Vigiles (OSB) du samedi 13 juillet 2019 - de la férie

In primo nocturno, anno I Premier nocturne, année I
Lectio Lecture
De libro primo Samuélis Du premier livre de Samuel
Samuel mórtuus erat; planxerátque eum omnis Israel, et sepelíerant eum in Rama urbe sua. Et Saul abstúlerat magos et haríolos de terra. Congregatíque sunt Philísthim et venérunt et castrametáti sunt in Sunam. Congregávit autem et Saul univérsum Israel, et castrametáti sunt in Gélboe. Et vidit Saul castra Philísthim et tímuit, et expávit cor eius nimis. Consuluítque Dóminum, et non respóndit ei neque per sómnia neque per Urim neque per prophétas. Samuel était mort, tout Israël avait fait son deuil et on l'avait enseveli à Rama, dans sa ville. Saül avait expulsé du pays les nécromants et les devins. Tandis que les Philistins, s'étant groupés, venaient camper à Shunem, Saül rassembla tout Israël et ils campèrent à Gelboé. Lorsque Saül vit le camp philistin, il eut peur et son cœur trembla fort. Saül consulta le Seigneur, mais le Seigneur ne lui répondit pas, ni par les songes, ni par les sorts, ni par les prophètes.
Dixítque Saul servis suis: "Quærite mihi mulíerem habéntem pythónem, et vadam ad eam et sciscitábor per illam." Et dixérunt servi eius ad eum: "Est múlier habens pythónem in Endor." Mutávit ergo hábitum suum vestitúsque est áliis vestiméntis et ábiit ipse et duo viri cum eo; venerúntque ad mulíerem nocte et ait: "Divína mihi in pythóne et súscita mihi quem díxero tibi." Et ait múlier ad eum: "Ecce tu nosti quanta fécerit Saul et quómodo eráserit magos et haríolos de terra; quare ergo insidiáris ánimæ meæ, ut occídar?" Et iurávit ei Saul in Dómino dicens: "Vivit Dóminus quia non véniet tibi quidquam mali propter hanc rem." Dixítque ei múlier: "Quem suscitábo tibi?" Qui ait: "Samuélem súscita mihi." Saül dit alors à ses serviteurs: " Cherchez-moi une nécromancienne, que j'aille chez elle et que je la consulte ", et ses serviteurs lui répondirent: " Il y a une nécromancienne à En-Dor. " Saül se déguisa et endossa d'autres vêtements, puis il partit avec deux hommes et ils arrivèrent de nuit chez la femme. Il lui dit: " Je t'en prie, fais-moi dire l'avenir par un revenant, et évoque pour moi celui que je te dirai. " Mais la femme lui répondit: " Voyons, tu sais toi-même ce qu'a fait Saül et comment il a supprimé du pays les nécromants et les devins. Pourquoi tends-tu un piège à ma vie pour me faire mourir? " Alors Saül lui fit ce serment par le Seigneur: " Aussi vrai que le Seigneur est vivant, dit-il, tu n'encourras aucun blâme pour cette affaire. " La femme demanda: " Qui faut-il évoquer pour toi " , et il répondit: " Évoque-moi Samuel. "
Cum autem vidísset múlier Samuélem, exclamávit voce magna et dixit ad Saul: "Quare imposuísti mihi? Tu es enim Saul!" Dixítque ei rex: "Noli timére. Quid vidísti?" Et ait múlier ad Saul: "Hóminem divínum vidi ascendéntem de terra." Dixítque ei: "Qualis est forma eius?" Quæ ait: "Vir senex ascéndit et ipse amíctus est pállio." Intelléxit Saul quod Sámuel esset et inclinávit se super fáciem suam in terra et adorávit. Alors la femme vit Samuel et, poussant un grand cri, elle dit à Saül: " Pourquoi m'as-tu trompée? Tu es Saül! " Le roi lui dit: " N'aie pas peur! Mais que vois-tu? " Et la femme répondit à Saül: " Je vois un spectre qui monte de la terre. " Saül lui demanda: " Quelle apparence a-t-il? " , et la femme répondit: " C'est un vieillard qui monte, il est drapé dans un manteau. " Alors Saül sut que c'était Samuel et, s'inclinant la face contre terre, il se prosterna.
Dixit autem Sámuel ad Saul: "Quare inquietásti me, ut suscitárer?" Et ait Saul: "Coártor nimis. Síquidem Philísthim pugnant advérsum me, et Deus recéssit a me et exaudíre me nóluit neque in manu prophetárum neque per sómnia; vocávi ergo te, ut osténderes mihi quid fáciam." Et ait Sámuel: "Quid intérrogas me, cum Dóminus recésserit a te et factus est adversárius tuus? Fecit enim Dóminus, sicut locútus est in manu mea, et scidit regnum de manu tua et dedit illud próximo tuo David, quia non obœdísti voci Dómini neque fecísti iram furóris eius in Amalec. Idcírco quod páteris, fecit tibi Dóminus hódie. Et dabit Dóminus étiam Israel tecum in manu Philísthim; cras autem tu et fílii tui mecum éritis, sed et castra Israel tradet Dóminus in manu Philísthim." Samuel dit à Saül: " Pourquoi as-tu troublé mon repos en m'évoquant? " - " C'est, répondit Saül, que je suis dans une grande angoisse: les Philistins me font la guerre et Dieu s'est détourné de moi, il ne me répond plus, ni par les prophètes, ni en songe. Alors je t'ai appelé pour que tu m'indiques ce que je dois faire. " Samuel dit: " Pourquoi me consulter, quand le Seigneur s'est détourné de toi et est devenu ton adversaire? Le Seigneur t'a fait comme il t'avait dit par mon entremise: il a arraché de ta main la royauté et l'a donnée à ton prochain, David, parce que tu n'as pas obéi au Seigneur et que tu n'as pas satisfait l'ardeur de sa colère contre Amaleq. C'est pour cela que le Seigneur t'a traité de la sorte aujourd'hui. De plus, le Seigneur livrera, en même temps que toi, ton peuple Israël aux mains des Philistins. Demain, toi et tes fils, vous serez avec moi; le camp d'Israël aussi, le Seigneur le livrera aux mains des Philistins. "
R/. Præparáte corda vestra Dómino et servíte illi soli, * Et liberábit vos de mánibus inimicórum vestrórum. V/. Auférte deos aliénos de médio vestri, * Et liberábit vos. V/. Glória Patri. * Et liberábit vos. R/. Apprêtez-vous, de cœur et d'âme, pour le Seigneur, et servez-le, lui seul, * Alors, il vous délivrera de la main de vos ennemis. V/. Ôtez de chez vous les dieux étrangers, * Alors. V/. Gloire au Père. * Alors.
In secundo nocturno, anno I Deuxième nocturne, année I
Lectio Lecture
Ex Sermónibus beáti Guerríci abbátis (Sermo 4 in Assumptióne, 1: SC 202, 458-460) Sermon de Guerric d'Igny
María óptimam partem elégit: hoc de María soróre Marthæ scriptum est, sed in María matre Dómini hódie plénius et sánctius implétum est. Hódie namque beáta Virgo María óptimam partem elégit, imo quam dudum elégerat, hódie perpétuo possidéndam accépit , ut scílicet inseparabíliter adhæreat Dómino, perennitérque fruátur Dei Verbo. Nec aliénum aut incóngruum, si quod de illa María dictum est, in istam transsumátur; cum ad conveniéntiam transformatiónis, similitúdo non solum nóminis, sed étiam óperis suffragétur. Marie a choisi la meilleure part: cette parole de l'Écriture concerne Marie, sœur de Marthe; mais elle a été accomplie plus pleinement et plus saintement en Marie, mère du Seigneur. Aujourd'hui en effet, la bienheureuse Vierge Marie a choisi la meilleure part, ou plutôt cette part qu'elle avait choisie depuis longtemps lui a été accordée aujourd'hui en possession éternelle, de sorte qu'elle soit inséparablement unie au Seigneur et jouisse à jamais du Verbe de Dieu. Et ce n'est pas dénaturer le texte ou lui faire violence que d'appliquer à notre Marie ce qui a été dit de l'autre, puisque cette transposition est rendue légitime non seulement par la similitude des noms, mais aussi par celle des œuvres.
Illa síquidem Dóminum hospítio tecti, hæc thálamo suscépit úteri: Et qui creávit me, inquit requiévit in tabernáculo meo. Illa sedens secus pedes Dómini audiébat verbum illíus: hæc sédula circa curam humanitátis eius, conservábat ómnia verba quæ de illo erant, cónferens in corde suo. Sed et cum evangelízans circumíret Iesus civitátes et castélla, María comes indivídua vestígiis eius adhærébat, pendebátque ex ore docéntis , ádeo, ut nec procélla persecutiónis nec horróre supplícii a consectátu Fílii et Magístri potúerit absterréri. L'une en effet a reçu le Seigneur sous son toit, l'autre dans la chambre nuptiale de son sein. Et celui qui m'a créée, dit-elle, s'est reposé dans ma tente. L'une, assise aux pieds du Seigneur, écoutait sa parole; l'autre, empressée à lui donner les soins qu'exigeait sa nature humaine, retenait toutes les paroles qui le concernaient et les méditait dans son cœur. De plus, quand Jésus parcourait villes et bourgades pour les évangéliser, Marie l'accompagnait, inséparablement attachée à ses pas, suspendue à ses lèvres, tandis qu'il enseignait; à tel point que ni la tempête de la persécution, ni l'horreur du supplice ne purent l'empêcher de suivre son Fils et son Maître.
Stabat, autem, iuxta crucem Iesu María mater eius. Plane Mater, quæ nec in terróre mortis Fílium deserébat. Quómodo enim morte terréri póterat, cuius cáritas fortis ut mors, immo fórtior quam mors erat? Plane iuxta crucem Iesu stabat, cuius mentem dolor crucis simul crucifigébat, suámque ipsíus ánimam tam múltiplex pertransíbat gládius, quantis confóssum corpus Fílii cernébat vulnéribus. Mérito ígitur ibi mater ágnita est, et cura ipsíus idóneo tutóri delegáta est, ubi máxime probáta est et matris ad Fílium sincéra cáritas, et Fílii de matre vera humánitas. Près de la croix de Jésus, Marie sa Mère était debout. Vraiment mère, puisque même devant l'effroi de la mort elle n'abandonnait pas son Fils. Comment en effet, aurait-elle pu être effrayée par la mort, elle dont la charité était forte comme la mort, et même plus forte que la mort? Oui, elle se tenait debout près de la croix de Jésus, et la douleur de cette croix crucifiait son esprit avec son Fils, et des glaives aussi nombreux que les plaies dont elle voyait blessé son corps transperçaient son âme. C'est donc à juste titre qu'elle est ici proclamée Mère et qu'un protecteur bien choisi est désigné pour prendre soin d'elle, puisque c'est alors surtout que se manifestèrent et l'amour sans mélange de la Mère à l'égard du Fils, et la vérité de la nature humaine que le Fils avait reçue de sa Mère.
R/. Percússit Saul mille et David decem mília, quia manus Dómini erat cum illo; * Percússit Philisthæum et ábstulit oppróbrium ex Israel. V/. Nonne iste est David, de quo canébant in choro dicéntes: Saul percússit mille et David decem mília? * Percússit. V/. Glória Patri. * Percússit. R/. Saül a frappé à mort ses mille, et David ses dix mille, car la main du Seigneur était avec lui; * Il a frappé le Philistin et ôté l'opprobre qui pesait sur Israël. V/. N'est-ce pas là David, celui dont on chantait dans les danses: Saül a tué ses mille, et David ses dix mille? * Il a frappé. V/. Gloire au Père. * Il a frappé.