Evangile commenté du mardi 19 octobre 2021

Feria III Mardi
 Evangelium  Evangile
Léctio sancti Evangélii secúndum Lucam (12,35-38)
In illo témpore: Dixit Iesus discípulis suis: Sint lumbi vestri præcíncti et lucérnæ ardéntes, et vos símiles homínibus exspectántibus dóminum suum, quando revertátur a núptiis, ut, cum vénerit et pulsáverit, conféstim apériant ei. Beáti, servi illi, quos, cum vénerit dóminus, invénerit vigilántes. Amen dico vobis, quod præcínget se et fáciet illos discúmbere et tránsiens ministrábit illis. Et si vénerit in secúnda vigília, et si in tértia vigília vénerit, et ita invénerit, beáti sunt illi. En ce temps là: Jésus dit à Ses disciples : Que vos reins soient ceints, et les lampes allumées dans vos mains. Et vous, soyez semblables à des hommes qui attendent que leur maître revienne des noces, afin que, lorsqu'il arrivera et frappera, ils lui ouvrent aussitôt. Heureux ces serviteurs que le maître, à son arrivée, trouvera veillant; en vérité, Je vous le dis, il se ceindra, les fera asseoir à table, et passant devant eux, il les servira. Et, s'il vient à la seconde veille, s'il vient à la troisième veille, et qu'il les trouve en cet état, heureux sont ces serviteurs!
Verbum Dómini. ℟. Laus tibi, Christe. Parole du Seigneur. ℟. Louange à Toi, ô Christ.
Commentaire de l'Evangile par le TRP Dom Paul Delatte, abbé de Solesmes.

L'enseignement qui précède a orienté notre vie vers l'éternité. Notre cœur y doit déjà reposer tout entier. C'est là que se trouve notre unique richesse : le Royaume que Dieu nous a promis. Est-ce nous qui allons vers l'éternité ? Est-ce l'éternité qui vient vers nous? Cette dernière image serait peut-être plus exacte. C'est vraiment Dieu qui nous a devances et qui descend à notre rencontre. Heureux si nous sommes prêts ! Tel est maintenant le thème adopté par le Seigneur dans les paraboles des serviteurs vigilants et fidèles (cf. Mt., xxiv, 42-51). « Ayez une ceinture autour de vos reins, une lampe allumée dans la main. » C'est l'attitude de toute la vie chrétienne. La robe relevée et retenue par la ceinture convient à la marche empressée et rapide. Autour de vous, les gens du siècle se reposent ou s'amusent : mais vous, gardez l'allure qui convient à des serviteurs qui attendent leur maître. C'est en résumé la parabole des dix vierges, en saint Matthieu, xxv. Le maître est allé à un festin nuptial qui se prolonge dans la nuit ; il ne rentrera peut-être qu'à une heure avancée. Dès qu'il arrivera et frappera à la porte, soyez prêts à lui ouvrir. Heureux ces serviteurs que le maître, à son arrivée, trouvera éveillés et attentifs à lui ! En vérité, je vous le dis, il se fera serviteur à son tour : il se ceindra lui-même, les invitera à se mettre à table, et passera au milieu d'eux pour les servir, pour leur donner de lui, — avec joie, avec tendresse, avec un sentiment de triomphe ; un instant il semblera se distraire de ses anges et de ses saints, afin d'être tout entier aux nouveaux venus. Peut-être se présentera-t-il à la seconde veille, peut-être seulement à la troisième : heureux les serviteurs qu'il trouvera l'âme vigilante et dominant la fatigue du jour ! Cette vigilance, cette attention à Dieu, est à ses yeux d'un tel prix que le Seigneur, après nous y avoir portés par l'espoir de la récompense, en accentue encore la nécessité. Soyez assurés, nous dit-il, que si le maître de maison savait à quelle heure le voleur doit venir, il ferait bonne garde et ne laisserait pas percer le mur de sa demeure. Vous aussi, tenez-vous prêts ; car c'est à l'heure où vous n'y songerez pas que paraîtra le Fils de l'homme. — Sa venue sera soudaine : aussi bien sa venue pour tous à la fin des temps, que sa venue pour chacune de nos âmes. La mort est souvent soudaine : elle est presque toujours inattendue. Il importe donc souverainement que nous soyons attachés à Dieu lorsque le Fils de l'homme se présentera ; n'ajournons pas aux derniers moments : on ne nous dit même pas de nous préparer, mais d'être toujours prêts. Il n'y aura point de surprise pour ceux qui songent nuit et jour à « Celui qui vient » (Apc., i, 4).