Vigiles (OSB) du samedi 26 mai 2018 - St Philippe Néri, prêtre

Hebdomada VII per annum VIIème semaine dans l'année
Sabbato Samedi
S. Philippi Neri, presbyteri St Philippe Néri, prêtre
Memoria Mémoire
In primo nocturno, anno II Premier nocturne, année II
De Epístula secúnda beáti Pauli apóstoli ad Corínthios De la seconde lettre de saint Paul aux Corinthiens
Lectio I Lecture I
Adiuvántes et exhortámur, ne in vácuum grátiam Dei recipiátis - ait enim: Témpore accépto exaudívi te et in die salútis adiúvi te; ecce nunc tempus acceptábile, ecce nunc dies salútis - némini dantes ullam offensiónem, ut non vituperétur ministérium, sed in ómnibus exhibéntes nosmetípsos sicut Dei minístros in multa patiéntia, in tribulatiónibus, in necessitátibus, in angústiis, in plagis, in carcéribus, in seditiónibus, in labóribus, in vigíliis, in ieiúniis, in castitáte, in sciéntia, in longanimitáte, in suavitáte, in Spíritu Sancto, in caritáte non ficta, in verbo veritátis, in virtúte Dei; per arma iustítiæ a dextris et sinístris, per glóriam et ignobilitátem, per infámiam et bonam famam; ut seductóres et veráces, sicut qui ignóti et cógniti, quasi moriéntes, et ecce vívimus, ut castigáti et non mortificáti, quasi tristes, semper autem gaudéntes, sicut egéntes, multos autem locupletántes, tamquam nihil habéntes et ómnia possidéntes. Puisque nous sommes les coopérateurs du Christ, nous vous exhortons encore à ne pas recevoir en vain la grâce de Dieu. Il dit en effet: Au moment favorable, je t'ai exaucé; au jour du salut, je t'ai secouru. Le voici maintenant le moment favorable, le voici maintenant le jour du salut. Nous ne donnons à personne aucun sujet de scandale, pour que le ministère ne soit pas décrié. Au contraire, nous nous recommandons en tout comme des ministres de Dieu: par une grande constance dans les tribulations, dans les détresses, dans les angoisses, sous les coups, dans les prisons, dans les désordres, dans les fatigues, dans les veilles, dans les jeûnes; par la pureté, par la science, par la patience, par la bonté, par un esprit saint, par une charité sans feinte, par la parole de vérité, par la puissance de Dieu; par les armes offensives et défensives de la justice; dans l'honneur et l'ignominie, dans la mauvaise et la bonne réputation; tenus pour imposteurs et pourtant véridiques; pour gens obscurs, nous pourtant si connus; pour gens qui vont mourir, et nous voilà vivants; pour gens qu'on châtie, mais sans les mettre à mort; pour tristes, nous qui sommes toujours joyeux; pour pauvres, nous qui faisons tant de riches; pour gens qui n'ont rien, nous qui possédons tout.
R/. Dómine, exáudi oratiónem meam, et clamor meus ad te véniat; * Quia non spernis, Deus, preces páuperum. V/. De profúndis clamávi ad te, Dómine; Dómine exáudi vocem meam. * Quia. R/. Seigneur, entends ma prière: que mon cri parvienne jusqu'à toi! * Car tu ne méprises pas, mon Dieu, la prière des humbles. V/. Des profondeurs je crie vers toi, Seigneur; Seigneur, écoute mon appel! * Car.
Lectio II Lecture II
Os nostrum patet ad vos, o Corínthii, cor nostrum dilatátum est. Non angustiámini in nobis, sed angustiámini in viscéribus vestris; eándem autem habéntes remuneratiónem, tamquam fíliis dico, dilatámini et vos. Nolíte iugum dúcere cum infidélibus! Quæ enim participátio iustítiæ cum iniquitáte? Aut quæ socíetas luci ad ténebras? Quæ autem convéntio Christi cum Béliar, aut quæ pars fidéli cum infidéli? Nous vous avons parlé en toute liberté, Corinthiens; notre cœur s'est grand ouvert. Vous n'êtes pas à l'étroit chez nous; c'est dans vos cœurs que vous êtes à l'étroit. Payez-nous donc de retour; je vous parle comme à mes enfants, ouvrez tout grand votre cœur, vous aussi. Ne formez pas d'attelage disparate avec des infidèles. Quel rapport en effet entre la justice et l'impiété? Quelle union entre la lumière et les ténèbres? Quelle entente entre le Christ et Béliar? Quelle association entre le fidèle et l'infidèle?
R/. Velóciter exáudi me, Dómine, * Quia defecérunt sicut fumus dies mei. V/. Dies mei sicut umbra declinavérunt, et ego sicut fœnum árui; * Quia. R/. Vite, réponds-moi, Seigneur, * Car mes jours s'en vont en fumée. V/. L'ombre gagne sur mes jours, et moi, je me dessèche comme l'herbe; * Car.
Lectio III Lecture III
Qui consénsus templo Dei cum idólis? Vos enim estis templum Dei vivi; sicut dicit Deus: Inhabitábo in illis et inambulábo et ero illórum Deus, et ipsi erunt mihi pópulus. Propter quod exíte de médio eórum et separámini, dicit Dóminus, et immúndum ne tetigéritis; et ego recípiam vos et ero vobis in Patrem, et vos éritis mihi in fílios et fílias, dicit Dóminus omnípotens. Quel accord entre le temple de Dieu et les idoles? Or c'est nous qui sommes le temple du Dieu vivant, ainsi que Dieu l'a dit: J'habiterai au milieu d'eux et j'y marcherai; je serai leur Dieu et ils seront mon peuple. Sortez donc du milieu de ces gens-là et tenez-vous à l'écart, dit le Seigneur. Ne touchez rien d'impur, et moi, je vous accueillerai. Je serai pour vous un père, et vous serez pour moi des fils et des filles, dit le Seigneur tout-puissant.
Has ígitur habéntes promissiónes, caríssimi, mundémus nos ab omni inquinaménto carnis et spíritus, perficiéntes sanctificatiónem in timóre Dei. En possession de telles promesses, bien-aimés, purifions-nous de toute souillure de la chair et de l'esprit, achevant de nous sanctifier dans la crainte de Dieu.
R/. Salvos nos fac, Dómine Deus noster, et cóngrega nos de natiónibus, * Ut confiteámur nómini tuo et gloriémur in laude tua. V/. Meménto nostri, Dómine, in beneplácito pópuli tui; vísita nos in salutári tuo: * Ut confiteámur. V/. Glória Patri. * Ut confiteámur. R/. Sauve-nous, Seigneur notre Dieu; rassemble-nous du milieu des païens: * Que nous rendions grâce à ton nom, fiers de chanter ta louange! V/. Souviens-toi de nous, Seigneur, dans ta bienveillance pour ton peuple; toi qui le sauves, visite-nous: * Que V/. Gloire au Père. * Que.
In secundo nocturno, anno II Deuxième nocturne, année II
Ex Sermónibus sancti Augustíni epíscopi (Sermo 25, 7-8: PL 46, 937-939) Sermon de saint Augustin
Lectio I Lecture I
Ecce illud magis atténdite, caríssimi fratres mei, illud magis atténdite, óbsecro vos, quod ait Dóminus Christus exténdens manum super discípulos suos: Hæc est mater mea, et fratres mei. Et: Qui fécerit voluntátem Patris mei qui me misit, ipse mihi et frater et soror et mater est. Numquid non fecit voluntátem Patris Virgo María, quæ fide crédidit, fide concépit, elécta est, de qua nobis salus inter hómines nascerétur, creáta est a Christo, antequam in illa Christus crearétur? Fecit, fecit plane voluntátem Patris sancta María, et ídeo plus est Maríæ discípulam fuisse Christi quam matrem fuísse Christi. Plus est felícius discípulam fuísse Christi quam matrem fuísse Christi. Ideo María beáta erat, quia, et ántequam páreret, magístrum in útero portávit. Faites attention, mes bien-aimés frères, faites très attention, je vous en supplie, à ce que dit le Christ Seigneur, étendant la main vers ses disciples: Voici ma mère et mes frères. Et ensuite: Celui qui fait la volonté de mon Père, qui m'a envoyé, c'est lui mon frère, ma sœur, ma mère. Est-ce que la Vierge Marie n'a pas fait la volonté du Père, elle qui a cru par la foi, qui a conçu par la foi, qui a été élue pour que le salut naquît d'elle en notre faveur, qui a été créée par le Christ avant que le Christ fût créé en elle? Sainte Marie a fait, oui, elle a fait la volonté du Père et, par conséquent, il est plus important pour Marie d'avoir été disciple du Christ que d'avoir été mère du Christ; il a été plus avantageux pour elle d'avoir été disciple du Christ que d'avoir été sa mère. Donc, Marie était bienheureuse, parce que, avant même d'enfanter le Maître, elle l'a porté dans son sein.
R/. Cum cecíderit, iustus non conturbábitur, * Quia Dóminus firmat manum eius. V/. Iúnior fui, étenim sénui, et non vidi iustum derelíctum, nec semen eius quærens panem. * Quia . R/. Lorsqu'il trébuche, le juste ne vacille pas, * Car le Seigneur lui tient la main. V/. Jamais, de ma jeunesse à mes vieux jours, je n'ai vu le juste abandonné ni ses enfants mendier leur pain. * Car.
Lectio II Lecture II
María beáta, quia audívit verbum Dei et custodívit. Plus mente custodívit veritátem quam útero carnem. Véritas Christus , caro Christus. Véritas Christus in mente Maríæ, caro Christus in ventre Maríæ. Plus est quod est in mente quam quod portátur in ventre. Sancta María, beáta María, sed mélior est Ecclésia quam Virgo María. Quare? Quia María pórtio est Ecclésiæ, sanctum membrum, excéllens membrum, superéminens membrum, sed tamen tótius córporis membrum. Si tótius córporis, plus est profécto corpus quam membrum. Caput Dóminus, et totus Christus caput et corpus. Quid dicam? Divínum caput habémus, Deum caput habémus. Marie est bienheureuse parce qu'elle a entendu la parole de Dieu et l'a gardée: son âme a gardé la vérité plus que son sein n'a gardé la chair. La vérité, c'est le Christ; la chair, c'est le Christ. La vérité, c'est le Christ dans l'âme de Marie; la chair, c'est le Christ dans le sein de Marie. Ce qui est dans l'âme est davantage que ce qui est dans le sein. Sainte Marie, heureuse Marie! Et pourtant l'Église vaut mieux que la Vierge Marie. Pourquoi? Parce que Marie est une partie de l'Église, un membre saint, un membre éminent, un membre supérieur aux autres, mais enfin un membre du corps entier. S'il s'agit du corps entier, le corps est certainement davantage qu'un membre. Le Seigneur est la tête, et le Christ total est à la fois la tête et le corps. Bref, nous avons un chef divin, nous avons Dieu pour tête.
R/. Rugiébam a gémitu cordis mei, * Ante te omne desidérium meum, et gémitus meus a te non est abscónditus. V/. Cor meum conturbátum est in me, derelíquit me virtus mea. * Ante te. R/. Mon cœur gronde et rugit, Seigneur, * Tout mon désir est devant toi, et rien de ma plainte ne t'échappe. V/. Le cœur me bat, ma force m'abandonne, * Tout.
Lectio III Lecture III
Ergo, caríssimi, vos atténdite. Et vos membra Christi estis, et vos corpus Christi estis. Audémus nos dícere matres Christi. Dixi enim vos fratres eius omnes, et matrem suam non audérem? Sed multo minus áudeo, quod Christus dixit, negáre. Eia, caríssimi, inténdite quómodo sit Ecclésia, quod maniféstum est, coniux Christi, quod difficílius intellégitur, sed tamen verum est, mater Christi. In ipsíus typo María Virgo præcéssit. Unde rogo vos, María mater est Christi, nisi quia péperit membra Christi? Vos, quibus loquor, membra estis Christi. Quis vos péperit? Audio vocem cordis vestri: " Mater Ecclésia. " Mater ista sancta, honoráta, Maríæ símilis et parit et virgo est. Quia parit, per vos probo. Ex illa nati estis, et Christum parit; nam membra Christi estis. Ubi corrúpta est Eva sermóne serpéntis, ibi debet esse virgo Ecclésia dono Omnipoténtis. Ergo in mente páriant membra Christi, sicut María in ventre Virgo péperit Christum, et sic éritis matres Christi. Donc, mes très chers, regardez vous-mêmes: vous êtes les membres du Christ, et vous êtes le corps du Christ. Et même nous osons dire que vous êtes les mères du Christ. J'ai bien dit que vous êtes tous ses frères, et comment n'oserais-je pas dire que vous êtes sa mère? Mais je puis encore moins oser nier ce que le Christ a dit. Regardez donc, très chers, comment l'Église, dont il est évident qu'elle est l'épouse du Christ, peut aussi, bien que cela soit plus difficile à comprendre, et pourtant c'est vrai, être la mère du Christ. La Vierge Marie l'a précédée et elle en est le type. Je vous le demande, comment Marie est-elle la mère du Christ, si ce n'est pour avoir engendré les membres du Christ? C'est vous, à qui je parle, qui êtes les membres du Christ. Qui vous a engendrés? J'entends la voix de votre cœur: " C'est la Mère Église. " Cette mère, sainte et vénérée, semblable à Marie, engendre en même temps qu'elle est vierge. Qu'elle engendre, vous en êtes la preuve, c'est d'elle que vous êtes nés; et elle engendre le Christ, car vous êtes les membres du Christ. Tandis qu'Ève a été corrompue par la parole du serpent, l'Église doit être vierge par le don du Tout-Puissant. C'est donc dans l'âme que les membres du Christ engendrent, de même que Marie engendre le Christ de son sein tout en étant vierge; vous serez donc bien mères du Christ.
R/. Salvos nos fac, Dómine Deus noster, et cóngrega nos de natiónibus, * Ut confiteámur nómini tuo et gloriémur in laude tua. V/. Meménto nostri, Dómine, in beneplácito pópuli tui; vísita nos in salutári tuo: * Ut confiteámur. V/. Glória Patri. * Ut confiteámur. R/. Sauve-nous, Seigneur notre Dieu; rassemble-nous du milieu des païens: * Que nous rendions grâce à ton nom, fiers de chanter ta louange! V/. Souviens-toi de nous, Seigneur, dans ta bienveillance pour ton peuple; toi qui le sauves, visite-nous: * Que nous rendions grâce. V/. Gloire au Père. * Que nous rendions grâce.