Vigiles (OSB) du jeudi 12 décembre 2019 - de la férie

Hebdomada II Adventus IIème semaine de l'Avent
Feria V Jeudi
In primo nocturno, anno II Premier nocturne, année II
De libro Isaíæ prophétæ Du livre d'Isaïe
Lectio I Lecture I
Semita iusti recta est; rectum callem iusti complánas. Et in sémita iudiciórum tuórum, Dómine, sperávimus in te; ad nomen tuum et ad memoriále tuum desidérium ánimæ. Anima mea desíderat te in nocte, sed et spíritu meo in præcórdiis meis te quæro. Cum resplendúerint iudícia tua in terra, iustítiam discent habitatóres orbis. Fit misericórdia ímpio, non discet iustítiam; in terra probitátis iníque gerit et non videt maiestátem Dómini. Le sentier du juste, c'est la droiture, tu aplanis la droite trace du juste. Oui, dans le sentier de tes jugements, nous t'attendions, Seigneur, à ton nom et à ta mémoire va le désir de l'âme. Mon âme t'a désiré pendant la nuit, oui, au plus profond de moi, mon esprit te cherche, car lorsque tu rends tes jugements pour la terre, les habitants du monde apprennent la justice. Si l'on fait grâce au méchant sans qu'il apprenne la justice, au pays de la droiture il fait le mal, sans voir la majesté du Seigneur.
R/. Ierúsalem, cito véniet salus tua: quare mæróre consúmeris? Numquid consiliárius non est tibi, quia innovávit te dolor? * Salvábo te et liberábo te, noli timére. V/. Israel, si me audíeris, non erit in te deus recens, neque adorábis deum aliénum: ego enim Dóminus. * Salvábo te. R/. Jérusalem, voici qu'arrive ton salut: pourquoi te consumer de chagrin? N'as-tu donc aucun bon conseiller, que ta douleur se renouvelle? * Ne crains pas! je suis ton Sauveur, ton libérateur! V/. Écoute, je t'adjure Israël, tu n'auras pas chez toi d'autres dieux; tu ne serviras aucun dieu étranger; c'est moi le Seigneur! * Ne crains pas.
Lectio II Lecture II
Domine, exaltáta est manus tua, et non vident; vídeant confúsi zelum tuum in pópulum, et ignis hóstium tuórum devorábit eos. Dómine, dabis pacem nobis; ómnia enim ópera nostra operátus es nobis. Dómine Deus noster, possedérunt nos dómini absque te; tantum in te recordémur nóminis tui. Mórtui non revivíscent, defúncti non resúrgent; proptérea visitásti et contrivísti eos et perdidísti omnem memóriam eórum. Auxísti gentem, Dómine, auxísti gentem, glorificátus es; elongásti omnes términos terræ. Dómine, in angústia quæsiérunt te, fudérunt incantatiónem, castigátio tua in eis. Seigneur, ta main est levée et ils ne voient pas! Ils verront, pleins de confusion, ton amour jaloux pour ce peuple, oui, le feu préparé pour tes ennemis les dévorera. Seigneur, tu nous assures la paix, et même toutes nos œuvres, tu les accomplis pour nous. Seigneur notre Dieu, d'autres maîtres que toi ont dominé sur nous, mais, attachés à toi seul, nous invoquons ton nom. Les morts ne revivront pas, les ombres ne se relèveront pas, car tu les as visités, exterminés, tu as détruit jusqu'à leur souvenir. Tu as fait de nous une nation, Seigneur, tu as fait de nous une nation et tu as été glorifié. Tu as fait reculer les limites du pays. Seigneur, dans la détresse ils t'ont cherché, ils se répandirent en prière car ton châtiment était sur eux.
R/. Ierúsalem, surge, et sta in excélso, et vide * Iucunditátem quæ véniet tibi a Deo tuo. V/. Leva in circúitu óculos tuos, et vide et contempláre, * Iucunditátem quæ. R/. Debout, Jérusalem! Tiens-toi sur la hauteur et considère * La joie qui te vient de ton Dieu! V/. Lève les yeux tout alentour, et contemple * La joie.
Lectio III Lecture III
Sicut quæ cóncipit, cum appropinquáverit ad partum dolens clamat in dolóribus suis, sic facti sumus a fácie tua, Dómine. Concépimus et parturívimus, quasi pepérimus ventum. Salútes non fécimus in terra, ídeo non nati sunt habitatóres terræ. Revivíscent mórtui tui, interfécti mei resúrgent. Expergiscímini et laudáte, qui habitátis in púlvere, quia ros lucis ros tuus, et terra defúnctos suos edet in lucem. Vade, pópulus meus, intra in cubícula tua, claude óstia tua super te, abscóndere módicum ad moméntum, donec pertránseat indignátio. Ecce enim Dóminus egrediétur de loco suo, ut vísitet iniquitátem habitatóris terræ contra eum; et revelábit terra sánguinem suum et non opériet ultra interféctos suos. Comme la femme enceinte à l'heure de l'enfantement souffre et crie dans ses douleurs, ainsi étions-nous devant ta face, Seigneur. Nous avons conçu, nous avons souffert, mais c'était pour enfanter du vent: nous n'avons pas donné le salut à la terre, il ne naît pas d'habitants au monde. Tes morts revivront, tes cadavres ressusciteront. Réveillez-vous et chantez, vous qui habitez la poussière, car ta rosée est une rosée lumineuse, et le pays va enfanter des ombres. Va, mon peuple, entre dans tes chambres, ferme tes portes sur toi; cache-toi un tout petit instant, jusqu'à ce qu'ait passé la fureur. Car voici le Seigneur qui sort de sa demeure pour châtier la faute des habitants de la terre; et la terre dévoilera son sang, elle cessera de recouvrir ses cadavres.
R/. Ecce Dóminus véniet et omnes sancti eius cum eo, et erit in die illa lux magna; et exíbunt de Ierúsalem sicut aqua munda: * Et regnábit Dóminus in ætérnum super omnes gentes. V/. A solis ortu et occásu, ab aquilóne et mari. * Et regnábit. V/. Glória Patri. * Et regnábit. R/. Voici venir le Seigneur avec tous les saints de son cortège; en ce jour-là resplendira une grande lumière, et il sortira de Jérusalem comme une eau pure: * Le Seigneur régnera pour l'éternité sur toutes les nations. V/. Du nord et du midi, du levant et du couchant, * Le Seigneur. V/. Gloire au Père. * Le Seigneur.
In secundo nocturno, anno II Deuxième nocturne, année II
Ex Tractátu sancti Augustíni epíscopi De catechizándis rúdibus (Lib. 1, 4: CCL 46, 126-127. 128-129) Traité de saint Augustin sur la catéchèse
Lectio I Lecture I
Quæmaior causa est advéntus Dómini, nisi ut osténderet Deus dilectiónem suam in nobis, comméndans eam veheménter? Quia cum adhuc inimíci essémus, Christus pro nobis mórtuus est. Hoc autem ídeo, quia finis præcépti et plenitúdo legis cáritas est: ut et nos ínvicem diligámus, et quemádmodum ille pro nobis ánimam suam pósuit, sic et nos pro frátribus ánimam ponámus; et ipsum Deum, quóniam prior diléxit nos, et Fílio suo único non pepércit, sed pro nobis ómnibus trádidit eum, si amáre pigébat, saltem nunc redamáre non pígeat. Quelle raison plus grande y a-t-il de la venue du Seigneur que la volonté qu'a eue Dieu de nous manifester son amour pour nous, en le parant des plus vives séductions? En effet, nous étions encore ses ennemis, quand le Christ est mort pour nous. Et voilà précisément pourquoi la fin du précepte et la plénitude de la loi, c'est la charité. Nous devons par suite, nous aussi, nous aimer les uns les autres. Et de même que le Christ a donné sa vie pour nous, de même nous devons, à notre tour, donner notre vie pour nos frères. Quant à Dieu lui-même, puisqu'il nous a aimés le premier et que, loin d'épargner son Fils unique, il l'a livré pour nous, nous devons, même s'il nous répugnait de l'aimer, n'avoir du moins maintenant aucune répugnance à lui rendre son amour.
R/. Egrediétur Dóminus de Samaría ad portam quæ réspicit ad oriéntem; et véniet in Béthlehem, ámbulans super aquas redemptiónis Iudæ: * Tunc salvus erit omnis homo, quia ecce véniet. V/. Et præparábitur in misericórdia sólium eius, et sedébit super illud in æquitáte. * Tunc salvus. R/. Le Seigneur sortira de Samarie par la porte qui regarde vers l'orient; et il viendra jusqu'à Bethléem, en marchant sur les eaux de la rédemption de Juda: * Alors, tout homme sera sauvé, car il vient! V/. Dans la miséricorde s'affermira son trône: il y siégera dans la justice. * Alors, tout homme.
Lectio II Lecture II
Nulla est enim maior ad amórem invitátio, quam præveníre amándo; et nimis durus est ánimus, qui dilectiónem si nolébat impéndere, nolit repéndere. Quod si in ipsis flagitiósis et sórdidis amóribus vidémus, nihil áliud eos ágere qui amári vicíssim volunt, nisi ut documéntis, quibus valent apériant et osténdant quantum ament; eámque imáginem iustítiæ præténdere afféctant ut vicem sibi reddi quodam modo flágitent ab eis ánimis, quos illecebráre moliúntur; ipsíque ardéntius æstuant, cum iam movéri eódem igne étiam illas mentes quas áppetunt séntiunt: si ergo et ánimus qui tórpebat, cum se amári sénserit excitátur, et qui iam fervébat, cum se redamári didícerit magis accénditur; maniféstum est nullam esse maiórem causam, qua vel inchoétur vel augeátur amor, quam cum amári se cognóscit, qui nondum amat, aut redamári se vel posse sperat, vel iam probat, qui prior amat. Il n'y a pas, en effet, de plus grande invitation à l'amour que de faire, en aimant, les premières avances. Et trop dur est le cœur qui, se refusant à prendre l'initiative de l'amour, refuserait de répondre à l'amour dont il est l'objet. Nous le constatons bien dans les amours scandaleuses et dégradantes. Les amoureux qui veulent être aimés en retour ne font pas autre chose que déclarer et montrer, par toutes les preuves en leur pouvoir, combien ils aiment. Ils affectent de mettre en avant cette apparence de justice, au nom de laquelle ils réclament, en une certaine mesure, des cœurs qu'ils s'ingénient à séduire, de les payer de retour. Et eux-mêmes brûlent d'un feu plus ardent quand ils sentent que ces cœurs qu'ils convoitent sont mis en mouvement par le même feu. Si donc, d'une part, le cœur qui était engourdi, se réveille quand il se sent aimé; si, d'autre part, le cœur qui était déjà enflammé, s'enflamme davantage, quand il se sent aimé de retour, il est de toute évidence qu'il n'y a pas de plus grand moyen soit d'éveiller soit d'accroître l'amour, que de se savoir aimé quand on n'aime pas encore, ou d'être aimé à son tour quand on aime déjà, ou d'espérer l'être, ou de recevoir des preuves de cet amour.
R/. Ierúsalem, plantábis víneam in móntibus tuis et exsultábis quia dies Dómini véniet: surge, Sion, convértere ad Deum tuum; gaude et lætáre Iacob, * Quia de médio géntium Salvátor tuus véniet. V/. Deus a Líbano véniet et Sanctus de monte umbróso et condénso. * Quia de. R/. Jérusalem, tu planteras la vigne sur tes montagnes, et tu exulteras de bonheur, car il vient, le Jour du Seigneur. Lève-toi, Sion, et reviens à ton Dieu; Jacob, tressaille de joie et d'allégresse: * Voici ton Sauveur; il vient du milieu des nations! V/. Dieu vient du Liban; le Saint, du mont boisé, ténébreux! * Voici.
Lectio III Lecture III
Quia caritáti nihil advérsius quam invidéntia; mater autem invidéntiæ supérbia est: idem Dóminus Iesus Christus, Deus et homo, et divínæ in nos dilectiónis indícium est, et humánæ apud nos humilitátis exémplum, ut magnus tumor noster maióre contrária medicína sanarétur. Magna est enim miséria, supérbus homo; sed maior misericórdia, húmilis Deus. Hac ergo dilectióne tibi tamquam fine propósito, quo réferas ómnia quæ dicis, quidquid narras ita narra, ut ille cui lóqueris audiéndo credat, credéndo speret, sperándo amet. Du moment que rien n'est plus opposé à la charité que l'envie, et que l'orgueil est le père de l'envie, le même Seigneur Jésus-Christ, Dieu et homme, est à la fois une preuve de l'amour divin à notre égard et un exemple, parmi nous, de l'humilité humaine. Il vise par là à guérir notre puissant orgueil par un antidote plus puissant encore. Grande misère, en effet, qu'un homme orgueilleux, mais plus grande miséricorde, un Dieu humble. Propose-toi donc cet amour, comme la fin où tu rapporteras toutes tes paroles; et tout ce que tu racontes, raconte-le de telle manière que ton auditeur croie en écoutant, espère en croyant, et aime en espérant.
R/. Sicut mater consolátur fílios suos, ita consolábor vos, dicit Dóminus: et de Ierúsalem civitáte quam elégi, véniet vobis auxílium: * Et vidébitis et gaudébit cor vestrum. V/. Dabo in Sion salútem, et in Ierúsalem glóriam meam. * Et vidébitis. V/. Glória Patri. * Et vidébitis. R/. Comme une mère console ses enfants, je vous consolerai, dit le Seigneur; et de Jérusalem, cité que j'ai choisie, viendra pour vous le secours attendu: * Vous le verrez, vous serez dans la joie! V/. À Sion, je donnerai le salut; à Jérusalem, je donnerai ma gloire! * Vous le verrez. V/. Gloire au Père. * Vous le verrez.