Vigiles (OSB) du vendredi 20 décembre 2019 -

Hebdomada III Adventus IIIème semaine de l'Avent
Feria VI Vendredi
In primo nocturno, anno II Premier nocturne, année II
De libro Isaíæ prophétæ 33, 7-24 Du livre d'Isaïe
Lectio I Lecture I
Ecce præcónes clamábunt foris, ángeli pacis amáre flebunt. Dissipátæ sunt viæ, cessávit tránsiens per sémitam; sémita írritum fecit pactum, reiécit testes, non reputávit hómines. Luget et elanguéscit terra, confúsus est Líbanus et obsórduit, et factus est Saron sicut desértum, et exaruérunt Basan et Carmélus. " Nunc consúrgam, dicit Dóminus, nunc exaltábor, nunc sublevábor. Concipiétis fenum, pariétis stípulam; spíritus meus ut ignis vorábit vos. Et erunt pópuli fornáces calcis: spinæ congregátæ igne comburéntur. Audíte, qui longe estis, quæ fécerim, et cognóscite, vicíni, fortitúdinem meam. " Voici qu'Ariel pousse des cris dans les rues, les messagers de paix pleurent amèrement. Les routes sont désolées, plus de passants sur les chemins, on a rompu l'alliance, méprisé les témoins, on n'a tenu compte de personne. Endeuillée, la terre languit. Couvert de honte, le Liban se dessèche, Saron est devenue comme la steppe, Bashân et le Carmel frémissent. « Maintenant je me lève, dit le Seigneur, maintenant je me dresse, maintenant je m'élève. Vous concevez du foin, vous enfanterez de la paille, mon souffle, comme un feu, vous dévorera. Les peuples seront consumés comme par la chaux, épines coupées, ils seront brûlés au feu. Écoutez, vous qui êtes loin, ce que j'ai fait, sachez, vous qui êtes proches, quelle est ma puissance. »
R/. Ægýpte, noli flere quia Dominátor tuus véniet tibi, ante cuius conspéctum movebúntur abýssi, * Liberáre pópulum suum de manu poténtiæ. V/. Ecce dominátor Dóminus cum virtúte véniet, * Liberáre pópulum. R/. Ô Égypte, cesse tes lamentations: ton Seigneur, devant qui tremblent les abîmes, s'en vient au-devant de toi, * Pour libérer son peuple, à main forte! V/. Le Seigneur des seigneurs s'avance avec puissance, * Pour libérer.
Lectio II Lecture II
Contérriti sunt in Sion peccatóres, possédit tremor ímpios. Quis póterit habitáre de vobis cum igne devoránte? Quis habitábit ex vobis cum ardóribus sempitérnis? Qui ámbulat in iustítiis et lóquitur æquitátes, qui réicit lucra ex rapínis et éxcutit manus suas ne múnera accípiat, qui obtúrat aures suas ne áudiat sánguinem, et claudit óculos suos ne vídeat malum; iste in excélsis habitábit, muniménta saxórum refúgium eius; panis ei datus est, aquæ eius fidéles sunt. Regem in decóre suo vidébunt óculi tui, cernent terram longínquam. Cor tuum cum timóre inquíret: " Ubi est scriba? Ubi ponderátor? Ubi computátor túrrium? " Pópulum impudéntem non vidébis, pópulum profúndi sermónis, ininterpretábilis, linguæ bárbaræ absque intellegéntia. Les pécheurs ont été terrifiés à Sion, un tremblement a saisi les impies. Qui de nous tiendra devant un feu dévorant? Qui de nous tiendra devant des brasiers éternels? Celui qui se conduit avec justice et parle loyalement, qui refuse un gain extorqué et repousse de la main le pot-de-vin, qui se bouche les oreilles pour ne pas entendre les propos sanguinaires, et ferme les yeux pour ne pas voir le mal, celui-là habitera dans les hauteurs, les roches escarpées seront son refuge, on lui donnera du pain, l'eau ne lui manquera pas. Tes yeux contempleront le roi dans sa beauté, ils verront un pays qui s'étend au loin. Ton cœur méditera ses frayeurs: « Où est celui qui comptait? Où est celui qui pesait? Où est celui qui comptait les tours? » Tu ne verras plus le peuple insolent, le peuple au langage incompréhensible, à la langue barbare et dénuée de sens.
R/. Descéndet Dóminus sicut plúvia in vellus: * Oriétur in diébus eius iustítia et abundántia pacis. V/. A solis ortu et occásu, ab aquilóne et mari, * Oriétur in. R/. Le Seigneur descendra comme la pluie sur la toison: * En ces jours-là rayonnera la justice, fructifiera la paix! V/. Du nord et du midi, du levant et du couchant, * En ces jours-là.
Lectio III Lecture III
Respice Sion civitátem sollemnitátum nostrárum! Oculi tui vidébunt Ierúsalem, habitatiónem secúram, tabernáculum quod nequáquam transférri póterit; nec auferéntur clavi eius in sempitérnum, et omnes funículi eius non rumpéntur. Quia ibi potens Dóminus pro nobis loco fluviórum, rivórum late paténtium; non transíbit ibi navis rémigum neque navis magna transgrediétur eum. Dóminus enim iudex noster, Dóminus légifer noster, Dóminus rex noster: ipse salvábit nos. Laxáti sunt funículi tui, nec sústinent malum suum ut dilatáre velum non queant. Tunc dívident cæci prædam multam; claudi dirípient rapínam. Nec dicet íncola: " Elángui. " Pópulus qui hábitat in ea, auferétur ab eo iníquitas. Contemple Sion, cité de nos fêtes, que tes yeux voient Jérusalem, résidence sûre, tente qu'on ne déplacera pas, dont on n'arrachera jamais les piquets, dont les cordes ne seront jamais rompues. Mais c'est là que le Seigneur nous montre sa puissance, comme un lieu de fleuves et de canaux très larges où ne vogueront pas les bateaux à rame, que ne traverseront pas les grands vaisseaux. (Car le Seigneur nous juge et le Seigneur nous régente, le Seigneur est notre roi, c'est lui notre Sauveur.) Tes cordages ont lâché, ils ne maintiennent plus le mât, ils ne hissent plus le signal. Alors on s'est partagé un énorme butin, les boiteux se sont livrés au pillage. Aucun habitant ne dira plus: « Je suis malade » , le peuple qui y demeure verra sa faute remise.
R/. Veni, Dómine, et noli tardáre, reláxa facínora plebi tuæ; * Et révoca dispérsos in terram suam. V/. Excita, Dómine, poténtiam tuam, et veni, ut salvos fácias nos. * Et révoca. V/. Glória Patri. * Et révoca. R/. Viens, Seigneur, ne tarde pas! Efface le péché de ton peuple; * Rassemble sur leur terre les enfants de Dieu dispersés. V/. Réveille ta vaillance, et viens nous sauver! * Rassemble. V/. Gloire au Père. * Rassemble.
In secundo nocturno, anno II Deuxième nocturne, année II
Ex Sermónibus sancti Bernárdi abbátis super Cántica canticórum (Sermo 2, 1-2: EC 1, 8-9) Sermon de saint Bernard sur le Cantique des cantiques
Lectio I Lecture I
Ardórem desidérii patrum suspirántium Christi in carne præséntiam frequentíssime cógitans, compúngor et confúndor in memetípso. Et nunc vix contíneo lácrimas, ita pudet tepóris torporísque miserabílium témporum horum. Cui namque nostrum tantum íngerat gáudium grátiæ huius exhibítio, quantum vetéribus sanctis accénderat desidérium promíssio? Ecce enim quam multi in hac eius quæ próxime celebránda est nativitáte gaudébunt! Sed útinam de nativitáte, non de vanitáte! Illórum ergo desidérium flagrans et piæ exspectatiónis afféctum spirat mihi vox ista: Osculétur me ósculo ori sui. Sénserat nimírum in spíritu quisquis tunc spiritális esse póterat, quanta foret grátia diffúsa in lábiis illis. Proptérea loquens in desidério ánimæ aiébat: Osculétur me ósculo oris sui, nimírum omnímodis cúpiens tantæ suavitátis particípio non fraudári. L'ardent désir des patriarches appelant la présence charnelle du Christ est pour moi le sujet de fréquentes méditations. Je ne puis y penser sans que des larmes de honte me viennent aux yeux. Car je mesure alors la tiédeur, la somnolence de notre misérable époque. Nous avons reçu cette grâce, le corps du Christ nous est montré à l'autel, mais personne d'entre nous n'en éprouve une joie aussi intense qu'était le désir inspiré à nos ancêtres par la simple promesse de l'Incarnation. Noël approche, et bien des gens s'apprêtent à le célébrer. Puissent-ils se réjouir vraiment de la Nativité, non de la vanité! L'attente des anciens, leur fébrile impatience me paraissent exprimées à merveille par les premiers mots du Cantique: Qu'il me baise d'un baiser de sa bouche! En ces temps-là, quiconque était doué du sens spirituel devinait la grâce immense qu'allaient porter ces lèvres; et par ces paroles lourdes de tous les désirs, l'âme souhaitait de n'être pas privée de l'indicible douceur promise.
R/. Béthlehem, cívitas Dei summi, ex te éxiet Dominátor Israel, et egréssus eius sicut a princípio diérum æternitátis; et magnificábitur in médio univérsæ terræ. * Et pax erit in terra nostra dum vénerit. V/. Deus a Líbano véniet, et Sanctus de monte umbróso et condénso. * Et pax. R/. Bethléem, cité du Dieu Très-Haut, de toi sortira celui qui doit gouverner Israël; ses origines remontent aux temps anciens, à l'aube des siècles; il sera magnifié sur toute l'étendue de la terre. * Et lorsqu'il sera venu, il y aura la paix sur notre terre. V/. Dieu vient du Liban; le Saint, du mont boisé, ténébreux! * Et.
Lectio II Lecture II
Dicébat enim perféctus quisque: " Quo mihi, oro, hæc seminivérbia prophetárum? Ipse pótius speciósus forma præ fíliis hóminum, ipse me osculétur ósculo oris sui. Non áudio iam Móysen: impeditióris síquidem linguæ factus est mihi. Isaíæ lábia immúnda sunt, Ieremías nescit loqui, quia puer est, et prophétæ omnes elíngues sunt. Ipse, ipse, quem loquúntur, ipse loquátur; ipse me osculétur ósculo oris sui. Non in eis iam aut per eos loquátur mihi, quóniam tenebrósa aqua in núbibus áeris; sed ipse me osculétur ósculo oris sui, cuius gratiósa præséntia et admirándæ fluénta doctrínæ fiant in me fons aquæ saliéntis in vitam ætérnam. Quem unxit Pater oleo lætítiæ præ consórtibus suis, numquid non ex ipso mihi ubérior infúnditur grátia, si tamen dignétur me osculári ósculo oris sui? " Toute âme parfaite disait en effet: « À quoi me servent désormais les obscures sentences des prophètes? J'attends que vienne le plus beau des enfants des hommes, qu'il vienne me baiser du baiser de sa bouche. La langue de Moïse est confuse, les lèvres d'Isaïe sont impures; Jérémie est un enfant qui ne sait pas parler, tous les prophètes sont privés du don des langues. C'est lui-même, c'est celui dont ils parlent, qui doit parler maintenant et me baiser du baiser de sa bouche. Je ne souhaite plus qu'il s'exprime en eux et par eux, car l'eau reste opaque tant qu'elle est enclose dans les nuages. J'attends la divine présence, les eaux ruisselantes de l'admirable doctrine, qui en moi deviendront une source et jailliront jusqu'au cœur de la vie éternelle. Son Père, en l'oignant d'une huile de joie, l'a fait différent de tous, et le baiser de sa bouche m'infusera la plus abondante des grâces. »
R/. Ecce apparébit Dóminus super nubem cándidam, et cum eo sanctórum mília; et habens in vestiménto, et in fémore suo scriptum: * Rex regum et Dóminus dominántium. V/. Apparébit in finem et non mentiétur; si moram fécerit, exspécta eum, quia véniens véniet. * Rex regum. R/. Voici: le Seigneur va se manifester au-dessus de la nuée, de blancheur étincelante, entouré du cortège de milliers et milliers de saints; il porte inscrit sur sa tunique: * Le Roi des rois, et Seigneur des seigneurs. V/. À la fin des temps, il se manifestera et ne décevra pas ton attente; s'il paraît tarder, espère en lui, car, à son heure, certainement viendra: * Le Roi des rois.
Lectio III Lecture III
Cuius útique sermo vivus et éfficax ósculum mihi est, plane infúsio gaudiórum, revelátio secretórum, mira quædam et quodámmodo indiscréta commíxtio supérni lúminis et illuminátæ mentis. Adhærens quippe Deo unus spíritus est. Mérito proínde visiónes et sómnia non recípio, figúras et ænígmata nolo, ipsas quoque angélicas fastídio spécies. Quippe et ipsos longe súperat Iesus meus spécie sua et pulchritúdine sua. Non ergo álium, sive ángelum, sive hóminem, sed ipsum peto osculári me ósculo oris sui. " Comme sa parole est la vie, son baiser est efficace, ce baiser est vraiment l'invasion de la joie, la révélation des mystères divins, l'union comme inséparable qui confond en une seule la lumière céleste et l'âme illuminée. Celui qui adhère ainsi à Dieu n'est plus avec lui qu'un même esprit. Je ne me contenterai plus de visions et de songes, je refuserai les figures et les énigmes, je suis las même des apparitions angéliques. Mon Jésus est tellement plus beau que les anges! Je ne veux ni du baiser d'un ange, ni du baiser d'un homme, c'est lui que je supplie de m'accorder le baiser de sa bouche. »
R/. Qui ventúrus est véniet et non tardábit; iam non erit timor in fínibus nostris: * Quóniam ipse est Salvátor noster. V/. Ex Sion spécies decóris eius: Deus noster maniféste véniet. * Quóniam ipse. V/. Glória Patri. * Quóniam ipse. R/. Il viendra sans tarder celui qui doit venir; il n'y aura plus de frayeur sur la terre: * C'est lui notre Sauveur! V/. De Sion, joyau de sa splendeur, notre Dieu vient se manifester! * C'est lui. V/. Gloire au Père. * C'est lui.