Vigiles (OSB) du dimanche 11 février 2018 - VIème dimanche dans l'année

Hebdomada VI per annum VIème semaine dans l'année
Dominica Dimanche
Dominica VI per annum VIème dimanche dans l'année
éditer éditer
In primo nocturno, anno II Premier nocturne, année II
Incipit Epístula prima beáti Pauli apóstoli ad Thessalonicénses De la première lettre de saint Paul aux Thessaloniciens
Lectio I Lecture I
Paulus et Silvánus et Timótheus ecclésiæ Thessalonicénsium in Deo Patre et Dómino Iesu Christo: grátia vobis et pax. Grátias ágimus Deo semper pro ómnibus vobis, memóriam faciéntes in oratiónibus nostris, sine intermissióne mémores óperis fídei vestræ et labóris caritátis et sustinéntiæ spei Dómini nostri Iesu Christi ante Deum et Patrem nostrum, sciéntes, fratres, dilécti a Deo, electiónem vestram, quia evangélium nostrum non fuit ad vos in sermóne tantum, sed et in virtúte et in Spíritu Sancto et in plenitúdine multa, sicut scitis quales fuérimus vobis propter vos. Paul, Silvain et Timothée, à l'Église des Thessaloniciens qui est en Dieu le Père et dans le Seigneur Jésus-Christ. À vous grâce et paix. Nous rendons grâces à Dieu à tout moment pour vous tous, en faisant mention de vous sans cesse dans nos prières. Nous nous rappelons en présence de notre Dieu et Père l'activité de votre foi, le labeur de votre charité, la constance de votre espérance, qui sont dus à notre Seigneur Jésus-Christ. Nous le savons, frères aimés de Dieu, vous avez été choisis. Car notre Évangile ne s'est pas présenté à vous en paroles seulement, mais en puissance, dans l'action de l'Esprit Saint, en surabondance. De fait, vous savez comment nous nous sommes comportés au milieu de vous pour votre service.
R/. Super pópulum tuum, Dómine, * Benedíctio tua. V/. Dómini est salus, et super pópulum tuum * Benedíctio. R/. Sur ton peuple, Seigneur, * Que vienne ta bénédiction! V/. Du Seigneur vient le salut: sur ton peuple, * Que vienne.
Lectio II Lecture II
Et vos imitatóres nostri facti estis et Dómini, excipiéntes verbum in tribulatióne multa cum gáudio Spíritus Sancti, ita ut facti sitis forma ómnibus credéntibus in Macedónia et in Acháia. A vobis enim diffamátus est sermo Dómini non solum in Macedónia et in Acháia, sed in omni loco fides vestra, quæ est ad Deum, profécta est, ita ut non sit nobis necésse quidquam loqui; ipsi enim de nobis annúntiant qualem intróitum habuérimus ad vos, et quómodo convérsi estis ad Deum a simulácris, servíre Deo vivo et vero et exspectáre Fílium eius de cælis, quem suscitávit ex mórtuis, Iesum, qui éripit nos ab ira ventúra. Et vous vous êtes mis à nous imiter, nous et le Seigneur, en accueillant la parole, parmi bien des tribulations, avec la joie de l'Esprit Saint: vous êtes ainsi devenus un modèle pour tous les croyants de Macédoine et d'Achaïe. De chez vous, en effet, la parole du Seigneur a retenti, et pas seulement en Macédoine et en Achaïe, mais de tous côtés votre foi en Dieu s'est répandue, si bien que nous n'avons plus besoin d'en rien dire. On raconte là-bas comment nous sommes venus chez vous, et comment vous vous êtes tournés vers Dieu, abandonnant les idoles pour servir le Dieu vivant et véritable, dans l'attente de son Fils qui viendra des cieux, qu'il a ressuscité des morts, Jésus, qui nous délivre de la colère qui vient.
R/. Cum invocárem te, exaudísti me, Deus iustítiæ meæ; in tribulatióne dilatásti me. * Miserére mihi, Dómine, et exáudi oratiónem meam. V/. Fílii hóminum, úsquequo graves corde? Ut quid dilígitis vanitátem et quritis mendácium? * Miserére. R/. Quand je crie vers toi, tu me réponds, Dieu, ma justice; toi qui me libères dans la détresse. * Pitié pour moi, Seigneur, écoute ma prière! V/. Fils des hommes, jusqu'où irez-vous dans la dureté de cœur, l'amour du néant et la course au mensonge? * Pitié.
Lectio III Lecture III
Nam ipsi scitis, fratres, intróitum nostrum ad vos quia non inánis fuit, sed ante passi et contuméliis affécti, sicut scitis, in Philíppis, fidúciam habúimus in Deo nostro loqui ad vos evangélium Dei in multa sollicitúdine. Exhortátio enim nostra non ex erróre neque ex immundítia neque in dolo, sed sicut probáti sumus a Deo, ut crederétur nobis evangélium, ita lóquimur non quasi homínibus placéntes, sed Deo, qui probat corda nostra. Neque enim aliquándo fúimus in sermóne adulatiónis, sicut scitis, neque sub prætéxtu avarítiæ, Deus testis, nec quæréntes ab homínibus glóriam, neque a vobis neque ab áliis, cum possémus óneri esse ut Christi apóstoli, sed facti sumus párvuli in médio vestrum, tamquam si nutrix fóveat fílios suos, ita desiderántes vos, cúpide volebámus trádere vobis non solum evangélium Dei, sed étiam ánimas nostras, quóniam caríssimi nobis facti estis. Vous-mêmes savez, frères, comment nous sommes venus chez vous, que ce ne fut pas en vain. Nous avions, vous le savez, enduré à Philippes des souffrances et des insultes, mais notre Dieu nous a accordé de prêcher en toute hardiesse devant vous l'Évangile de Dieu, au milieu d'une lutte pénible. En vous exhortant, nous ne nous inspirons ni de l'erreur ni de l'impureté, et nous ne tentons pas de ruser avec vous. Seulement, Dieu nous ayant confié l'Évangile après nous avoir éprouvés, nous prêchons en conséquence, cherchant à plaire non pas aux hommes mais à Dieu qui éprouve nos cœurs. Jamais non plus nous n'avons eu un mot de flatterie, vous le savez, ni une arrière-pensée de cupidité, Dieu en est témoin; ni recherché la gloire humaine, pas plus chez vous que chez d'autres, alors que nous pouvions, étant apôtres du Christ, vous faire sentir tout notre poids. Au contraire, nous nous sommes faits tout aimables au milieu de vous. Comme une mère nourrit ses enfants et les entoure de soins, telle était notre tendresse pour vous que nous aurions voulu vous livrer, en même temps que l'Évangile de Dieu, notre propre vie, tant vous nous étiez devenus chers.
R/. Dómini est terra et plenitúdo eius, * Orbis terrárum et univérsi qui hábitant in eo. V/. Ipse super mária fundávit eum, et super flúmina præparávit eum. * Orbis. R/. Au Seigneur, le monde et sa richesse, * La terre et tous ses habitants! V/. C'est lui qui l'a fondée sur les mers et la garde inébranlable sur les flots; * La terre.
Lectio IV Lecture IV
Memores enim estis, fratres, labóris nostri et fatigatiónis; nocte et die operántes, ne quem vestrum gravarémus, prædicávimus in vobis evangélium Dei. Vos testes estis et Deus, quam sancte et iuste et sine queréla vobis, qui credidístis, fúimus; sicut scitis, quáliter unumquémque vestrum, tamquam pater fílios suos, deprecántes vos et consolántes testificáti sumus, ut ambularétis digne Deo, qui vocat vos in suum regnum et glóriam. Vous vous souvenez, frères, de nos labeurs et fatigues: de nuit comme de jour, nous travaillions, pour n'être à la charge d'aucun de vous, tandis que nous vous annoncions l'Évangile de Dieu! Vous êtes témoins, et Dieu l'est aussi, combien notre attitude envers vous, les croyants, a été sainte, juste, sans reproche. Comme un père pour ses enfants, vous le savez, nous vous avons, chacun de vous, exhortés, encouragés, adjurés de mener une vie digne de Dieu qui vous appelle à son Royaume et à sa gloire.
R/. Ad te, Dómine, levávi ánimam meam, * Deus meus, in te confído; non erubéscam. V/. Neque irrídeant me inimíci mei; étenim univérsi qui te exspéctant non confundéntur. * Deus meus. V/. Glória Patri. * Deus meus. R/. Vers toi, Seigneur, j'élève mon âme, * Mon Dieu, je m'appuie sur toi; épargne-moi la honte. V/. Ne laisse pas triompher mes ennemis; non, pour qui espère en toi, pas de déception. * Mon Dieu. V/. Gloire au Père. * Mon Dieu.
éditer éditer
In secundo nocturno, anno II Deuxième nocturne, année II
Ex Libris Morálium sancti Gregórii Magni papæ (Lib. 23: PL 76, 265-266) Morales de saint Grégoire le Grand
Lectio I Lecture I
Audi, Iob, elóquia mea et omnes sermónes meos auscúlta. Hoc habet próprium doctrína arrogántium, ut humíliter nésciant inférre quod docent, et recta quæ sápiunt recte ministráre non possint. In verbis enim eórum próditur quod cum docent, quasi in quodam sibi vidéntur summitátis cúlmine residére, eósque quos docent ut longe infra se pósitos véluti in imo respíciunt quibus non consuléndo loqui, sed vix dominándo dignántur. Entends mes paroles, Job, écoute tous mes discours: ainsi parle un de ses amis. L'enseignement des hommes arrogants a ceci de caractéristique qu'ils ne savent pas présenter avec humilité ce qu'ils enseignent, et qu'ils sont incapables de transmettre de façon véridique les vérités qu'ils possèdent. Ils montrent par leurs paroles, lorsqu'ils enseignent, qu'ils se considèrent comme installés sur un sommet, qu'ils regardent leurs auditeurs comme situés très en-dessous d'eux. S'ils daignent leur adresser la parole, ce n'est pas pour les aider, mais seulement pour les dominer.
R/. Aspice in me, Dómine, et miserére mei, quóniam únicus et pauper sum. De necessitátibus meis éripe me; * Et dimítte univérsa delícta mea. V/. Secúndum misericórdiam tuam meménto mei tu, propter bonitátem tuam, Dómine; * Et dimítte. R/. Regarde-moi, Seigneur, et prends pitié de moi, de moi qui suis seul et misérable. Tire-moi de la détresse; * Enlève tous mes péchés. V/. Dans ta miséricorde, souviens-toi de moi, en raison de ta bonté, Seigneur; * Enlève.
Lectio II Lecture II
At contra vera doctrína tanto veheméntius hoc elatiónis vítium fugit per cogitatiónem, quanto ardéntius verbórum suórum iáculis ipsum magístrum elatiónis inséquitur. Cavet enim ne eum magis elátis móribus prdicet, quem in corde audiéntium sacris sermónibus insectátur. Humilitátem namque, quæ magístra est ómnium matérque virtútum, et loquéndo dícere, et vivéndo conátur osténdere, ut eam apud discípulos veritátis plus móribus quam sermónibus eloquátur. Au contraire, le véritable enseignement fuit d'autant plus vivement ce vice de l'orgueil, même en pensée, qu'il attaque plus ardemment par les flèches de ses paroles celui qui est en personne le maître de l'orgueil. Il veille à ne pas mettre en valeur par ses manières hautaines celui qu'il combat avec de saintes paroles dans le cœur de ses auditeurs. Il s'efforce de recommander par ses paroles et de manifester par sa vie l'humilité qui est la maîtresse et la mère de toutes les vertus, afin de l'inculquer aux disciples de la vérité par la conduite plus encore que par la parole.
R/. Vias tuas, Dómine, demónstra mihi et sémitas tuas édoce me. Dírige me in veritáte tua, * Quia tu es Deus salvátor meus, et te sustínui tota die. V/. Delícta iuventútis meæ et ignorántias meas ne memíneris, Dómine; * Quia. R/. Seigneur, fais-moi connaître ton chemin, enseigne-moi tes voies. Dirige-moi selon ta vérité, * Car tu es le Dieu qui me sauve, c'est toi que j'espère tout le jour. V/. Oublie, Seigneur, mon ignorance et les péchés de ma jeunesse; * Car.
Lectio III Lecture III
Unde Paulus Thessalonicénsibus loquens, quasi cúlminis próprii apostolátus oblítus, ait: Facti sumus párvuli in médio vestrum. Unde Petrus apóstolus, cum díceret: Paráti semper ad satisfactiónem omni poscénti vos ratiónem de ea quæ in vobis est spe, in ipsa doctrínæ sciéntia qualitátem docéndi asséruit esse servándam, subdens: Sed cum modéstia et timóre, consciéntiam habéntes bonam. C'est pourquoi Paul a dit aux Thessaloniciens, comme s'il oubliait la grandeur de sa propre fonction d'apôtre: Nous nous sommes faits tout petits au milieu de vous. L'apôtre Pierre disait d'abord: Vous devez toujours être prêts à vous expliquer devant tous ceux qui vous demandent de rendre compte de l'espérance qui est en vous. Et il ajoutait, pour montrer la manière dont on doit enseigner, tout en faisant connaître la doctrine: Mais faites-le avec douceur et respect, en gardant une conscience droite.
R/. Audiam, Dómine, vocem laudis tuæ, * Ut enárrem univérsa mirabília tua. V/. Dómine, diléxi decórem domus tuæ, et locum habitatiónis glóriæ tuæ; * Ut enárrem. R/. Que j'entende, Seigneur, proclamer ta louange, * Et je raconterai chacune de tes merveilles. V/. J'aime, Seigneur, la beauté de ta maison, le lieu où demeure ta gloire; * Et je raconterai.
Lectio IV Lecture IV
Hoc autem quod discípulo Paulus ait: Præcipe hæc, et doce cum omni império, non dominatiónem poténtiæ, sed auctoritátem suádet vitæ. Cum império quippe docétur quod prius ágitur quam dicátur. Nam doctrínæ súbtrahit fidúciam, quando consciéntia prpedit linguam. Non ergo ei potestátem elátæ locutiónis, sed bonæ fidúciam insinuávit actiónis. Unde étiam de Dómino scriptum est: Erat enim docens, sicut potestátem habens, non sicut scribæ et pharisæi. Singuláriter namque ac principáliter solus ex potestáte bona locútus est, quia ex infirmitáte mala nulla commísit. Ex divinitátis quippe poténtia hábuit id quod nobis per humanitátis suæ innocéntiam ministrávit. Lorsque saint Paul dit à son disciple Timothée: Voilà ce que tu dois prescrire et enseigner avec autorité, il ne lui recommande pas une domination tyrannique, mais cette autorité qui vient de la façon de vivre. En effet, on enseigne avec autorité ce que l'on pratique avant de le professer. Car on manque de confiance pour enseigner, lorsque la mauvaise conscience fait obstacle à la parole. Il lui a ainsi suggéré non point la domination d'une parole hautaine, mais l'assurance née d'une bonne manière d'agir. Aussi est-il écrit, au sujet du Seigneur: Il parlait comme un homme qui a autorité, et non pas comme les scribes et les pharisiens. Car il fut le seul, d'une façon unique et primordiale, à parler en vertu d'une parfaite autorité, parce qu'il n'a jamais commis aucun mal par faiblesse. La puissance de sa divinité lui permettait de nous servir ainsi par l'innocence de son humanité.
R/. Adiútor meus esto, Deus, * Ne derelínquas me. V/. Neque despícias me, Deus salutáris meus. * Ne. V/. Glória Patri. * Ne. R/. Mon Dieu, sois mon secours, * Ne m'abandonne pas! V/. Ne me délaisse pas, Dieu, mon salut! * Ne. V/. Gloire au Père. * Ne.
éditer éditer
In tertio nocturno, anno B Troisième nocturne, année B
Léctio sancti Evangélii secúndum Marcum Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc
In illo témpore: Venit ad Iesum leprósus déprecans eum et genu flectens et dicens ei: " Si vis, potes me mundáre. " Et réliqua. Un lépreux vient trouver Jésus; il tombe à ses genoux et le supplie: " Si tu le veux, tu peux me purifier. " Et la suite.
Ex Homilíis sancti Ioánnis Chrysóstomi epíscopi in Matthæum (Hom. 25, 1-2: PG 57, 328) Homélie de saint Jean Chrysostome sur l'Évangile de Matthieu
Lectio I Lecture I
Et accéssit leprósus dicens: " Dómine, si vis, potes me mundáre. " Magna prudéntia et fides accedéntis. Neque enim doctrínam interpellávit, neque auditórum theátrum sécuit, sed opportúnum exspectávit tempus, et ubi Christus descendísset accéssit. Nec perfunctórie, sed multo cum fervóre, et ante génua eius ipsi súpplicat, ac cum sincéra fide et congruénti circa illum opinióne. Un lépreux vient trouver Jésus et lui dit: " Seigneur, si tu le veux, tu peux me purifier. " Grande était la foi du lépreux qui se présentait à Jésus. Il ne troubla pas la parole du Seigneur, il n'essaya pas de traverser l'immense auditoire, il attendit le moment opportun et s'approcha du Christ lorsqu'il descendit de la montagne. Il ne le fit pas à la légère, mais avec une grande ferveur, et, en tombant à genoux, il le supplia avec une foi profonde et une haute opinion du Seigneur.
R/. Unam pétii a Dómino, hanc requíram: ut inhábitem in domo Dómini * Omnibus diébus vitæ meæ. V/. Ut vídeam voluptátem Dómini et prótegar a templo sancto eius; * Omnibus diébus. R/. J'ai demandé une chose au Seigneur, la seule que je cherche: habiter la maison du Seigneur * Tous les jours de ma vie. V/. Pour admirer le Seigneur dans sa beauté, me réfugier dans son temple saint; * Tous les jours.
Lectio II Lecture II
Neque enim dixit: " Si Deum precátus fúeris ", neque: " Si oráveris ", sed: Si vis, potes me mundáre. Neque dixit: " Dómine, munda me "; sed ipsi cuncta commíttit, atque curándi Dóminum illum esse et potestátem eius summam testificátur. Dóminus vero etsi multa modéste sæpe díxerat, quæ glóriæ suæ inferióra essent, quid dicit hic ut confirmáret opiniónem eórum qui de potestáte ipsíus stupébant? Volo, mundáre. Etsi cum tot tantáque signa fecísset, numquam sic locútus fuísse videátur. Il ne dit pas en effet: " Si tu pries Dieu ", ni simplement: " Si tu pries ", mais: Si tu veux, tu peux me purifier. Il ne dit pas non plus: " Seigneur, purifie-moi "; mais il s'en remet entièrement à lui, il reconnaît que lui seul dispose de la guérison, il rend hommage à sa toute puissance. Le Seigneur, bien qu'il ait souvent parlé de lui-même avec une extrême modestie, en termes qui semblaient inférieurs à sa dignité, que dit-il ici pour confirmer l'opinion de ceux qui s'étonnaient de son autorité? Je le veux, sois purifié. Après avoir accompli les plus grand miracles, il ne nous apparaît nulle part prononçant une telle parole.
R/. Quam magna multitúdo dulcédinis tuæ, Dómine, * Quam abscondísti timéntibus te! V/. Perfecísti eis qui sperant in te, in conspéctu filiórum hóminum. * Quam abscondísti. R/. Qu'elle est grande, Seigneur, l'abondance de tes douceurs! * Tu la réserves à ceux qui te craignent. V/. Tu combles, au regard des hommes, ceux qui ont en toi leur espérance. * Tu la réserves.
Lectio III Lecture III
Hic vero, ut et pópuli et leprósi de potestáte sua opiniónem firmáret, ídeo præmísit: Volo. Neque dixit ut non fáceret; sed statim opus secútum est. Neque solum dixit: Volo, mundáre; sed étiam: Exténdens manum apprehéndit eum: quod magis inquisitióne dignum est. Cur enim voluntáte ac verbo curans illum, manus tactum adiécit? Non ália de causa, árbitror, quam ut indicáret se non legi subiéctum, sed supra legem esse; ac mundo deínceps nihil immúndum fore. En cette occasion, il voulait autoriser l'idée que tout le peuple et le lépreux en particulier avaient conçue de sa grandeur; de là cette formule: Je le veux. Ce n'était pas une vaine expression; elle fut aussitôt suivie de l'acte. En effet, il ne dit pas seulement: Je le veux, sois purifié, mais il étend la main et prend celle du lépreux. Ceci est digne d'attention. Pourquoi lorsqu'il guérissait par un acte de sa volonté, par la vertu de sa parole, veut-il le toucher de sa main? Dans le seul dessein, je pense, de montrer qu'il était supérieur à la loi et que désormais rien n'est impur pour une âme pure.
R/. Fiat manus tua ut salvum me fáciat, quia mandáta tua elégi. * Concupívi salutáre tuum, Dómine. V/. Errávi sicut ovis quæ períerat; requíre servum tuum, Dómine, quia mandáta tua non sum oblítus. * Concupívi. R/. Que ta main vienne à mon aide, car j'ai choisi tes préceptes. * J'ai le désir de ton salut, Seigneur! V/. Je m'égare, brebis perdue: viens chercher ton serviteur, je n'oublie pas tes volontés. * J'ai le désir.
Lectio IV Lecture IV
Non enim córpora curatúrus Dóminus tantum advénerat, sed ánimam quoque ad philosóphiam deductúrus. Sicut ergo non lotis mánibus manducáre, non ultra prohíbitum esse dicit, cum óptimam illam de cibórum indifferéntia legem indúcit: sic et hoc loco agit, docétque ánimam oportére curári, sublatísque extérnis illis purificatiónibus, illam esse abstergéndam, ipsiúsque tantum lepram esse timéndam, quæ est peccátum. Le Seigneur, en effet, n'est pas venu seulement guérir les corps, mais élever les âmes jusqu'à la sagesse. Comme il déclare ailleurs, en posant une loi si parfaite touchant la nature des aliments, qu'il n'est plus prohibé de manger sans s'être lavé les mains, de même il nous enseigne ici à avoir soin de notre âme, à la purifier, sans nous préoccuper des ablutions extérieures. La seule lèpre à craindre est celle de l'âme, c'est-à-dire le péché.
R/. Duo séraphim clamábant alter ad álterum: * Sanctus, Sanctus, Sanctus Dóminus Deus Sábaoth; * Plena est omnis terra glória eius. V/. Tres sunt qui testimónium dant in cælo, Pater, Verbum, et Spíritus Sanctus: et hi tres Unum sunt. * Sanctus. V/. Glória Patri. * Plena est. R/. Deux anges flamboyants se criaient l'un à l'autre: * Il est Saint! Il est Saint! Il est Saint, le Seigneur, Dieu de l'univers! * Toute la terre est remplie de sa gloire. V/. Ils sont trois qui rendent témoignage dans le ciel, le Père, le Verbe, et l'Esprit Saint: et les trois sont Un seul. * Il est Saint. V/. Gloire au Père. * Toute la terre.