Evangile commenté du samedi 27 août 2022

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 Evangelium  Evangile
Léctio sancti Evangélii secúndum Lucam (7,11-17)
In illo tempore: Abiit Iesus in civitátem, quæ vocátur Naim, et ibant cum illo discípuli eíus et turba copiósa. Cum autem appropinquáret portæ civitátis, et ecce defúnctus efferebátur fílius únicus matri suæ; et hæc vídua erat, et turba civitátis multa cum illa. Quam cum vidísset Dóminus, misericórdia motus super ea dixit illi: “Noli flere!” Et accéssit et tétigit lóculum; hi autem, qui portábant, stetérunt. Et ait: “Aduléscens, tibi dico: Surge!” Et resédit, qui erat mórtuus, et cœpit loqui; et dedit illum matri suæ. Accépit autem omnes timor, et magnificábant Deum dicéntes: “Prophéta magnus surréxit in nobis” et: “Deus visitávit plebem suam.” Et éxiit hic sermo in univérsam Iudǽam de eo et omnem circa regiónem. En ce temps là : Jésus se rendit à une ville nommée Naïm; Ses disciples et une foule nombreuse faisaient route avec Lui. Comme Il approchait de la porte de la ville, voilà qu'on emportait un mort, fils unique de sa mère, laquelle était veuve, et une foule considérable (de gens) de la ville étaient avec elle. Le Seigneur l'ayant vue, fut touché de compassion pour elle, et Il lui dit : "Ne pleurez pas." Et s'approchant, Il toucha le cercueil, et les porteurs s'arrêtèrent; et Il dit : "Jeune homme, Je te le dis, lève-toi !" Et le mort se dressa sur son séant et se mit à parler; et Il le rendit à sa mère. Tous furent saisis de crainte, et ils glorifiaient Dieu en disant : " n grand prophète s'est levé parmi nous," et : "Dieu a visité Son peuple." Et cette parole (prononcée) à Son sujet se répandit dans toute la Judée et dans tout le pays d'alentour.
Verbum Dómini. ℟. Laus tibi, Christe. Parole du Seigneur. ℟. Louange à Toi, ô Christ.
Commentaire de l'Evangile par le TRP Dom Paul Delatte, abbé de Solesmes.

Ce récit n'appartient qu'à saint Luc ; il justifie par avance l'affirmation que nous lirons un peu plus loin : mortui resurgunt. — Un autre jour, le Seigneur se dirige vers une ville nommée Naïm, accompagné de ses disciples et d'une grande foule. C'est le seul endroit de l'Écriture où soit prononcé le nom de Naïm, ou plutôt Nain. Elle est au sud-ouest du lac de Tibériade, non loin d'Endor. On voit que le Seigneur traversait la Galilée dans tous les sens. A la porte de la ville, son cortège en croisa un autre : c'était un fils unique que l'on portait en terre ; sa mère était veuve ; et un grand nombre de personnes de la ville l'entouraient. Elle pleurait ; elle pleurait toute sa joie, toute sa tendresse, toute sa vie perdue, consciente désormais de son absolue solitude. Jésus la vit, et son cœur s'émut de compassion pour elle. « Ne pleurez pas, » lui dit-il. La parole eût été cruelle, si le Seigneur n'avait pas été le maître souverain de la vie et de la mort. Il s'approcha et toucha le cercueil, mais d'un geste d'autorité qui arrêta les porteurs. Le cercueil étant découvert, et le suaire tout seul cachant la tête du défunt, Jésus pouvait s'adresser directement à lui. « Jeune homme, dit-il, je vous l'ordonne, levez-vous ! » Le jeune homme aussitôt se releva, s'assit dans le cercueil et prit la parole, sans doute pour remercier le Seigneur, qui le prit par la main et le rendit à sa mère. L'évangile, toujours sobre et se refusant à introduire l'émotion dans son récit, ne nous dit rien des sentiments du fils et de la mère, mais il note la crainte religieuse qui s'empara de tous les assistants, et leurs réflexions. Ils glorifiaient Dieu et le bénissaient de ce qu'un grand prophète s'était levé parmi eux, et de ce qu'après de longs jours de silence. Dieu avait enfin visité son peuple. Le bruit de ce miracle, avec les réflexions du peuple et le jugement porté sur le nouveau Prophète, se répandit dans toute la Judée, c'est-à-dire la Palestine, et tout le pays d'alentour.