Vigiles (OSB) du mercredi 23 mai 2018 -

Hebdomada VII per annum VIIème semaine dans l'année
Feria IV Mercredi
In primo nocturno, anno II Premier nocturne, année II
De Epístula secúnda beáti Pauli apóstoli ad Corínthios De la seconde lettre de saint Paul aux Corinthiens
Lectio I Lecture I
Quod si ministrátio mortis lítteris deformáta in lapídibus fuit in glória, ita ut non possent inténdere fílii Israel in fáciem Móysis propter glóriam vultus eius, quæ evacuátur, quómodo non magis ministrátio Spíritus erit in glória? Nam si ministérium damnatiónis glória est, multo magis abúndat ministérium iustítiæ in glória. Nam nec glorificátum est, quod cláruit in hac parte, propter excelléntem glóriam; si enim, quod evacuátur, per glóriam est, multo magis, quod manet, in glória est. Si le ministère de la mort, gravé en lettres sur des pierres, a été entouré d'une telle gloire que les fils d'Israël ne pouvaient fixer les yeux sur le visage de Moïse à cause de la gloire de son visage, pourtant passagère, comment le ministère de l'Esprit n'en aurait-il pas davantage? Si en effet le ministère de la condamnation fut glorieux, combien plus le ministère de justice l'emporte-t-il en gloire! Non, si de ce point de vue, on la compare à cette gloire suréminente, la gloire de ce premier ministère n'en fut pas une. Car, si ce qui était passager s'est manifesté dans la gloire, combien plus ce qui demeure sera-t-il glorieux!
R/. Exáudi, Deus, deprecatiónem meam, inténde oratióni meæ; * A fínibus terræ ad te clamávi, Dómine. V/. Dum anxiarétur cor meum, in petra exaltásti me; deduxísti me, quia factus es adiútor meus. * A fínibus terrae. R/. Dieu, entends ma plainte, exauce ma prière; * Des terres lointaines je t'appelle, Seigneur. V/. Quand le cœur me manque, tu m'élèves sur le roc; tu me conduis, car tu es pour moi un refuge. * Des terres lointaines.
Lectio II Lecture II
Habéntes ígitur talem spem multa fidúcia útimur, et non sicut Móyses: ponébat velámen super fáciem suam, ut non inténderent fílii Israel in finem illíus, quod evacuátur. Sed obtúsi sunt sensus eórum. Usque in hodiérnum enim diem idípsum velámen in lectióne Véteris Testaménti manet non revelátum, quóniam in Christo evacuátur; sed usque in hodiérnum diem, cum légitur Móyses, velámen est pósitum super cor eórum. Quando autem convérsus fúerit ad Dóminum, aufértur velámen. En possession d'une telle espérance, nous nous comportons avec beaucoup d'assurance, et non comme Moïse, qui mettait un voile sur son visage pour empêcher les fils d'Israël de voir la fin de ce qui était passager... Mais leur entendement s'est obscurci. Jusqu'à ce jour en effet, lorsqu'on lit l'Ancien Testament, ce même voile demeure. Il n'est point retiré; car c'est le Christ qui le fait disparaître. Oui, jusqu'à ce jour, toutes les fois qu'on lit Moïse, un voile est posé sur leur cœur. C'est quand on se convertit au Seigneur que le voile est enlevé.
R/. Deo subiécta esto, ánima mea, quóniam ab ipso patiéntia mea; * Quia ipse Deus meus. V/. In Deo salutáre meum et glória mea; Deus auxílii mei, et spes mea in Deo est. * Quia. R/. Je veux m'abandonner au Seigneur; oui, mon espoir vient de lui; * Lui seul est mon Dieu. V/. Mon salut et ma gloire se trouvent près de Dieu; chez Dieu, mon refuge, mon espérance! * Lui seul.
Lectio III Lecture III
Dominus Spíritus est; ubi autem Spíritus Dómini, ibi libértas. Nos vero omnes reveláta fácie glóriam Dómini speculántes, in eándem imáginem transformámur a claritáte in claritátem tamquam a Dómini Spíritu. Le Seigneur, c'est l'Esprit, et où est l'Esprit du Seigneur, là est la liberté. Et nous tous qui, le visage découvert, réfléchissons comme en un miroir la gloire du Seigneur, nous sommes transformés en cette même image, allant de gloire en gloire, comme de par le Seigneur, qui est Esprit.
Ideo habéntes hanc ministratiónem, iuxta quod misericórdiam consecúti sumus, non defícimus, sed abdicávimus occúlta dedécoris non ambulántes in astútia neque adulterántes verbum Dei, sed in manifestatióne veritátis commendántes nosmetípsos ad omnem consciéntiam hóminum coram Deo. Quod si étiam velátum est evangélium nostrum, in his, qui péreunt, est velátum, in quibus deus huius sæculi excæcávit mentes infidélium, ut non fúlgeat illuminátio evangélii glóriæ Christi, qui est imágo Dei. Voilà pourquoi, miséricordieusement investis de ce ministère, nous ne faiblissons pas, mais nous avons répudié les dissimulations de la honte, ne nous conduisant pas avec astuce et ne falsifiant pas la parole de Dieu. Au contraire, par la manifestation de la vérité, nous nous recommandons à toute conscience humaine devant Dieu. Que si notre Évangile demeure voilé, c'est pour ceux qui se perdent qu'il est voilé, pour les incrédules, dont le dieu de ce monde a aveuglé l'entendement afin qu'ils ne voient pas briller l'Évangile de la gloire du Christ, qui est l'image de Dieu.
R/. Deus, in te sperávi, Dómine, non confúndar in ætérnum. * In tua iustítia líbera me et éripe me. V/. Esto mihi in Deum protectórem et in locum munítum, ut salvum me fácias. * In tua iustítia. V/. Glória Patri. * In tua iustítia. R/. En toi, Seigneur, j'ai mon refuge: garde-moi d'être humilié pour toujours. * Dans ta justice, défends-moi, libère-moi. V/. Sois le rocher qui m'abrite, la citadelle qui me sauve. * Dans ta justice. V/. Gloire au Père. * Dans ta justice.
In secundo nocturno, anno II Deuxième nocturne, année II
Ex Commentário sancti Cyrílli Alexandríni epíscopi in Epístulam secúndam ad Corínthios (In 3, 18: PG 74, 930-931) Commentaire de saint Cyrille d'Alexandrie sur la seconde Lettre aux Corinthiens
Lectio I Lecture I
In eámdem imáginem transformámur a glória in glóriam tanquam a Dómini Spíritu. Transfértur credéntium mens ex legálibus rudiméntis ad evangélicam scholam, et transformátur, in spiritálem spéciem, umbræ iam ac typórum impátiens, sed e legáli glória ad áliam in Christo glóriam per Spíritum demigráre gestit. Ergo in eámdem imáginem transformámur: converténtes enim typos in veritátem, et ex legis umbra mystérium Christi nostrárum méntium subtíli ratiocínio efformántes, tanquam in spécie eámdem glóriam comperiémus. Nous sommes transformés en la même image, de gloire en gloire, comme par l'Esprit du Seigneur. L'intelligence des croyants est comme refaçonnée, passant des rudiments de la Loi à la pédagogie évangélique. Et en quelque manière elle est transformée en connaissance spirituelle. Elle n'est plus retenue par l'ombre et les types, mais saisie par l'Esprit qui la transporte de la gloire de l'Ancienne Loi à l'autre gloire, celle du Christ. C'est donc en la même image que nous sommes transformés: car, échangeant les figures contre la vérité, et, à partir des ombres de la Loi, coulant nos arides pensées dans la forme du mystère du Christ, nous trouverons la même gloire comme en son visage propre.
R/. Repleátur os meum laude ut hymnum dicam glóriæ tuæ, tota die magnificéntiæ tuæ. Noli me proícere in témpore senectútis; * Cum defécerit virtus mea, Deus, ne derelínquas me. V/. Gaudébunt lábia mea, cum cantávero tibi, et ánima mea, quam redemísti. * Cum. R/. Je n'aurai que ta louange à la bouche, pour célébrer tout le jour ta splendeur, chanter une hymne à ta gloire. Ne me rejette pas maintenant que j'ai vieilli; * Alors que décline ma vigueur, mon Dieu, ne m'abandonne pas. V/. Joie sur mes lèvres qui chantent pour toi, et dans mon âme que tu as rachetée! * Alors que.
Lectio II Lecture II
Si enim glória data fuit legis minístris, maior profécto, et priórem incomparabíliter súperans, sanctórum sacerdótum est, qui a Deo facti sunt idónei minístri Novi Fœderis, haud líttera sed spíritu. Explorátum est neminíque obscúrum, qui a legáli disciplína ad evangélicam perfectiónem tránseunt, eos omníno credéndum esse ceu ex glória prióre in áliam transísse, atque ad melióra transgréssos. Si en effet la gloire fut accordée aux ministres de la Loi, une gloire plus grande et incomparablement supérieure est destinée aux prêtres saints que Dieu a rendus capables de devenir ministres de la Nouvelle Alliance: non celle de la lettre, mais celle de l'Esprit. Il est évident et n'échappe à personne que ceux qui échangent l'enseignement de la Loi contre la perfection évangélique vont comme d'une première gloire à une autre et sont refaçonnés en mieux.
R/. Gaudébunt lábia mea, cum cantávero tibi, * Et ánima mea, quam redemísti, Dómine. V/. Sed et lingua mea meditábitur iustítiam tuam, tota die laudem tuam. * Et ánima mea. R/. Joie sur mes lèvres qui chantent pour toi, * Et dans mon âme que tu as rachetée, Seigneur! V/. Alors ma langue redira ta justice, tout le jour, ta louange. * Et dans mon âme.
Lectio III Lecture III
Qui autem eos ita transfert, ipse Spíritus est, qui legis servitúte líberat; in ipso enim clamámus: Abba, Pater! ut fílii et líberi. Neque vero áliter legális ipsíus doctrínæ profunditátem cognóscere licet, quam per Sanctum Spíritum: ipse enim scrutátur étiam profúnda Dei; profúnda autem Dei appellári dícimus laténtem in sacris Lítteris notítiam. Idcírco divus quoque David Deum sic precabátur: Revéla óculos meos, ut vídeam legis tuæ mirabília. Neque enim Servátor indígnum laude eum iudicábat, qui ex legáli sciéntia ad spiritálem, id est evangélicam, conscénderet. Ait enim: Proptérea dico vobis, omnis scriba erudítus in regno Dei, símilis est hómini díviti qui profert de thesáuro suo nova et vétera. Vétera quidem, legália intélligit; nova vero, quæ in Christo sunt. Or celui qui les change en ce nouvel état, c'est l'Esprit; c'est lui qui libère de la servitude de la Loi. Car c'est en lui que nous crions: Abba! Père! en qualité de fils et d'hommes libres. Il n'est pas possible, en effet, de voir la profondeur qui se cache sous l'aridité de la Loi, sinon et seulement par le Saint-Esprit; car il est celui qui scrute même les profondeurs de Dieu; nous appelons profondeurs de Dieu la connaissance cachée dans les saintes Écritures; voilà pourquoi David prie Dieu en ces termes: Enlève de mes yeux le voile, et du seuil de ta Loi je verrai tes merveilles. Et le Sauveur lui-même jugeait digne d'admiration l'homme qui monte de la science de la Loi à la science spirituelle, c'est-à-dire à celle de l'Évangile. Il a dit en effet: C'est pourquoi je vous le déclare: le scribe bien instruit dans le royaume de Dieu est semblable à un homme riche qui, de ses trésors, tire l'ancien et le nouveau. Et certes par ancien il entend les réalités de la Loi, et par nouveau celles qui sont dans le Christ.
R/. Mihi autem adhærére Deo bonum est, * Pónere in Dómino Deo spem meam. V/. Ut annúntiem omnes laudatiónes tuas in portis fíliæ Sion, * Pónere. V/. Glória Patri. * Pónere. R/. Pour moi, il est bon d'être intime avec Dieu; * J'ai pris refuge auprès de mon Dieu. V/. Pour annoncer les merveilles du Seigneur aux portes de Sion, * J'ai pris refuge. V/. Gloire au Père. * J'ai pris refuge.