Vigiles (OSB) du vendredi 3 août 2018 -

Hebdomada XVII per annum XVIIème semaine dans l'année
Feria VI Vendredi
In primo nocturno, anno II Premier nocturne, année II
Lectio Lecture
De libro Iob Du livre de Job
Respóndens Dóminus locútus est ad Iob: Numquid conténdit cum Omnipoténte reprehénsor? Qui árguit Deum, debet respondére ad ea. Respóndens autem Iob Dómino dixit: Ecce léviter locútus sum; quid respondébo tibi? Manum meam ponam super os meum. Unum locútus sum, quod non répetam, et álterum, quibus ultra non addam. Le Seigneur s'adressant à Job lui dit: L'adversaire de Shaddaï cédera-t-il? Le censeur de Dieu va-t-il répondre? Et Job répondit au Seigneur: J'ai parlé à la légère: que te répliquerai-je? Je mettrai plutôt ma main sur ma bouche. J'ai parlé une fois, je ne répéterai pas; deux fois, je n'ajouterai rien.
Respóndens autem Dóminus Iob de túrbine dixit: Accínge sicut vir lumbos tuos; interrogábo te, et édoce me. Numquid írritum fácies iudícium meum et condemnábis me, ut tu iustificéris? Et si habes bráchium sicut Deus et si voce símili tonas? Circúmda tibi decórem et sublimitátem; glória et decóre indúere. Effúnde veheméntiam furóris tui et respíciens omnem arrogántem humília. Réspice cunctos supérbos et confúnde eos et cóntere ímpios in loco suo. Abscónde eos in púlvere simul et fácies eórum claude in fóvea; et ego confitébor quod salváre te possit déxtera tua. Le Seigneur répondit à Job du sein de la tempête et dit: Ceins tes reins comme un brave: je vais t'interroger et tu m'instruiras. Veux-tu vraiment casser mon jugement, me condamner pour assurer ton droit? Ton bras a-t-il une vigueur divine, ta voix peut-elle tonner pareillement? Allons, pare-toi de majesté et de grandeur, revêts-toi de splendeur et de gloire. Fais éclater les fureurs de ta colère, d'un regard, courbe l'arrogant. D'un regard, ravale l'homme superbe, écrase sur place les méchants. Enfouis-les ensemble dans le sol, emprisonne-les chacun dans le cachot. Et moi-même je te rendrai hommage, car tu peux assurer ton salut par ta droite.
Respóndens Iob Dómino dixit: Scio quia ómnia potes, et nulla te latet cogitátio. Quis est iste qui celat consílium absque sciéntia? Ideo insipiénter locútus sum et mirabília, quæ excéderent sciéntiam meam. Audi, et ego loquar; interrogábo te, et respónde mihi. Audítu auris audívi te; nunc autem óculus meus videt te. Idcírco ipse me reprehéndo et ago pæniténtiam in favílla et cínere. Job fit cette réponse au Seigneur: Je sais que tu es tout-puissant: ce que tu conçois, tu peux le réaliser. J'étais celui qui voile tes plans, par des propos dénués de sens. Aussi as-tu raconté des oeuvres grandioses que je ne comprends pas, des merveilles qui me dépassent et que j'ignore. (Écoute, laisse-moi parler: je vais t'interroger et tu m'instruiras.) Je ne te connaissais que par ouï-dire, mais maintenant mes yeux t'ont vu. Aussi je me rétracte et m'afflige sur la poussière et sur la cendre.
R/. Audítu auris audívi te, Dómine; nunc autem óculus meus videt te. Idcírco ipse me reprehéndo * Et ago pæniténtiam in favílla et cínere. V/. Unum locútus sum, quod útinam non dixíssem, quibus ultra unum non addam, sed ponam dígitum ori meo. * Et. V/. Glória Patri. * Et. R/. Seigneur, je t'avais entendu de mes oreilles; maintenant, je te vois de mes yeux. Voilà pourquoi je me rétracte * Et je fais pénitence dans la poussière et la cendre. V/. J'ai parlé une fois, et j'aurais mieux fait de me taire; je n'ajouterai plus un seul mot, je poserai un doigt sur mes lèvres. * Et. V/. Gloire au Père. * Et.
In secundo nocturno, anno II Deuxième nocturne, année II
Lectio Lecture
Ex Enarratiónibus sancti Augustíni epíscopi in psalmos (En. in ps. 85, 7. 8: CCL 39, 1181-1183) Commentaire de saint Augustin sur le psaume 85
Atténdat et vídeat quisque quanta agúntur in corde humáno; quemádmodum ipsæ plerúmque oratiónes impediántur vanis cogitatiónibus, ita ut vix stet cor ad Deum suum, et vult se tenére ut stet, et quodámmodo fugit a se, nec ínvenit cancéllos quibus se inclúdat, aut óbices quosdam quibus retíneat avolatiónes suas et vagos quosdam motus, et stet iucundári a Deo suo. Vix est ut occúrrat talis orátio inter multas oratiónes. Díceret unusquísque sibi contíngere, et álteri non contíngere, nisi invenirémus in Scriptúris Dei David orántem quodam in loco et dicéntem: Quóniam invéni, Dómine, cor meum, ut orárem ad te. Inveníre se dixit cor suum, quasi soléret ab eo fúgere, et ille sequi quasi fugitívum, et non posse comprehéndere, et clamáre ad Deum: Quóniam cor meum derelíquit me. Que l'on considère et que l'on voie bien tout ce qui se passe dans un cœur humain, comment nos prières elles-mêmes sont contrariées par de vaines pensées qui font que le cœur se tient à grand peine en présence de Dieu. Et il voudrait s'y tenir et y rester; et pour cela il essaie, pour ainsi dire, de se fuir lui-même et il ne trouve pas de clôture où se renfermer ni de barrière pour arrêter ses pensées volages et ces mouvements désordonnés qui l'empêchent de se tenir devant Dieu pour recevoir sa joie! Parmi tant de prières, en est-il une seule qui réalise cette condition? Chacun pourrait dire que cela lui arrive à lui et non pas à d'autres, si l'on ne rencontrait pas dans l'Écriture David en prière s'écriant: J'ai enfin trouvé, Seigneur, mon cœur pour te prier. Il se félicite d'avoir retrouvé son cœur comme s'il avait coutume de le voir s'enfuir. Réduit à poursuivre ce fugitif sans pourvoir le saisir et à pousser vers Dieu ce cri: Car mon cœur m'a abandonné.
Ad te levávi ánimam meam, quóniam tu suávis et mitis es; vídeor mihi vidére ad hoc dixísse mitem Deum, quia pátitur ista nostra, et exspéctat tamen a nobis oratiónem, ut perfíciat nos; et quando illi eam dedérimus, áccipit grate et exáudit, nec méminit tantas quas incóndite fúndimus, et áccipit unam quam vix invenímus. Vers toi j'ai élevé mon âme, car tu es plein de douceur et de bonté. Il me semble comprendre en quoi consiste cette douceur de Dieu; c'est qu'il veut bien supporter notre misérable condition, attendant que jaillisse notre prière pour nous acheminer vers la perfection; et quand nous la lui avons offerte, il l'accepte avec empressement, l'exauce, et il oublie tant d'autres prières jetées comme pêle-mêle devant lui, pour recevoir celle-là seule qu'à grand peine nous avons tirée de nous.
"Quid ergo, inquis, fáciam? Quid orem?" Quid ores? Quod te dócuit Dóminus, quod te dócuit cæléstis magíster. Invoca Deum tamquam Deum, ama Deum tamquam Deum; illo mélius nihil est; ipsum desídera, ipsum concupísce. Vide invocántem Deum in álio psalmo: Unam pétii a Dómino, hanc requíram. Quid est quod petit? Ut inhábitem in domo Dómini per omnes dies vitæ meæ. Utquid hoc? Ut contémpler delectatiónem Dómini. Si ergo amátor Dei esse vis, sinceríssimis medúllis castísque suspíriis ipsum dílige, ipsum ama, illi flagra, illi ínhia, quo iucúndius nihil ínvenis, quo mélius, quo lætius, quo diutúrnius. " Que faire, demandes-tu? Et quelle sera ma prière? " Quelle sera ta prière? Celle que t'a apprise le Seigneur lui-même; celle que t'a apprise le Maître céleste. Invoque Dieu pour Dieu même; aime Dieu pour Dieu même; rien de meilleur que lui. Vers lui, porte tes désirs; vers lui, tes inspirations. Vois comment le fidèle invoque Dieu dans un autre psaume: Il est une chose que j'ai demandée au Seigneur et que je désire ardemment. Que demande-t-il? Habiter dans la maison du Seigneur tous les jours de ma vie. Et pourquoi? Pour contempler la douceur du Seigneur. Veux-tu donc aimer vraiment Dieu? Aime-le en toute sincérité, du fond du cœur et avec de chastes soupirs; c'est lui qu'il faut aimer, pour lui qu'il faut brûler, vers lui qu'il faut soupirer, car tu ne trouveras rien de plus agréable, rien de plus délectable, rien de plus durable.
R/. Nonne cognóscit Deus vias meas, et cunctos gressus meos dinúmerat? Quod si ambulávi in vanitáte, aut festinávit in dolo pes meus, * Appéndat me in statéra iusta et probet Deus innocéntiam meam. V/. Quis det, ut véniat petítio mea et, quod exspécto, tríbuat mihi Deus? * Appéndat me. V/. Glória Patri. * Appéndat me. R/. Dieu n'a-t-il point connu mes sentiers, calculé le nombre de mes pas? Si j'ai fait route avec le mensonge, si mon pied s'est hâté vers la fraude, * Que Dieu me pèse à de justes balances et il reconnaîtra mon innocence. V/. Qui fera que ma requête s'accomplisse, et que Dieu me donne ce que j'espère? * Que Dieu. V/. Gloire au Père. * Que Dieu.