Vigiles (OSB) du mercredi 22 août 2018 - Bienheureuse Vierge Marie, reine.

Hebdomada XX per annum XXème semaine dans l'année
Feria IV Mercredi
B. Mariae Virginis Reginae Bienheureuse Vierge Marie, reine.
Memoria Mémoire
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In primo nocturno, anno II Premier nocturne, année II
Lectio Lecture
De libro Qóhelet Du livre de Qohélet
Qui díligit pecúniam, pecúnia non implébitur, et qui amat divítias fructum non cápiet ex eis; et hoc ergo vánitas. Ubi multæ sunt opes, multi et qui cómedunt eas; et quid prodest possessóri, nisi quod cernit divítias óculis suis? Dulcis est somnus operánti, sive parum sive multum cómedat; satúritas autem dívitis non sinit eum dormíre. Est et infírmitas péssima quam vidi sub sole: divítiæ conservátæ in malum dómini sui. Periérunt enim in negótio péssimo; si generávit fílium, in summa egestáte erit. Sicut egréssus est de útero matris suæ, nudus íterum abíbit, sicut venit, et nihil áuferet secum de labóre suo, quod tollat in manu sua. Miserábilis prorsus infírmitas: quómodo venit, sic revertétur. Quid ergo prodest ei quod laborávit in ventum? Cunctis enim diébus vitæ suæ cómedit in ténebris et in curis multis et in ærúmna atque tristítia. Qui aime l'argent ne se rassasie pas d'argent, qui aime l'abondance n'a pas de revenu, cela aussi est vanité. Où abonde le bien, abondent ceux qui le mangent, quel avantage pour le propriétaire, sinon un spectacle pour les yeux? Le sommeil du travailleur est doux, qu'il ait mangé peu ou beaucoup; mais la satiété du riche ne le laisse pas dormir. Il est un tort criant que je vois sous le soleil: la richesse gardée par son possesseur à son propre détriment. Il perd cette richesse dans une mauvaise affaire, il met au monde un fils, il n'a plus rien en main. Comme il était sorti du sein de sa mère, tout nu, il s'en retournera, comme il était venu. De son travail il n'a rien retiré qui lui reste en main. Cela aussi est un tort criant qu'il s'en aille comme il était venu: Quel profit retire-t-il d'avoir travaillé pour le vent? Et puis tous ses jours se passent dans l'obscurité, le deuil, les chagrins nombreux, la maladie et l'irritation.
Ecce quod ego vidi bonum, quod pulchrum, ut cómedat quis et bibat et fruátur lætítia ex labóre suo, quo laborávit ipse sub sole, número diérum vitæ suæ, quos dedit ei Deus; hæc enim est pars illíus. Et quidem omni hómini cui dedit Deus divítias atque substántiam, potestatémque ei tríbuit, ut cómedat ex eis et tollat partem suam et lætétur de labóre suo: hoc est donum Dei. Non enim satis recordábitur diérum vitæ suæ, eo quod Deus óccupet delíciis cor eius. Voici ce que j'ai vu: le bonheur qui convient à l'homme, c'est de manger et de boire, et de trouver le bonheur dans tout le travail qu'il accomplit sous le soleil, tout au long des jours de la vie que Dieu lui donne, car c'est là sa part. Et tout homme à qui Dieu donne richesses et ressources, qu'il laisse maître de s'en nourrir, d'en recevoir sa part et de jouir de son travail, cela est un don de Dieu. Car il ne se souvient guère des jours de sa vie tant que Dieu occupe son cœur à la joie.
Est et áliud malum quod vidi sub sole, et quidem grave apud hómines: vir cui dedit Deus divítias et substántiam et honórem, et nihil deest ánimæ suæ ex ómnibus quæ desíderat; nec tríbuit ei potestátem Deus ut cómedat ex eo, sed homo extráneus vorábit illud: hoc vánitas et miséria mala est. Si genúerit quíspiam centum líberos et víxerit multos annos et plures dies ætátis habúerit, et ánima illíus non sit satiáta bonis substántiæ suæ, immo et sepultúra cáreat, de hoc ego pronúntio quod mélior illo sit abortívus. Frustra enim venit et pergit ad ténebras, et in ténebris abscondétur nomen eius. Etsi non vidit solem neque cognóvit, maior est réquies isti quam illi. Etiámsi duóbus mílibus annis víxerit et non fúerit perfrúitus bonis, nonne ad unum locum próperant omnes? "Omnis labor hóminis est ad os eius, sed ánima eius non implébitur." Quid habet ámplius sápiens præ stulto? Et quid pauper qui sciat ambuláre coram vivis? Il y a un autre mal que je vois sous le soleil et qui est grand pour l'homme: soit un homme à qui Dieu donne richesses, ressources et gloire, et à qui rien ne manque de tout ce qu'il peut désirer; mais Dieu ne le laisse pas maître de s'en nourrir et c'est un étranger qui s'en nourrit: cela est vanité et cruelle souffrance. Soit un homme qui a eu cent enfants et a vécu de nombreuses années, et alors que ses années ont été nombreuses, il ne s'est pas rassasié de bonheur et il n'a même pas de tombeau: je vois que l'avorton est plus heureux que lui. Il est venu dans la vanité, il s'en va dans les ténèbres, et dans les ténèbres son nom est enseveli. Il n'a même pas vu le soleil et ne l'a pas connu: il y a plus de repos pour lui que pour l'autre. Et même s'il avait vécu deux fois mille ans, il n'aurait pas vu le bonheur; n'est-ce pas vers un même lieu que tous s'en vont? Toute la peine que prend l'homme est pour sa bouche, et pourtant son appétit n'est jamais satisfait. Quel avantage a le sage sur l'insensé? Et qu'en est-il de l'indigent qui sait se conduire devant les vivants?
R/. Magna enim sunt iudícia tua, Dómine, et inenarrabília verba tua; * Magnificásti pópulum tuum et honorásti. V/. Deduxísti sicut oves pópulum tuum in manu Móysi et Aaron. * Magnificásti. V/. Glória Patri. * Magnificásti. R/. Tes jugements sont grands, Seigneur; impénétrables, tes décrets; * Tu as magnifié, honoré ton peuple! V/. Tu as conduit comme un troupeau de brebis ton peuple, par la main de Moïse et d'Aaron. * Tu as magnifié. V/. Gloire au Père. * Tu as magnifié.
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In secundo nocturno, anno II Deuxième nocturne, année II
Lectio Lecture
Ex Sermónibus Petri Blesénsis presbýteri (Sermo 33: PL 207, 661-662) Sermon de Pierre de Blois
Veni, elécta mea, veni. Vocátio est ad supereminéntem glóriæ mansiónem. O Virgo vírginum! O vírginum decus! Videbáris derelícta eo témpore quo fructus ventris tui, fructus terræ súblimis ascéndit in cælum; sed non vocáberis ultra derelícta, et terra tua non vocábitur ámplius desoláta, sed vocábitur: volúntas Dei in ea, et terra tua inhabitábitur. Veni, elécta mea, "et ponam in te thronum meum", ut tecum sim, et tecum quiéscam. Viens, mon élue, viens. C'est un appel vers la demeure suprême de la gloire. Ô Vierge des vierges, gloire des vierges! Tu semblais être délaissée, à l'heure où le fruit de ton sein, le fruit de la terre montait, s'élevant vers les cieux; mais tu ne seras plus appellée:"la Délaissée", et on n'appellera plus ta contrée: "Terre déserte", mais on l'appellera: "Volonté de Dieu en elle", et ta contrée sera habitée. Viens, mon élue, viens, "et j'établirai en toi mon trône", afin que je sois avec toi et que je me repose avec toi.
Sunt álii throni quidem scílicet divíni spíritus multa Deo familiaritáte coniúncti: sed beáta María longe coniúnctior est fílio suo, cum sint duo de carne una. Hanc prærogatívam dedit Pater Fílio, ut sit ei consubstántialis; hanc prærogatívam habet Mater, ut sit ei consubstantiális. Ipsa quidem significáta per nominatíssimum thronum illum Salomónis. Ad hæc hódie vocáta et elécta est, ut sit thronus, ut sit quasi sólium excélsum et elevátum. Il y a, certes, d'autres trônes: je veux parler des esprits célestes unis à Dieu par une grande familiarité; mais la bienheureuse Marie est unie à son Fils beaucoup plus étroitement, puisqu'ils sont deux issus d'une seule et même chair. Le Père a donné au Fils de lui être consubstantiel; la Mère jouit de ce privilège d'être de la même substance que son Fils. C'est elle assurément qui est désignée par ce trône si célèbre de Salomon. Lorsqu'aujourd'hui, elle est appelée, elle est choisie, élue, c'est pour être un trône, comme un trône royal très haut et très élevé.
De throno hoc Christus iurisdictiónem exércet pacíficam; Fílius enim per præséntiam, per preces et mérita suæ matris largítur captívis indulgéntiam, clausis apertiónem, cæcis illuminatiónem, laborántibus réquiem, infirmántibus sanitátem, indigéntibus abundántiam, metuéntibus securitátem, inter amícos fidem, inter inimícos pacem, in dúbiis certitúdinem, in erróre consílium, in tribulatióne solátium, in bello propugnáculum, in exsílio refúgium, in naufrágio portum, ignorántibus sapiéntiam, humiliántibus exaltatiónem, pupíllis et víduis consolatiónem, incipiéntibus et proficiéntibus grátiam, perficiéntibus et triumphántibus glóriam et corónam. Depuis ce trône, le Christ exerce une juridiction pacifique; car le Fils, par la présence de sa mère, jointe aux supplications et aux mérites de celle-ci, accorde aux captifs l'indulgence, aux prisonniers la libération, aux aveugles l'illumination, aux travailleurs accablés le repos, aux malades la santé, aux indigents l'abondance, aux apeurés la sécurité, entre amis la fidélité, entre ennemis la paix, dans la perplexité la certitude, dans la méprise le discernement, dans la tribulation le soulagement, dans la guerre un rempart, en exil un refuge, dans le naufrage un port, aux ignorants la sagesse, aux humiliés le relèvement, aux orphelins et aux veuves le réconfort, aux débutants et aux progressants la grâce, aux parfaits et aux vainqueurs la gloire et la couronne.
R/. Salve, nóbilis virga Iesse; salve, flos campi, María; * Ex te ortum est lílium convállium. V/. Odor tuus super cuncta pretiósa unguénta, favus distíllans lábia tua, mel et lac sub lingua tua. * Ex te. V/. Glória Patri. * Ex te. R/. Salut, noble tige de Jessé; salut, Marie, fleur des champs; * De toi prit naissance le lis des vallées. V/. Ton parfum surpasse les plus précieux onguents; tes lèvres distillent le miel des rayons; sous ta langue, du miel et du lait. * De toi. V/. Gloire au Père. * De toi.