pays de tes pères, dans ta patrie, et je serai avec toi. " Jacob fit appeler Rachel et Léa aux champs où étaient ses troupeaux, et il leur dit: " Je vois à la mine de votre père qu'il n'est plus à mon égard comme auparavant, mais le Dieu de mon père a été avec moi. Vous savez vous-mêmes que j'ai servi votre père de toutes mes forces. Votre père s'est joué de moi, il a changé dix fois mon salaire, mais Dieu ne lui a pas permis de me faire du tort. Chaque fois qu'il disait: "Ce qui est moucheté sera ton salaire", toutes les bêtes mettaient bas des petits mouchetés; chaque fois qu'il disait: "Ce qui est rayé sera ton salaire", toutes les bêtes mettaient bas des petits rayés, et Dieu a enlevé son bétail à votre père et me l'a donné. Il arriva, au temps où les bêtes entrent en chaleur, que je levai les yeux et je vis en songe que les boucs en passe de saillir les bêtes étaient rayés, tachetés ou tavelés. "
R/. Dum exíret Iacob de terra sua, vidit glóriam Dei et ait: * Quam terríbilis est locus iste! Non est hic áliud nisi domus Dei et porta cæli. V/. Vere Dóminus est in loco isto, et ego nesciébam. * Quam terríbilis. R/. Alors qu'il sortait de son pays, Jacob vit la gloire de Dieu et déclara: * Que ce lieu est redoutable! Il est réellement la maison de Dieu, la porte du ciel! V/. Vraiment le Seigneur est en ce lieu! Et moi, je ne le savais pas. * Que ce lieu.
Lectio II Lecture II
"Dixítque ángelus Dei ad me in somnis: "Iacob". Et ego respóndi: "Adsum". Qui ait: "Leva óculos tuos et vide univérsos másculos ascendéntes super féminas, striátos et vários atque respérsos. Vidi enim ómnia quæ fecit tibi Laban. Ego sum Deus Bethel, ubi unxísti lápidem et votum vovísti mihi. Nunc ergo surge et egrédere de terra hac revértens in terram nativitátis tuæ." " "L'Ange de Dieu me dit en songe: "Jacob", et je répondis: "Oui." Il dit: "Lève les yeux et vois: tous les boucs qui saillissent les bêtes sont rayés, tachetés ou tavelés, car j'ai vu tout ce que Laban te fait. Je suis le Dieu qui t'est apparu à Béthel, où tu as oint une stèle et où tu m'as fait un vœu. Maintenant debout, sors de ce pays et retourne dans ta patrie". "
R/. Dum iret Iacob de Bersabée et pergéret Haran, locútus est ei Deus dicens: * Terram, in qua dormis, tibi dabo et sémini tuo. V/. Ædificávit ibi Iacob ex lapídibus altáre in honórem Dómini, fundens óleum désuper; et benedíxit eum Deus dicens: * Terram. R/. Jacob était parti de Bershéba et se dirigeait vers Harrane. Le Seigneur lui parla en ces termes: * La terre sur laquelle tu es couché, je te la donne, à toi et à tes descendants. V/. En ce lieu, Jacob dressa en l'honneur du Seigneur un autel de pierre, le consacra en y versant de l'huile; et Dieu le bénit en disant: * La terre.
Lectio III Lecture III
Respondérunt ei Rachel et Lia: " Numquid habémus adhuc partem et hereditátem in domo patris nostri? Nonne quasi aliénas reputávit nos et véndidit nos comedítque prétium nostrum? Sed omnes opes, quas tulit Deus patri nostro, nobis ábstulit ac fíliis nostris; unde ómnia quæ præcépit tibi Deus, fac. " Surréxit ítaque Iacob et impósuit líberos suos ac cóniuges suas super camélos. Tulítque omnes greges suos et omnem substántiam suam, quidquid in Paddánaram acquisíerat, ut iret ad Isaac patrem suum in terram Chánaan. Rachel et Léa lui répondirent ainsi: " Avons-nous encore une part et un héritage dans la maison de notre père? Ne sommes-nous pas considérées par lui comme des étrangères, puisqu'il nous a vendues et qu'il a ensuite mangé notre argent? Oui, toute la richesse que Dieu a retirée à notre père est à nous et à nos enfants. Fais donc maintenant tout ce que Dieu t'a dit. " Jacob se leva, fit monter ses enfants et ses femmes sur des chameaux, et poussa devant lui tout son bétail, - avec tous les biens qu'il avait acquis, le bétail qui lui appartenait et qu'il avait acquis en Paddân-Aram, - pour aller chez son père Isaac, au pays de Canaan.
R/. Appáruit Deus Iacob et benedíxit eum et dixit: * Ego sum Deus Bethel, ubi unxísti lápidem et votum vovísti mihi. Créscere te fáciam et multiplicábo te. V/. Appáruit íterum Deus Iacob, postquam revérsus est de Mesopotámia Sýriæ, dixítque ad eum: * Ego sum. V/. Glória Patri. * Ego sum. R/. Le Seigneur Dieu apparut à Jacob, il le bénit et lui dit: * Je suis le Dieu de Béthel, où tu m'as consacré une pierre, et où tu m'as fait un vœu. Je te rendrai fécond et je multiplierai ta descendance. V/. Le Seigneur Dieu apparut de nouveau à Jacob après son retour de la Mésopotamie de Syrie, et lui déclara: * Je suis. V/. Gloire au Père. * Je suis.
In secundo nocturno, anno II Deuxième nocturne, année II
Ex Expositióne Rupérti Tuitiénsis abbátis in Génesim (Lib. 7, 40: PL 167, 483-484) Commentaire de Rupert de Deutz sur la Genèse
Lectio I Lecture I
Ditátus est homo ultra modum, et hábuit greges multos, ancíllas et servos, camélos et ásinos. Hic insígniter homo dictus est, ubi qui ténuis vénerat, dícitur quia ultra modum ditátus est. Quod si in isto insígne et admiratióne dignum est, quanto magis in hómine illo, cuius hic typus est? Etenim ille vere ac singuláriter homo, quia Deus et homo, qui pauper fúerat: nam cum dives esset, inquit Apóstolus, pro nobis pauper factus est; et ecce ditátus est, non solum in seípso, ubi glória et honóre coronátus, et super ópera mánuum Patris constitútus est; verum étiam in præsénti domo sua, id est Ecclésia, ubi illa supradíctis eius minístris, iamdúdum servátur dígnitas, quam illis auctóritas evangélica iuste víndicat, dicéndo: Dignus est operárius mercéde sua. L'homme s'enrichit outre mesure et il eut de nombreux troupeaux, des servantes et des serviteurs, des chameaux et des ânes. C'est avec emphase que l'Écriture dit: "l'homme", quand elle raconte que Jacob, venu pauvre, s'enrichit outre mesure. Si le fait est remarquable et digne d'admiration en Jacob, combien plus en cet "Homme" dont Jacob était le type? Le Christ, en effet, est "Homme" vraiment et singulièrement, parce qu'il est Dieu et homme. Et il fut pauvre, car, dit l'Apôtre, alors qu'il était riche, il se fit pauvre pour nous. Et voici qu'il s'est enrichi, non seulement en lui-même quand il a été couronné de gloire et d'honneur et établi sur toutes les œuvres des mains du Père, mais même dans sa demeure d'ici-bas, c'est-à-dire l'Église, où ses droits sont maintenus depuis toujours pour ses serviteurs, droits que l'autorité de l'Évangile revendique à juste titre en disant: L'ouvrier a droit à son salaire.
R/. Vere Dóminus est in loco isto, et ego nesciébam. * Quam terríbilis est locus iste! Non est hic áliud nisi domus Dei et porta cæli. V/. Cumque evigilásset Iacob a somno, ait: * Quam terríbilis. R/. Vraiment, le Seigneur est en ce lieu! Et moi, je ne le savais pas. * Que ce lieu est redoutable! Il est réellement la maison de Dieu, la porte du ciel! V/. Jacob sortit de son sommeil et s'écria: * Que ce lieu.
Lectio II Lecture II
Adæquáta est enim plerísque in locis domus Christi regum palátiis, habétque corporáliter greges multos, ancíllas et servos, camélos et ásinos, tanta cópia, ut non solum spiritália, sed étiam carnália indigéntibus, abúnde porrígere suffíciat. Non quod in his gloriémur, nam glória nostra hæc est testimónium consciéntiæ nostræ, sed quod gratiárum actiónis causa nobis esse débeat, quod religiónem teneámus in abundántia, quam ille Pater noster Christus acquisívit inópia et mendicitáte sua. En effet, presque en tout lieu, la maison du Christ n'a rien à envier aux palais des rois, et elle possède au sens propre de nombreux troupeaux, des servantes et des serviteurs, des chameaux et des ânes, en telle quantité qu'elle peut offrir généreusement aux indigents non seulement les biens spirituels, mais même les temporels. Ce n'est pas que nous nous glorifiions de ces dons, car notre gloire est le témoignage de notre conscience; mais c'est pour nous un motif d'action de grâces de maintenir dans l'abondance l'Église que notre Père, le Christ, a acquise en se faisant pauvre et misérable.
R/. Surgens ergo mane Iacob, tulit lápidem quam supposúerat cápiti suo et eréxit in títulum, fundénsque óleum désuper votum vovit Dómino; et dixit: * Vere locus iste sanctus est, et ego nesciébam. V/. Cumque obdormísset, vidit scalam cuius cacúmen cælos tangébat, et Dóminum inníxum scalæ; et dixit: * Vere. R/. Jacob se leva de bon matin, il prit la pierre qu'il avait posée sous sa tête, l'érigea en stèle, la consacra en versant de l'huile sur le sommet, et fit un vœu au Seigneur; il déclara: * Vraiment, ce lieu est saint! Et moi, je ne le savais pas. V/. Pendant qu'il dormait, Jacob eut un songe: il vit une échelle dont le sommet touchait le ciel, et le Seigneur était appuyé sur l'échelle. Il déclara: * Vraiment.
Lectio III Lecture III
De ómnibus respondébit illi iustítia sua: cras, id est in futúro iudício, quando pláciti tempus erit. Quid respondébit? Vidélicet quod respondéndum significávit Apóstolus, cum díceret: Si nos vobis spiritália seminávimus, magnum est si vestra carnália metámus. Nonne hic, ceteríque apóstoli vel apostólici viri, cum possent vel scirent Rachélis ampléxibus frui, id est contemplátivæ vitæ dulcédine pasci, ad Liam id est ad actívam vitam, propter hunc míserum mundum declinavérunt? Nonne qui cælum mente inhabitáre, et volébant, et póterant ex grátia Dei, adúsque disponénda coniúgia descendérunt: verbi grátia, dicéndo: Vir uxóri débitum reddat et uxor viro? C'est sa justice qui répondra de tous: demain, c'est-à-dire au jugement futur, au temps voulu. Que répondra-t elle? Ce que l'Apôtre a suggéré de répondre quand il a dit: Si nous avons semé les biens spirituels en votre faveur, est-ce trop de récolter vos biens matériels? Paul lui-même, et les autres apôtres ou hommes apostoliques, alors qu'ils pouvaient et savaient jouir des étreintes de Rachel, c'est-à-dire savourer la douceur de la vie contemplative, ne se sont-ils pas penchés sur Léa, c'est-à-dire la vie active, en faveur du monde malheureux? Ceux qui désiraient et pouvaient, par la grâce de Dieu, habiter au ciel par l'esprit, n'ont-ils pas condescendu à s'occuper même des choses du mariage, par exemple, en disant: Que l'homme rende son dû à sa femme, et la femme à son mari?
R/. Orávit Iacob et dixit: Dómine, qui dixísti mihi: Revértere in terram nativitátis tuæ, * Erue me de manu fratris mei, quia valde eum tímeo. V/. Deus, in cuius conspéctu ambulavérunt patres mei; Dómine, qui pascis me a iuventúte mea, * Erue me. V/. Glória Patri. * Erue me. R/. Jacob se mit à prier en ces termes: Seigneur, toi qui me disais: Retourne en ton pays natal, * Délivre-moi de la main de mon frère, car j'en ai grande frayeur. V/. Dieu, mes pères n'ont-ils pas marché en ta présence? Seigneur, n'es-tu pas mon berger depuis mon jeune âge? * Délivre-moi. V/. Gloire au Père. * Délivre-moi.