Vigiles (OSB) du vendredi 13 septembre 2019 - St Jean Chrysostome, évêque et docteur de l'Église

Hebdomada XXIII per annum XXIIIème semaine dans l'année
Feria VI Vendredi
S. Ioannis Chrysostomi, episcopi et Ecclesiae doctoris St Jean Chrysostome, évêque et docteur de l'Église
Memoria Mémoire
In primo nocturno, anno I Premier nocturne, année I
Lectio Lecture
De libro Osée prophétæ Du livre d'Osée
Hæc dicit Dóminus: "Audíte verbum Dómini, fílii Israel, quia iudícium Dómino cum habitatóribus terræ: non est enim véritas, et non est benígnitas, et non est sciéntia Dei in terra; maledíctum et mendácium et homicídium et furtum et adultérium inundavérunt, et sanguis sánguinem tétigit. Propter hoc lugébit terra, et infirmábitur omnis qui hábitat in ea, cum béstia agri et vólucre cæli, sed et pisces maris auferéntur. Verúmtamen non sit qui conténdat nec qui árguat, sed tecum iudícium meum, sacérdos. Et córrues plena die, et córruet étiam prophéta tecum nocte; et perdam matrem tuam." Écoutez la parole du Seigneur, enfants d'Israël, car le Seigneur est en procès avec les habitants du pays: il n'y a ni fidélité ni amour, ni connaissance de Dieu dans le pays, mais parjure et mensonge, assassinat et vol, adultère et violence, et le sang versé succède au sang versé. Voilà pourquoi le pays est en deuil et tous ses habitants dépérissent, jusqu'aux bêtes des champs et aux oiseaux du ciel, et même les poissons de la mer disparaîtront. Pourtant que nul n'intente procès, que nul ne réprimande! C'est avec toi, prêtre, que je suis en procès. Tu trébucheras en plein jour, le prophète aussi trébuchera, la nuit, avec toi, et je ferai périr ta mère.
"Perit pópulus meus, eo quod non habúerit sciéntiam. Quia tu sciéntiam reppulísti, repéllam te, ne sacerdótio fungáris mihi; et quia oblítus es legis Dei tui, oblivíscar filiórum tuórum et ego. Secúndum multitúdinem eórum, sic peccavérunt mihi; glóriam eórum in ignomíniam commutábo. Peccátum pópuli mei cómedunt et ad iniquitátem eórum sublevábunt ánimas eórum. Et erit sicut pópulus sic sacérdos; et visitábo super eum vias eius et ópera eius reddam ei. Et cómedent et non saturabúntur; fornicabúntur et non multiplicabúntur, quóniam Dóminum reliquérunt in non custodiéndo." Mon peuple périt, faute de connaissance. Puisque toi, tu as rejeté la connaissance, je te rejetterai de mon sacerdoce; puisque tu as oublié l'enseignement de ton Dieu, à mon tour, j'oublierai tes fils. Tous tant qu'ils sont, ils ont péché contre moi, ils ont échangé leur Gloire contre l'Ignominie. Du péché de mon peuple, ils se nourrissent, de sa faute, ils sont avides. Mais il en sera du prêtre comme du peuple: je lui ferai expier sa conduite, je lui revaudrai ses œuvres. Ils mangeront, mais sans se rassasier; ils se prostitueront, mais sans s'accroître, car ils ont abandonné le Seigneur pour se livrer à la prostitution.
"Audíte hoc, sacerdótes, et atténdite domus Israel, et, domus regis, auscultáte, quia vobis iudícium est; quóniam láqueus facti estis pro Maspha et rete expánsum super Thabor. Et fóveam Settim profúndam fecérunt; ego autem castigábo vos omnes. Ego scio Ephraim, et Israel non est abscónditus a me; quia nunc fornicátus es, Ephraim, contaminátus est Israel. Non dabunt ópera sua, ut revertántur ad Deum suum, quia spíritus fornicatiónis in médio eórum, et Dóminum non cognovérunt. Et testátur arrogántia Israel in fáciem suam, et Israel et Ephraim ruent in iniquitáte sua: ruet étiam Iudas cum eis. In grégibus suis et in arméntis suis vadent ad quæréndum Dóminum et non invénient; subtráxit se ab eis. In Dóminum prævaricáti sunt, quia fílios aliénos genuérunt; nunc devorábit eos uno mense cum pártibus suis." Écoutez ceci, prêtres, sois attentive, maison d'Israël, maison du roi, prête l'oreille! Car c'est vous que concerne le droit, mais vous avez été un piège à Miçpa, et un filet tendu sur le Tabor. Ils ont approfondi la fosse de Shittim, eh bien, moi, je vais les punir tous. Moi, je connais Éphraïm, Israël ne m'est point caché. Oui, tu t'es prostitué, Éphraïm, Israël s'est souillé. Leurs œuvres ne leur permettent pas de revenir vers leur Dieu, car un esprit de prostitution est en leur sein et ils ne connaissent pas le Seigneur. L'orgueil d'Israël témoigne contre lui; Israël et Éphraïm trébuchent à cause de leur faute, Juda aussi trébuche avec eux. Avec leurs brebis et leurs bœufs, ils iront chercher le Seigneur, mais ils ne le trouveront pas: il s'est retiré d'eux! Ils ont trahi le Seigneur, ils ont engendré des bâtards; maintenant la néoménie va les dévorer, eux et leurs champs.
R/. Pópule meus, quid feci aut quid moléstus fui tibi? Respónde mihi. Quóniam ego edúxi vos de terra Ægýpti et de domo servitútis. Quadragínta annos in erémo * Manna plui vobis, et oblíti estis me, dicit Dóminus. V/. Addúxi vos per desértum quadragínta annos in erémo, ego Dóminus. * Manna. V/. Glória Patri. * Manna. R/. Ô mon peuple, que t'ai-je fait? En quoi t'ai-je contristé? Réponds-moi! N'est-ce pas moi qui vous ai fait sortir de la terre d'Égypte, de la maison de servitude? Durant quarante années, dans le désert, * N'ai-je pas fait pleuvoir, pour vous, une manne? Et vous m'avez oublié, déclare le Seigneur. V/. Pendant quarante ans, à travers les terres arides, je vous ai conduits au milieu du désert, moi, le Seigneur! * N'ai-je pas. V/. Gloire au Père. * N'ai-je pas.
In secundo nocturno, anno II Deuxième nocturne, année II
Lectio Lecture
Ex Libris sancti Ioánnis Chrysóstomi epíscopi De sacerdótio (Lib. 2, 1: PG 48, 631) Livre de saint Jean Chrysostome sur le sacerdoce
Quid hoc lucro maius fúerit sacerdóti, quam si hæc agámus, quæ dilectiónis erga Christum arguménta esse dixit ipse Christus, qui apostolórum coryphæum sic allóquitur: Petre, amas me? id illo confiténte, adiúngit: Si amas me, pasce oves meas. Intérrogat discípulum Magíster, num diligátur ab eo, non ut edíscat, sed ut nos docéret, quantum cordi sibi esset huiúsmodi gregis præfectúra. Id cum palam sit, illud item maniféstum erit, magnam fore mercédem laboránti in iis, quæ magno apud Christum in prétio sunt. Quel plus grand avantage pourrait exister pour le prêtre, que celui d'apparaître en train de faire précisément ce que le Christ lui-même a présenté comme une preuve d'amour envers lui? S'adressant au coryphée des apôtres, il dit: Pierre, m'aimes-tu? et celui-ci ayant acquiescé, il ajoute: Si tu m'aimes, pais mes brebis. Le Maître demande au disciple de lui dire s'il l'aime, non pour l'apprendre de sa bouche, mais pour nous enseigner combien il se préoccupe de la surveillance de ses brebis. Si cela est évident, il y a encore une chose qui sera également claire, c'est la récompense abondante et inexprimable réservée à celui qui se sera efforcé d'accomplir ce à quoi le Christ attache un grand prix.
Quamóbrem cum dixísset discípulus: Tu scis, Dómine, quia amo te, et diléctum ipsum in dilectiónis testem vocásset, non hic stetit Servátor, sed dilectiónis arguméntum adiécit. Non enim quantum Petrus se dilígeret osténdere tunc volébat, sed quantum ipse Ecclésiam dilígeret suam, et Petrum et nos omnes edocéri vóluit, ut magnam et nos hac in re sollicitúdinem exhiberémus. Cur enim Deus Fílio suo unigénito non pepércit, sed quem unícum habébat trádidit? Ut eos qui inimíco erga se ánimo essent sibi reconciliáret, et peculiárem sibi pópulum fáceret. C'est pourquoi, lorsque son disciple lui eut dit: Seigneur, tu sais que je t'aime, et qu'il eut pris comme témoin de son amour celui qui l'aimait, le Sauveur ne s'en tint pas là, mais il ajouta encore une preuve d'amour. Ce n'est pas qu'il voulût montrer alors combien Pierre l'aimait, mais combien il aime son Église, et il a voulu que Pierre et nous tous, nous l'apprenions, afin que nous aussi, en ce domaine, apportions beaucoup de zèle. Pourquoi donc Dieu n'a-t-il pas épargné son Fils unique, mais a-t-il donné son unique, le seul qu'il avait? Pour s'attacher ceux qui étaient à son égard dans des dispositions hostiles, et pour s'en faire un peuple choisi.
Cur sánguinem effúdit? Ut has émeret oves quas Petro et successóribus eius trádidit. Iure ergo dicébat Christus: Quisnam est fidélis servus et prudens, quem constítuet dóminus eius super domum suam? Rursum verba dubitántis sunt, etsi qui lóquitur nihil dúbitans ea próferat; sed quemádmodum cum Petrum interrógat num se dilígeret, non ídeo sciscitabátur quod vellet discípuli amórem exploráre, sed ut próprii amóris magnitúdinem declaráret; ita et nunc cum dicit: Quisnam est fidélis servus et prudens? non hoc ait, quod ei ignótus sit fidélis ac prudens servus, sed quod osténdere velit, quam rari sint huiúsmodi servi, et quanta sit illíus magistrátus amplitúdo. Vide ítaque quantum sit præmium: Super ómnia, inquit, bona sua constítuet eum. Pourquoi a-t-il versé son sang? Pour acheter ces brebis qu'il confiait à Pierre et à ceux qui sont venus après lui. C'est donc à juste titre que le Christ disait: Quel est le serviteur fidèle et avisé que le maître a établi sur sa maison? Là encore, les paroles sont celles de quelqu'un qui est dans le doute, mais celui qui les prononce n'est pas dans le doute en les prononçant; de même qu'en demandant à Pierre s'il l'aimait, il posait la question non parce qu'il avait besoin de connaître l'attachement de son disciple, mais pour montrer l'excès de son propre amour, de même en disant maintenant: Quel est le serviteur fidèle et avisé? il dit cela, non parce qu'il ignore que celui-ci est fidèle et avisé, mais parce qu'il veut montrer la rareté de la chose et la grandeur de cette autorité. Vois donc l'ampleur de la récompense: Il l'établira sur tous ses biens.
R/. Benedictiónem ómnium géntium dedit illi, * Et testaméntum suum confirmávit super caput eius. V/. Cognóvit eum in benedictiónibus suis, conservávit illi misericórdiam suam. * Et testaméntum. V/. Glória Patri. * Et testaméntum. R/. Dieu lui a donné la bénédiction de toutes les nations, * Il a confirmé son alliance en la faisant reposer sur sa personne. V/. Il l'a reconnu dans ses bénédictions, et lui a gardé son amour. * Il a confirmé. V/. Gloire au Père. * Il a confirmé.