Vigiles (OSB) du mardi 17 décembre 2019 -

Hebdomada III Adventus IIIème semaine de l'Avent
Feria III Mardi
In primo nocturno, anno II Premier nocturne, année II
De libro Isaíæ prophétæ Du livre d'Isaïe
Lectio I Lecture I
Ecce nomen Dómini venit de longínquo, ardens furor eius et gravis eius fragor; lábia eius repléta sunt indignatióne et lingua eius quasi ignis dévorans. Spíritus eius velut torrens inúndans usque ad collum pertíngens, ad cribrándas gentes in cribro funésto, et frenum dolósum in maxíllis populórum. Cánticum erit vobis sicut nox sanctificátæ sollemnitátis et lætítia cordis sicut eius qui ad sonum tíbiæ pergit in montem Dómini, ad petram Israel. Et audítam fáciet Dóminus glóriam vocis suæ et terrórem bráchii sui osténdet in comminatióne furóris et flamma ignis devorántis, in túrbine et in imbre et in lápide grándinis. Voici que le nom du Seigneur vient de loin, ardente est sa colère, pesante sa menace. Ses lèvres débordent de fureur, sa langue est comme un feu dévorant. Son souffle est comme un torrent débordant qui monte jusqu'au cou, pour secouer les nations d'une secousse fatale, mettre un mors d'égarement aux mâchoires des peuples. Le chant sera sur vos lèvres comme en une nuit de fête, et la joie sera dans vos cœurs comme lorsqu'on marche au son de la flûte pour aller à la montagne du Seigneur, le rocher d'Israël. Le Seigneur fera entendre la majesté de sa voix, il fera sentir le poids de son bras, dans l'ardeur de sa colère accompagnée d'un feu dévorant, de la foudre, d'averses et de grêlons.
R/. Erúmpant montes iucunditátem et colles iustítiam: * Quia lux mundi Dóminus cum poténtia venit. V/. De Sion exíbit lex, et verbum Dómini de Ierúsalem. * Quia lux. R/. Montagnes, faites jaillir la joie; collines, faites déborder la justice: * Voici le Seigneur, lumière du monde; il vient avec puissance. V/. C'est de Sion que vient la loi, de Jérusalem la parole du Seigneur. * Voici.
Lectio II Lecture II
A voce enim Dómini pavébit Assýrius virga percússus. Et erit omnis ictus báculi percutiéntis quem requiéscere fáciet Dóminus super eum in týmpanis et cítharis, et in bellis agitátis expugnábit eos. Præparáta est enim ab heri Topheth, præparáta, profúnda et dilatáta, in pyra eius ignis et ligna multa; flatus Dómini sicut torrens súlphuris succéndit eam. Car à la voix du Seigneur, Assur sera terrorisé, il le frappera de sa baguette; chaque fois qu'il passera, ce sera la férule du châtiment que le Seigneur lui infligera, au son des tambourins et des kinnors, et dans les combats qu'il livrera, la main levée, contre lui. Car depuis longtemps est préparé Tophèt, il sera aussi pour le roi profond et large son bûcher, feu et bois y abondent; le souffle du Seigneur, comme un torrent de soufre, va y mettre le feu.
R/. Ante multum tempus prophetávit Ezéchiel: Vidi portam clausam; ecce Deus ante sæcula ex ea procedébat pro salúte mundi. * Et erat íterum clausa, demónstrans Vírginem, quia post partum permánsit virgo. V/. Per portam, quam vidísti, Dóminus solus transíbit per illam. * Et erat. R/. Depuis les temps anciens l'avait prédit Ézéchiel: J'ai vu la porte close; et voici que le Dieu d'avant les siècles en sortait, pour le salut du monde. * Puis elle fut close à nouveau, figure de la Vierge qui, après la naissance, est demeurée vierge. V/. Par la porte que tu as vue, seul devait passer le Seigneur. * Puis.
Lectio III Lecture III
Quia hæc dicit Dóminus ad me: " Quómodo si rugit leo et cátulus leónis super prædam suam, cum occúrrerit ei multitúdo pastórum, a voce eórum non formidábit et a multitúdine eórum non pavébit, sic descéndet Dóminus exercítuum, ut proeliétur super montem Sion et super collem eius. Sicut aves volántes, sic próteget Dóminus exercítuum Ierúsalem, prótegens et líberans, parcens et salvans. " Convertímini ad eum a quo pénitus recesserátis, fílii Israel. In die enim illa abíciet vir idóla argéntea sua et idóla áurea sua quæ fecérunt vobis manus vestræ in peccátum; et cadet Assýria in gládio non viri, et gládius non hóminis vorábit eum, et fúgiet a fácie gládii, et iúvenes eius vectigáles erunt. Et fortitúdo eius præ terróre transíbit, et pavébunt signum príncipes eius, dixit Dóminus, cuius ignis est in Sion, et camínus eius in Ierúsalem. Car ainsi m'a parlé le Seigneur: « Comme gronde le lion, le lionceau après sa proie, quand on fait appel contre lui à l'ensemble des bergers, sans qu'il se laisse terroriser par leurs cris ni troubler par leur fracas, ainsi descendra le Seigneur des armées pour guerroyer sur le mont Sion, sur sa colline. Comme des oiseaux qui volent, ainsi le Seigneur des armées protégera Jérusalem; par sa protection il la sauvera, par son soutien il la délivrera. » Revenez à celui qu'ont si profondément trahi les enfants d'Israël. Car en ce jour-là, chacun rejettera ses faux dieux d'argent et ses faux dieux d'or, qu'ont fabriqués pour vous vos mains pécheresses. Assur tombera par l'épée, non celle d'un homme, il sera dévoré par l'épée, non celle d'un mortel. Il s'enfuira devant l'épée, et ses jeunes gens seront asservis. Dans sa terreur il abandonnera son rocher, et ses chefs apeurés déserteront l'étendard. Oracle du Seigneur dont le feu est à Sion et la fournaise à Jérusalem.
R/. Docébit nos Dóminus vias suas et ambulábimus in sémitis eius; * Quia de Sion exíbit lex et verbum Dómini de Ierúsalem. V/. Veníte, ascendámus ad montem Dómini, et ad domum Dei Iacob. * Quia de. V/. Glória Patri. * Quia de. R/. Le Seigneur nous enseignera ses chemins, et nous suivrons ses sentiers; * Car de Sion nous vient la loi, et de Jérusalem, la parole du Seigneur. V/. Venez, montons à la montagne du Seigneur, au Temple du Dieu de Jacob! * Car. V/. Gloire au Père. * Car.
In secundo nocturno, anno II Deuxième nocturne, année II
Ex Sermónibus sancti Bernardi abbátis (Sermo 2 de Adventu, 4-5: EC 4, 173-174) Sermon de saint Bernard
Lectio I Lecture I
Maniféstum árbitror quænam sit virga de radíce Iesse procédens, quis vero flos, super quem requiéscit Spíritus Sanctus. Quóniam Virgo Dei Génetrix virga est, flos Fílius eius. Flos útique Vírginis Fílius, flos cándidus et rubicúndus, eléctus ex mílibus, flos, in quem prospícere desíderant ángeli, flos, ad cuius odórem revivíscunt mórtui, et sicut ipse testátur, flos campi est, et non horti. Campus enim sine omni humáno floret adminículo, non seminátus ab áliquo, non defóssus sárculo, non impinguátus fimo. Sic omníno, sic Vírginis alvus flóruit, sic invioláta, íntegra et casta Maríæ víscera, tamquam páscuæ ætérni viróris florem protulére, cuius pulchritúdo non vídeat corruptiónem, cuius glória in perpétuum non marcéscat. On voit clairement, je pense, qui est la tige montant de la racine de Jessé, et qui est la fleur sur laquelle se repose l'Esprit Saint: la Vierge Mère de Dieu, voilà la tige, et la fleur c'est son Fils. Oui, le fils de la Vierge est une fleur, une fleur blanche et vermeille, choisie entre mille. Il est la fleur que les anges désirent contempler, la fleur dont le parfum redonne vie aux morts; il est, à son propre témoignage, la fleur des champs et non celle du jardin. En effet, le champ se couvre de fleurs en dehors de tout concours humain. Il n'est ensemencé par personne, n'est pas défoncé par la houe, ni engraissé de fumier. C'est ainsi, c'est tout-à-fait comme cela que le sein de la Vierge a fleuri. C'est ainsi que les entrailles de Marie, ces entrailles inviolées, intègres et pures, ont produit, comme une prairie éternellement verdoyante, une fleur dont la beauté ne connaîtra pas le déclin et dont l'éclat ne se flétrira jamais.
R/. Veni, Dómine, et noli tardáre, reláxa facínora plebi tuæ; * Et révoca dispérsos in terram suam. V/. Excita, Dómine, poténtiam tuam, et veni, ut salvos fácias nos. * Et révoca. R/. Viens, Seigneur, ne tarde pas! Efface le péché de ton peuple; * Rassemble sur leur terre les enfants de Dieu dispersés. V/. Réveille ta vaillance, et viens nous sauver! * Rassemble.
Lectio II Lecture II
O Virgo, virga sublímis, in quam sublíme vérticem sanctum érigis! Usque ad sedéntem in throno, usque ad Dóminum maiestátis. Neque enim id mirum, quóniam in altum mittis radíces humilitátis. O vere cæléstis planta, pretiósior cunctis, sánctior univérsis! O vere lignum vitæ, quod solum fuit dignum portáre fructum salútis! Deprehénsa est, malígne serpens, versútia tua, nudáta est plane fálsitas tua. Duo imposúeras creatóri: mendácii et invídiæ infamáveras eum; sed in utróque convíctus es esse mentítus. Síquidem ab inítio móritur, cui díxeras: Nequáquam moriéris, et véritas Dómini manet in ætérnum. Sed et nunc respónde, si potes, quam ei árborem, cuius árboris fructum invidére pótuit, qui ne hanc quidem virgam eléctam et fructum sublímem negávit? Etenim qui próprio Fílio non pepércit, quómodo non ómnia simul cum illo donávit? Ô Vierge, tige glorieuse, à quelle sublime élévation ne dresses-tu pas ta cime sainte! Jusqu'à celui qui siège sur le trône, jusqu'au Seigneur de majesté. Il n'y a là, certes, rien de surprenant puisque tu enfonces en profondeur les racines de l'humilité. Ô rejeton vraiment céleste, précieux entre tous, plus saint que nul autre! Ô véritable arbre de vie, qui seul fus digne de porter le fruit du salut! Elle est découverte, ta ruse, serpent perfide; elle est mise complètement à nu, ta fourberie! Tu avais calomnié doublement ton Créateur en l'accusant de mensonge et de jalousie, mais sur chaque point te voilà convaincu d'imposture. Vois, c'est dès le début que meurt celui à qui tu avais dit: Jamais tu ne mourras; mais la vérité du Seigneur demeure à jamais; Réponds, si tu peux, maintenant. Quel arbre, quel fruit d'arbre, Dieu a-t-il pu refuser jalousement à l'homme puisqu'il n'a pas hésité à lui donner même ce rameau de choix et ce fruit sublime? Vraiment, celui qui n'a pas épargné son propre Fils, comment n'a-t-il pas tout donné en même temps que lui?
R/. Descéndet Dóminus sicut plúvia in vellus: * Oriétur in diébus eius iustítia et abundántia pacis. V/. A solis ortu et occásu, ab aquilóne et mari, * Oriétur in. R/. Le Seigneur descendra comme la pluie sur la toison: * En ces jours-là rayonnera la justice, fructifiera la paix! V/. Du nord et du midi, du levant et du couchant, * En ces jours-là.
Lectio III Lecture III
Sed iam advertístis, ni fallor, quóniam Virgo régia ipsa est via, per quam Salvátor advénit, procédens ex ipsíus útero, tamquam sponsus de thálamo suo. Tenéntes ergo viam, studeámus et nos, dilectíssimi, ad ipsum, per eam ascéndere, qui per ipsam ad nos descéndit; per eam veníre in grátiam ipsíus, qui per eam in nostram misériam venit. Déjà vous l'avez remarqué, si je ne me trompe, la Vierge est ce chemin royal par lequel le Seigneur vient à nous. Il sort de son sein comme un époux de sa chambre nuptiale. Maintenant que nous tenons la route, appliquons-nous, frères très chers, à remonter nous aussi par elle jusqu'à celui qui, par elle, est descendu jusqu'à nous; à parvenir, par elle, en la grâce de celui qui, par elle, est descendu en notre misère.
R/. Prope est ut véniat tempus eius, et dies eius non elongabúntur: * Miserébitur Dóminus Iacob, et Israel salvábitur. V/. Qui ventúrus est véniet et non tardábit; iam non erit timor in fínibus nostris, quóniam ipse est Salvátor noster. * Miserébitur Dóminus. V/. Glória Patri. * Miserébitur Dóminus. R/. Oui, le temps de sa visite est proche, son Jour ne sera pas différé: * Le Seigneur aura pitié de Jacob, et Israël sera sauvé. V/. Il viendra sans tarder celui qui doit venir, il n'y aura plus de frayeur sur la terre : c'est lui notre Sauveur! * Le Seigneur. V/. Gloire au Père. * Le Seigneur.