Vigiles (OSB) du samedi 25 août 2018 - de la férie

Hebdomada XX per annum XXème semaine dans l'année
Sabbato Samedi
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In primo nocturno, anno II Premier nocturne, année II
Lectio Lecture
De libro Qóhelet Du livre de Qohélet
Dulce lumen et delectábile est óculis vidére solem. Si annis multis víxerit homo et in his ómnibus lætátus fúerit, meminísse debet tenebrósi témporis, quod multum erit: omne quod vénerit vánitas. Lætáre ergo, iúvenis, in adulescéntia tua, et in bono sit cor tuum in diébus iuventútis tuæ, et ámbula in viis cordis tui et in intúitu oculórum tuórum; et scito quod pro ómnibus his addúcet te Deus in iudícium. Aufer curam a corde tuo et ámove malum a carne tua; adulescéntia enim et iuvéntus vanæ sunt. Douce est la lumière et il plaît aux yeux de voir le soleil; si l'homme vit de longues années, qu'il profite de toutes, mais qu'il se rappelle que les jours de ténèbres seront nombreux: tout ce qui vient est vanité. Réjouis-toi, jeune homme, dans ta jeunesse, sois heureux aux jours de ton adolescence, suis les voies de ton cœur et les désirs de tes yeux, mais sache que sur tout cela Dieu te fera venir en jugement. Éloigne de ton cœur le chagrin, écarte de ta chair la souffrance, mais la jeunesse et l'âge des cheveux noirs sont vanité.
Meménto Creatóris tui in diébus iuventútis tuæ, ántequam véniat tempus afflictiónis et appropínquent anni de quibus dicas: "Non mihi placent"; ántequam tenebréscat sol et lumen et luna et stellæ, et revertántur nubes post plúviam; quando commovebúntur custódes domus, et nutábunt viri fortíssimi, et otiósæ erunt moléntes imminúto número, et tenebréscent vidéntes per forámina, et claudéntur óstia in platéa submíssa voce moléntis, et consúrgent ad vocem vólucris, et súbsident omnes fíliæ cárminis; excélsa quoque timébunt et formidábunt in via. Souviens-toi de ton Créateur aux jours de ton adolescence, avant que viennent les jours mauvais et qu'arrivent les années dont tu diras: " Je ne les aime pas "; avant que s'obscurcissent le soleil et la lumière, la lune et les étoiles, et que reviennent les nuages après la pluie; au jour où tremblent les gardiens de la maison, où se courbent les hommes vigoureux, où les femmes, l'une après l'autre, cessent de moudre, où l'obscurité gagne celles qui regardent par la fenêtre. Quand la porte est fermée sur la rue, quand tombe la voix du moulin, quand on se lève à la voix de l'oiseau, quand se taisent toutes les chansons. Quand on redoute la montée et qu'on a des frayeurs en chemin.
Florébit amýgdalus, reptábit locústa et dissipábitur cápparis, quóniam ibit homo in domum æternitátis suæ, et circuíbunt in platéa plangéntes, ántequam rumpátur funículus argénteus, et frangátur lécythus áureus, et conterátur hýdria super fontem, et confringátur rota super cistérnam, et revertátur pulvis in terram suam, unde erat, et spíritus rédeat ad Deum qui dedit illum. Vánitas vanitátum, dixit Ecclesiástes, et ómnia vánitas. Et l'amandier est en fleur, et la sauterelle est pesante, et la câpre perd son goût. Tandis que l'homme s'en va vers sa maison d'éternité et les pleureurs tournent déjà dans la rue. Avant que lâche le fil d'argent, que la coupe d'or se brise, que la jarre se casse à la fontaine, que la poulie se rompe au puits et que la poussière retourne à la terre comme elle en est venue, et le souffle à Dieu qui l'a donné. Vanité des vanités, dit Qohélet, tout est vanité.
R/. Dómine, Pater et Deus vitæ meæ, ne derelínquas me in cogitátu malígno; extolléntiam oculórum meórum ne déderis mihi et desidérium malígnum avérte a me, Dómine; aufer a me concupiscéntiam, * Et ánimo irreverénti et infruníto ne tradas me, Dómine. V/. Da mihi, Dómine, sédium tuárum assistrícem sapiéntiam. * Et ánimo. V/. Glória Patri. * Et ánimo. R/. Ô Seigneur, Père et Dieu de ma vie, ne m'abandonne pas aux pensées impies; ne me donne pas l'arrogance des yeux, éloigne de moi les désirs mauvais, Seigneur; garde-moi de l'intempérance; * Ne me livre pas à un esprit de déraison et d'irrespect, Seigneur! V/. Accorde-moi, Seigneur, celle qui partage ton trône, la Sagesse. * Ne me livre pas. V/. Gloire au Père. * Ne me livre pas.
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In secundo nocturno, anno II Deuxième nocturne, année II
Lectio Lecture
Ex Sermónibus beáti Guerríci abbátis (Sermo 4, 3-4 in Assumptione: SC 202, 466-468) Sermon de Guerric d'Igny
Postquam Fílius suus ascéndit ubi erat prius, Maria mater, absolúta omni sollicitúdine temporáli, Sanctóque Spíritu, quem præter singuláres illas concéptus sui primítias commúniter cum apóstolis accéperat, plénius illumináta, gaudébat nimírum vacáre et vidére quóniam Iesus est Deus. Vísio prorsus ineffábilis gáudii summæque delectatiónis ómnibus qui díligunt Iesum, sed præ ómnibus illi quæ génuit Iesum. Cui sicut singuláriter excépta est grátia Deum generándi, sic et prærogatíva gloriándi in eo quem génuit. C'est après que son Fils fut remonté là où il était auparavant, que Marie sa mère, libérée de tout souci temporel et plus pleinement éclairée par l'Esprit Saint qu'elle avait reçu en même temps que les apôtres, après en avoir déjà reçu les prémices d'une façon unique au moment de la conception virginale, eut la joie de prendre du loisir et de voir que Jésus est Dieu. Vision qui procure, certes, un bonheur ineffable et de souveraines délices à tous ceux qui aiment Jésus, mais, plus qu'à tous les autres, à celle qui a mis Jésus au monde. De même qu'à elle seule fut réservée la grâce d'être Mère de Dieu, de même, à un titre unique, elle est en droit de se glorifier de celui dont elle est devenue la mère.
Omníno singuláris atque incomparábilis glória Vírginis matris vidére Deum regem ómnium in diadémate carnis qua coronávit eum, ut et Deum agnóscat et adóret in córpore próprio et corpus próprium glorificátum vídeat in Deo. His ínterim, ut opínor, contemplatiónibus pascebátur María, hanc óptimam partem elégerat, quæ non abláta sed perfécta est in ea. Quia enim néglegens aut segnis non éxstitit in ópere Marthæ, nequáquam vácua derelícta est a fructu Maríæ. Labor in actióne, fructus seu merces in contemplatióne. Pro eo, inquit, quod laborávit ánima eius, vidébit et saturábitur. C'est la gloire absolument unique et incomparable de la Vierge mère que de voir Dieu, roi de toute la création, portant comme un diadème la chair dont elle l'a couronné, en sorte qu'elle confesse et adore Dieu en sa propre chair, et qu'elle voit en Dieu sa propre chair glorifiée. De ces contemplations, me semble-t-il, Marie se nourrissait en attendant le ciel; elle avait choisi cette part qui est la meilleure et qui ne lui a pas été enlevée, mais lui a été donnée en sa perfection. En effet, n'ayant été ni négligente ni paresseuse dans le travail de Marthe, elle n'a pas été privée du fruit qui est la part de Marie. Le travail est dans la vie active; le fruit ou la récompense est dans la contemplation. Parce que son âme a travaillé, dit Isaïe, il verra et sera rassasié.
Vobis hæc dícimus, fratres, ut si quis desidério tángitur illíus óptimæ partis quæ in María laudátur, sciat quia hæc præmium est illíus quæ in Martha non improbátur, nec æquum est ut præmium ante méritum requirátur. Je vous dis cela, mes frères, afin que si l'un de vous se sent pris du désir de cette meilleure part dont on fait l'éloge en Marie, il sache qu'elle est la récompense de cette autre qui n'est pas blâmée en Marthe, et qu'il ne serait pas juste de prétendre à la récompense avant de l'avoir méritée.
R/. Gyrum cæli circuívi sola et in flúctibus maris ambulávi; in omni gente et in omni pópulo primátum ténui; * Superbórum et sublímium colla, própria virtúte, calcávi. V/. Ego in altíssimis hábito, et thronus meus in colúmna nubis. * Superbórum. V/. Glória Patri. * Superbórum. R/. La sphère du ciel, je l'ai parcourue, moi seule; j'ai marché sur les flots de la mer; à tous les peuples, à toutes les nations j'ai imposé ma suprématie; * J'ai fait ployer, par ma propre puissance, le cou des orgueilleux, des vaniteux. V/. Moi, la Sagesse, j'habite les hauteurs, mon trône est dans la colonne de nuée. * J'ai fait ployer. V/. Gloire au Père. * J'ai fait ployer.