Vigiles (OSB) du dimanche 3 juin 2018 - TRES SAINT CORPS ET SANG DU CHRIST

Hebdomada IX per annum IXème semaine dans l'année
Dominica Dimanche
SS.MI CORPORIS ET SANGUINIS CHRISTI TRES SAINT CORPS ET SANG DU CHRIST
Sollemnitas Solennité
In primo nocturno, utroque anno Premier nocturne, années I et II
De libro Exodi Du livre de l'Exode
Lectio I Lecture I
In diébus illis: Dixit Dóminus Móysi: " Ascénde ad Dóminum, tu et Aaron, Nadab et Abiu et septuagínta senes ex Israel, et adorábitis procul. Solúsque Móyses ascéndet ad Dóminum, et illi non appropinquábunt, nec pópulus ascéndet cum eo. " Le Seigneur dit à Moïse: " Montez vers le Seigneur, toi, Aaron, Nadab, Abihu et soixante-dix des anciens d'Israël, et vous vous prosternerez à distance. Moïse s'approchera seul du Seigneur. Eux n'approcheront pas et le peuple ne montera pas avec lui. "
R/. Immolábit hædum multitúdo filiórum Israel ad vésperam Paschæ; * Et edent carnes et ázymos panes. V/. Pascha nostrum immolátus est Christus! Itaque epulémur in ázymis sinceritátis et veritátis. * Et. R/. Au coucher du soleil, pour célébrer la Pâque, toute l'assemblée des enfants d'Israël immolera un chevreau; * On mangera sa chair avec des pains sans levain. V/. Le Christ, notre Pâque, a été immolé! Célébrons donc la Fête avec du pain non fermenté: la droiture et la vérité. * On mangera.
Lectio II Lecture II
Venit ergo Móyses et narrávit plebi ómnia verba Dómini atque iudícia; respondítque omnis pópulus una voce: " Omnia verba Dómini, quæ locútus est, faciémus. " Scripsit autem Móyses univérsos sermónes Dómini; et mane consúrgens ædificávit altáre ad radíces montis et duódecim lápides per duódecim tribus Israel. Misítque iúvenes de fíliis Israel, et obtulérunt holocáusta; immolaverúntque víctimas pacíficas Dómino vítulos. Moïse vint rapporter au peuple toutes les paroles du Seigneur et toutes les lois, et tout le peuple répondit d'une seule voix; ils dirent: " Toutes les paroles que le Seigneur a prononcées, nous les mettrons en pratique. " Moïse mit par écrit toutes les paroles du Seigneur puis, se levant de bon matin, il bâtit un autel au bas de la montagne, et douze stèles pour les douze tribus d'Israël. Puis il envoya de jeunes Israélites offrir des holocaustes et immoler au Seigneur de jeunes taureaux en sacrifice de communion.
R/. Comedétis carnes et saturabímini pánibus; * Iste est panis quem dedit vobis Dóminus ad vescéndum. V/. Non Móyses dedit vobis panem de cælo, sed Pater meus dat vobis panem de cælo verum; * Iste. R/. Vous mangerez de la chair, et vous aurez aussi du pain à satiété; * Ceci est le pain que le Seigneur vous donne à manger. V/. Jésus affirma: Ce n'est pas Moïse qui vous a donné le pain venu du ciel, c'est mon Père qui vous donne le vrai pain venu du ciel; * Ceci.
Lectio III Lecture III
Tulit ítaque Móyses dimídiam partem sánguinis et misit in cratéras; partem autem resíduam respérsit super altáre. Assuménsque volúmen fderis legit, audiénte pópulo, qui dixérunt: " Omnia, quæ locútus est Dóminus, faciémus et érimus obœdiéntes. " Ille vero sumptum sánguinem respérsit in pópulum et ait: " Hic est sanguis fœderis, quod pépigit Dóminus vobíscum super cunctis sermónibus his. " Moïse prit la moitié du sang et la mit dans des bassins, et l'autre moitié du sang, il la répandit sur l'autel. Il prit le livre de l'Alliance et il en fit la lecture au peuple qui déclara: " Tout ce que le Seigneur a dit, nous le ferons et nous y obéirons. " Moïse, ayant pris le sang, le répandit sur le peuple et dit: " Ceci est le sang de l'Alliance que le Seigneur a conclue avec vous moyennant toutes ces clauses. "
R/. Respéxit Elías ad caput suum subcinerícium panem; qui surgens, comédit et bibit, * Et ambulávit in fortitúdine cibi illíus usque ad montem Dei. V/. Si quis manducáverit ex hoc pane, vivet in ætérnum. * Et. R/. Élie regarda: il y avait près de sa tête un pain cuit sur la braise; il se leva, mangea et but; * Puis, fortifié par cette nourriture, il marcha jusqu'à la montagne de Dieu. V/. Si quelqu'un mange de ce pain, il vivra éternellement. * Puis.
Lectio IV Lecture IV
Ascenderúntque Móyses et Aaron, Nadab et Abiu et septuagínta de senióribus Israel. Et vidérunt Deum Israel, et sub pédibus eius quasi opus lápidis sapphírini et quasi ipsum cælum, cum serénum est. Nec in eléctos filiórum Israel misit manum suam; viderúntque Deum et comedérunt ac bibérunt. Moïse monta, ainsi qu'Aaron, Nadab, Abihu et soixante-dix des anciens d'Israël. Ils virent le Dieu d'Israël. Sous ses pieds il y avait comme un pavement de saphir, aussi pur que le ciel même. Il ne porta pas la main sur les notables des Israëlites. Ils contemplèrent Dieu puis ils mangèrent et burent.
R/. Panis, quem ego dabo, caro mea est pro mundi vita. Litigábant ergo Iudæi dicéntes: * Quómodo potest hic nobis dare carnem suam ad manducándum? V/. Locútus est pópulus contra Dóminum: Anima nostra náuseat super cibo isto levíssimo. * Quómodo. V/. Glória Patri. * Quómodo. R/. Le pain que je donnerai, c'est ma chair, donnée pour que le monde ait la vie. Les Juifs discutaient entre eux: * Comment cet homme-là peut-il nous donner sa chair à manger? V/. Le peuple récrimina contre le Seigneur: Nous sommes dégoûtés de cette nourriture misérable! * Comment. V/. Gloire au Père. * Comment.
In secundo nocturno, anno II Deuxième nocturne, année II
Ex Brevilóquio sancti Bonaventúræ epíscopi (Pars 6, 1-2: Op. omnia 7, 320) Breviloquium de saint Bonaventure
Lectio I Lecture I
De sacraménto Eucharístiæ hoc tenéndum est, quod in hoc sacraménto verum Christi corpus et verus sanguis non tantum significátur, verum étiam veráciter continétur sub dúplici spécie, panis scílicet et vini, tamquam sub uno, non sub dúplici sacraménto; hoc autem est post consecratiónem sacerdotálem, quæ fit in prolatióne vocális formæ a Dómino institútæ; super panem scílicet: Hoc est corpus meum; super vinum vero: Hic est calix sánguinis mei. Dans le sacrement de l'Eucharistie, le vrai corps et le vrai sang du Christ ne sont pas seulement signifiés, mais aussi contenus vraiment sous les deux espèces, à savoir celles du pain et du vin, comme sous un seul et non sous un double sacrement. Il en est ainsi après la consécration sacerdotale qui se fait en prononçant la formule vocale instituée par le Seigneur; sur le pain: Ceci est mon corps; sur le vin: Ceci est le calice de mon sang.
R/. Cenántibus illis, accépit Iesus panem et benedíxit ac fregit dedítque discípulis suis et ait: * Accípite et comédite: hoc est corpus meum. V/. Dixérunt viri tabernáculi mei: Quis det de cárnibus eius, ut saturémur? * Accípite. R/. Pendant le repas, Jésus prit du pain, prononça la bénédiction, le rompit et le donna à ses disciples, en disant: * Prenez et mangez: ceci est mon corps. V/. Ceux que je recevais sous ma tente ne disaient-ils pas: Qui nous donnera de sa chair, que nous soyons rassasiés? * Prenez.
Lectio II Lecture II
Quibus verbis cum intentióne conficiéndi a sacerdóte prolátis, transsubstantiátur utrúmque eleméntum secúndum substántiam in corpus et sánguinem Iesu Christi, remanéntibus speciébus sensibílibus, in quarum utráque continétur totáliter, non circumscriptibíliter nec locáliter, sed sacramentáliter totus Christus. In quibus étiam propónitur nobis ut cibus, quem qui digne áccipit, non solum sacramentáliter, verum étiam per fidem et caritátem spiritáliter manducándo, córpori Christi mýstico magis incorporátur et in seípso refícitur et purgátur; qui vero indígne accédit iudícium sibi mandúcat et bibit, non diiúdicans sanctíssimum corpus Christi. Par ces paroles, prononcées par le prêtre avec l'intention d'effectuer le sacrement, chaque élément est changé, selon la substance, au corps et au sang de Jésus-Christ. Les espèces sensibles demeurent, et dans chacune d'elles est contenu tout le Christ, totalement, non d'une manière circonscrite, mais sacramentellement. Sous ces espèces, le Christ nous est encore proposé en nourriture. Celui qui la reçoit dignement, par une manducation non seulement sacramentelle, mais encore devenue spirituelle par la foi et la charité, est incorporé davantage au Corps mystique du Christ, il se restaure et se purifie. Au contraire, celui qui s'approche indignement, mange et boit sa propre condamnation, s'il ne discerne pas le très saint corps du Christ.
R/. Accépit Iesus cálicem, postquam cenávit, dicens: Hic calix novum testaméntum est in meo sánguine. * Hoc fácite in meam commemoratiónem. V/. Memória memor ero, et tabéscet in me ánima mea. * Hoc fácite. R/. À la fin du repas, Jésus prit la coupe, en disant: Cette coupe est la nouvelle Alliance en mon sang. * Faites cela en mémoire de moi. V/. Je garde en mémoire, je fais mémoire, et mon âme défaille! * Faites cela.
Lectio III Lecture III
Ratio autem ad intellegéntiam prædictórum hæc est: quia princípium nostrum reparatívum, Verbum scílicet incarnátum, et sufficientíssimum est in virtúte et sapientíssimum in sensu, ídeo sic nobis cóntulit sacraménta secúndum quod éxigit sapiéntia et sufficiéntia sua. Et quia sufficientíssimum est, ídeo in largiéndo medicaménta morbórum et charísmata gratiárum, non tantum instítuit sacraméntum, quod nos in esse grátiæ generáret, ut baptísmum, et génitos augmentáret et roboráret, ut confirmatiónem, verum étiam quod génitos et augmentátos enutríret, ut sacraméntum Eucharístiæ; propter quod hæc tria sacraménta ómnibus dantur, qui accédunt ad fidem. Pour comprendre ce qui vient d'être dit, il faut savoir que celui qui est notre principe réparateur, le Verbe incarné, a une puissance surabondante et un jugement rempli de sagesse. Aussi, nous a-t-il donné les sacrements selon que l'exigent sa sagesse et sa surabondance. Parce que surabondant, en octroyant les remèdes aux maladies et les dons de la grâce, il ne s'est pas contenté d'instituer un sacrement qui nous engendrait dans l'être de grâce, à savoir le baptême, et un autre qui nous ferait croître et nous fortifierait, une fois engendrés, à savoir la confirmation, mais aussi un sacrement qui nous nourrirait après avoir été engendrés et avoir grandi, et c'est l'Eucharistie. C'est pourquoi ces trois sacrements sont donnés à tous ceux qui accèdent à la foi.
R/. Ego sum panis vitæ. Patres vestri manducavérunt manna in desérto et mórtui sunt; * Hic est panis de cælo descéndens, ut, si quis ex ipso mandúcet, non moriátur. V/. Ego sum panis vivus, qui de cælo descéndi; si quis manducáverit ex hoc pane, vivet in ætérnum. * Hic est. R/. Moi, je suis le pain de la vie. Au désert, vos pères ont mangé la manne, et ils sont morts; * Mais ce pain-là, qui descend du ciel, celui qui en mange ne mourra pas. V/. Moi, je suis le pain vivant, qui suis descendu, venu du ciel: Si quelqu'un mange de ce pain, il vivra éternellement. * Mais.
Lectio IV Lecture IV
Quóniam ergo nutriméntum nostrum, quantum ad esse gratuítum, atténditur, in unoquóque fidélium, per conservatiónem devotiónis ad Deum, dilectiónis ad próximum et delectatiónis intra seípsum; et devótio ad Deum exercétur per sacrifícii oblatiónem, diléctio ad próximum per uníus sacraménti communiónem, et delectátio intra seípsum per viátici refectiónem: hinc est quod princípium nostrum reparatívum istud sacraméntum Eucharístiæ dedit in sacrifícium oblatiónis et sacraméntum communiónis et viáticum refectiónis. Mais notre nourriture, en ce qui regarde l'être de grâce, se propose, pour chacun des fidèles, de conserver la dévotion envers Dieu, l'amour envers le prochain et la délectation au-dedans de soi. Or, la dévotion envers Dieu s'exerce par l'offrande du sacrifice, l'amour du prochain par la communion à un seul sacrement, et la délectation au-dedans de soi-même par la réfection que procure le viatique. Cela explique pourquoi celui qui est notre principe réparateur a donné ce sacrement de l'Eucharistie comme un sacrifice d'oblation, un sacrement de communion et un viatique de réfection.
R/. Unus panis, et unum corpus multi sumus, * Omnes de uno pane et de uno cálice participámus. V/. Parásti in dulcédine tua páuperi, Deus, qui habitáre facis unánimes in domo. * Omnes. V/. Glória Patri. * Omnes. R/. Puisqu'il y a un seul pain, la multitude que nous sommes est un seul corps, * Car nous avons tous part à un seul pain et à une seule coupe. V/. Dans ta douceur, tu as préparé ton festin pour le pauvre, Dieu, toi qui nous rassembles dans l'unité au sein de ta demeure. * Car. V/. Gloire au Père. * Car.
In tertio nocturno, anno B Troisième nocturne, année B
Léctio sancti Evangélii secúndum Marcum Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc
Primo die Azymórum, quando Pascha immolábant, dicunt Iesu discípuli eius: " Quo vis eámus et parémus ut mandúces Pascha? " Et réliqua. Le premier jour de la fête des pains sans levain, où l'on immolait l'agneau pascal, les disciples de Jésus lui disent: " Où veux-tu que nous allions faire les préparatifs pour ton repas pascal? " Et la suite.
Ex Homilíis sancti Ioánnis Chrysóstomi epíscopi in Matthæum (Hom. 82, 1: PG 58, 737-739) Homélie de s. Jean Chrysostome sur l'Évangile de Matthieu
Lectio I Lecture I
Et manducántibus illis accípiens panem fregit. Cur tunc témpore páschatis hoc mystérium celebrávit? Ut úndique discas illum véteris Testaménti fuísse legislatórem et ea quæ in illo sunt propter hæc adumbráta fuísse. Ideóque ubi typus erat, ibi veritátem constítuit. Véspera autem plenitúdinis témporum signum erat, indicabátque res demum ad finem accédere. Grátiasque agit, docens nos quómodo opórteat hoc mystérium celebráre, osténdens se non invítum ad passiónem veníre, instituénsque nos, ut quidquid patiámur, cum gratiárum actióne ferámus, bonámque inde spem áfferens. Pendant qu'ils mangeaient, il prit du pain et le rompit. Pourquoi célébra-t-il ce mystère au moment de la Pâque? C'est pour que tu apprennes qu'il est le législateur de l'ancien Testament et que tout y préfigurait les choses présentes. À la figure il substitue la vérité. La circonstance du soir représentait la plénitude des temps et annonçait qu'on approchait de la fin. Il rendit grâce pour nous enseigner comment célébrer ce mystère, pour nous montrer qu'il n'allait pas à la passion contre son gré, pour nous apprendre à supporter avec action de grâces tous nos maux, et pour nous donner une magnifique espérance.
R/. Qui mandúcat meam carnem et bibit meum sánguinem, * In me manet et ego in eo. V/. Non est ália nátio tam grandis, quae hábeat deos appropinquántes sibi, sicut Deus noster adest nobis. * In me. R/. Celui qui mange ma chair et boit mon sang, * Celui-là demeure en moi, et moi je demeure en lui. V/. Quelle est la grande nation dont les dieux soient aussi proches que le Seigneur notre Dieu est proche de nous? * Celui-là.
Lectio II Lecture II
Nam si typus et figúra a tanta pótuit servitúte liberáre, multo magis véritas orbem liberábit, inque benefícium géneris nostri tradétur. Idcírco non ántehac mystérium dedit, sed cum legália post hæc cessatúra essent. Et caput sollemnitátum eórum solvit, ad áliam ipsos tránsferens mensam terribilíssimam, aítque: Accípite, comédite; hoc est corpus meum, quod pro vobis frángitur. Si la figure et le signe ont pu délivrer d'une si grande servitude, combien plus la vérité ne délivrera-t-elle pas le monde entier en apportant au genre humain un immense bienfait? Par conséquent, il n'établit pas ce mystère avant la cessation des institutions légales. Il fait disparaître la principale solennité des Juifs, et il les invite à une autre table, bien plus effrayante: Prenez et mangez; ceci est mon corps qui sera rompu pour vous.
R/. Misit me vivens Pater, et ego vivo propter Patrem, * Et qui mandúcat me, vivet propter me. V/. Cibávit illum Dóminus pane vitæ et intelléctus. * Et qui. R/. De même que le Père, qui est vivant, m'a envoyé, et que moi je vis par le Père, * De même aussi celui qui me mange vivra par moi. V/. Le Seigneur lui fait manger le pain de la vie et de l'intelligence. * De même aussi.
Lectio III Lecture III
Et quómodo non turbáti sunt hoc audiéntes? Quia multa magnáque ea de re iam ipsis díxerat. Ideo non illud ultra státuit; quia iam satis audíerant. Causam vero passiónis dicit, peccatórum nempe remissiónem. Et sánguinem novi testaménti vocat, id est pollicitatiónis novæ legis. Hoc enim iam olim pollícitus erat, et novum testaméntum confírmat. Ac quemádmodum vetus oves et vítulos hábuit, sic et hoc domínicum sánguinem. Hinc étiam osténdit se moritúrum esse: ídeo et testaméntum mémorat, et véteris étiam mentiónem facit; nam et illud quoque per sánguinem dedicátum fúerat. Iterum quoque mortis causam dicit: Qui pro multis effundétur in remissiónem peccatórum; aítque: Hoc fácite in meam commemoratiónem. Et comment n'ont-ils pas été troublés en entendant ces mots? Parce qu'il leur avait déjà dit à ce sujet des choses grandes et magnifiques. Il n'insiste donc pas, puisqu'ils avaient déjà suffisamment compris . Mais il leur dit le but de sa passion: la rémission des péchés. Et il appelle son sang "sang de la nouvelle Alliance", c'est-à-dire sang de la promesse de la loi nouvelle. Cette alliance, en effet, il l'avait déjà promise autrefois, et c'est l'alliance nouvelle qui la réalise parfaitement. De même que l'ancienne avait des agneaux et des taureaux, celle-ci a le sang du Seigneur. Par là il montre qu'il doit mourir et c'est pourquoi il parle d'alliance, en rappelant la première; en effet, la première avait été scellée dans le sang. Et il revient sur le but de sa mort en disant: Qui sera répandu pour la multitude en rémission des péchés; et il ajoute: Faites ceci en mémoire de moi.
R/. Calix benedictiónis, cui benedícimus, nonne communicátio sánguinis Christi est? * Et panis, quem frángimus, nonne participátio córporis Christi est? V/. Calix tuus inébrians quam præclárus est, Dómine! * Et panis. R/. La coupe d'action de grâce que nous bénissons, n'est-elle pas communion au sang du Christ? * Le pain que nous rompons, n'est-il pas communion au corps du Christ? V/. Ta coupe enivrante: comme elle est incomparable, Seigneur! * Le pain.
Lectio IV Lecture IV
Viden' quómodo a iudáicis abdúcat et ávocet móribus? Nam, sicut illud, inquit, celebrabátis in commemoratiónem miraculórum in Ægýpto editórum, ita et hoc in meam commemoratiónem fácite. Illud effúsum est ad salútem primogenitórum; hoc ad remissiónem peccatórum totíus orbis. Hic est enim sanguis meus, inquit, qui effundétur in remissiónem peccatórum. Hoc porro dixit, ut simul osténderet passiónem et crucem esse mystérium, atque hac ratióne íterum discípulos consolarétur. Et sicut Móyses ait: Hoc vobis memoriále sempitérnum, sic et ipse: In meam commemoratiónem, donec véniam. Idcírco ait: Desidério desiderávi hoc Pascha manducáre, id est vobis res novas trádere et pascha dare, quo vos spiritáles reddam. Voyez-vous comment il détourne les siens des usages judaïques et les en éloigne? De même que vous célébriez cette fête en mémoire des prodiges opérés en Égypte, de même célébrez-la maintenant en mémoire de moi. Le sang répandu alors le fut pour le salut des premiers-nés; celui que je vais répandre le sera pour la rémission des péchés du monde entier: Ceci est mon sang qui sera répandu pour la rémission des péchés. Il parle ainsi pour montrer d'abord que sa passion et sa croix sont un mystère, et puis pour consoler de nouveau ses disciples. Moïse avait dit: Ceci sera pour vous un mémorial perpétuel; lui-même dit: En mémoire de moi, jusqu'à ce que je vienne. C'est pourquoi il avait dit aussi: J'ai désiré ardemment manger cette Pâque, c'est-à-dire vous livrer des choses nouvelles, vous donner une Pâque qui fera de vous des hommes spirituels.
R/. Transitúrus de mundo ad Patrem Iesus, in mortis suæ memóriam, * Instítuit sui córporis et sánguinis sacraméntum. V/. Corpus in cibum, sánguinem in potum tríbuens: Hoc, ait, fácite in meam commemoratiónem. * Instítuit. V/. Glória Patri. * Instítuit. R/. Quand l'heure fut venue pour lui de passer de ce monde à son Père, Jésus institua le mémorial de sa mort, * Le sacrement de son corps et de son sang. V/. Il offrit son corps pour nourriture, son sang pour breuvage, en disant: Faites cela en mémoire de moi. * Le. V/. Gloire au Père. * Le.