Vigiles (OSB) du lundi 5 août 2019 - de la férie

Hebdomada XVIII per annum XVIIIème semaine dans l'année
Feria II Lundi
In primo nocturno, anno I Premier nocturne, année I
Lectio Lecture
De libro primo Regum Du premier livre des Rois
Vinea erat Naboth Iezrahelítæ, quæ erat in Iézrahel iuxta palátium Achab regis Samaríæ. Locútus est ergo Achab ad Naboth dicens: "Da mihi víneam tuam, ut fáciam mihi hortum hólerum, quia vicína est et prope domum meam. Dabóque tibi pro ea víneam meliórem aut, si tibi commódius putas, argénti prétium quanto digna est." Cui respóndit Naboth: "Propítius mihi sit Dóminus, ne dem hereditátem patrum meórum tibi." Nabot de Yizréel possédait une vigne à côté du palais d'Achab, roi de Samarie, et Achab parla ainsi à Nabot: " Cède-moi ta vigne pour qu'elle me serve de jardin potager, car elle est tout près de ma maison; je te donnerai en échange une vigne meilleure, ou, si tu préfères, je te donnerai l'argent qu'elle vaut. " Mais Nabot dit à Achab: " Le Seigneur me garde de te céder l'héritage de mes pères! "
Scripsit ítaque Iézabel uxor Achab lítteras ex nómine Achab et signávit eas ánulo eius et misit ad maióres natu et ad optimátes qui erant in civitáte eius et habitábant cum Naboth. Litterárum autem hæc erat senténtia: "Prædicáte ieiúnium et sedére fácite Naboth in cápite pópuli et submíttite duos viros fílios Bélial contra eum, et testimónium dicant: "Maledixísti Deum et regem"; et edúcite eum et lapidáte, sicque moriátur." Fecérunt ergo cives eius maióres natu et optimátes qui habitábant cum eo in urbe sicut præcéperat eis Iézabel et sicut scriptum erat in lítteris quas míserat ad eos. Prædicavérunt ieiúnium et sedére fecérunt Naboth in cápite pópuli; et ingréssi duo viri fílii Bélial sedérunt contra eum et illi, ut viri diabólici, dixérunt contra eum testimónium coram multitúdine: "Maledíxit Naboth Deum et regem." Quam ob rem eduxérunt eum extra civitátem et lapídibus interfecérunt; miserúntque ad Iézabel dicéntes: "Lapidátus est Naboth et mórtuus est." Quod cum audísset Achab, mórtuum vidélicet Naboth, surréxit et descendébat in víneam Naboth Iezrahelítæ ut possidéret eam. Jézabel, la femme d'Achab, écrivit au nom d'Achab des lettres qu'elle scella du sceau royal, et elle adressa les lettres aux anciens et aux notables qui habitaient avec Nabot. Elle avait écrit dans ces lettres: " Proclamez un jeûne et faites asseoir Nabot en tête du peuple. Faites asseoir en face de lui deux vauriens qui l'accuseront ainsi: "Tu as maudit Dieu et le roi!" Conduisez-le dehors, lapidez-le et qu'il meure! " Les hommes de la ville de Nabot, les anciens et les notables qui habitaient sa ville, firent comme Jézabel leur avait mandé, comme il était écrit dans les lettres qu'elle leur avait envoyées. Ils proclamèrent un jeûne et mirent Nabot en tête du peuple. Alors arrivèrent les deux vauriens, qui s'assirent en face de lui, et les vauriens témoignèrent contre Nabot devant le peuple en disant: " Nabot a maudit Dieu et le roi. " On le fit sortir hors de la ville, on le lapida et il mourut. Puis on envoya dire à Jézabel: " Nabot a été lapidé et il est mort. " Quand Achab apprit que Nabot était mort, il se leva pour descendre à la vigne de Nabot de Yizréel et en prendre possession.
Factum est sermo Dómini ad Elíam Thesbítem dicens: "Surge et descénde in occúrsum Achab regis Israel, qui est in Samaría; ecce est in vínea Naboth, ad quam descéndit ut possídeat eam. Et loquéris ad eum dicens: Hæc dicit Dóminus: Occidísti, ínsuper et possedísti! Et post hæc addes: Hæc dicit Dóminus: In loco in quo linxérunt canes sánguinem Naboth, lambent tuum quoque sánguinem." La parole du Seigneur fut adressée à Élie le Tishbite en ces termes: " Lève-toi et descends à la rencontre d'Achab, roi d'Israël à Samarie. Le voici qui est dans la vigne de Nabot, où il est descendu pour se l'approprier. Tu lui diras ceci: Ainsi parle le Seigneur: Tu as assassiné, et de plus tu usurpes! C'est pourquoi, ainsi parle le Seigneur: À l'endroit même où les chiens ont lapé le sang de Nabot, les chiens laperont ton sang à toi aussi. "
Itaque cum audísset Achab sermónes istos, scidit vestem suam et opéruit cilício carnem suam ieiunavítque et dormívit in sacco et ambulábat demísso cápite. Factus est autem sermo Dómini ad Elíam Thesbíten dicens: "Nonne vidísti humiliátum Achab coram me? Quia ígitur humiliátus est mei causa, non indúcam malum in diébus eius, sed in diébus fílii sui ínferam malum dómui eius." Quand Achab entendit ces paroles, il déchira ses vêtements, mit un sac à même sa chair, jeûna, coucha avec le sac et marcha à pas lents. Alors la parole du Seigneur fut adressée à Élie le Tishbite en ces termes: " As-tu vu comme Achab s'est humilié devant moi? Parce qu'il s'est humilié devant moi, je ne ferai pas venir le malheur pendant son temps; c'est au temps de son fils que je ferai venir le malheur sur sa maison. "
R/. Dómine, exáudi oratiónem meam, et clamor meus ad te véniat; * Quia non spernis, Deus, preces páuperum. V/. De profúndis clamávi ad te, Dómine; Dómine exáudi vocem meam. * Quia. V/. Glória Patri. * Quia. R/. Seigneur, entends ma prière: que mon cri parvienne jusqu'à toi! * Car tu ne méprises pas, mon Dieu, la prière des humbles. V/. Des profondeurs je crie vers toi, Seigneur; Seigneur, écoute mon appel! * Car. V/. Gloire au Père. * Car.
In secundo nocturno, anno I Deuxième nocturne, année I
Lectio Lecture
Ex Tractátu sancti Ambrósii epíscopi De mystériis (Nn. 52-54: SC 25bis, 186-188) Traité de saint Ambroise sur les mystères
(In exémplis prophetárum miraculórum), advértimus maióris operatiónis esse grátiam quam natúram et adhuc tamen prophéticæ benedictiónis numerámus grátiam. Quod si tantum váluit humána benedíctio ut natúram convérteret, quid dícimus et ipsa consecratióne divína, ubi verba ipsa Dómini Salvatóris operántur? Nam sacraméntum istud quod áccipis, Christi sermóne confícitur. Quod si tantum váluit sermo Elíæ ut ignem de cælo depóneret, non valébit Christi sermo ut spécies mutet elementórum? De totíus mundi opéribus legísti quia ipse dixit et facta sunt, ipse mandávit et creáta sunt. Sermo ergo Christi, qui pótuit ex níhilo fácere quod non erat, non potest ea quæ sunt in id mutáre quod non erant? Non enim minus est novas rebus dare quam mutáre natúras. (Dans les exemples des miracles accomplis par les prophètes), nous constatons que la grâce a un plus grand pouvoir que la nature, et cependant nous mesurons encore la grâce de la bénédiction prophétique. Si la bénédiction d'un homme a eu un pouvoir assez grand pour changer la nature, que dirons-nous de la consécration faite par Dieu même, alors que ce sont les paroles mêmes du Sauveur qui agissent? Car ce sacrement que tu reçois est produit par la parole du Christ. Si la parole d'Élie a eu tant de pouvoir qu'elle a fait descendre le feu du ciel, la parole du Christ n'aura-t-elle pas le pouvoir de changer la nature des éléments? Tu as lu, à propos des œuvres de l'univers entier: Il parla, et ce qu'il dit exista; il commanda, et ce qu'il dit fut créé. La parole du Christ, qui a pu faire de rien ce qui n'était pas, ne peut-elle donc pas changer les choses qui sont en ce qu'elles n'étaient pas? Car il n'est pas moins difficile de donner aux choses une nouvelle nature que de changer cette nature.
Sed quid arguméntis útimur? Suis utámur exémplis incarnationísque mystériis astruámus mystérii veritátem. Numquid natúræ usus præcéssit cum Iesus Dóminus ex María nascerétur? Si órdinem quærimus, viro mixta fémina generáre consuévit. Liquet ígitur quod præter natúræ órdinem Virgo generávit. Et hoc quod confícimus corpus ex Vírgine est. Quid hic qurimus natúræ órdinem in Christi córpore, cum præter natúram sit ipse Dóminus Iesus partus ex Vírgine? Vera útique caro Christi quæ crucifíxa est, quæ sepúlta est, vere ergo carnis illíus sacraméntum est. Mais pourquoi nous servir d'arguments? Servons-nous de ses propres exemples et établissons par le mystère de l'Incarnation la vérité du mystère (de l'Eucharistie). Est-ce que le cours ordinaire de la nature a précédé, lorsque le Seigneur Jésus est né de Marie? Si nous cherchons l'ordre de la nature, c'est par son union avec un homme qu'ordinairement une femme engendre. Il est donc évident que la Vierge a engendré hors du cours de la nature. Et ce corps que nous "produisons", que nous "confectionnons" (dans le sacrement), c'est le corps, engendré de la Vierge. Pourquoi chercher ici l'ordre de la nature dans le corps du Christ, alors que c'est en dehors du cours de la nature que le Seigneur Jésus lui-même, de la Vierge a été "produit", mis au monde? Certes, elle est réelle, la chair du Christ qui a été crucifiée, qui a été ensevelie. Donc, réellement de sa chair, c'est le sacrement.
Ipse clamat Dóminus Iesus: Hoc est corpus meum. Ante benedictiónem verbórum cæléstium ália spécies nominátur; post consecratiónem corpus significátur. Ipse dicit sánguinem suum. Ante consecratiónem áliud dícitur; post consecratiónem sanguis nuncupátur. Et tu dicis: Amen, hoc est: Verum est. Quod os lóquitur, mens intérna fateátur; quod sermo sonat, afféctus séntiat. Le Seigneur Jésus lui-même proclame: Ceci est mon corps. Avant la bénédiction par les paroles célestes, une "espèce" autre est désignée; après la consécration, c'est le corps qui est signifié. Lui-même dit: son sang. Avant la consécration, on le dit autre; après la consécration, on le dénomme: sang. Et tu dis: Amen, c'est-à-dire: C'est vrai. Ce que prononce la bouche, que l'esprit le reconnaisse intérieurement. Ce qu'exprime la parole, que le cœur l'éprouve.
R/. Exsúrge, Dómine Deus meus, et exaltétur manus tua, * Ne obliviscáris páuperum in finem. V/. Tibi enim derelíctus est pauper. * Ne obliviscáris. V/. Glória Patri. * Ne obliviscáris. R/. Lève-toi, Seigneur mon Dieu! Étends la main! * Que le pauvre ne soit pas oublié pour toujours! V/. Oui, sur toi repose le faible: * Que le pauvre. V/. Gloire au Père. * Que le pauvre.