Evangile commenté du vendredi 12 novembre 2021

Feria VI Vendredi
 Evangelium  Evangile
Léctio sancti Evangélii secundum loánnem (17,20-26)
In illo tempore: Sublevátis Iesus óculis suis in cælum, dixit: Non pro his rogo tantum, sed et pro eis, qui creditúri sunt per verbum eórum in me, ut omnes unum sint, sicut tu, Pater, in me et ego in te, ut et ipsi in nobis unum sint; ut mundus credat quia tu me misísti. Et ego claritátem, quam dedísti mihi, dedi illis, ut sint unum, sicut nos unum sumus; ego in eis, et tu in me, ut sint consummáti in unum; ut cognóscat mundus, quia tu me misísti et dilexísti eos, sicut me dilexísti. Pater, quod dedísti mihi, volo, ut ubi ego sum, et illi sint mecum, ut vídeant claritátem meam, quam dedísti mihi, quia dilexísti me ante constitutiónem mundi. Pater iúste, et mundus te non cognóvit; ego autem te cognóvi, et hi cognovérunt quia tu me misísti; et notum feci eis nomen tuum et notum fáciam, ut diléctio, qua dilexísti me, in ipsis sit, et ego in ipsis.” En ce temps là, Jésus levant les yeux au Ciel, dit: Ce n'est pas seulement pour eux que Je prie, mais aussi pour ceux qui doivent croire en Moi par leur parole, afin que tous soient un, comme Toi, Père, es en Moi, et Moi en Toi, afin qu'ils soient, eux aussi, un en Nous, pour que le monde croie que Tu M'as envoyé. Et la gloire que Tu M'as donné, Je la leur ai donnée, afin qu'ils soient un, comme Nous sommes un, Nous aussi. Moi en eux, et Toi en Moi, afin qu'ils soient consommés dans l'unité, et que le monde connaisse que Tu M'as envoyé, et que Tu les as aimés, comme Tu M'as aimé. Père, Je veux que, là où Je suis, ceux que Tu M'as donnés y soient aussi avec Moi, afin qu'ils voient Ma gloire que Tu M'as donnée, parce que Tu M'as aimé avant la création du monde. Père juste, le monde ne T'a pas connu; mais Moi, Je T'ai connu, et ceux-ci ont connu que Tu M'as envoyé. Je leur ai fait connaître Ton nom, et Je le leur ferai connaître, afin que l'amour dont Tu M'as aimé soit en eux, et Moi aussi en eux.
Verbum Dómini. ℟. Laus tibi, Christe. Parole du Seigneur. ℟. Louange à Toi, ô Christ.
Commentaire de l'Evangile par le TRP Dom Paul Delatte, abbé de Solesmes.

Jusqu'au verset 20, le Seigneur n'a prié que pour lui et pour ses disciples immédiats ; pourtant, lorsqu'il demande sa gloire, c'est nous tous déjà qu'il réclame ; et lorsqu'il implore auprès de son Père la sainteté et la charité de ses apôtres, c'est afin que, par eux, soit gardé et sûrement transmis le trésor surnaturel qui devait parvenir jusqu'à nous. Mais, de plus, les dernières paroles de cette prière divine nous montrent que nous avons été, en cette heure-là, présents à la pensée du Seigneur, aimés et chéris d'avance, connus non d'une façon globale et indistmcte, comme des épis dans une gerbe immense, mais individuellement, nominatim. Mon Père, dit le Sauveur, je ne vous prie pas seulement pour mes disciples d'aujourd'hui, mais aussi pour tous ceux qui, à la voix des apôtres, croiront en moi et entreront ainsi dans la famille de Dieu. Ce que je demande pour eux, c'est que tous soient un ; comme vous. Père, êtes en moi et moi en vous, de même, eux aussi, qu'ils soient un en nous, afin que le monde reconnaisse que ma mission est de vous. Tout égoïsme, et partant toute division étant bannie, ils seront vraiment un comme nous, parce qu'ils seront vos fils comme moi ; et comme nous sommes unis ensemble par le Saint-Esjjrit, c'est le même lien incréé de notre Trinité qui les unira à moi, et dès lors à vous. Leur charité même sera une prédication : à voir comment ils s'aiment et ne font ensemble qu'un cœur et Une âme, le monde confessera la divinité de ma mission et l'effusion sur eux de votre tendresse. La prière se poursuit, demandant au Père non seulement la charité entre nous, l'unité entre nous, mais l'unité de nous tous avec Dieu même. Nous n'avons pas le droit de dimmuer, d'atténuer la parole divine. Afin de créer cette unité avec Dieu, le Seigneur a usé d'une industrie de tendresse : il nous a donné toute la richesse qu'il tient du Père, il a promis sa gloire et sa filiation à tous ceux qui croiraient en lui. Je leur ai donné la gloire que vous m'avez donnée, afin qu'ils soient un comme nous sommes un. Moi en eux, et vous en moi : afin qu'ils soient consommés dans l'unité. Ils seront de la Trinité, et dans l'Unité parfaite, comme moi; fils de Dieu comme moi; aimés du même amour dont vous avez aimé votre Fils. Et le monde, à la vue de cet amour, reconnaîtra la réalité de ma mission divine. Pater, quos dedisti mihi, volo ut ubi sum ego et illi sint mecum... C'est la suprême insistance du Seigneur, insistance filiale et pressante. Jamais il n'a pris cet accent en parlant à son Père ; au cours de son ministère, il lui rendait grâces, il lui rendait honneur, il le suppliait. Chose étonnante, aujourd'hui qu'il va mourir, et maintenant qu'il s'agit de nous, il use de paroles impérieuses. C'est une sommation filiale : Je veux. Il a titre à le dire : il est le Fils. Et en déférant à cette exigence de l'Homme-Dieu, le Père ne fera que déférer à sa propre tendresse : c'est lui qui a aimé les élus, lui qui les a donnés et unis à son Fils, au point qu'une même vie circule dans le cep et dans les branches : comment pourrait-il se démentir lui-même ? Père, dit Jésus, ceux que vous m'avez donnés, je veux que là où je suis, ils soient avec moi, afin qu'ils contemplent ma gloire, cette gloire que je tiens de vous et de votre dilection, antérieure à l'origine du monde. — On voit que le Seigneur, d'avance, songe à la Jérusalem céleste et à la félicité de ses élus ; il songe à la joie personnelle qu'il trouvera à leur manifester sa gloire, sa filiation, sa beauté, l'amour éternel de son Père : de telle sorte que toute l'histoire du monde s'achève dans Un hommage à la première Personne de la très sainte Trinité. Père, vous êtes juste, et vous êtes Père ; vous ferez les différences exigées par l'équité. Le monde ne vous a pas connu, il en est qui n'ont pas voulu de vous ; vous les traiterez selon leur choix ; ils seront les exilés de votre tendresse puisqu'ils en ont été les transfuges. Mais vous ne pouvez m'écarter, moi qui suis votre Fils ; vous ne pouvez écarter davantage ceux qui ne font qu'un avec moi. Je vous ai connu, moi, et ceux-ci ont connu à leur tour que vous m'avez envoyé. Je leur ai révélé votre nom. Je leur ai appris que vous êtes Père, je le leur redirai encore ; et comme ils sont à moi, ils sont vôtres aussi : entre eux et moi, vous ne distinguerez plus, et l'amour que vous avez pour moi reposera sur eux à jamais.