Evangile commenté du vendredi 29 octobre 2021

Feria VI Vendredi
 Evangelium  Evangile
Léctio sancti Evangélii secúndum Lucam (14,1-6)
Factum est, cum intráret in domum cuiúsdam príncipis pharisæórum sábbato manducáre panem, et ipsi observábant eum. Et ecce homo quidam hydrópicus erat ante illum. Et respóndens Iésus dixit ad legis péritos et pharisǽos dicens: “Licet sábbato curáre an non?” At illi tacuérunt. Ipse vero apprehénsum sanávit eum ac dimísit. Et ad illos dixit: “Cuíus vestrum fílius aut bos in púteum cadet, et non contínuo éxtrahet illum die sábbati?” Et non póterant ad hæc respondére illi. Il arriva que Jésus entra, un jour de sabbat, dans la maison d'un des principaux pharisiens, pour y manger du pain; et ceux-ci L'observaient. Et voici qu'un homme hydropique était devant Lui. Et Jésus, prenant la parole, dit aux docteurs de la loi et aux pharisiens: Est-il permis de guérir le jour du sabbat? Mais ils gardèrent le silence. Alors Lui, prenant cet homme par la main, le guérit et le renvoya. Puis, S'adressant à eux, Il dit: Qui de vous, si son âne ou son boeuf tombe dans un puits, ne l'en retirera pas aussitôt, le jour du sabbat? Et ils ne pouvaient rien répondre à cela.
Verbum Dómini. ℟. Laus tibi, Christe. Parole du Seigneur. ℟. Louange à Toi, ô Christ.
Commentaire de l'Evangile par le TRP Dom Paul Delatte, abbé de Solesmes.

Dans quelle région se passe la scène ? Nous ne saurions le dire. Mais comme il s'agit d'un prince des pharisiens, nous pouvons peut-être supposer qu'elle eut lieu aux environs de Jérusalem. C'était le jour du sabbat : les repas, même abondants, n'étaient pas interdits ce jour-là. Le Seigneur, inA-ité par un des docteurs les plus influents, accepta, cette fois encore, d'aller s'asseoir à la table de ses ennemis. Les pharisiens l'observaient avec Une curiosité mahgne. Un hydropique « était devant lui ». On s'est demandé s'il n'avait pas été placé à dessein devant le Seigneur, comme une tentation offerte à sa miséricorde bien connue. Saint Luc ne dit pas que l'homme ait sollicité sa guérison. C'est le Seigneur qui prend la parole pour interroger les docteurs de la Loi et les pharisiens : « Est-il permis, est-il défendu, de guérir quelqu'un le jour du sabbat ? » Embarrassés, ils se taisent. Dès lors qu'ils n'interdisent rien, eux, les conservateurs rigides de la Loi, le Seigneur conclut pratiquement que le miracle est chose permise : il touche l'hydropique, le guérit et le congédie. Et à l'adresse de ceux qui n'ont pas voulu répondre, ou dont le silence couvre l'irritation, le Seigneur ajoute quelques mots : « Quel est celui d'entre vous, dit-il, si son âne ou son bœuf tombe dans une citerne, qui ne l'en retirera pas aussitôt, même le jour du sabbat ? » Cet argument, employé naguère par le Seignevir lors de la guérison de la femme courbée (Lc, xiii, 15-17), était sans réplique ; et une fois de plus les pharisiens furent réduits au silence (Mt., xii, 9 sq.).