Le monde attend que l'Eglise redevienne une société de louange

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  v. Deus, ✠ in adiutórium meum inténde.
  v. Dieu, viens à mon aide.
  r. Dómine, ad adiuvándum me festína.
  r. Seigneur, vite à mon secours.
  Glória Patri, et Fílio, et Spirítui Sancto. Sicut erat in princípio, et nunc et semper, et in sǽcula sæculórum. Amen.
  Gloire au Père, et au Fils et au Saint-Esprit, comme il était au commencement, maintenant et toujours, et dans les siècles des siècles. Amen.
  Allelúia.
  Alléluia.
  Hymnus
Hymne
  Cæléstis formam glóriæ, quam spes quærit Ecclésiæ, in monte Christus índicat, qui supra solem émicat.
La forme de la gloire céleste, que l'espérance de l'Église recherche, le Christ la montre sur la montagne, Lui qui brille plus que le soleil.
  Res memoránda sǽculis: tribus coram discípulis, cum Elía, cum Móyse grata promit elóquia.
Un événement à se rappeler à travers les âges : devant trois disciples, avec Élie et Moïse, Il prononce des paroles agréables.
  Assístunt testes grátiæ, legis vatúmque véterum; de nube testimónium sonat Patris ad Fílium.
Témoins de la grâce, de la loi et des anciens prophètes ; de la nuée, une voix rend témoignage du Père au Fils.
  Glorificáta fácie Christus declárat hódie quis honor sit credéntium Deo pie fruéntium.
Avec un visage glorifié, le Christ déclare aujourd'hui quel honneur attend les croyants qui jouissent pieusement de Dieu.
  Visiónis mystérium corda levat fidélium, unde sollémni gáudio clamat nostra devótio:
Le mystère de cette vision élève le cœur des fidèles, d'où notre dévotion clame avec une joie solennelle :
  Pater, cum Unigénito et Spíritu Paráclito unus, nobis hanc glóriam largíre per præséntiam. Amen.
Père, avec Ton Fils unique et l'Esprit Consolateur, accorde-nous cette gloire par Ta présence. Amen.
  Ant. 1. Inclína ad me, Dómine, aurem tuam, ut éruas me.
  Ant. 1. Incline vers moi, Seigneur, Ton oreille, et délivre-moi.
  Psalmus 30 (31), 2-17. 20-25
Psaume 30
  Afflicti supplicatio cum fiducia
Supplicaton de l'affligé avec confiance
  Pater, in manus tuas commendo spiritum meum (Lc 23, 46).
Père, entre Tes mains Je remets Mon esprit (Lc 23,46)
  I
I
  In te, Dómine, sperávi, non confúndar in ætérnum; * in iustítia tua líbera me.
  J'ai espéré en Toi, Seigneur; que je ne sois jamais confondu; dans Ta justice délivre-moi.
  Inclína ad me aurem tuam, * accélera, ut éruas me.
  Incline vers moi Ton oreille; hâte-Toi de me délivrer. Sois-moi un Dieu protecteur et une maison de refuge, * afin que Tu me sauves.
  Esto mihi in rupem præsídii et in domum munítam, * ut salvum me fácias.
  Car Tu es ma force et mon refuge, et à cause de Ton Nom, Tu me conduiras et me nourriras.
  Quóniam fortitúdo mea et refúgium meum es tu * et propter nomen tuum dedúces me et pasces me.
  Tu me tireras de ce piège qu'ils ont caché contre moi, car Tu es mon protecteur.
  Edúces me de láqueo, quem abscondérunt mihi, * quóniam tu es fortitúdo mea.
  Je remets mon âme entre Tes mains; Tu m'as racheté, Seigneur, Dieu de vérité.
  In manus tuas comméndo spíritum meum; * redemísti me, Dómine, Deus veritátis.
  Tu haïs ceux qui s'attachent sans aucun fruit à des choses vaines.
  Odísti observántes vanitátes supervácuas, * ego autem in Dómino sperávi.
  Pour moi, j'ai mis mon espérance dans le Seigneur. Je tressaillirai de joie et d'allégresse dans Ta miséricorde.
  Exsultábo et lætábor in misericórdia tua, * quóniam respexísti humilitátem meam;
  Car Tu as regardé mon état humilié; Tu as sauvé mon âme des angoisses.
  agnovísti necessitátes ánimæ meæ, nec conclusísti me in mánibus inimíci; * statuísti in loco spatióso pedes meos.
  Et Tu ne m'as pas livré aux mains de l'ennemi; Tu as mis mes pieds au large.
  Glória Patri, et Fílio, * et Spirítui Sancto.
  Gloire au Père, et au Fils, et au Saint Esprit.
  Sicut erat in princípio, et nunc et semper, * et in sǽcula sæculórum. Amen.
  Comme il était au commencement, maintenant et toujours, et dans les siècles des siècles. Amen.
  Ant. Inclína ad me, Dómine, aurem tuam, ut éruas me.
  Ant. Incline vers moi, Seigneur, Ton oreille, et délivre-moi.
  Ant. 2. Illúmina fáciem tuam super servum tuum, Dómine.
  Ant. 2. Illumine, Seigneur, Ton visage sur Ton serviteur.
  II
II
  Miserére mei, Dómine, quóniam tríbulor; conturbátus est in mæróre óculus meus, * ánima mea et venter meus.
  Aie pitié de moi, Seigneur, car je suis très affligé; mon oeil, mon âme et mes entrailles sont troublés par la colère.
  Quóniam defécit in dolóre vita mea * et anni mei in gemítibus;
  Car ma vie se consume dans la douleur, et mes années dans les gémissements.
  infirmáta est in paupertáte virtus mea, * et ossa mea contabuérunt.
  Ma force s'est affaiblie par la pauvreté, et mes os sont ébranlés.
  Apud omnes inimícos meos factus sum oppróbrium et vicínis meis valde et timor notis meis: * qui vidébant me foras, fugiébant a me.
  Plus que tous mes ennemis, je suis devenu un objet d'opprobre, surtout à mes voisins, et l'effroi de ceux qui me connaissent.
  Oblivióni a corde datus sum tamquam mórtuus; * factus sum tamquam vas pérditum.
  Ceux qui me voyaient dehors fuyaient loin de moi. J'ai été oublié des coeurs, comme un mort.
  Quóniam audívi vituperatiónem multórum: * horror in circúitu;
  J'ai été comme un vase brisé; car j'ai entendu les propos injurieux de ceux qui demeurent alentour.
  in eo dum convenírent simul advérsum me, * auférre ánimam meam consiliáti sunt.
  Quand ils se réunissaient ensemble contre moi, ils ont tenu conseil pour m'ôter la vie.
  Ego autem in te sperávi, Dómine; dixi: «Deus meus es tu, * in mánibus tuis sortes meæ».
  Mais j'ai espéré en Toi, Seigneur. J'ai dit: Tu es mon Dieu;
  Eripe me de manu inimicórum meórum * et a persequéntibus me;
  mes destinées sont entre Tes mains. Arrache-moi de la main de mes ennemis et de mes persécuteurs.
  illústra fáciem tuam super servum tuum, * salvum me fac in misericórdia tua.
  Fais luire Ton visage sur Ton serviteur; sauve-moi par Ta miséricorde.
  [Dómine, non confúndar, quóniam invocávi te; * erubéscant ímpii et obmutéscant in inférno.
  [Seigneur, que je ne sois pas confondu, car je T'ai invoqué. Que les impies rougissent, et qu'ils soient conduits dans l'enfer; que les lèvres trompeuses deviennent muettes,
  Muta fiant lábia dolósa, quæ loquúntur advérsus iústum protérva * in supérbia et in abusióne.]
  elles qui profèrent l'iniquité contre le juste, avec orgueil et insolence.]
  Glória Patri, et Fílio, * et Spirítui Sancto.
  Gloire au Père, et au Fils, et au Saint Esprit.
  Sicut erat in princípio, et nunc et semper, * et in sǽcula sæculórum. Amen.
  Comme il était au commencement, maintenant et toujours, et dans les siècles des siècles. Amen.
  Ant. Illúmina fáciem tuam super servum tuum, Dómine.
  Ant. Illumine, Seigneur, Ton visage sur Ton serviteur.
  Ant. 3. Benedíctus Dóminus, quóniam mirificávit misericórdiam suam mihi.
  Ant. 3. Béni soit le Seigneur, car Il a signalé envers moi Sa miséricorde.
  III
III
  Quam magna multitúdo dulcédinis tuæ, Dómine, * quam abscondísti timéntibus te.
  Qu'elle est grande, Seigneur, l'abondance de Ta douceur, que Tu as mise en réserve pour ceux qui Te craignent!
  Perfecísti eis, qui sperant in te, * in conspéctu filiórum hóminum.
  Tu l'exerces envers ceux qui espèrent en Toi, à la vue des enfants des hommes.
  Abscóndes eos in abscóndito faciéi tuæ * a conturbatióne hóminum;
  Tu les cacheras dans le secret de Ta face, à l'abri du tumulte des hommes.
  próteges eos in tabernáculo * a contradictióne linguárum.
  Tu les protégeras dans Ton tabernacle * contre les langues qui les attaquent.
  Benedíctus Dóminus, * quóniam mirificávit misericórdiam suam mihi in civitáte muníta.
  Béni soit le Seigneur, car Il a signalé envers moi Sa miséricorde dans une ville fortifiée.
  Ego autem dixi in trepidatióne mea: * «Præcísus sum a conspéctu oculórum tuórum».
  Pour moi j'ai dit dans le transport de mon esprit: J'ai été rejeté de devant Tes yeux.
  Verúmtamen exaudísti vocem oratiónis meæ, * dum clamárem ad te.
  C'est pour cela que Tu as exaucé la voix de ma prière, lorsque je criais vers Toi.
  Dilígite Dóminum, omnes sancti eius: fidéles consérvat Dóminus * et retríbuit abundánter faciéntibus supérbiam.
  Aimez le Seigneur, vous tous Ses saints; car le Seigneur recherchera la vérité, et Il châtiera largement ceux qui se livrent à l'orgueil.
  Viríliter ágite, et confortétur cor vestrum, * omnes, qui sperátis in Dómino.
  Agissez avec courage, et que votre coeur s'affermisse, vous tous qui espérez au Seigneur.
  Glória Patri, et Fílio, * et Spirítui Sancto.
  Gloire au Père, et au Fils, et au Saint Esprit.
  Sicut erat in princípio, et nunc et semper, * et in sǽcula sæculórum. Amen.
  Comme il était au commencement, maintenant et toujours, et dans les siècles des siècles. Amen.
  Ant. Benedíctus Dóminus, quóniam mirificávit misericórdiam suam mihi.
  Ant. Béni soit le Seigneur, car Il a signalé envers moi Sa miséricorde.
  In primo nocturno, utroque anno
Premier nocturne, années I et II
  De Epístula secúnda beáti Pauli apóstoli ad Corínthios 3, 7 - 4, 6
De la seconde lettre de saint Paul aux Corinthiens
  Fratres: Si ministrátio mortis lítteris deformáta in lapídibus fuit in glória, ita ut non possent inténdere fílii Israel in fáciem Móysis propter glóriam vultus eius, quæ evacuátur, quómodo non magis ministrátio Spíritus erit in glória? Nam si ministérium damnatiónis glória est, multo magis abúndat ministérium iustítiæ in glória. Nam nec glorificátum est, quod cláruit in hac parte, propter excelléntem glóriam; si enim quod evacuátur per glóriam est, multo magis quod manet in glória est.
  Si le ministère de la mort, gravé en lettres sur des pierres, a été entouré d'une telle gloire que les fils d'Israël ne pouvaient fixer les yeux sur le visage de Moïse à cause de la gloire de son visage, pourtant passagère, comment le ministère de l'Esprit n'en aurait-il pas davantage? Si en effet le ministère de la condamnation fut glorieux, combien plus le ministère de la justice l'emporte-t-il en gloire! Non, si de ce point de vue, on la compare à cette gloire suréminente, la gloire de ce premier ministère n'en fut pas une. Car, si ce qui était passager s'est manifesté dans la gloire, combien plus ce qui demeure sera-t-il glorieux!
  Habéntes ígitur talem spem multa fidúcia útimur, et non sicut Móyses: ponébat velámen super fáciem suam, ut non inténderent fílii Israel in finem illíus, quod evacuátur. Sed obtúsi sunt sensus eórum. Usque in hodiérnum enim diem idípsum velámen in lectióne Véteris Testaménti manet non revelátum, quóniam in Christo evacuátur; sed usque in hodiérnum diem, cum légitur Móyses, velámen est pósitum super cor eórum. Quando autem convérsus fúerit ad Dóminum, aufértur velámen. Dóminus autem Spíritus est; ubi autem Spíritus Dómini, ibi libértas. Nos vero omnes reveláta fácie glóriam Dómini speculántes, in eándem imáginem transformámur a claritáte in claritátem tamquam a Dómini Spíritu.
  En possession d'une telle espérance, nous nous comportons avec beaucoup d'assurance, et non comme Moïse, qui mettait un voile sur son visage pour empêcher les fils d'Israël de voir la fin de ce qui était passager... Mais leur entendement s'est obscurci. Jusqu'à ce jour en effet, lorsqu'on lit l'Ancien Testament, ce même voile demeure. Il n'est point retiré; car c'est le Christ qui le fait disparaître. Oui, jusqu'à ce jour, toutes les fois qu'on lit Moïse, un voile est posé sur leur cœur. C'est quand on se convertit au Seigneur que le voile est enlevé. Car le Seigneur, c'est l'Esprit, et où est l'Esprit du Seigneur, là est la liberté. Et nous tous qui, le visage découvert, réfléchissons comme en un miroir la gloire du Seigneur, nous sommes transformés en cette même image, allant de gloire en gloire, comme de par le Seigneur, qui est Esprit.
  Ideo habéntes hanc ministratiónem, iuxta quod misericórdiam consecúti sumus, non defícimus, sed abdicávimus occúlta dedécoris non ambulántes in astútia neque adulterántes verbum Dei, sed in manifestátione veritátis commendántes nosmetípsos ad omnem consciéntiam hóminum coram Deo.
  Voilà pourquoi, miséricordieusement investis de ce ministère, nous ne faiblissons pas, mais nous avons répudié les dissimulations de la honte, ne nous conduisant pas avec astuce et ne falsifiant pas la parole de Dieu. Au contraire, par la manifestation de la vérité, nous nous recommandons à toute conscience humaine devant Dieu.
  Quod si étiam velátum est evangélium nostrum, in his qui péreunt est velátum, in quibus deus huius sæculi excæcávit mentes infidélium, ut non fúlgeat illuminátio Evangélii glóriæ Christi, qui est imágo Dei. Non enim nosmetípsos prædicámus, sed Iesum Christum Dóminum; nos autem servos vestros per Iesum. Quóniam Deus qui dixit: De ténebris lux splendéscat, ipse illúxit in córdibus nostris ad illuminatiónem sciéntiæ claritátis Dei in fácie Iesu Christi.
  Que si notre Évangile demeure voilé, c'est pour ceux qui se perdent qu'il est voilé, pour les incrédules, dont le dieu de ce monde a aveuglé l'entendement afin qu'ils ne voient pas briller l'Évangile de la gloire du Christ, qui est l'image de Dieu. Ce n'est pas nous que nous prêchons, mais le Christ Jésus, Seigneur; nous ne sommes, nous, que vos serviteurs, à cause de Jésus. En effet le Dieu qui a dit: Que des ténèbres resplendisse la lumière, est Celui qui a resplendi dans nos cœurs, pour faire briller la connaissance de la gloire de Dieu, qui est sur la face du Christ.
  r. Coram tribus discípulis transfigurátus Dóminus, * Móysen et Elíam hinc inde secum loquéntes osténdit in maiestáte. v. Ut in ore duórum vel trium téstium, sicut scriptum est, staret omne verbum, et ut ipse testimónium habéret a Lege et Prophétis. * Móysen. v. Glória Patri. * Móysen.
  r. Le Seigneur est transfiguré en présence de trois disciples et * Il fait voir dans leur majesté Moïse et Élie, qui l'entouraient de part et d'autre, s'entretenant avec lui. v. Pour que, sur la déclaration de deux ou trois témoins, comme il est écrit, soit réglée toute affaire, et pour qu'il ait lui-même le témoignage de la Loi et des Prophètes, * Il. v. Gloire au Père. * Il.
  In secundo nocturno, anno I
Deuxième nocturne, année I
  Ex Sermónibus sancti Leónis Magni papæ (Sermo 51, 6: SC 74, 19-20)
Sermon de saint Léon
  Ecce vox de nube dicens: "Hic est Fílius meus diléctus in quo mihi bene complácui, ipsum audíte." Præsens quidem erat in Fílio Pater, et in illa Dómini claritáte quam ad discipulórum temperárat aspéctum, non separabátur ab Unigénito Genitóris esséntia; sed ad commendándam proprietátem utriúsque persónæ, sicut vísui significávit Fílium splendor ex córpore, sic audítui Patrem vox nuntiávit ex nube. Qua voce accépta, discípuli quod in fáciem cecidérunt et timuérunt valde, non de Patris tantum, sed et de Fílii maiestáte tremuérunt: altióri enim sensu unam utriúsque intellexérunt Deitátem, et quia in fide non erat hæsitátio, non fuit in timóre discrétio.
  Voici qu'une voix disait de la nuée: " Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui je me suis complu; écoutez-le. " Le Père, sans aucun doute, était présent dans le Fils et, dans cette clarté que le Seigneur avait ménagée aux regards des disciples, l'essence de Celui qui engendre n'était pas séparée de l'Unique engendré; mais, pour mettre en évidence la propriété de chaque personne, la voix sortie de la nuée annonça le Père aux oreilles comme la splendeur émanée du corps révéla le Fils aux yeux. À l'accent de cette voix, les disciples, tombant sur leur face, furent très effrayés, tremblant non seulement devant la majesté du Père, mais aussi devant celle du Fils: par une intelligence plus profonde, en effet, ils comprirent l'unité de la Divinité dans l'un et l'autre: n'hésitant pas dans leur foi, ils ne distinguèrent pas dans leur crainte.
  Latum ergo illud et múltiplex testimónium fuit, et plus in verbórum virtúte quam in sono vocis audítum est. Dicénte enim Patre: Hic est Fílius meus diléctus in quo mihi bene complácui, ipsum audíte; nonne evidénter audítum est: Hic est Fílius meus, cui ex me et mecum esse sine témpore est? Quia nec Génitor Génito prior, nec Génitus est Genitóre postérior. Hic est Fílius meus, quem a me non séparat déitas, non dívidit potéstas, non discérnit ætérnitas.
  Ce témoignage divin fut donc ample et multiple et la valeur des paroles donna plus à entendre que le son de la voix. Car lorsque le Père dit: Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui je me suis complu; écoutez-le, est-ce qu'on n'entendit pas clairement: Celui-ci est mon Fils, pour qui être de moi et être avec moi est une réalité qui échappe au temps? Car ni Celui qui engendre n'est antérieur à l'Engendré, ni l'Engendré postérieur à Celui qui l'engendre. Celui-ci est mon Fils, que de moi ne sépare pas la divinité, ne divise pas la puissance, ne distingue pas l'éternité.
  Hic est Fílius meus, non adoptívus, sed próprius; non aliúnde creátus, sed ex me génitus; nec de ália natúra mihi factus comparábilis, sed de mea esséntia mihi natus æquális. Hic est Fílius meus, per quem ómnia facta sunt, et sine quo factum est nihil: quia ómnia quæ fácio simíliter facit, et quidquid óperor, inseparabíliter mecum atque indifferénter operátur.
  Celui-ci est mon Fils, non adoptif, mais mon propre Fils; non créé d'une autre origine, mais engendré de moi; non d'une autre nature, et devenu comparable à moi; mais de ma propre essence, né en tant que mon égal. Celui-ci est mon Fils, par qui tout a été fait, et sans qui rien n'a été fait, car tout ce que je fais, il le fait pareillement, et tout ce que j'opère, il l'opère avec moi inséparablement et sans différence.
  In Patre enim est Fílius, et in Fílio Pater, nec umquam únitas nostra divíditur. Et cum álius ego sim qui génui, álius ille quem génui, non áliud tamen de illo vobis cogitáre fas est, quam de me sentíre possíbile est. Hic est Fílius meus, qui eam quam mecum habet æqualitátem non rapína appétiit, nec usurpatióne præsúmpsit; sed manens in forma glóriæ meæ, ut ad reparándum genus humánum exsequerétur commúne consílium, usque ad formam servílem inclinávit incommutábilem Deitátem.
  Le Fils, en effet, est dans le Père, et le Père dans le Fils, et notre unité jamais ne se divise. Et bien que je sois, moi qui ai engendré, autre que celui que j'ai engendré, il ne vous est cependant pas permis d'avoir à son sujet une opinion différente de ce qu'il vous est possible de penser de moi. Celui-ci est mon Fils, qui n'a pas convoité de prendre par rapine cette égalité qu'il a avec moi, ni ne s'en est emparé par usurpation; mais, demeurant dans la condition de ma gloire, et pour exécuter notre commun dessein de restauration du genre humain, il a abaissé jusqu'à la condition d'esclave l'immuable Divinité.
  r. Ecce nubes lúcida obumbrávit eos, et vox de nube dicens: * Hic est Fílius meus diléctus, in quo mihi bene complácui; ipsum audíte. v. Et audiéntes discípuli cecidérunt in fácies suas, exterríti ad vocem cælitus dicéntem: * Hic est. v. Glória Patri. * Hic est.
  r. Il survint une nuée lumineuse qui les couvrit de son ombre; et, de la nuée, une voix disait: * Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j'ai mis tout mon amour; écoutez-le! v. Entendant cela, les disciples tombèrent la face contre terre, saisis d'une grande frayeur à cette parole venue du ciel: * Celui-ci. v. Gloire au Père. * Celui-ci.
  Postea dicitur immediate et sine orémus oratio propria, cum conclusione longiore.
Après cela on dit immédiatement et sans "Prions" l'oraison propre, avec la conclusion longue.
  Dóminus vobíscum.
  Le Seigneur soit avec vous.
  r. Et cum spíritu tuo.
  r. Et avec votre esprit.
  Benedícat vos omnípotens Deus, Pater, ✠ et Fílius, et Spíritus Sanctus.
  Que Dieu tout puissant vous bénisse, le Père, ✠ et le Fils et le Saint-Esprit.
  r. Amen.
  r. Amen.
  Vel alia formula benedictionis, sicut in Missa.
Ou une autre formule de bénédiction, comme à la Messe.
  Et si fit dimissio, sequitur invitatio:
Et si on fait un renvoi, on ajoute l'invitation :
  Absente sacerdote vel diacono, et in recitatione a solo, sic concluditur:
En l'absence d'un diacre ou d'un prêtre, et dans la récitation seul, on conclut ainsi :
   Dóminus nos benedícat, et ab omni malo deféndat, et ad vitam perdúcat ætérnam. r. Amen.
   Que le Seigneur nous bénisse, qu'Il nous défende de tout mal, et qu'Il nous fasse parvenir à la vie éternelle. r. Amen.
Les traductions proposées ici ont pour seul but une meilleure compréhension du texte latin. Elles ne doivent pas être utilisées à la place des traductions officielles dans la liturgie en langue vernaculaire, qui sont © AELF.
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