Evangile commenté du mardi 8 novembre 2022

Feria III Mardi
 Evangelium  Evangile
Léctio sancti Evangélii secúndum Lucam (17,7-10)
In illo tempore: Dixit Dominus : quis vestrum habens servum arántem aut pascéntem, qui regrésso de agro dicet illi: ‘Státim transi, recúmbe’, et non dicet ei: ‘Pára, quod cenem, et præcínge te et minístra mihi, donec mandúcem et bibam, et post hæc tu manducábis et bibes’? Numquid grátiam habet servo illi, quia fecit, quæ præcépta sunt? Sic et vos, cum fecéritis ómnia, quæ præcépta sunt vobis, dícite: ‘Sérvi inútiles sumus; quod debúimus fácere, fécimus.’” En ce temps là, Jésus dit à Ses disciples : qui de vous, ayant un serviteur qui laboure ou fait paître les troupeaux, lui dit, lorsqu’il revient des champs : Approche-toi vite, mets-toi à table ? Ne lui dira-t-il pas : Prépare-moi à souper, et ceins-toi, et sers-moi jusqu’à ce que j’aie mangé et bu ; après cela, tu mangeras et tu boiras ? A-t-il de la reconnaissance pour ce serviteur, parce qu’il a fait ce qu’il lui avait ordonné ? Je ne le pense pas. Et vous de même, quand vous aurez fait tout ce qui vous est commandé, dites : Nous sommes des serviteurs inutiles ; nous avons fait ce que nous devions faire.
Verbum Dómini. ℟. Laus tibi, Christe. Parole du Seigneur. ℟. Louange à Toi, ô Christ.
Commentaire de l'Evangile par le TRP Dom Paul Delatte, abbé de Solesmes.

Après cette leçon sur la foi, une rapide parabole, propre à saint Luc, sur la tâche du serviteur. Il n'est aucunement nécessaire de considérer ces quatre versets comme s 'adressant aux seuls disciples ; la matière même laisse entendre que c'était aux riches et aux gens aisés de l'auditoire que parlait le Seigneur. Vous avez, dit-il, un esclave à la charrue ou qui garde les troupeaux ; il rentre des champs : quel est celui d'entre vous qui s'empresse auprès de lui et lui dit : « Venez vite, et mettez-vous à table ! » Ne lui dira-t-il pas plutôt : « Préparez-moi à souper, relevez votre tunique, ceignez vos reins, et servez-moi, jusqu'à ce que j'aie fini de manger et de boire ; après quoi, vous mangerez et boirez, à votre tour. » C'est la condition de l'esclave : il fait à toute heure ce qu'on lui commande. Son maître lui témoignera-t-il de la reconnaissance, aura-t-il pour lui des attentions spéciales parce qu'il a accompli la tâche prescrite ? Non, n'est-ce pas ? Il en est de même pour vous : lorsque vous avez accompli tout ce qui vous était prescrit, dites-vous : « Nous sommes des serviteurs inutiles ; ce que nous devions faire, nous l'avons fait. » — Cette leçon d'humilité n'est-elle pas surtout à l'adresse des pharisiens ? Alors même que nous aurions accompli, ponctuellement, tout notre devoir, — et qui donc peut s'en flatter ? — nous n'avons aucun titre à prendre devant Dieu une attitude satisfaite, avantageuse, ni à réclamer une récompense spéciale. Le serviteur qui veut plaire à son maître et entrer dans sa faveur ajoute quelque chose à son service obligé. Nisi ahundaverit justitia vestra plus quam scribarum et pharisaeorum, non intrabitis in regnum caelorum (Mt., V, 20. Voir la parabole des mines : Lc., xix, 11-27 ; I Cor., ix, 18).