Vigiles (OSB) du samedi 31 mars 2018 - Samedi Saint

In secundo nocturno, anno II Deuxième nocturne, année II
Ex Commentário Orígenis presbýteri in Epístulam ad Romános (Lib. 5: PG 14, 1048-1049) Commentaire d'Origène sur l'Épître aux Romains
Lectio I Lecture I
Si autem mórtui sumus cum Christo, crédimus quia et convivémus ei... Quod enim mórtuus est, peccáto mórtuus est semel, quod autem vivit, vivit Deo. In ómnibus quæ supra dixit Apóstolus, hoc osténdere vóluit, quia si Christus mórtuus est prior peccáto, et nos mórtui sumus peccáto cum ipso. Et cum dicit: In morte ipsíus baptizáti sumus, et: Complantáti sumus similitúdini mortis eius, per hæc ómnia osténdit quia mórtui sumus cum Christo peccáto, ex eo quod Christus quidem pro peccátis nostris mórtuus est secúndum Scriptúras; et unicuíque credéntium mortem peccáti ipsíus tamquam munus quoddam fídei ex sua morte donávit, his scílicet qui cum ipso se mórtuos et crucifíxos et consepúltos ei credunt, et per hæc peccátum in eis tamquam in mórtuis non potest operári, atque ita dicúntur mórtui esse peccáto. Si nous sommes morts avec le Christ, nous croyons que nous vivrons aussi avec lui... Oui, ce qui est mort au péché est mort une fois pour toutes; vivant, c'est pour Dieu qu'il vit. Dans tout ce que l'Apôtre vient de dire, il a voulu montrer que si le Christ est mort le premier au péché, nous sommes nous aussi morts au péché avec lui. Quand il dit: Nous avons été baptisés dans sa mort, et: Nous sommes devenus un même être avec lui, assimilés à sa mort, il montre par ces textes que nous sommes morts au péché avec le Christ, puisque le Christ est mort pour nos péchés conformément aux Écritures. En vertu de sa mort, il octroie à chacun des croyants la mort de son péché comme récompense de sa foi: pour ceux qui lui donnent leur foi et acceptent de mourir, d'être crucifiés et ensevelis avec lui, le péché ne peut agir sur eux car ils sont morts; aussi dit-on qu'ils sont morts au péché.
R/. Recéssit pastor noster, fons aquæ vivæ, ad cuius tránsitum sol obscurátus est; nam et ille captus est, qui captívum tenébat primum hóminem. * Hódie portas mortis et seras páriter Salvátor noster disrúpit. V/. Ante cuius conspéctum mors fugit, ad cuius vocem mórtui resúrgunt; vidéntes autem eum, portæ mortis confráctæ sunt. * Hódie. R/. Il s'en est allé, notre pasteur, lui, la source des eaux vives, lui dont la mort avait obscurci le soleil; car voici prisonnier celui qui retenait prisonnier le premier homme: * Aujourd'hui notre Sauveur a brisé les portes et les verrous de la mort. V/. À son aspect, la mort s'enfuit; au son de sa voix, les morts ressuscitent; à sa vue, les portes de la mort s'effondrent. * Aujourd'hui.
Lectio II Lecture II
Idcírco ergo præsénti sermóne Apóstolus conclusiónem facit ómnium quæ in superióribus astrúxerat et dicit: Si mórtui sumus cum Christo, per hæc scílicet quæ supérius osténdimus, crédimus quia et convivémus ei. Non dixit: " Et convíximus " , sicut dixit: Mórtui sumus, sed: Convivémus, ut osténdat quia mors in præsénti operátur, vita autem in futúro, tunc scílicet cum Christo manifestátus fúerit, qui est vita nostra abscóndita in Deo. Nunc ergo, ut ipse Paulus docet, mors in nobis operátur. Sed et ipsa mors quæ operátur in nobis, vidétur mihi áliquas habére differéntias. Le passage de l'Apôtre est la conclusion de toutes les affirmations précédentes quand il dit: Si nous sommes morts avec le Christ, étant donné ce que nous avons expliqué plus haut, nous croyons que nous vivrons aussi avec lui. Il ne dit pas: " Nous avons acquis la vie " , de même qu'il avait dit: Nous sommes passés par la mort, mais: Nous vivrons, afin de montrer que la mort agit actuellement mais que la vie est en attente, à l'heure où le Christ se manifestera, lui qui est notre vie cachée en Dieu. Actuellement donc, suivant l'enseignement de Paul, la mort agit en nous. Mais il me semble qu'on doit faire quelques distinctions quand on parle de cette mort qui agit en nous.
R/. O vos omnes qui transítis per viam, atténdite et vidéte * Si est dolor símilis sicut dolor meus. V/. Atténdite, univérsi pópuli, et vidéte * Si est. R/. Ô vous tous, qui passez par le chemin, considérez et voyez * S'il est douleur pareille à ma douleur. V/. Regardez, vous, tous les peuples, et voyez * S'il est.
Lectio III Lecture III
Sicut enim in Christo áliud fuit tempus mortis de qua dícitur: Et exclámans voce magna exspirávit, et áliud est cum in sepúlcro pósitus clauso óstio iácuit, áliud vero cum requisítus in monuménto non est invéntus, quia iam resurréxerat, cuius resurrectiónis inítium visíbile nulli hóminum fuit; ita étiam in nobis qui crédimus ei, triplex ista rátio mortis habénda est. Et primo quidem confessióne vocis ostendénda in nobis est mors Christi, cum corde quidem créditur ad iustítiam, ore autem conféssio fit ad salútem. Secúndo vero, in mortificatióne membrórum quæ sunt super terram, cum semper mortificatiónem Christi in córpore nostro nunc circumférimus; et hoc est quod dicit, quia mors in nobis operátur. Tértio vero, cum iam resúrgimus a mórtuis, et in novitáte vitæ ambulámus. Et ut brévius ac lucídius explicémus, prima, dies mortis est renuntiásse sæculo; secúnda, renuntiásse étiam vítiis carnis; plenitúdo vero perfectiónis in lúmine sapiéntiæ, tértia, resurrectiónis est dies. Pour le Christ, autre fut le temps de la mort, dont il est dit: Et criant d'une voix forte, il rendit l'esprit, autre celui où il gisait dans le tombeau scellé, autre enfin celui où l'on vint le chercher au tombeau sans pouvoir le trouver, car il était déjà ressuscité; et ce premier moment de la résurrection ne fut perçu par personne. Il en va de même pour nous qui croyons en lui: la mort a un triple sens. La mort du Christ se vérifie d'abord en nous quand nous lui disons notre foi, car c'est en croyant par le cœur que l'on devient juste, mais c'est par la parole que l'on obtient le salut. En second lieu, c'est en mortifiant nos membres terrestres, quand nous nous mettons à porter dans notre corps la mort du Christ; et c'est ce qu'il veut dire quand il affirme que la mort agit en nous. Le troisième sens concerne le moment où ressuscités des morts nous marchons dans une vie nouvelle. Pour tout dire brièvement et avec clarté, la mort a trois étapes: la première est le renoncement au monde, la seconde va jusqu'à renoncer aux vices de la chair; quant à la plénitude de la perfection qui se réalise dans la lumière de la sagesse, c'est la troisième étape et c'est le jour de la résurrection.
R/. Ecce quómodo móritur iustus, et nemo pércipit corde; et viri iusti tollúntur, et nemo consíderat. A fácie iniquitátis sublátus est iustus, * Et erit in pace memória eius. V/. In pace factus est locus eius, et in Sion habitátio eius. * Et erit. V/. Glória Patri. * Et erit. R/. Voici comment le juste périt, et nul ne prend la chose à cœur; les hommes de bien sont enlevés, sans que nul n'y prenne garde. C'est en considération de l'iniquité que le juste est enlevé, * Et c'est dans la paix qu'on évoque sa mémoire. V/. Dans la paix il a fixé sa tente, et sa demeure à Sion. * Et c'est dans la paix. V/. Gloire au Père. * Et c'est dans la paix.