Evangile commenté du mercredi 16 février 2022

Feria IV Mercredi
 Evangelium  Evangile
Léctio sancti Evangélii secúndum Marcum (8,22-26)
In illo tempore: Véniunt Iesus et discípuli Bethsáida. Et addúcunt ei cæcum et rogant eum, ut illum tangat. Et apprehéndens manum cæci edúxit eum extra vicum; et éxspuens in óculos eíus, impósitis mánibus ei, interrogábat eum: “Vides áliquid?” Et aspíciens dicébat: “Vídeo hómines, quia velut árbores vídeo ambulántes.” Deínde íterum impósuit manus super óculos eíus; et cœpit vidére et restitútus est et vidébat clare ómnia. Et misit illum in domum suam dicens: “Nec in vicum introíeris.” En ce temps là : Jésus et les disciples vinrent à Bethsaïda, et on Lui amena un aveugle, et on Le priait de le toucher. Ayant pris la main de l'aveugle, Il le conduisit hors du bourg; puis Il lui mit de la salive sur les yeux, et, lui ayant imposé les mains, Il lui demanda ce qu'il voyait. Celui-ci, regardant, répondit: Je vois les hommes marcher, semblables à des arbres.
Jésus lui mit de nouveau les mains sur les yeux; et il commença à voir, et il fut si bien guéri qu'il voyait toutes choses distinctement. Alors Il le renvoya dans sa maison, en disant: Va dans ta maison; et si tu entres dans le bourg, ne dis rien à personne.
Verbum Dómini. ℟. Laus tibi, Christe. Parole du Seigneur. ℟. Louange à Toi, ô Christ.
Commentaire de l'Evangile par le TRP Dom Paul Delatte, abbé de Solesmes.

La barque qui portait le Seigneur et ses disciples traversa le lac de l'ouest au nord-est ; ils arrivèrent à Bethsaïde-Julias. Jésus n'était pas in inconnu dans le pays : aussi lui amène-t-on un aveugle, et lui demande-t-on de le toucher. Cette fois encore, le Seigneur, qui pouvait guérir à distance et par un simple commandement, se prête à la condition suggérée. Même il ajoute à ce contact physique, comme pour le sourd-muet dont a parlé saint Marc au chapitre vii, certains procédés qui rappellent le praticien ordinaire. Il se rencontre encore dans la guérison de l'aveugle de Bethsaïde cette particularité, unique dans les évangiles : c'est que le Seigneur guérit d'une façon graduelle et sous la forme progressive d'un traitement régulier. De plus, il prend toutes ses sûretés pour que le miracle demeure enveloppé de mystère : les foules grossières, toujours prêtes à la sédition et tendues vers de faux espoirs messianiques, ont moins que jamais besoin d'être provoquées. Le Seigneur ne renonce pas à faire le bien, mais il le fait sans bruit, et sa puissance miraculeuse s'entoure d'un voile, transparent seulement pour les âmes bien disposées. Son humilité et sa prudence composent ainsi avec sa bonté. Ayant pris la main de l'aveugle, Jésus le conduit hors de la bourgade. Il touche ses yeux d'un peu de salive, lui impose les mains et lui demande : « Voyez-vous quelque peu ? » L'infirme, regardant en haut, c'est-à-dire relevant la tête et fixant les objets, répondit : « Je vois les hommes comme des arbres qui marchent. » Ce qu'il voit est encore vague et de contours indécis ; les formes élancées lui suggèrent d'abord l'idée d'arbres ; mais ils marchent, et il en conclut que ce sont des hommes. Alors, le Seigneur posa de nouveau les mains sur les yeux de l'infirme, qui commença à voir distinctement ; il était guéri, et il voyait toutes choses nettement et de loin. Et Jésus le renvoya dans sa maison, disant : « N'entrez même pas dans le bourg. »