Vigiles (OSB) du mardi 28 août 2018 - St Augustin, évêque et docteur de l'Église

Hebdomada XXI per annum XXIème semaine dans l'année
Feria III Mardi
S. Augustini, episcopi et Ecclesiae doctoris St Augustin, évêque et docteur de l'Église
Memoria Mémoire
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In primo nocturno, anno II Premier nocturne, année II
Lectio Lecture
De Epístula beáti Pauli apóstoli ad Titum De la lettre de saint Paul à Tite
Erámus et nos aliquándo insipiéntes, inobœdiéntes, errántes, serviéntes concupiscéntiis et voluptátibus váriis, in malítia et invídia agéntes, odíbiles, odiéntes ínvicem. Cum autem benígnitas et humánitas appáruit salvatóris nostri Dei, non ex opéribus iustítiæ, quæ fécimus nos, sed secúndum suam misericórdiam salvos nos fecit per lavácrum regeneratiónis et renovatiónis Spíritus Sancti, quem effúdit super nos abúnde per Iesum Christum salvatórem nostrum, ut iustificáti grátia ipsíus herédes simus secúndum spem vitæ ætérnæ. Nous aussi, nous étions naguère des insensés, des rebelles, des égarés, esclaves d'une foule de convoitises et de plaisirs, vivant dans la malice et l'envie, odieux et nous haïssant les uns les autres. Mais le jour où apparurent la bonté de Dieu notre Sauveur et son amour pour les hommes, il ne s'est pas occupé des œuvres de justice que nous avions pu accomplir, mais, poussé par sa seule miséricorde, il nous a sauvés par le bain de la régénération et de la rénovation en l'Esprit Saint. Et cet Esprit, il l'a répandu sur nous à profusion, par Jésus-Christ notre Sauveur, afin que, justifiés par la grâce du Christ, nous obtenions en espérance l'héritage de la vie éternelle.
Fidélis sermo, et volo te de his confirmáre, ut curent bonis opéribus præésse, qui credidérunt Deo. Hæc sunt bona et utília homínibus; stultas autem quæstiónes et genealógias et contentiónes et pugnas circa legem devíta, sunt enim inútiles et vanæ. Hæréticum hóminem post unam et secúndam correptiónem devíta, sciens quia subvérsus est, qui eiúsmodi est, et delínquit, próprio iudício condemnátus. Elle est sûre cette parole et je tiens à ce que, sur ce point, tu sois catégorique, afin que ceux qui ont placé leur foi en Dieu aient à cœur d'exceller dans la pratique du bien. Voilà qui est bon et utile aux hommes. Mais les folles recherches, les généalogies, les disputes, les polémiques au sujet de la Loi, évite-les. Elles sont sans utilité et sans profit. Quant à l'homme de parti, après un premier et un second avertissement, romps avec lui. Un tel individu, tu le sais, est un dévoyé et un pécheur qui se condamne lui-même.
Cum mísero ad te Artemam aut Týchicum, festína ad me veníre Nicópolim; ibi enim státui hiemáre. Zenam legis perítum et Apóllo sollícite ínstrue, ut nihil illis desit. Discant autem et nostri bonis opéribus præésse ad usus necessários, ut non sint infructuósi. Salútant te, qui mecum sunt, omnes. Salúta, qui nos amant in fide. Grátia cum ómnibus vobis. Lorsque je t'aurai envoyé Artémas ou Tychique, hâte-toi de me rejoindre à Nicopolis. C'est là que j'ai décidé de passer l'hiver. Prends toutes dispositions pour le voyage du juriste Zénas et d'Apollos, afin qu'ils ne manquent de rien. Les nôtres aussi doivent apprendre à exceller dans la pratique du bien pour faire face aux nécessités pressantes. Ainsi ne seront-ils pas sans fruits. Tu as le salut de tous ceux qui sont avec moi. Salue ceux qui nous aiment dans la foi. La grâce soit avec vous tous!
R/. Miserére mei, Deus, miserére mei, quóniam in te confídit ánima mea; et in umbra alárum tuárum sperábo, * Donec tránseat iníquitas. V/. Clamábo ad Deum altíssimum, et ad Dóminum qui benefécit mihi. * Donec. V/. Glória Patri. * Donec. R/. Pitié, mon Dieu, pitié pour moi! J'ai mis en toi ma confiance; j'ai mon refuge à l'ombre de tes ailes, * Aussi longtemps que dure le malheur. V/. Je crie vers Dieu, le Très-Haut, vers Dieu qui fera tout pour moi. * Aussi longtemps. V/. Gloire au Père. * Aussi longtemps..
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In secundo nocturno, anno II Deuxième nocturne, année II
Lectio Lecture
Ex Confessiónum libris sancti Augustíni epíscopi (Lib. 8, c.12, 28-29: CCL 130-131) Confessions de saint Augustin
Ubi vero a fundo arcáno alta considerátio traxit et congéssit totam misériam meam in conspéctu cordis mei, obórta est procélla ingens ferens ingéntem imbrem lacrimárum. Et ut totum effúderem cum vócibus suis, surréxi ab Alýpio - solitúdo mihi ad negótium flendi aptior suggerebátur - et secéssi remótius, quam ut posset mihi onerósa esse étiam eius præséntia. Sic tunc eram, et ille sensit: néscio quid enim puto, díxeram, in quo apparébat sonus vocis meæ iam fletu grávidus, et sic surréxeram. Mansit ergo ille ubi sedebámus nímie stupens. Ego sub quadam fici árbore stravi me néscio quómodo et dimísi habénas lácrimis, et prorupérunt flúmina oculórum meórum, acceptábile sacrifícium tuum, et non quidem his verbis, sed in hac senténtia multa dixi tibi: Et tu, Dómine, úsquequo? Usquequo, Dómine, irascéris in finem? Ne memor fuéris iniquitátum nostrárum antiquárum. Sentiébam enim eis me tenéri. Iactábam voces miserábiles: "Quámdiu, quámdiu," cras et cras"? Quare non modo? Quare non hac hora finis turpitúdinis meæ?" Quand, du fond le plus intime de mon âme, une méditation profonde eut traîné et amassé toute ma misère devant les yeux de mon cœur, il s'y éleva une grande tempête, chargée d'une abondante pluie de larmes; et pour laisser fondre l'orage avec ses clameurs, je me levai, je m'éloignai d'Alypius. La solitude me paraissait souhaitable pour la liberté de mes pleurs, et je me retirai assez loin pour que sa présence ne me fût plus une gêne. Tel était mon état, et il s'en aperçut, car je ne sais quelle parole m'avait échappé où vibrait un son de voix gros de pleurs. Je m'étais levé. Il demeura à la place où nous étions assis, plongé dans une profonde stupeur. Pour moi, j'allai m'étendre, je ne sais comment, sous un figuier; et je donnai libre cours à mes larmes, et les sources de mes yeux ruisselèrent, sacrifice digne d'être accueilli! Et je te parlai, sinon en ces termes, du moins en ce sens: Et toi, Seigneur, jusques à quand? Jusques à quand, Seigneur, durera ta colère? Ne garde pas mémoire de nos fautes passées! Car je sentais qu'elles me retenaient encore. Et je m'écriais avec des sanglots: " Combien de temps, combien de temps? Pourquoi "demain" et encore "demain"? Pourquoi pas tout de suite? Pourquoi ne pas en finir sur l'heure avec ma honte? "
Dicébam hæc et flebam amaríssima contritióne cordis mei. Et ecce aúdio vocem de vicína domo cum cantu dicéntis et crebro repeténtis quasi púeri an puéllæ, néscio: "Tolle, lege; tolle, lege." Statímque mutáto vultu intentíssimus cogitáre cœpi, utrúmnam solérent púeri in áliquo génere ludéndi cantitáre tale áliquid, nec occurébat omníno audísse me úspiam repressóque ímpetu lacrimárum surréxi nihil áliud intérpretans divínitus mihi iubéri, nisi ut aperírem códicem et légerem quod primum caput inveníssem. Audíeram enim de António, quod ex evangélica lectióne, cui forte supervénerat, admonítus fúerit, tamquam sibi dicerétur quod legebátur: Vade, vende quod habes, da paupéribus et habébis thesaúrum in cælis; et veni, séquere me, et tali oráculo conféstim ad te esse convérsum. Je disais ces paroles, et je pleurais dans toute l'amertume de mon cœur broyé. Et tout à coup j'entends une voix partie de la maison voisine, une voix de garçon ou de jeune fille, je ne sais, qui chantait et répétait à diverses reprises: "Tolle, lege!" c'est-à-dire: "Prends! lis!" Et aussitôt, changeant de visage, je cherchai très attentivement à me rappeler si c'était un refrain en usage dans quelque jeu d'enfant; et rien de tel ne me revint à la mémoire. Réprimant la violence de mes larmes, je me levai; la seule interprétation que j'entrevoyais, c'est qu'un ordre divin m'enjoignait d'ouvrir le livre de l'Apôtre, et de lire le premier chapitre sur lequel je tomberais. Je venais d'apprendre qu'Antoine, survenant, un jour, pendant la lecture de l'évangile, avait saisi, comme un avertissement qui lui était adressé, ces paroles " Va, vends ce que tu as, donne-le aux pauvres, et tu auras un trésor dans le ciel; puis, viens, suis-moi ", et qu'un tel oracle l'avait aussitôt converti, tourné vers toi.
Itaque cóncitus rédii in eum locum, ubi sedébat Alýpius; ibi posuéram códicem Apóstoli, cum inde surréxeram. Arrípui, apérui, et legi in siléntio capítulum quo primum coniécti sunt óculi mei: non in comissatiónibus et ebrietátibus, non in cubílibus et impudicítiis, non in contentióne et æmulatióne, sed indúite Dóminum Iesum Christum, et carnis providéntiam ne fecéritis in concupiscéntiis. Nec ultra vólui légere nec opus erat. Statim quippe cum fine huiúsce senténtiæ quasi luce securitátis infúsa cordi meo omnes dubitatiónis ténebræ diffugérunt. Je me hâtai donc de revenir à l'endroit où Alypius était assis; car, en me levant, j'y avais laissé le livre de l'Apôtre. Je le pris, je l'ouvris, et lus tout bas le premier chapitre où se jetèrent mes yeux: sans ripailles ni beuveries, sans orgies ni débauches, sans dispute ni jalousie, mais revêtez le Seigneur Jésus-Christ. Ne vous abandonnez pas aux convoitises de la chair pour satisfaire ses tendances égoïstes. Je ne voulus pas en lire davantage, je n'en avais plus besoin. Ces lignes à peine achevées, il se répandit dans mon cœur comme une lumière de sécurité qui dissipa toutes les ténèbres de mon incertitude.
R/. Ecce sacérdos magnus, qui in diébus suis plácuit Deo; * Ideo iureiurándo fecit illum Dóminus créscere in plebem suam. V/. Benedictiónem ómnium géntium dedit illi, et testaméntum suum confirmávit super caput eius. * Ideo. V/. Glória Patri. * Ideo. R/. Voici le grand prêtre qui, durant les jours de sa vie, fut agréable à Dieu; * C'est pourquoi le Seigneur s'est engagé, par serment, à le glorifier parmi son peuple. V/. Il lui a donné la bénédiction de toutes les nations, il a confirmé son alliance en la faisant reposer sur sa personne. * C'est pourquoi. V/. Gloire au Père. * C'est pourquoi.