Vigiles (OSB) du mercredi 12 septembre 2018 - de la férie

Hebdomada XXIII per annum XXIIIème semaine dans l'année
Feria IV Mercredi
In primo nocturno, anno II Premier nocturne, année II
Lectio Lecture
De Epístula secúnda beáti Petri apóstoli De la seconde lettre de saint Pierre
Novit Dóminus pios de tentatióne erípere, iníquos vero in diem iudícii puniéndos reserváre, máxime autem eos, qui post carnem in concupiscéntia immundítiæ ámbulant dominationémque contémnunt. Audáces, supérbi, glórias non métuunt blasphemántes, ubi ángeli fortitúdine et virtúte cum sint maióres, non portant advérsum illas coram Dómino iudícium blasphémiæ. Le Seigneur sait délivrer de l'épreuve les hommes pieux et garder les hommes impies pour les châtier au jour du Jugement, surtout ceux qui, par convoitise impure, suivent la chair et méprisent la Seigneurie. Audacieux, arrogants, ils ne craignent pas de blasphémer les Gloires, alors que les Anges, quoique supérieurs en force et en puissance, ne portent pas contre elles devant le Seigneur de jugement calomnieux.
Hi vero velut irrationabília animália naturáliter génita in captiónem et in corruptiónem, in his, quæ ignórant, blasphemántes, in corruptióne sua et corrumpéntur invíti percipiéntes mercédem iniustítiæ; voluptátem existimántes diéi delícias, coinquinatiónes et máculæ delíciis affluéntes, in voluptátibus suis luxuriántes vobíscum, óculos habéntes plenos adúlteræ et incessábiles delícti, pelliciéntes ánimas instábiles, cor exercitátum avarítiæ habéntes, maledictiónis fílii, derelinquéntes rectam viam erravérunt, secúti viam Bálaam ex Bosor, qui mercédem iniquitátis amávit, correptiónem vero hábuit suæ prævaricatiónis; subiugále mutum in hóminis voce loquens prohíbuit prophétæ insipiéntiam. Hi sunt fontes sine aqua et nébulæ túrbine exagitátæ, quibus calígo tenebrárum reservátur. Supérba enim vanitátis loquéntes pellíciunt in concupiscéntiis carnis luxúriis illos, qui páululum effúgiunt eos, qui in erróre conversántur, libertátem illis promitténtes, cum ipsi servi sint corruptiónis; a quo enim quis superátus est, huius servus est. Mais eux sont comme des animaux sans raison, voués par nature à être pris et détruits; blasphémant ce qu'ils ignorent, de la même destruction ils seront détruits eux aussi, subissant l'injustice comme salaire de l'injustice. Ils estiment délices la volupté du jour, hommes souillés et flétris, ils mettent leur volupté à vous tromper, en faisant bonne chère avec vous. Ils ont les yeux pleins d'adultère et insatiables de péché, ils allèchent les âmes mal affermies, ils ont le cœur exercé à la cupidité, êtres maudits! Après avoir quitté la voie droite, ils se sont égarés en suivant la voie de Balaam, fils de Bosor, qui chérit un salaire d'injustice mais qui fut repris de son méfait. Une monture sans voix, avec une voix humaine, arrêta la démence du prophète. Ce sont des fontaines sans eau et des nuages poussés par un tourbillon; l'obscurité des ténèbres leur est réservée. Avec des discours gonflés de vide, ils allèchent, par les désirs charnels, par les débauches, ceux qui venaient à peine de fuir les gens qui passent leur vie dans l'égarement. Ils leur promettent la liberté, mais ils sont eux-mêmes esclaves de la corruption, car on est esclave de ce qui vous domine.
Si enim refugiéntes coinquinatiónes mundi in cognitióne Dómini nostri et Salvatóris Iesu Christi his rursus implicáti superántur, facta sunt eis posterióra deterióra prióribus. Mélius enim erat illis non cognóscere viam iustítiæ quam post agnitiónem retrórsum convérti ab eo, quod illis tráditum est, sancto mandáto. Cóntigit enim eis illud veri provérbii: "Canis revérsus ad suum vómitum, et sus lota in volutábro luti". En effet, si, après avoir fui les souillures du monde par la connaissance du Seigneur et Sauveur Jésus-Christ, ils s'y engagent de nouveau et sont dominés, leur dernière condition est devenue pire que la première. Car mieux valait pour eux n'avoir pas connu la voie de la justice, que de l'avoir connue pour se détourner du saint commandement qui leur avait été transmis. Il leur est arrivé ce que dit le véridique proverbe: Le chien est retourné à son propre vomissement, et: " La truie à peine lavée se roule dans le bourbier. "
R/. Deus, in te sperávi, Dómine, non confúndar in ætérnum. * In tua iustítia líbera me et éripe me. V/. Esto mihi in Deum protectórem et in locum munítum, ut salvum me fácias. * In tua iustítia. V/. Glória Patri. * In tua iustítia. R/. En toi, Seigneur, j'ai mon refuge: garde-moi d'être humilié pour toujours. * Dans ta justice, défends-moi, libère-moi. V/. Sois le rocher qui m'abrite, la citadelle qui me sauve. * Dans ta justice. V/. Gloire au Père. * Dans ta justice.
In secundo nocturno, anno II Deuxième nocturne, année II
Lectio Lecture
Ex Libris sancti Augustíni epíscopi De Civitáte Dei (Lib. 19, 19: CCL 48, 686) Livre de saint Augustin De la Cité de Dieu
Nihil ad istam pértinet civitátem quo hábitu vel more vivéndi, si non est contra divína præcépta, istam fidem qua pervenítur ad Deum, quisque sectétur; unde ipsos quoque philósophos, quando christiáni fiunt, non hábitum vel consuetúdinem victus, quæ nihil ímpedit religiónem, sed falsa dógmata mutáre compéllit. Ex tribus vero illis vitæ genéribus, otióso, actuóso et ex utróque compósito, quamvis salva fide quisque possit in quólibet eórum vitam dúcere et ad sempitérna præmia perveníre, ínterest tamen quid amóre téneat veritátis, quid offício caritátis impéndat. Il importe peu à cette cité, qu'en professant la foi qui conduit à Dieu, l'on adopte tel ou tel genre de vie, pourvu qu'il ne soit pas contraire aux préceptes divins. Elle n'impose donc pas aux philosophes eux-mêmes, quand ils se font chrétiens, de changer leur tenue et leurs manières de vivre, si elles n'ont rien de contraire à la religion, mais bien de renoncer à leurs fausses doctrines. Quant aux trois genres de vie: loisir, action, union des deux, chacun est libre, la foi étant sauve, d'adopter celui qu'il veut, pour parvenir ainsi aux récompenses éternelles; l'important est de ne pas perdre de vue ce que l'amour de la vérité nous fait conserver et ce que le devoir de la charité nous fait sacrifier.
Nec sic esse quisque debet otiósus, ut in eódem ótio utilitátem non cógitet próximi, nec sic actuósus, ut contemplatiónem non requírat Dei. In ótio non iners vacátio delectáre debet, sed aut inquisítio aut invéntio veritátis, ut in ea quisque profíciat et quod invénerit ne álteri invídeat. In actióne vero non amándus est honor in hac vita sive poténtia, quóniam ómnia vana sub sole, sed opus ipsum, quod per eúmdem honórem vel poténtiam fit, si recte atque utíliter fit, id est ut váleat ad eam salútem subditórum, quæ secúndum Deum est. Mais on ne doit pas vivre dans le loisir au point d'oublier au cours de ce loisir le souci d'être utile au prochain, ni dans l'activité, au point de négliger la recherche de la contemplation de Dieu. Dans le loisir, ce n'est pas le désœuvrement qu'on doit aimer, mais la recherche ou la découverte de la vérité, pour y faire des progrès, sans refuser de partager avec autrui ce qu'on aurait trouvé. Dans l'action, ce n'est pas aux dignités de cette vie ni au pouvoir qu'il faut s'attacher, car tout est vanité sous le soleil; c'est à l'œuvre elle-même, accomplie dans l'exercice de ces dignités et de ce pouvoir, pourvu qu'elle soit droite et utile, c'est-à-dire capable de contribuer, selon le plan divin, au salut de ceux qui nous sont soumis.
Itaque ab stúdio cognoscéndæ veritátis nemo prohibétur, quod ad laudábile pértinet ótium; locus vero supérior, sine quo regi pópulus non potest, etsi ita teneátur atque administrétur ut decet, tamen indecénter appétitur. Quam ob rem ótium sanctum quærit cáritas veritátis; negótium iustum súscipit necéssitas caritátis. Quam sárcinam si nullus impónit, percipiéndæ atque intuéndæ vacándum est veritáti; si autem impónitur, suscipiénda est propter caritátis necessitátem; sed nec sic omni modo veritátis delectátio deserénda est, ne subtrahátur illa suávitas et ópprimat ista necéssitas. Ainsi la recherche de la vérité n'est interdite à personne; elle fait partie du loisir digne de louange: mais une haute fonction indispensable au gouvernement du peuple, fût-elle tenue et exercée comme il convient, il ne convient pas de la désirer. C'est donc l'amour de la vérité qui recherche le saint loisir; la fonction légitime, c'est le devoir de la charité qui la fait accepter. Si personne ne nous impose ce fardeau, il faut s'adonner à l'étude et à la contemplation de la vérité; si l'on nous l'impose, il faut l'accepter comme l'exige le devoir de la charité; même alors, cependant, il ne faut pas renoncer complètement aux joies de la vérité, de peur que la suavité de l'une ne vienne à nous manquer, et la nécessité de l'autre à nous accabler.
R/. Repleátur os meum laude ut hymnum dicam glóriæ tuæ, tota die magnificéntiæ tuæ. Noli me proícere in témpore senectútis; * Cum defécerit virtus mea, Deus, ne derelínquas me. V/. Gaudébunt lábia mea, cum cantávero tibi, et ánima mea, quam redemísti. * Cum. V/. Glória Patri. * Cum. R/. Je n'aurai que ta louange à la bouche, pour célébrer tout le jour ta splendeur, chanter une hymne à ta gloire. Ne me rejette pas maintenant que j'ai vieilli; * Alors que décline ma vigueur, mon Dieu, ne m'abandonne pas. V/. Joie sur mes lèvres qui chantent pour toi, et dans mon âme que tu as rachetée! * Alors que. V/. Gloire au Père. * Alors que.