Le monde attend que l'Eglise redevienne une société de louange

Feria VI 14 Septembris 2029, Hebdomada XXIII per annum,
   v. Deus, ✠ in adiutórium meum inténde.
   v. Dieu, viens à mon aide.
   r. Dómine, ad adiuvándum me festína.
   r. Seigneur, vite à mon secours.
   Glória Patri, et Fílio, et Spirítui Sancto. Sicut erat in princípio, et nunc et semper, et in sǽcula sæculórum. Amen.
   Gloire au Père, et au Fils et au Saint-Esprit, comme il était au commencement, maintenant et toujours, et dans les siècles des siècles. Amen.
   Allelúia.
   Alléluia.
   Hymnus
   Hymne
   Salve, crux sancta, salve mundi glória,
vera spes nostra, vera ferens gáudia,
signum salútis, salus in perículis,
vitále lignum vitam portans ómnium.
   Salut, sainte croix, salut, gloire du monde, notre vraie espérance, porteuse de la vraie joie, signe de salut, salut dans les périls, bois vital portant la vie de tous.
   Te adorándam, te crucem vivíficam,
in te redempti, dulce decus sæculi,
semper laudámus, semper tibi cánimus,
per lignum servi, per te, lignum, líberi.
   En t'adorant, toi, croix vivifiante, en toi nous, les rachetés, doux honneur des siècles, te louons toujours, et nous qui fûmes esclaves, nous te chantons toujours, car nous fûmes libérés par le bois.
   Laus Deo Patri sit in cruce Fílii,
laus coæquáli sit Sancto Spirítui;
cívibus summis gáudium et ángelis,
honor sit mundo crucis exaltátio. Amen.
   Louange soit à Dieu le Père dans la croix du Fils, louange soit à l'Esprit Saint, égal en majesté ; joie pour les citoyens des cieux et les anges, honneur soit dans le monde à l'exaltation de la croix. Amen.
   Ant. 1. Laborávi clamans, dum spero in Deum meum.
   Ant. 1. Je me suis fatigué en criant, tandis que j’espère en mon Dieu.
   Psalmus 68
   Psaume 68
   Zelus domus tuæ comedit me
   Le zèle de Ta maison me dévore
   Dederunt ei vinum bibere cum felle mixtum (Mt 27,34).
   Il Lui donnèrent à boire du vin mêlé de fiel.
   I
   I
   Salvum me fac, Deus, * quóniam venérunt aquæ usque ad guttur meum.
   Sauve-moi, ô Dieu, * car les eaux sont entrées jusqu'à mon âme.
   Infíxus sum in limo profúndi, et non est substántia; * veni in profúnda aquárum, et fluctus demérsit me.
   Je suis enfoncé dans une boue profonde, où il n'y a pas de consistance; je suis descendu au fond des eaux et le flot m'a submergé.
   Laborávi clamans, raucæ factæ sunt fauces meæ; * defecérunt óculi mei, dum spero in Deum meum.
   Je me suis fatigué à crier, ma gorge en a été enrouée; mes yeux se sont épuisés, tandis que j'attends mon Dieu.
   Multiplicáti sunt super capíllos cápitis mei, * qui odérunt me gratis.
   Ils sont devenus plus nombreux que les cheveux de ma tête, ceux qui me haïssent sans cause.
   Confortáti sunt, qui persecúti sunt me inimíci mei mendáces; * quæ non rápui, tunc exsolvébam.
   Ils sont devenus forts, mes ennemis qui me persécutent injustement; j'ai dû payer ce que je n'avais pas pris.
   Deus, tu scis insipiéntiam meam, * et delícta mea a te non sunt abscóndita.
   O Dieu, Tu connais ma folie, et mes péchés ne Te sont point cachés.
   Non erubéscant in me, qui exspéctant te, * Dómine, Dómine virtútum.
   Que ceux qui espèrent en Toi ne rougissent pas à cause de moi, Seigneur, Seigneur des armées.
   Non confundántur super me, * qui quærunt te, Deus Israel.
   Qu'ils ne soient pas confondus à mon sujet, ceux qui Te cherchent, Dieu d'Israël.
   Quóniam propter te sustínui oppróbrium, * opéruit confúsio fáciem meam;
   Car c'est à cause de Vous que j'ai souffert l'opprobre, et que la confusion a couvert mon visage.
   extráneus factus sum frátribus meis * et peregrínus fíliis matris meæ.
   Je suis devenu un étranger pour mes frères, et un inconnu pour les fils de ma mère.
   Quóniam zelus domus tuæ comédit me, * et oppróbria exprobrántium tibi cecidérunt super me.
   Car le zèle de Ta maison m'a dévoré, et les outrages de ceux qui T'insultaient sont tombés sur moi.
   Et flevi in ieiúnio ánimam meam, * et factum est in oppróbrium mihi.
   J'ai affligé mon âme par le jeûne, et l'on m'en a fait un sujet d'opprobre.
   Et pósui vestiméntum meum cilícium, * et factus sum illis in parábolam.
   J'ai pris pour vêtement un cilice, et je suis devenu leur fable.
   Advérsum me loquebántur, qui sedébant in porta, * et in me canébant, qui bibébant vinum.
   Ceux qui étaient assis à la porte parlaient contre moi, et ceux qui buvaient du vin me raillaient par leurs chansons.
   Glória Patri, et Fílio, * et Spirítui Sancto.
   Gloire au Père, et au Fils, et au Saint Esprit.
   Sicut erat in princípio, et nunc et semper, * et in sǽcula sæculórum. Amen.
   Comme il était au commencement, maintenant et toujours, et dans les siècles des siècles. Amen.
   Ant. Laborávi clamans, dum spero in Deum meum.
   Ant. Je me suis fatigué en criant, tandis que j’espère en mon Dieu.
   Ant. 2. Dedérunt in escam meam fel, et in siti mea potavérunt me acéto.
   Ant. 2. Ils m'ont donné du fiel comme nourriture, et pour ma soif, ils m'ont donné du vinaigre à boire.
   II
   II
   Ego vero oratiónem meam ad te, Dómine, * in témpore benepláciti, Deus.
   Mais moi je T'adresse, Seigneur, ma prière. Voici le temps favorable, ô Dieu.
   In multitúdine misericórdiæ tuæ exáudi me, * in veritáte salútis tuæ.
   Selon la grandeur de Ta miséricorde exauce-moi, selon la vérité de Tes promesses de salut.
   Éripe me de luto, ut non infígar, erípiar ab iis, qui odérunt me, * et de profúndis aquárum.
   ue les flots en fureur ne me submergent point; que l'abîme ne m'engloutisse pas, et que le puits ne ferme pas sa bouche sur moi.
   Exáudi me, Dómine, quóniam benígna est misericórdia tua; * secúndum multitúdinem miseratiónum tuárum réspice in me.
   Exauce-moi, Seigneur, car Ta miséricorde est toute suave; regarde- moi selon l'abondance de Tes bontés.
   Et ne avértas fáciem tuam a púero tuo; * quóniam tríbulor, velóciter exáudi me.
   Et ne détourne pas Ton visage de Ton serviteur; parce que je suis dans l'angoisse, exauce-moi promptement.
   Accéde ad ánimam meam, víndica eam, * propter inimícos meos rédime me.
   Sois attentif sur mon âme, et délivre-la à cause de mes ennemis.
   Tu scis oppróbrium meum * et confusiónem meam et reveréntiam meam.
   Tu connais mon opprobre, et ma confusion, et ma honte.
   In conspéctu tuo sunt omnes, qui tríbulant me; *oppróbrium contrívit cor meum, et elángui.
   Tous ceux qui me persécutent sont devant Toi ; mon coeur s'attend à l'insulte et à la misère.
   Et sustínui, qui simul contristarétur, et non fuit, * et qui consolarétur, et non invéni.
   Et j'ai attendu que quelqu'un s'attristât avec moi, mais nul ne l'a fait; et que quelqu'un me consolât, mais je n'ai trouvé personne.
   Et dedérunt in escam meam fel * et in siti mea potavérunt me acéto.
   Et ils m'ont donné du fiel pour nourriture, et dans ma soif ils m'ont abreuvé de vinaigre.
   [Fiat mensa eórum coram ipsis in láqueum * et in retributiónes et in scándalum.
   [Que leur table soit devant eux comme un filet, un juste châtiment et une pierre de scandale.
   Obscuréntur óculi eórum, ne vídeant, * et lumbos eórum semper infírma.
   Que leurs yeux soient obscurcis, pour qu'ils cessent de voir, et courbe à jamais leur dos.
   Effúnde super eos iram tuam, * et furor iræ tuæ comprehéndat eos.
   Déverse sur eux Ta colère, et que la fureur de Ton courroux les saisisse.
   Fiat commorátio eórum desérta, * et in tabernáculis eórum non sit qui inhábitet.
   Que leur demeure devienne déserte, et qu'il n'y ait personne qui habite dans leurs tentes.
   Quóniam, quem tu percussísti, persecúti sunt, * et super dolórem eíus, quem vulnerásti, addidérunt.
   Parce qu'ils ont persécuté celui que Tu as frappé, et qu'ils ont ajouté à la douleur de mes blessures.
   Appóne iniquitátem super iniquitátem eórum, * et non véniant ad iustítiam tuam.
   Ajoute l'iniquité à leur iniquité, et qu'ils n'entrent pas dans Ta justice.
   Deleántur de libro vivéntium * et cum iústis non scribántur.]
   Qu'ils soient effacés du livre des vivants, et qu'ils ne soient point inscrits avec les justes.]
   Glória Patri, et Fílio, * et Spirítui Sancto.
   Gloire au Père, et au Fils, et au Saint Esprit.
   Sicut erat in princípio, et nunc et semper, * et in sǽcula sæculórum. Amen.
   Comme il était au commencement, maintenant et toujours, et dans les siècles des siècles. Amen.
   Ant. Dedérunt in escam meam fel, et in siti mea potavérunt me acéto.
   Ant. Ils m'ont donné du fiel comme nourriture, et pour ma soif, ils m'ont donné du vinaigre à boire.
   Ant. 3. Quǽrite Dóminum, et vivet ánima vestra.
   Ant. 3. Cherchez le Seigneur, et votre âme vivra.
   III
   III
   Ego autem sum pauper et dolens; * salus tua, Deus, súscipit me.
   Pour moi, je suis pauvre et dans la douleur; Ton salut, ô Dieu, m'a relevé.
   Laudábo nomen Dei cum cántico * et magnificábo eum in laude.
   Je louerai le Nom de Dieu par des cantiques, et je le glorifierai par des louanges;
   Et placébit Dómino super taurum, * super vítulum córnua producéntem et úngulas.
   et ce sera plus agréable à Dieu que le jeune veau, à qui poussent les cornes et les ongles.
   Vídeant húmiles et læténtur; * quærite Deus, et vivet cor vestrum,
   Que les pauvres le voient et se réjouissent. Cherchez Dieu, et votre âme vivra;
   quóniam exaudívit páuperes Dóminus * et vinctos suos non despéxit.
   car le Seigneur a exaucé les pauvres, et Il n'a pas méprisé Ses captifs.
   Laudent illum cæli et terra, * mária et ómnia reptília in eis.
   Que les cieux et la terre Le louent; la mer, et tout ce qui s'y meut.
   Quóniam Deus salvam fáciet Sion et ædificábit civitátes Iudæ; * et inhabitábunt ibi et possidébunt eam.
   Car Dieu sauvera Sion, et les villes de Juda seront bâties. Ils y habiteront, et ils l'acquerront en héritage.
   Et semen servórum eius hereditábunt eam * et, qui díligunt nomen eius, habitábunt in ea.
   Et la race de Ses serviteurs la possédera, et ceux qui aiment Son Nom y habiteront.
   Glória Patri, et Fílio, * et Spirítui Sancto.
   Gloire au Père, et au Fils, et au Saint Esprit.
   Sicut erat in princípio, et nunc et semper, * et in sǽcula sæculórum. Amen.
   Comme il était au commencement, maintenant et toujours, et dans les siècles des siècles. Amen.
   Ant. Quǽrite Dóminum, et vivet ánima vestra.
   Ant. Cherchez le Seigneur, et votre âme vivra.
   In primo nocturno, utroque anno
   Premier nocturne, années I et II
   De Epístula beáti Pauli apóstoli ad Gálatas 2, 19 - 3, 7. 13-14; 6, 14-16
   De la lettre de saint Paul aux Galates
   Fratres: Ego Paulus per legem legi mórtuus sum, ut Deo vivam. Christo confíxus sum cruci: vivo autem iam non ego, vivit vero in me Christus; quod autem nunc vivo in carne, in fide vivo Fílii Dei, qui diléxit me et trádidit seípsum pro me. Non írritam fácio grátiam Dei; si enim per legem iustítia, ergo Christus gratis mórtuus est.
   Par la Loi, moi Paul, je suis mort à la Loi afin de vivre à Dieu: je suis crucifié avec le Christ; et ce n'est plus moi qui vis, mais le Christ qui vit en moi. Ma vie présente dans la chair, je la vis dans la foi au Fils de Dieu qui m'a aimé et s'est livré pour moi. Je n'annule pas le don de Dieu: car si la justice vient de la Loi, c'est donc que le Christ est mort pour rien.
   O insensáti Gálatæ, quis vos fascinávit, ante quórum óculos Iesus Christus descríptus est crucifíxus? Hoc solum volo a vobis díscere: Ex opéribus legis Spíritum accepístis an ex audítu fídei? Sic stulti estis? Cum Spíritu cœpéritis, nunc carne consummámini? Tanta passi estis sine causa? Si tamen et sine causa! Qui ergo tríbuit vobis Spíritum et operátur virtútes in vobis, ex opéribus legis an ex audítu fídei? Sicut Abraham crédidit Deo, et reputátum est ei ad iustítiam. Cognóscitis ergo quia qui ex fide sunt, hi sunt fílii Abrahæ.
   Ô Galates sans intelligence, qui vous a ensorcelés? À vos yeux pourtant ont été dépeints les traits de Jésus-Christ en croix. Je ne veux savoir de vous qu'une chose: est-ce pour avoir pratiqué la Loi que vous avez reçu l'Esprit, ou pour avoir cru à la prédication? Êtes-vous à ce point dépourvus d'intelligence, que de commencer par l'esprit pour finir maintenant dans la chair? Est-ce en vain que vous avez éprouvé tant de faveurs? Et ce serait bel et bien en vain. Celui donc qui vous prodigue l'Esprit et opère parmi vous des miracles, le fait-il parce que vous pratiquez la Loi ou parce que vous croyez à la prédication? Ainsi Abraham crut-il en Dieu, et ce lui fut compté comme justice. Comprenez-le donc: ceux qui se réclament de la foi, ce sont eux les fils d'Abraham.
   Christus nos redémit de maledícto legis factus pro nobis maledíctum, quia scriptum est: Maledíctus omnis, qui pendet in ligno, ut in gentes benedíctio Abrahæ fíeret in Christo Iesu, ut promissiónem Spíritus accipiámus per fidem.
   Le Christ nous a rachetés de cette malédiction de la Loi, devenu lui-même malédiction pour nous, car il est écrit: Maudit quiconque pend au gibet, afin qu'aux païens passe dans le Christ Jésus la bénédiction d'Abraham et que par la foi nous recevions l'Esprit de la promesse.
   Mihi autem absit gloriári nisi in cruce Dómini nostri Iesu Christi, per quem mihi mundus crucifíxus est, et ego mundo. Neque enim circumcísio áliquid est neque præpútium, sed nova creatúra. Et quicúmque hanc régulam secúti fúerint, pax super illos et misericórdia et super Israel Dei.
   Pour moi, que jamais je ne me glorifie sinon dans la croix de notre Seigneur Jésus-Christ , qui a fait du monde un crucifié pour moi et de moi un crucifié pour le monde. Car la circoncision n'est rien, ni l'incirconcision; il s'agit d'être une créature nouvelle. Et à tous ceux qui suivront cette règle, paix et miséricorde, ainsi qu'à l'Israël de Dieu.
   r. Per tuam crucem salva nos, Christe Redémptor, * Qui mortem nostram moriéndo destruxísti, * Et vitam resurgéndo reparásti. v. Miserére nostri, Iesu benígne, qui passus es cleménter pro nobis. * Qui. v. Glória Patri. * Et vitam.
   r. Par ta croix sauve-nous, ô Christ Rédempteur! * Par ta mort, tu as détruit notre mort; * Par ta résurrection, tu as renouvelé la vie! v. Aie pitié de nous, Jésus très aimant, toi qui as montré tant de bonté en souffrant pour nous ta Passion. * Par ta mort. v. Gloire au Père. * Par ta résurrection.
   In secundo nocturno, anno I)
   Deuxième nocturne, année I)
   Ex Sermónibus sancto Ioánni Chrysóstomo epíscopo attribútis, vel in Hippólyti presbýteri traditióne (Sermo in Pascha VI: PG. 59, 743-745)
   Homélie sur la Pâque attribuée à saint Jean Chrysostome, ou dans la tradition d'Hippolyte
   Hoc erat Pascha: quo desiderávit Iesu pati pro nobis. Ideóque lignum contra lignum plantávit, et illam olim malam manum affígens, totam vitam vere in se pendéntem osténdit. Hoc mihi lignum est in salútem ætérnam; hoc nútrior, hoc convívor; sub huius radícibus radíces pono, ramos exténdo; a spíritu autem ceu a vento cum voluptáte éxcolor. Sub huius umbra tabernáculum pósui, et multum æstum devítans, rore plenum hábeo diversórium; cum huius flóribus flóreo, eius frúctibus summe deléctor, fructus vero ab inítio mihi reservátos decérpo. Hoc mihi esuriénti delicátus cibus est, sitiénti fons, nudo teguméntum, cuius fólia spíritus vitæ sunt. Non ultra mihi fólia ficus!
   La Pâque, celle que Jésus a désiré vivre pour nous, était une passion. Et, en conséquence, à la place du bois, plantant le bois; à la place de la main perverse qui s'était tendue autrefois dans un geste d'impiété, clouant sa propre main immaculée dans un geste de piété, il a montré en sa personne toute la vraie vie pendue. Cet arbre m'est une plante de salut éternel; je m'en nourris, je m'en délecte. En ses racines, je m'enracine; par ses branches, je m'étends; sa rosée me réjouit, et son esprit, comme un vent délicieux me fertilise. À son ombre j'ai dressé ma tente, et fuyant les chaleurs excessives, j'y trouve un abri plein de rosée. Je fleuris de ses fleurs, je savoure ses fruits exquis; ces fruits, gardés pour moi depuis le commencement du monde, je les cueille librement. Il est nourriture pour ma faim, source pour ma soif, vêtement pour ma nudité, car ses feuilles sont esprit de vie: loin de moi désormais les feuilles de figuier.
   Hæc arbor mihi Deum timénti tutéla est, nutánti fulcrum, certánti bravíum, victóri tropum; hæc mihi arcta sémita, angusta via; hæc scala Iacóbi, angelórum ascénsus et descénsus, in cuius cúlmine stat Dóminus. Hæc arbor a terra usque ad cælum assúrgit, immortális planta, quæ firma erígitur in médio cæli et terræ, fulcrum universi, firmaméntum orbis, compléxio mundi, mortálem váriam substántiam cóntinens, invisibílibus spíritus clavis confíxa, ut rei divínæ cóngruens non ultra solvátur.
   Si j'ai peur de Dieu, cet arbre est ma protection; si je trébuche, il est mon appui; dans la lutte, il est mon prix; et dans la victoire, mon trophée. C'est lui mon sentier étroit, c'est lui mon chemin resserré; voici l'échelle de Jacob et le parcours des anges, au sommet duquel se tient vraiment appuyé le Seigneur. Cet arbre, qui s'étend aussi loin que le ciel, a grandi de la terre jusqu'aux cieux, se fixant, plante immortelle, au centre du ciel et de la terre, ferme appui de toutes choses, pilier de l'univers, support de toute la terre habitée, entrelacement cosmique, comprenant en soi toute la bigarrure de la nature humaine. Rivé par les joints invisibles de l'Esprit, afin qu'ajusté au divin, il n'en soit plus détaché.
   Summos cælos contíngens, pédibus vero terram firmans, multúmque intermédium áeris spíritum úndique imménsis mánibus compléctens. Totus erat ubíque in ómnibus, et per se solum contra aérias potestátes nudus congréssus est. Ut vero finem hábuit mundánum illud certámen, et úndique ille rétulit victóriam, neque elátus ut Deus, neque victus ut homo, in fínibus universórum mansit radicátum victóriæ tropæum, dum ipse in seípso de hoste cum pompa triúmphat.
   Touchant par son front le sommet des cieux, affermissant la terre de ses pieds, et, dans l'espace intermédiaire, embrassant l'atmosphère entière de ses mains incommensurables. Il était tout entier partout en toutes choses, et, à lui seul il luttait, nu, contre les puissances de l'air. Quand le combat cosmique prit fin, et que de tous côtés le Christ eut lutté victorieusement, ni exalté comme un Dieu, ni abattu comme un homme, il demeura planté sur les confins de l'univers, arborant triomphalement en sa personne un trophée de victoire contre l'ennemi.
   Tunc cæli commóti sunt, exstínctus aliquántum témporis est solis ignis, tunc petræ scissæ sunt, parum ábfuit quin totus mundus dissolverétur; nisi divínum spíritum insufflásset magnus Iesus, dicens: Pater, in manus tuas comméndo spíritum meum. Commótis enim univérsis et terræ motu nutántibus, metúque treméntibus, ascendénte divíno spíritu, vivificántis et confirmántis more, rursus stetit univérsus orbis, quasi scílicet illa divína exténsio et crucis supplícium per ómnia exténsa fuíssent. O sola in solis, et univérsa in univérsis! Spíritum tuum cæli hábeant, ánimam paradísus; sánguinem vero, terra. Divísus est indivisíbilis, ut ómnia servaréntur, ut ne ínfimus quidem locus divíno advéntu expers esset. Te autem rogámus, Dómine Deus, ætérne spirituáliter Rex Christe, manus tuas magnas super sacram tuam Ecclésiam exténde, et super pópulum sanctum semper tuum.
   Les cieux s'ébranlèrent, le soleil s'obscurcit pour un temps, les pierres se fendirent, le monde entier faillit périr. Mais le grand Jésus remit son divin esprit en disant: Père, entre tes mains je remets mon esprit. Alors, dans son ascension, ce divin esprit rendit vie et force à toutes choses qui tremblaient, et de nouveau l'univers entier devint stable, comme si cette divine extension et ce supplice de la croix avaient pénétré toutes choses. Ô toi qui es seul entre les seuls, et qui es tout en tout, que les cieux aient ton esprit, et le paradis ton âme: mais ton sang, qu'il soit à la terre! L'indivisible s'est divisé, pour que tout fût sauvé, et que même le lieu inférieur ne fût pas privé de la venue de Dieu. Nous t'en prions, Seigneur Dieu, Christ éternellement et spirituellement Roi, étends tes grandes mains sur ton Église sacrée, et sur ton peuple saint, toujours tien!
   r. O crux gloriósa, o crux adoránda, o lignum pretiósum et admirábile signum, * Per quod et diábolus est victus, * Et mundus Christi sánguine redémptus. v. Hoc signum crucis erit in cælo, cum Dóminus ad iudicándum vénerit. * Per quod. v. Glória Patri. * Et mundus.
   r. Ô croix glorieuse, croix adorable, ô bois précieux, signe admirable! * C'est par toi que le diable est vaincu, * C'est par toi que le monde est racheté dans le sang du Christ. v. Il y aura le signe de la croix dans le ciel quand le Seigneur viendra pour le jugement. * C'est par toi que le diable. v. Gloire au Père. * C'est par toi que le monde.
   Postea dicitur immediate et sine orémus oratio propria, cum conclusione longiore.
   Après cela on dit immédiatement et sans "Prions" l'oraison propre, avec la conclusion longue.
   Dóminus vobíscum.
   Le Seigneur soit avec vous.
   r. Et cum spíritu tuo.
   r. Et avec votre esprit.
   Benedícat vos omnípotens Deus, Pater, ✠ et Fílius, et Spíritus Sanctus.
   Que Dieu tout puissant vous bénisse, le Père, ✠ et le Fils et le Saint-Esprit.
   r. Amen.
   r. Amen.
   Vel alia formula benedictionis, sicut in Missa.
   Ou une autre formule de bénédiction, comme à la Messe.
   Et si fit dimissio, sequitur invitatio:
   Et si on fait un renvoi, on ajoute l'invitation :
   Absente sacerdote vel diacono, et in recitatione a solo, sic concluditur:
   En l'absence d'un diacre ou d'un prêtre, et dans la récitation seul, on conclut ainsi :
    Dóminus nos benedícat, et ab omni malo deféndat, et ad vitam perdúcat ætérnam. r. Amen.
    Que le Seigneur nous bénisse, qu'Il nous défende de tout mal, et qu'Il nous fasse parvenir à la vie éternelle. r. Amen.
Les traductions proposées ici ont pour seul but une meilleure compréhension du texte latin. Elles ne doivent pas être utilisées à la place des traductions officielles dans la liturgie en langue vernaculaire, qui sont © AELF.
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