Evangile commenté du samedi 25 septembre 2021

Sabbato Sabbato
 Evangelium  Evangile
Léctio sancti Evangélii secúndum Lucam (9,43b-45)
In illo tempore: Omnibúsque mirántibus in ómnibus, quæ faciébat, dixit ad discípulos suos: “Pónite vos in áuribus vestris sermónes istos: Fílius enim hóminis futúrum est ut tradátur in manus hóminum.” At illi ignorábant verbum istud, et erat velátum ante eos, ut non sentírent illud, et timebant interrogáre eum de hoc verbo. En ce temps là : Tous étaient frappés de la grandeur de Dieu; et comme tous étaient dans l'admiration de tout ce que faisait Jésus, Il dit à Ses disciples: Vous, mettez bien dans vos coeurs ces paroles: Le Fils de l'homme doit être livré entre les mains des hommes. Mais ils ne comprenaient pas cette parole, et elle était voilée pour eux, de sorte qu'ils n'en avaient pas le sens; et ils craignaient de L'interroger à ce sujet.
Verbum Dómini. ℟. Laus tibi, Christe. Parole du Seigneur. ℟. Louange à Toi, ô Christ.
Commentaire de l'Evangile par le TRP Dom Paul Delatte, abbé de Solesmes.

Il n'est nullement certain que la Transfiguration et le miracle qui suivit aient eu lieu en Galilée, mais le Seigneur s'y trouve maintenant. De l'endroit où ils s'étaient retirés après la guérison du lunatique, Jésus et ses disciples parcourent, traversent la Galilée ; nous devons nous contenter de ce minimum d'indications topograjîhiques et chronologiques. Ce qui est constant, c'est le secret dont le Seigneur tient à s'envelopper au cours de ce voyage : Nec volebat quemquam scire ; il ne fait que passer à travers le pays. C'est alors que se place une seconde annonce prophétique de la Passion. La foule, nous dit saint Luc, avait été frappée d'étonnement en face de la toute-puissance divine, rendue manifeste dans le miracle du démoniaque. A chacun des miracles du Seigneur, éclataient les mêmes témoignages d'admiration. Les apôtres ne pouvaient manquer de se réjouir, et ils s'entretenaient volontiers des gloires de leur Maître. Mais Jésus ramenait assidûment leur pensée à ce même point de vue qu'ils s'obstinaient à négliger. Pour vous, disait-il, écoutez avec soin, gravez dans votre mémoire ce que je vous annonce : le Fils de l'homme sera livré aux mains des hommes ; ils le feront mourir, et, mis à mort, il ressuscitera le troisième jour. Rien de plus catégorique, rien de plus précis : les disciples ne comprenaient rien, pourtant, à ces paroles. Elles demeuraient voilées pour eux, et ils n'en pénétraient pas le sens. Le Fils de Dieu mourir ! Le Fils du Tout-puissant, Tout-puissant lui-même, devenir la proie des méchants ! Mais alors, c'est la déroute de toutes les espérances juives ? Dans toute Thistoire d'Israël, Dieu n'a jamais paru que sous l'aspect d"un triomphateur, in manu potenti et in brachio extenio, in signis atque porientis ! Est-ce que l'Écriture ne nous répète pas à chaque page que Dieu est juste et qu'il est toujours avec le juste ? Pourquoi « faut-il » que le Seigneur passe par l'ignominie et la mort ? — Une grande tristesse, dit saint Matthieu, envahit les apôtres ; ils n'osèrent pas interroger leur Maître sur ce sujet pénible. Leur conversation, nous le verrons bientôt, prit un tour bien différent. C'est ainsi qu'ils arrivèrent à Capharnaum.