Léctio sancti Evangélii secúndum Lucam (10,38-42)
In illo tempore: Intrávit Iesus in quoddam castéllum, et múlier quædam Martha nómine excépit illum. Et huic erat soror nómine María, quæ étiam sedens secus pedes Dómini audiébat verbum illíus. Martha autem satagébat circa frequens ministérium; quæ stetit et ait: “Dómine, non est tibi curæ quod soror mea relíquit me solam ministráre? Dic ergo illi, ut me adiúvet.” Et respóndens dixit illi Dóminus: “Mártha, Martha, sollícita es et turbáris erga plúrima, porro unum est necessárium; María enim óptimam partem elégit, quæ non auferétur ab ea.”
En ce temps là : tandis qu’ils étaient en chemin, Jésus entra dans un bourg ; et une femme, nommée Marthe, le reçut dans sa maison. Et elle avait une sœur, nommée Marie, qui, assise aux pieds du Seigneur, écoutait sa parole ; mais Marthe s’empressait aux soins multiples du service. Elle s’arrêta, et dit : Seigneur, n’as-Tu aucun souci de ce que ma sœur me laisse servir seule ? Dis-lui donc de m’aider. (Mais) Le Seigneur, répondant, lui dit : Marthe, Marthe, tu t’inquiètes et tu te troubles pour beaucoup de choses. Or une seule chose est nécessaire. Marie a choisi la meilleure part, qui ne lui sera pas ôtée.
Commentarium evangelii
Commentaire de l'évangile
Par dom Paul Delatte OSB, 3ème abbé de Solesmes (1848-1937)
Et c'est aussi sur le ton de l'affection que fut prononcée la réponse divine : « Marthe, Marthe, vous vous inquiétez et vous agitez pour beaucoup de choses, alors qu'une seule est nécessaire, » ou bien, selon une leçon peut-être plus fondée : « alors qu'il n'est besoin que de peu de choses, ou même d'une seule. » Selon ce second texte, le Seigneur protesterait doucement contre les préparatifs exagérés dans lesquels se perd la bonne Marthe. Mais cette allusion aux aliments matériels n'a d'autre dessein que d'amener la leçon morale et de faire l'éloge des âmes avides de l'aliment spirituel. Aussi le Seigneur achève-t-il en disant : « En tout cas, Marie a choisi la bonne part, qui ne lui sera point enlevée. » Non, le Seigneur n'arrachera point Marie à sa contemplation et à son amour ; bien avisée, elle a pris place déjà à ce festin de vie étemelle que le Seigneur est venu offrir à ses hôtes de Béthanie. Il est bon de recevoir Jésus dans sa maison : il est meilleur encore de recevoir, des lèvres de Jésus, la vérité dans son cœur. Les vrais heureux sont ceux qui recueillent la parole de Dieu et la gardent avec amour, comme un trésor. Beati qui audiunt verbum Dei, et custodiunt illud (Lc xi, 28).