Evangile commenté du mercredi 5 octobre 2022

Feria IV Mercredi
 Evangelium  Evangile
Léctio sancti Evangélii secúndum Lucam (11,1-4)
Factum est cum esset Iesus in loco quodam orans, ut cessávit, dixit unus ex discípulis eíus ad eum: “Dómine, doce nos oráre, sicut et Ioánnes dócuit discípulos suos.” Et ait illis: “Cum orátis, dícite: Pater, sanctificétur nomen tuum, advéniat regnum tuum; panem nostrum cotidiánum da nobis cotídie, et dimítte nobis peccáta nostra, si quidem et ipsi dimíttimus omni debénti nobis, et ne nos indúcas in tentatiónem.” Il arriva, comme Jésus priait dans un certain lieu, que, lorsqu'Il eut achevé, un de Ses disciples Lui dit: Seigneur, apprends-nous à prier, comme Jean l'a appris à ses disciples. Et Il leur dit: Lorsque vous priez, dites: Père, que Ton nom soit sanctifié; que Ton règne arrive; donne-nous aujourd'hui notre pain de chaque jour. Et remets-nous nos péchés, puisque nous remettons, nous aussi, à quiconque nous doit; et ne nous induis pas en tentation.
Verbum Dómini. ℟. Laus tibi, Christe. Parole du Seigneur. ℟. Louange à Toi, ô Christ.
Commentaire de l'Evangile par le TRP Dom Paul Delatte, abbé de Solesmes.

L'évangéliste ne nous renseigne ni sur le lieu ni sur la date de cette prédication : « En un certain lieu, » dit-il. Le Seigneur venait d'achever sa prière. Un des disciples s'approche et lui demande : « Seigneur, apprenez-nous à prier, comme Jean l'a enseigné autrefois à ses disciples. » Un maître en religion enseignait tout naturellement l'attitude que devait prendre l'homme en face de Dieu, et les rabbins célèbres communiquaient volontiers à leurs disciples certaines formules fixées par eux. Le Seigneur ne se dérobe pas à une demande si justifiée, et c'est alors qu'il prononce le Pater. Saint Matthieu l'a inséré dans le Discours sur la montagne. Il est, du reste, des commentateurs qui supposent que le Seigneur a donné deux fois l'oraison par excellence ; elle est substantiellement la même de part et d'autre. Nous l'avons expliqué déjà, « Lorsque vous priez, dites : Père, que votre nom soit sanctifié. Que votre règne arrive. Notre pain quotidien, donnez-le-nous chaque jour. Et pardonnez-nous nos offenses, puisque nous aussi nous pardonnons à quiconque est notre débiteur. Et ne nous laissez pas tomber en tentation. » Il a été parlé ailleurs de la variante intéressante substituée à la seconde demande : « Que votre Esprit vienne sur nous et nous sanctifie. » Là où saint Matthieu disait « nos dettes », saint Luc dit « nos péchés ». Peut-être la formule : « Ne nous induisez pas en tentation » reproduit-elle simplement une de ces expressions des langues sémitiques qu'il nous faut traduire sous une forme adoucie, si nous voulons obtenir la vraie pensée de l'Écriture.