Vigiles (OSB) du vendredi 2 août 2019 - de la férie

In primo nocturno, anno I Premier nocturne, année I
Lectio Lecture
De libro primo Regum Du premier livre des Rois
Dixit Elías Thesbítes de Thesbi in Gálaad ad Achab: "Vivit Dóminus Deus Israel, in cuius conspéctu sto. Non erit annis his ros et plúvia, nisi iuxta oris mei verba!" Et factum est verbum Dómini ad eum dicens: "Recéde hinc et vade contra oriéntem et abscóndere in torrénte Charith, qui est contra Iordánem, et ibi de torrénte bibes; corvísque præcépi ut pascant te ibi." Élie le Tishbite, de Tishbé en Galaad, dit à Achab: " Par le Seigneur vivant, le Dieu d'Israël que je sers, il n'y aura ces années-ci ni rosée ni pluie sauf à mon commandement. " La parole du Seigneur lui fut adressée en ces termes: " Va-t'en d'ici, dirige-toi vers l'orient et cache-toi au torrent de Kerit, qui est à l'est du Jourdain. Tu boiras au torrent et j'ordonne aux corbeaux de te donner à manger là-bas. "
Abiit ergo et fecit iuxta verbum Dómini; cumque abísset, sedit in torrénte Charith, qui est contra Iordánem. Corvi quoque deferébant ei panem et carnes mane, simíliter panem et carnes vésperi; et bibébat de torrénte. Post dies autem siccátus est torrens; non enim plúerat super terram. Il partit donc et il fit comme le Seigneur avait dit et alla s'établir au torrent de Kerit, à l'est du Jourdain. Les corbeaux lui apportaient du pain le matin et de la viande le soir, et il buvait au torrent. Mais il arriva au bout d'un certain temps que le torrent sécha, car il n'y avait pas eu de pluie dans le pays.
Factus est ígitur sermo Dómini ad eum dicens: "Surge et vade in Sarépta Sidoniórum et manébis ibi; præcépi enim ibi mulíeri víduæ ut pascat te." Surréxit et ábiit Saréptam. Cumque venísset ad portam civitátis, appáruit ei múlier vídua cólligens ligna; et vocávit eam dixítque: "Da mihi páululum aquæ in vase, ut bibam." Cumque illa pérgeret, ut afférret, clamávit post tergum eius dicens: "Affer mihi, óbsecro, et bucéllam panis in manu tua." Quæ respóndit: "Vivit Dóminus Deus tuus, non hábeo panem, nisi quantum pugíllus cápere potest farínæ in hýdria et páululum ólei in lécytho. En cólligo duo ligna, ut ingrédiar et fáciam illud mihi et fílio meo, ut comedámus et moriámur." Alors la parole du Seigneur lui fut adressée en ces termes: " Lève-toi et va à Sarepta, qui appartient à Sidon, et tu y demeureras. Voici que j'ordonne là-bas à une veuve de te donner à manger. " Il se leva et alla à Sarepta. Comme il arrivait à l'entrée de la ville, il y avait là une veuve qui ramassait du bois; il l'interpella et lui dit: " Apporte-moi donc un peu d'eau dans la cruche, que je boive! " Comme elle allait la chercher, il lui cria: " Apporte-moi donc un morceau de pain dans ta main! " Elle répondit: " Par le Seigneur vivant, ton Dieu! je n'ai pas de pain cuit; je n'ai qu'une poignée de farine dans une jarre et un peu d'huile dans une cruche, je suis à ramasser deux bouts de bois, je vais préparer cela pour moi et mon fils, nous mangerons et nous mourrons. "
Ad quam Elías ait: "Noli timére, sed vade et fac sicut dixísti; verúmtamen mihi primum fac de ipsa farínula subcinerícium panem párvulum et affer ad me; tibi autem et fílio tuo fácies póstea. Hæc autem dicit Dóminus Deus Israel: "Hýdria farínæ non defíciet, nec lécythus ólei minuétur usque ad diem in qua datúrus est Dóminus plúviam super fáciem terræ"." Quæ ábiit et fecit iuxta verbum Elíæ et comédit illa et ipse et domus eius per dies. Hýdria farínæ non defécit, et lécythus ólei non est imminútus iuxta verbum Dómini, quod locútus fúerat in manu Elíæ. Mais Élie lui dit: " Ne crains rien, va faire comme tu dis; seulement, prépare-m'en d'abord une petite galette, que tu m'apporteras: tu en feras ensuite pour toi et ton fils. Car ainsi parle le Seigneur, Dieu d'Israël: Jarre de farine ne s'épuisera, cruche d'huile ne se videra, jusqu'au jour où le Seigneur enverra la pluie sur la face de la terre. " Elle alla et fit comme avait dit Élie, et ils mangèrent, elle, lui et son fils. La jarre de farine ne s'épuisa pas et la cruche d'huile ne se vida pas, selon la parole que le Seigneur avait dite par le ministère d'Élie.
R/. Respéxit Elías ad caput suum subcinerícium panem; qui surgens, comédit et bibit, * Et ambulávit in fortitúdine cibi illíus usque ad montem Dei. V/. Non est ália nátio tam grandis, quæ hábeat deos appropinquántes sibi, sicut Deus noster adest nobis. * Et ambulávit. V/. Glória Patri. * Et ambulávit. R/. Élie regarda: il y avait près de sa tête un pain cuit sur la braise; il se leva, mangea et but; * Puis, fortifié par cette nourriture, il marcha jusqu'à la montagne de Dieu. V/. Quelle est la grande nation dont les dieux soient aussi proches que le Seigneur notre Dieu est proche de nous? * Puis. V/. Gloire au Père. * Puis.
In secundo nocturno, anno I Deuxième nocturne, année I
Lectio Lecture
Ex sermónibus sancti Chromátii Aquileiénsis epíscopi (Sermo 25, 5-6: SC 164, 86-89) Sermon de Chromace d'Aquilée
Non immérito múlier ista, vídua de Sarépta, figúram in ómnibus Ecclésiæ prtulit, quæ in Elía Christi iam tunc imáginem venerabátur, cuius amóre et grátia, non solum fíliis sed et própriæ ánimæ antefértur. Et necdum audíerat múlier ista Dóminum in evangélio dicéntem: Qui non odit paréntes aut fílios propter me, non est me dignus, et tamen præcéptum evangélicum, ántequam audíret, implévit. Vidébat enim tunc in Elía Christi mystérium operári. Cette femme, veuve de Sarepta, préfigurait en tous points l'Église, puisque, déjà en ce temps-là, elle vénérait en la personne d'Élie la figure du Christ, elle qui, par son amour et sa faveur fait passer cette image du Christ avant ses enfants et même avant sa propre vie. Pourtant cette femme n'avait pas encore entendu le Seigneur dire dans l'évangile: Si quelqu'un ne me préfère pas à ses parents ou à ses enfants, il n'est pas digne de moi. Elle a cependant accompli le commandement évangélique avant de l'avoir connu, car, en la personne d'Élie, elle voyait déjà mis en œuvre le mystère du Christ.
Sed videámus in mulíere ista per ómnia imáginem Ecclésiæ præosténsam. Antequam ad eam Elías veníret, laborábat fame cum suis fíliis, laborábat plane et gravíssima fame, quia necdum panis vitæ Christus de cælo descénderat; necdum Verbum Dei incarnátum ex vírgine fúerat. Audi prophétam dicéntem: Mittam, inquit, super terram famem; non famem panis, neque sitim aquæ, sed famem audiéndi verbum Dei. Mais voyons l'image de l'Église en cette femme qui la préfigurait parfaitement. Avant qu'Élie ne vienne la trouver, elle souffrait de la faim avec ses enfants; elle souffrait au sens propre du terme, et d'une faim très rigoureuse: parce que le Christ, pain de vie, n'était pas encore descendu du ciel; le Verbe de Dieu n'avait pas encore pris chair d'une vierge. Écoute la parole du prophète: J'enverrai la famine sur la terre; ce ne sera pas une faim de pain ni une soif d'eau, mais la faim d'entendre la parole de Dieu.
Hæc múlier habébat quidem ante advéntum Christi módicum farínæ et módicum ólei, id est prædicatiónem legis ac prophetárum, sed suffícere ei ad vitam non póterat, nisi ipsam legem et prophétas Christi grátia implésset. Unde illud Dómini in evangélio dictum est: Non veni sólvere legem aut prophétas, sed adimplére. Non enim in lege et prophétis salus vitæ humánæ esse póterat, nisi sola Christi passióne. Ideo dénique postquam suscépit Ecclésia Christum, et farína et óleum et lignum abundáre cœpérunt. In farína, cibus verbi ostendebátur; in óleo autem donum divínæ misericórdiæ; in lignis vero, venerándæ crucis mystérium, per quam nobis plúvia cæléstis donátur. Addúxit nobis Dóminus et Salvátor noster plúviam de cælo, id est evangélicam prædicatiónem, per quam árida corda humáni géneris, tamquam terram sitiéntem, aquis vitálibus recreávit. Cette femme avait bien, avant la venue du Christ, un peu de farine et un peu d'huile, c'est-à-dire la prédication de la Loi et des Prophètes, mais cela était insuffisant pour assurer sa vie, si la grâce du Christ n'avait accompli la Loi et les Prophètes. D'où cette parole du Seigneur dans l'évangile: Je ne suis pas venu abolir la Loi ou les Prophètes, mais accomplir. Car ce n'est pas dans la Loi et les Prophètes que pouvait être le salut de la vie humaine, mais dans la seule passion du Christ. Voilà pourquoi, finalement, lorsque l'Église eût reçu le Christ, commencèrent à regorger aussi bien la farine que l'huile et le bois. La farine figurait la nourriture de la parole; l'huile figurait le don de la divine miséricorde; le bois, le mystère de la croix vénérable, par laquelle nous est donnée la pluie du ciel. C'est notre Seigneur et Sauveur qui amena pour nous la pluie du ciel, à savoir la prédication évangélique, par laquelle il a recréé par des eaux vives les cœurs des hommes, desséchés comme une terre assoiffée.
R/. Exsúrge, Dómine Deus meus, et exaltétur manus tua, * Ne obliviscáris páuperum in finem. V/. Tibi enim derelíctus est pauper. * Ne obliviscáris. V/. Glória Patri. * Ne obliviscáris. R/. Lève-toi, Seigneur mon Dieu! Étends la main! * Que le pauvre ne soit pas oublié pour toujours! V/. Oui, sur toi repose le faible: * Que le pauvre. V/. Gloire au Père. * Que le pauvre.