Vigiles (OSB) du mardi 2 juillet 2019 -

Hebdomada XIII per annum XIIIème semaine dans l'année
Feria III Mardi
In primo nocturno, anno I Premier nocturne, année I
Lectio Lecture
De libro primo Samuélis Du premier livre de Samuel
In diébus illis: Accéssit Saul ad Samuélem in médio portæ et ait: "Indica, oro, mihi: Ubi est domus vidéntis?" Et respóndit Sámuel Sauli dicens: "Ego sum videns. Ascénde ante me in excélsum, ut comedátis mecum hódie. Et dimíttam te mane et ómnia quæ sunt in corde tuo, indicábo tibi; et de ásinis quas perdidísti nudiustértius, ne sollícitus sis, quia invéntæ sunt. Et cuius erunt óptima quæque Israel? Nonne tibi et omni dómui patris tui?" Respóndens autem Saul ait: "Numquid non Beniaminíta ego sum de mínima tribu Israel, et cognátio mea novíssima inter omnes famílias de tribu Béniamin? Quare ergo locútus es mihi sermónem istum?" Saül aborda Samuel au milieu de la porte et dit: " Indique-moi, je te prie, où est la maison du voyant. " Samuel répondit à Saül: " Je suis le voyant. Monte devant moi au haut lieu. Vous mangerez aujourd'hui avec moi. Je te dirai adieu demain matin et je t'expliquerai tout ce qui occupe ton cœur. Quant aux ânesses que tu as perdues il y a trois jours, ne t'en inquiète pas: elles sont retrouvées. D'ailleurs, à qui revient toute la richesse d'Israël? N'est-ce pas à toi et à toute la maison de ton père? " Saül répondit ainsi: " Ne suis-je pas un Benjaminite, la plus petite des tribus d'Israël, et ma famille n'est-elle pas la moindre de toutes celles de la tribu de Benjamin? Pourquoi me dire de telles paroles? "
Assúmens ítaque Sámuel Saulem et púerum eius introdúxit eos in triclínium et dedit eis locum in cápite eórum qui fúerant invitáti: erant enim quasi trigínta viri. Dixítque Sámuel coco: "Da partem quem dedi tibi et præcépi ut repóneres seórsum apud te."Levávit autem cocus armum et caudam et pósuit ante Saul. Dixítque Sámuel: "Ecce quod remánsit; pone ante te et cómede." Et comédit Saul cum Sámuel in die illa. Et descendérunt de excélso in óppidum. Et stravérunt pro Saul in solário, et dormívit. Samuel emmena Saül et son serviteur. Il les introduisit dans la salle et leur donna une place en tête des invités, qui étaient une trentaine. Puis Samuel dit au cuisinier: " Sers la part que je t'ai donnée en te disant de la mettre de côté. " Le cuisinier préleva le gigot et la queue, qu'il mit devant Saül, et il dit: " Voilà posé devant toi ce qu'on a laissé. Mange!... " Ce jour-là, Saül mangea avec Samuel. Ils descendirent du haut lieu à la ville. On prépara un lit sur la terrasse pour Saül et il se coucha.
Cumque mane surrexíssent, et iam elucésceret, vocávit Sámuel Saul in solário dicens: "Surge, ut dimíttam te." Et surréxit Saul. Egressíque sunt ambo, ipse vidélicet et Sámuel. Cumque descénderent in extréma parte civitátis, Sámuel dixit ad Saul: "Dic púero ut antecédat nos - et ille antecéssit -; tu autem subsíste paulísper, ut índicem tibi verbum Dómini." Dès que parut l'aurore, Samuel appela Saül sur la terrasse: " Lève-toi, dit-il, je vais te dire adieu. " Saül se leva, et Samuel et lui sortirent tous deux au-dehors. Ils étaient descendus à la limite de la ville quand Samuel dit à Saül: " Ordonne au serviteur qu'il passe devant nous, mais toi, reste maintenant, que je te fasse entendre la parole de Dieu. "
Tulit Sámuel lentículam ólei et effúdit super caput Saul et deosculátus eum ait: "Ecce unxit te Dóminus in príncipem super pópulum suum, super Israel. Et tu domináberis pópulo Dómini et tu liberábis eum de manu inimicórum eius qui in circúitu eius sunt." Samuel prit la fiole d'huile et la répandit sur la tête de Saül, puis il l'embrassa et dit: " N'est-ce pas le Seigneur qui t'a oint comme chef de son peuple Israël? C'est toi qui jugeras le peuple du Seigneur et le délivreras de la main de ses ennemis d'alentour. "
R/. Dóminus, qui elégit te, ipse te coronávit coróna iustítiæ; * Via enim Dómini recta facta est coram te. V/. Via iustórum recta facta est, et iter sanctórum præparátum est. * Via enim. V/. Glória Patri. * Via enim. R/. C'est le Seigneur qui t'a choisi, lui-même t'a couronné d'un diadème de sainteté; * Car devant toi a été redressé le chemin du Seigneur. V/. Le chemin des justes est tracé droit, la route des saints, frayée d'avance. * Car. V/. Gloire au Père. * Car.
In secundo nocturno, anno I Deuxième nocturne, année I
Lectio Lecture
Ex Expositióne sancti Gregórii Magni papæ in libros Regum (Lib. 4, 5: PL 79, 279) Commentaire de s. Grégoire le Grand sur les livres des Rois
Ad culmen sanctæ Ecclésiæ rector dúcitur, ut hoc offícium hábeat, quo inter Deum et hómines pacem ponat. Peccándo étenim, inimicítias Creatóris incúrrimus. Dum ergo ad peccatórum correptiónem rector pónitur, illud de médio tollit quod Dei nos inimícos fecit. Bene ergo Sámuel Saul caput osculátus fuísse perhibétur. Prophétæ namque ósculum defíxum ille portat in cápite, qui reconciliatiónis nostræ suffrágium portat in mente; cum vidélicet in se nulla gerit foménta divínæ discórdiæ, qui in mente paci réddere discórdes studet. Osculáto ergo príncipe, dícitur: Unxit te Deus in príncipem super hereditátem suam. Au sommet de la sainte Église est placé un chef, qui aurait pour mission de faire la paix entre Dieu et les hommes. Car en péchant, nous avons encouru les inimitiés du Créateur. Or, le chef établi pour la correction des péchés enlève ce qui nous a séparés et rendus ennemis de Dieu. L'Écriture a donc raison de mentionner que Samuel baisa la tête de Saül: car il porte le baiser du prophète fixé sur sa tête, celui qui porte dans son esprit le suffrage favorable à notre réconciliation. C'est une manière de dire que, par définition, celui qui s'efforce de rétablir la paix entre Dieu et les hommes ne porte en lui-même rien qui puisse exciter la colère divine. En conséquence, une fois que le prince a reçu le baiser, on lui dit: Dieu t'a oint en tant que prince sur son héritage.
Quasi rebus eum admóneat dicens: "Qui te ad hoc pósitum nosti, ut peccáti inimicítias débeas sólvere, quod in áliis déstruis, in te non debes retinére." Nonnúlli étenim et ungúntur et ósculum non accípiunt; liberáre pópulum Dómini sátagunt, sed se inimicórum iugo subícere non pavéscunt. Nam qui áliis bona prædicat, quæ non agit, quasi ósculum dat quod non áccipit. Amícos étenim Dei álios fácere quærit, et ipse inimícus esse non désinit. Inimicítias peccáti in se ædíficat, quas in áliis destruére per verbum tentat. Quia ergo ille solum præéminet utíliter, qui per afféctum magnæ caritátis Dei amícus est, Sámuel caput regis osculátus fuísse dícitur. C'est comme si Samuel donnait une leçon de choses, ou une parabole, pour dire: " Toi qui te sais établi pour cette tâche d'effacer les inimitiés provenant du péché, tu ne dois pas garder en toi-même ce que tu effaces chez les autres . " Car certains reçoivent l'onction sans le baiser: ils s'efforcent de délivrer le peuple du Seigneur, mais en ce qui les concerne ils n'ont pas peur de se soumettre au joug des ennemis. Or, celui qui prêche aux autres le bien qu'il ne fait pas, donne, dirons-nous, un baiser qu'il ne reçoit pas; car il cherche à faire des autres les amis de Dieu, mais lui-même ne cesse d'être ennemi. Il construit en lui-même le mur d'inimitiés qu'il essaie par la parole de détruire chez les autres. Donc, parce que celui-là seul gouverne utilement, qui est ami de Dieu par l'élan d'une grande charité, l'Écriture mentionne que Samuel baisa la tête du roi.
Hinc ipsa Véritas prius osculátur quos órdinat: deínde ad liberándos álios mittit: Vos, ait, amíci mei estis; deínde áddidit dicens: Pósui vos ut eátis et fructum afferátis et fructus vester máneat. Hinc item resúrgens a mórtuis dicit: Pax vobis; deínde subdit: Quorum remiséritis peccáta, remitténtur eis; et quorum retinuéritis, reténta sunt. Ut velut ósculum pacis in eórum mente fígeret, quos peccáti ódia sólvere præcepísset. Osculátus ergo rex super hereditáte Dómini constitúitur, quia eléctus doctor elígitur, ut fidélibus súbditis dignitáte præemíneat, sed de prælatióne sua non suum, sed Dómini lucrum quærat. Quare ad hoc constitútus asséritur, ut qui sub eo sunt, de inimicórum mánibus liberéntur. Heréditas Dómini multitúdo fidélium est. C'est ainsi que la Vérité commence par baiser ceux qu'elle ordonne, puis elle les envoie délivrer les autres: Vous, dit-elle, vous êtes mes amis; ensuite, elle ajoute: Je vous ai constitués pour que vous alliez, que vous portiez du fruit et que votre fruit demeure. Parallèlement, le Christ ressuscité d'entre les morts, dit: Paix à vous! puis il ajoute: Ceux à qui vous remettrez les péchés, ils leur seront remis, et ceux à qui vous les retiendrez, ils leur seront retenus: cela, afin de fixer, pour ainsi dire, un baiser de paix dans l'esprit des ministres à qui il commandait d'effacer les haines du péché. Donc, est établi sur l'héritage du Seigneur un roi qui a reçu le baiser, parce qu'on veut élire un docteur qui, tout en dépassant par la dignité les fidèles qui lui sont soumis, exerce cette supériorité en cherchant le gain du Seigneur et non le sien. C'est pourquoi l'Écriture affirme qu'il est établi pour délivrer des mains des ennemis les hommes qui sont sous ses ordres. L'héritage du Seigneur, c'est la multitude des fidèles.
R/. Pósuit corónam cápiti meo et circúmdedit me vestiménto salútis, * Ad expugnándas gentes et omnes inimícos. V/. Iúdica, Dómine, nocéntes me, expúgna impugnántes me, apprehénde arma et scutum, * Ad expugnándas. V/. Glória Patri. * Ad expugnándas. R/. Tu as posé sur ma tête une couronne et tu m'as entouré d'un vêtement de salut, * Pour aller combattre les nations et tous les ennemis. V/. Accuse, Seigneur, ceux qui cherchent à me nuire, attaque ceux qui m'attaquent, prends une armure, un bouclier, * Pour. V/. Gloire au Père. * Pour.
In secundo nocturno, anno II Deuxième nocturne, année II
Lectio Lecture
Ex Pædagógo Cleméntis Alexandríni (Lib. 7, 1: PG 8, 311-314) Le Pédagogue de Clément d'Alexandrie
Quóniam osténdimus púeros nos omnes a Scriptúra vocári, nec id solum, sed étiam qui Christum secúti sumus, nos infántes dictos esse allegórice; solum autem esse perféctum Patrem universórum (in ipso enim Fílius, et in Fílio Pater), restat ut nos órdinem secúti, dicámus, quis sit noster pædagógus. Vocátur autem Iesus. Nonnúmquam ergo seípsum pastórem vocat, et dicit: Ego sum pastor bonus; metáphora sumpta a pastóribus qui ducunt oves, intellégitur, qui púeros ducit, pædagógus, qui est pastor, curam gerens infántium. Infántes enim símplices, oves dicúntur allegórice. Et erunt, inquit, omnes unus grex et unus pastor. Pædagógus ergo iure Verbum dícitur, qui púeros nos ducit ad salútem. Evidentíssime ergo Verbum dicit de seípso per Oséam: Ego autem sum præcéptor vester. Nous avons montré que nous sommes tous appelés par l'Écriture des enfants, et que de plus, lorsque nous nous mettons à suivre le Christ, nous recevons le nom allégorique de tout-petits et que seul le Père de l'univers est parfait, - car le Fils est en lui et le Père est dans le Fils. Si nous suivons notre plan, nous devons maintenant exposer quel est notre pédagogue: il s'appelle Jésus. Parfois, il se donne le nom de berger et il dit: Je suis le bon berger; il fait une comparaison avec les bergers qui guident leurs brebis, lui, le pédagogue qui guide les petits enfants, le berger plein de sollicitude pour les tout-petits; car les tout-petits, dans leur simplicité, sont appelés allégoriquement des brebis. Et tous, est-il écrit, seront un seul troupeau et il y aura un seul berger. Le pédagogue, c'est donc naturellement le Verbe, car il nous conduit, nous, les enfants, vers le salut. Ainsi, le Verbe a dit très clairement par la bouche d'Osée: Je suis votre éducateur.
Pædagógia autem est divína relígio, ut quæ sit doctrína divíni cultus, et erudítio ad assequéndam veritátis agnitiónem, et recta institútio, quæ in cælum dedúcit. Pædagógia autem multis modis appellátur. Est enim pædagógia eius qui dúcitur et discit; et pædagógia eius qui ducit et docet; et tértio pædagógia est ipsa dedúctio et institútio; et quarto pædagógia est ea quæ docéntur, ut præcépta. Quant à la pédagogie, c'est la religion: elle est à la fois enseignement du service de Dieu, éducation en vue de la connaissance de la vérité et bonne formation qui mène au ciel. Le nom de pédagogie recouvre des réalités multiples: pédagogie de qui reçoit directive et instruction; pédagogie de qui donne la direction et l'enseignement; pédagogie, en troisième lieu, la formation reçue elle-même; pédagogie encore, les matières enseignées, comme, par exemple, les préceptes.
Est autem ea quæ est ex Deo pædagógia, veritátis diréctio ad Dei contemplatiónem et sanctárum actiónum apérta ac évidens descríptio in ætérna perseverántia. Quemádmodum ergo phalángem dírigit dux exércitus, mílitum salútis curam gerens; et gubernátor navis clavum regit, volens serváre vectóres; ita étiam pædagógus ducit púeros ad salutárem vitæ agéndæ ratiónem, ut nostri ipsórum curam gerat. Et in summa, quæcúmque a Deo iuste nobis fíeri petiérimus, ea nobis áderunt, si pædagógo paruérimus. Quant à la pédagogie de Dieu, c'est l'indication de la route droite de la vérité en vue de la contemplation de Dieu, l'indication d'une sainte conduite dans une éternelle persévérance. À l'image du général qui dirige sa phalange en veillant au salut de ses mercenaires, ou du pilote qui manœuvre son bateau avec la volonté de sauver ses passagers, le pédagogue indique aux enfants un mode de vie salutaire, par sollicitude pour nous; d'une façon générale, tout ce que nous pourrions raisonnablement demander à Dieu, nous l'obtiendrons en obéissant au pédagogue.
R/. Comédite pínguia et bíbite mulsum et míttite partes eis qui non præparavérunt sibi: sanctus enim dies Dómini est; nolíte contristári: * Gáudium étenim Dómini est fortitúdo nostra. V/. Qui regis Israel, inténde, qui dedúcis velut ovem Ioseph, qui sedes super chérubim. * Gáudium. V/. Glória Patri. * Gáudium. R/. Mangez des viandes savoureuses, buvez des boissons douces, et envoyez une part à celui qui n'a rien de prêt: car ce jour est consacré à notre Dieu! Ne vous affligez pas: * La joie du Seigneur est notre rempart! V/. Berger d'Israël, écoute, toi qui conduis Joseph, ta brebis, toi qui trônes au-dessus des kéroubim. * La joie. V/. Gloire au Père. * La joie.