Vigiles (OSB) du samedi 3 février 2018 - de la férie

Hebdomada IV per annum IVème semaine dans l'année
Sabbato Samedi
In primo nocturno, anno II Premier nocturne, année II
De libro Génesis Du livre de la Genèse
Lectio I Lecture I
Ioseph, cum decem et septem esset annórum, pascébat gregem cum frátribus suis adhuc puer; et erat cum fíliis Bilhæ et Zelphæ uxórum patris sui; detulítque patri malam eórum famam. Israel autem diligébat Ioseph super omnes fílios suos, eo quod in senectúte genuísset eum; fecítque ei túnicam talárem. Vidéntes autem fratres eius quod a patre plus cunctis fíliis amarétur, óderant eum, nec póterant ei quidquam pacífice loqui. Dixit Israel ad Ioseph: " Fratres tui pascunt oves in Síchimis; veni, mittam te ad eos. " Joseph avait dix-sept ans. Il gardait le petit bétail avec ses frères, - il était jeune, - avec les fils de Bilha et les fils de Zilpa, femmes de son père, et Joseph rapporta à leur père le mal qu'on disait d'eux. Israël aimait Joseph plus que tous ses autres enfants, car il était le fils de sa vieillesse, et il lui fit faire une tunique ornée. Ses frères virent que son père l'aimait plus que tous ses autres fils et ils le prirent en haine, devenus incapables de lui parler amicalement. Israël dit à Joseph: " Tes frères ne sont-ils pas au pâturage à Sichem? Viens, je vais t'envoyer vers eux. "
R/. Vidéntes Ioseph a longe, loquebántur mútuo fratres, dicéntes: Ecce somniátor venit; * Veníte, occidámus eum, et videámus si prosint illi sómnia sua. V/. Cumque vidíssent Ioseph fratres sui quod a patre cunctis frátribus plus amarétur, óderant eum, nec póterant ei quicquam pacífice loqui; unde et dicébant: * Veníte. R/. Apercevant Joseph de loin, ses frères se dirent l'un à l'autre: Voilà l'homme aux songes qui arrive! * Allons-y, tuons-le! On verra bien l'avantage qu'il retire de ses songes! V/. Constatant que leur père préférait Joseph, ses autres fils se mirent à détester celui-ci et ils ne pouvaient plus lui adresser que des paroles hostiles; c'est pour cette raison qu'ils dirent: * Allons-y.
Lectio II Lecture II
Qui cum vidíssent eum procul, ántequam accéderet ad eos, cogitavérunt illum occídere. Et mútuo loquebántur:" Ecce somniátor venit; veníte, occidámus eum et mittámus in unam cisternárum dicemúsque: Fera péssima devorávit eum. Et tunc apparébit quid illi prosint sómnia sua. " Audiens autem hoc Ruben nitebátur liberáre eum de mánibus eórum et dixit: " Non interficiámus ánimam eius ". Et dixit ad eos: " Non effundátis sánguinem; sed proícite eum in cistérnam hanc quæ est in solitúdine, manúsque vestras serváte innóxias. " Hoc autem dicébat volens erípere eum de mánibus eórum et réddere patri suo. Ils l'aperçurent de loin et, avant qu'il n'arrivât près d'eux, ils complotèrent de le faire mourir. Ils se dirent entre eux: " Voilà l'homme aux songes qui arrive! Maintenant, venez, tuons-le et jetons-le dans n'importe quelle citerne; nous dirons qu'une bête féroce l'a dévoré. Nous allons voir ce qu'il adviendra de ses songes! " Mais Ruben entendit et il le sauva de leurs mains. Il dit: " N'attentons pas à sa vie! " Ruben leur dit: " Ne répandez pas le sang! Jetez-le dans cette citerne du désert, mais ne portez pas la main sur lui! " C'était pour le sauver de leurs mains et le ramener à son père.
R/. Dixit Iudas frátribus suis: Ecce Ismaelítæ tránseunt; veníte, venumdétur, et manus nostræ non polluántur; * Caro enim et frater noster est. V/. Cumque abísset Ruben ad púteum et non invenísset eum, scissísque véstibus, pergens ad fratres ait: Puer non compáret, et ego quo ibo? * Caro enim. R/. Juda s'adressa à ses frères en disant: Voici que passent des Ismaélites, allons le vendre! Que nos mains ne soient pas souillées! * N'est-il pas notre chair et notre frère? V/. Étant revenu à la citerne sans l'y retrouver, Roubène déchira ses vêtements, retourna vers ses frères et dit: L'enfant ne paraît pas; alors, moi, où aller? * N'est-il pas.
Lectio III Lecture III
Conféstim ígitur ut pervénit ad fratres suos, nudavérunt eum túnica talári miserúntque eum in cistérnam quæ non habébat aquam. Et prætereúntibus Madianítis negotiatóribus, extrahéntes Ioseph de cistérna, vendidérunt eum Ismaelítis vigínti argénteis. Qui duxérunt eum in Ægýptum. Madianítæ vendidérunt Ioseph in Ægýpto Putíphari eunúcho pharaónis, magístro satéllitum. Donc, lorsque Joseph arriva près de ses frères, ils le dépouillèrent de sa tunique, la tunique ornée qu'il portait. Ils se saisirent de lui et le jetèrent dans la citerne; c'était une citerne vide, où il n'y avait pas d'eau. Or des gens passèrent, des marchands madianites, et ils retirèrent Joseph de la citerne. Ils vendirent Joseph aux Ismaélites pour vingt sicles d'argent et ceux-ci le conduisirent en Égypte. Les Madianites avaient vendu Joseph en Égypte à Potiphar, eunuque de Pharaon et commandant des gardes.
R/. Extrahéntes Ioseph de lacu, vendidérunt Ismaelítis vigínti argénteis; reversúsque Ruben ad púteum, et cum non invenísset eum, scidit vestiménta sua cum fletu, et dixit: * Puer non compáret, et ego quo ibo? V/. At illi, intíncta túnica Ioseph in sánguine, mitténtes qui ferrent eam ad patrem et dícerent: Vide si túnica fílii tui sit an non? * Puer. V/. Glória Patri. * Puer. R/. Ils retirèrent Joseph de la citerne et le vendirent aux Ismaélites pour vingt pièces d'argent. Et Roubène, étant revenu à la citerne sans l'y retrouver, déchira ses vêtements et pleura, en disant: * L'enfant ne paraît pas; alors, moi, où aller? V/. Mais eux, ayant imprégné de sang la tunique de Joseph, dépêchèrent des envoyés qui devaient l'apporter à leur père avec ce message: Vois si c'est bien la tunique de ton fils, ou non? * L'enfant. V/. Gloire au Père. * L'enfant.
In secundo nocturno, anno II Deuxième nocturne, année II
Ex Sermónibus beáti Guerríci abbátis (Sermo 1 in Purificatione, 1: SC 166, 306-308) Sermon de Guerric d'Igny
Lectio I Lecture I
Sint lumbi vestri præcíncti et lucérnæ ardéntes in mánibus vestris. Sint lumbi nostri præcíncti ut purificatiónem Maríæ æmulémur; sint lucérnæ ardéntes in mánibus ut gáudium Simeónis, lumen in mánibus portántis, étiam visíbili signo in nobis repræsentémus. Simus vidélicet casti córpore et mundi corde, et purificatiónem Maríæ expréssimus; simus ardéntes devotióne et lucéntes ópere, et cum Simeóne Christum portámus in mánibus. Ayez aux reins votre ceinture et en mains vos lampes allumées. Ayons aux reins notre ceinture, afin d'imiter Marie en sa purification; ayons en mains nos lampes allumées, afin de faire paraître en nous, même par un signe visible, la joie de Siméon portant en ses mains la lumière. Autrement dit: soyons chastes de corps et purs de cœur, et nous représentons la purification de Marie; soyons ardents en dévotion et rayonnants en œuvres, et avec Siméon nous portons le Christ en nos mains.
R/. Dum Ioseph fratres suos quæreret in Síchimis, illi, invídia percúlsi, de morte eius cogitavérunt; et exspoliavérunt illum túnica polýmita, * Et in sánguine hædi intinxérunt illam. V/. Cumque pervenísset ad fratres suos, exúerunt eum túnica talári et polýmita. * Et. R/. Tandis que Joseph était à la recherche de ses frères, près de Sichem, ceux-ci, poussés par l'envie, projetèrent de le tuer; ils le dépouillèrent de sa tunique multicolore, * Pour l'imprégner du sang d'un chevreau. V/. Dès qu'il fut arrivé auprès de ses frères, ils lui ôtèrent sa longue tunique multicolore, * Pour.
Lectio II Lecture II
María tamen non tam purificáta fuit, quam mystérium purificatiónis commmendávit, impléndo legálem, significándo spiritálem. Quid, inquam, mundándum hábuit concéptus ille, qui solus potest fácere mundum de immúndo concéptum sémine, qui fontem in quo mundus immúndus purificétur édidit, fontem domus David, qui hodiéque patet indefesséque scatet in ablutiónem peccatóris et menstruátæ? Suscépit tamen mater totíus puritátis purgatiónis legítimæ spéciem, ut simul et obœdientíssimæ humilitátis virtútem et evangélicæ purificatiónis insinuáret veritátem. À vrai dire, Marie a moins été purifiée elle-même qu'elle n'a mis en valeur le mystère de la purification, en accomplissant celle de la loi, en donnant à entendre celle de l'esprit. En effet, que pouvait-il y avoir à purifier dans cette conception, seule capable de rendre pur l'homme conçu d'une semence impure? N'est-ce pas de là qu'a jailli la source capable de purifier le monde immonde, la source de la maison de David, encore ouverte aujourd'hui et coulant sans arrêt pour l'ablution du pécheur et de la femme souillée? Et pourtant, la mère de toute pureté s'est soumise aux formes de la purification légale, pour nous faire saisir à la fois la valeur de l'humilité pleinement obéissante et la réalité de la purification apportée par l'Évangile.
R/. Fratres Ioseph, dum eum vendérent, pávidi terróre facti sunt. Ad patrem suum dicébant: Béstia eum rápuit. Flevit Iacob, et dixit: * Heu me, fili mi Ioseph, qui captus es et a béstia devorátus es. V/. Videns Iacob vestiménta Ioseph fílii sui, scidit vestiménta sua cum fletu et dixit: * Heu me. R/. Après avoir vendu Joseph, ses frères tremblaient de terreur. Ils disaient à leur père: Une bête sauvage l'a emporté! Jacob, tout en larmes, s'écria: * Hélas! Joseph, mon fils, tu as été capturé, dévoré par une bête féroce! V/. Jacob, ayant vu les vêtements de son fils Joseph, déchira ses propres vêtements, et, tout en larmes, s'écria: * Hélas.
Lectio III Lecture III
Ubi nunc ille qui tam falláciter quam contumáciter præsúmens de sanctitáte detréctat purgatória pæniténtium remédia subíre? Esto quod sanctus sit. Numquid sicut sanctárum sanctíssima, quæ Sanctum sanctórum péperit, María? Utinam, fratres mei, útinam nos illam haberémus humilitátem in peccátis nostris, quam vere sancti habuérunt in virtútibus suis. Que dire alors de l'homme qui s'appuie aussi trompeusement qu'obstinément sur sa sainteté et qui refuse de se soumettre à la purgation de la pénitence? Admettons qu'il soit saint: l'est-il autant que la plus sainte des saintes, que la mère du Saint des saints, que Marie? Ah, mes frères, si nous avions au milieu de nos péchés l'humilité que les saints ont eue réellement au milieu de leurs vertus!
R/. Lugébat Iacob Ioseph, fílium suum, dicens: Heu me, fili mi Ioseph, dilécte meus; ego te misi post fratres tuos, numquam te vidérunt óculi mei! * Fera péssima devorávit fílium meum Ioseph; cani mei cum dolóre descéndunt ad ínferos. V/. Tenébat Iacob vestiménta Ioseph in mánibus suis; cum lácrimis agébat: * Fera péssima. V/. Glória Patri. * Fera péssima. R/. Jacob se lamentait sur Joseph, son fils: Hélas! Mon fils Joseph, mon fils chéri; je t'ai envoyé rejoindre tes frères, et mes yeux plus jamais ne t'ont revu! * Une bête sauvage et cruelle a dévoré mon fils Joseph; mes cheveux blancs, avec ma douleur, s'en vont descendre au shéol! V/. Jacob tenait en mains les vêtements de Joseph; il s'exprimait en pleurant: * Une bête sauvage. V/. Gloire au Père. * Une bête sauvage.