Evangile commenté du lundi 27 septembre 2021

Feria II Lundi
 Evangelium  Evangile
Léctio sancti Evangélii secúndum Matthǽum (9,35-38)
In illo tempore: Circumíbat Iésus civitátes omnes et castélla, docens in synagógis eórum et prǽdicans evangélium regni et curans omnem languórem et omnem infirmitátem. Videns autem turbas, misértus est eis, quia erant vexáti et iacéntes sicut oves non habéntes pastórem. Tunc dicit discípulis suis: “Méssis quidem multa, operárii autem pauci; rogáte ergo Dóminum messis, ut mittat operários in messem suam.” En ce temps là : Jésus parcourait toutes les villes et les villages, enseignant dans leurs synagogues, et prêchant l’Évangile du royaume, et guérissant toute langueur et toute infirmité. Et voyant les foules, Il en eut compassion ; car elles étaient accablées, et gisaient comme des brebis qui n’ont point de pasteur. Alors Il dit à Ses disciples : La moisson est grande, mais il y a peu d’ouvriers. Priez donc le Maître de la moisson d’envoyer des ouvriers dans Sa moisson.
Verbum Dómini. ℟. Laus tibi, Christe. Parole du Seigneur. ℟. Louange à Toi, ô Christ.
Commentaire de l'Evangile par le TRP Dom Paul Delatte, abbé de Solesmes.

Le Seigneur commence à parcourir la Galilée dans toutes les directions ; son ministère prend la forme d'une mission qui se promène de ci, de là. Il parle dans les synagogues des Juifs, qui ne lui étaient pas fermées encore. Il annonce « l'évangile du Royaume », c'est-à-dire du règne de Dieu, et chasse les démons. C'est la même œuvre sous les deux formes : car la ^ érité nous délivre, et le diable disparaît, là où se verse la lumière divine. En guérissant toute maladie et toute infirmité parmi le peuple, il accréditait sa parole par des miracles semés en grand nombre. Au licU de in synagogis Galilaeae, le texte des meilleurs manuscrits de saint Luc porte : dans les synagogues «de la Judée ». Si l'on adoptait cette leçon, il faudrait donner à l'expression un sens large, générique ; la Pérée et la Galilée faisaient partie de la Judée, c'est-à-dire de la Palestine. Aussi bien, selon saint Matthieu, n'est-ce pas la Galilée seulement qui fait alors au Seigneur cet accueil triomphal : mais sa renommée se répand dans toute la Syrie, qui est limitrophc. Et on lui amène tous ceux qui souffrent, tous ceux qui sont atteints de quelque maladie ou de douleurs quelconques, possédés, lunatiques ou épileptiques, paralytiques : et il les guérit. Et dès lors, la multitude se met à sa suite, foule confuse venant de la GaHlée, de la Décapole (une confédération de dix villes libres, à demi païennes, à l'est du Jourdain et du lac de Tibériade, depuis Damas jusqu'au Jabok). Il en vient aussi de Jérusalem, de la Judée, du pays au delà du Jourdain, autrement dit de la Pérée, entre le Jabok et l'Arnon. C'est ainsi que les synoptiques (cf. Mc,m, 7-12 ; Lc,vi, 17-19) décrivent en raccourci et résument par avance cette première période du ministère du Seigneur ; le détail viendra dans la suite. A la vue des foules qui le suivaient, se fatiguant pour entendre la bonne nouvelle, le Seigneur fut saisi d'une grande pitié. Elles le firent songer à d'autres foules qui ne pouvaient le suivre, et que son amour, pourtant, voulait atteindre. Ce « regard » est ordinaire chez le Seigneur : nous le retrouverons lors de la multiplication des pains (Me., vi, 34 ; viii, 2) : Misereor super turbam. C'est le regard d'une tendresse qui embrasse toutes les âmes et qui s'incline vers toutes les misères. Le Seigneur ne songe pas tant, d'ailleurs, à la fatigue physique de ce peuple qu'à la détresse où l'avaient réduit ses guides religieux, les pharisiens et les scribes. Les foules étaient comme des brebis sans pasteurs (Ez., xxxiv), déchirées par les épines des halliers, par les morsures des loups ou des chiens, tombant de lassitude çà et là. La Synagogue ne dispensait plus la vérité ; elle se bornait à faire peser sur des faibles un joug intolérable. Et le Seigneur confie aux disciples ses préoccupations divines : « La moisson est grande, mais les ouvriers sont rares : priez donc le maître de la moisson qu'il envoie des ouvriers pour sa moisson. » On voit naître le dessein du Seigneur, et cette combinaison affectueuse moyennant laquelle Dieu lui-même ira vers ceux qui ne peuvent pas venir à lui. Au lieu d'arracher les peuples à leur maison et à leur travail. Dieu s'en ira, dans la personne des apôtres et des disciples, frapper à la porte de chacun.