In secundo nocturno, anno II
Deuxième nocturne, année II
Ex Scala paradísi sancti Ioánnis Climáci abbátis (Gr. 4: PG 88, 678-679.682.723)
De L'échelle du paradis de saint Jean Climaque
Lectio I
Lecture I
Ad púgiles et athlétas Christi a nobis deínceps orátio instituétur, quæ loco suo ordinéque nobis occúrrit. Ut fructum omnem flos præcédit, ita omnem obœdiéntiam fuga mundi, quæ vel córpore fit, vel voluntáte. His quippe duábus virtútibus, tamquam aúreis quibúsdam alis, ánima sancta ad cælum ardénter enítitur.
C'est aux pugilistes et athlètes du Christ qu'il nous faut maintenant adresser la parole, selon le plan bien conçu que nous suivons: comme il y a toujours avant le fruit, la fleur; ainsi avant l'obéissance, le retrait du monde, soit réel, soit d'intention. Par l'élan de ces deux vertus, en effet, comme sur deux ailes d'or, si l'on peut dire, l'âme sainte, avec ardeur, prend son essor vers le ciel.
r. Lætátus sum in his quæ dicta sunt mihi: * In domum Dómini íbimus. v. Fiat pax in virtúte tua, et abundántia in túrribus tuis. * In domum.
r. Quelle joie quand on m'a dit: * Nous irons à la maison du Seigneur! v. Que la paix règne dans tes murs, la prospérité à l'intérieur de tes remparts! * Nous irons.
Lectio II
Lecture II
Sed enim, si vidétur, non prætereúndus est hic generosórum bellatórum armatúræ hábitus: dictióne scílicet explicándum quómodo tenére sóleant scutum fídei erga Deum, et religiósæ palæstræ dictatórem, quo omnem, ut sic loquar, infidelitátis et aversiónis cogitatiónem retúndant; et gládium Spíritus semper strictum téneant, quo voluntátis contraveniéntis sensum mactent; thoráces férreos mansuetúdinis et patiéntiæ índuant, quibus omnes contumélias, stímulos, et iácula verbórum repéllant. Gestent et gáleam salútis, prsidis, inquam, pro nobis assídue precántis teguméntum. Stent autem nullis compedíti vínculis líberi, alterúmque pedum ad obeúnda ministéria exténdant; álterum vero ad assíduam precatiónem immótum téneant.
Toutefois, si vous le voulez bien, il ne faut pas omettre ici d'examiner la tenue d'armement de ces valeureux guerriers: il faut faire un petit exposé pour expliquer comment ils ont coutume de porter le bouclier de la foi, de la confiance en Dieu et en leur entraîneur au gymnase spirituel, et de s'en servir pour amortir, si je puis m'exprimer ainsi, toute pensée d'infidélité ou de désertion; et comment ils brandissent continuellement le glaive de l'Esprit, pour sacrifier les dispositions d'une volonté rebelle; comment ils revêtent les cuirasses d'airain de la douceur et de la patience, pour détourner toutes les insultes, les piques, et les javelots des paroles blessantes. Ils sont aussi coiffés d'un casque de salut: je veux parler du supérieur spirituel, notre protection par sa prière continuelle. Cependant ils se tiennent libres, embarrassés d'aucune entrave, et avancent un pied pour les services auxquels ils doivent se rendre; tandis qu'ils gardent l'autre immobile pour une prière assidue.
r. Attendíte, pópule meus, legem meam; * Inclináte aurem vestram in verba oris mei. v. Apériam in parábolis os meum, loquar propositiónes ab inítio sæculi. * Inclináte.
r. Écoute ma loi, ô mon peuple, * Tends l'oreille aux paroles de ma bouche. v. J'ouvrirai la bouche pour une parabole, je publierai ce qui fut caché dès l'origine. * Tends l'oreille.
Lectio III
Lecture III
Maióres nostri arma religiónis dixére psalmódiam; mœnia, preces; bálnea, sincéras lácrymas; sanctam vero obœdiéntiam confessiónem esse iudicárunt, sine qua nemo, vítiis obnóxius, ad Dei conspéctum admittétur.
Nos pères ont dit que les armes de la religion se trouvent dans le chant des psaumes; ses remparts, dans les supplications; son bain, dans les larmes sincères, pures; mais la sainte obéissance, ils l'ont assimilée à la confession de foi; sans elle aucun être humain, esclave de ses vices, n'aura accès à la vision de Dieu.
r. Adduxísti sanctos tuos in præparatiónem * Quam præparavérunt manus tuæ, Dómine. v. Altária tua, Dómine virtútum, Rex meus et Deus meus; beáti qui hábitant in domo tua, * Quam.
r. Tu conduis tes fidèles dans la demeure * Que tu leur as préparée de tes mains, Seigneur. v. Tes autels, Seigneur de l'univers, mon Roi et mon Dieu! Heureux les habitants de ta maison, * Que.
Lectio IV
Lecture IV
Tota vi et víribus decertémus omnes, qui Dóminum timémus, ne in palstra virtútis versáti, inde pro virtútibus malítiam, vafrítiam, improbitátem, astútiam et iracúndiam reportémus. Nec est quod miréris si quandóque id usu veníre vídeas. Nam quámdiu inter privátos aut nautas, aut agrícolas degis, hostes tui regis non ita ácriter in te concitántur. At ubi te imperatóris tui insígnia indúere, scutum súmere, et gládium ac rhomphæam, arcum, sagum et vestem militárem conspéxerint; tum enímvero fréndere déntibus, omnibúsque víribus in te insúrgere et fúnditus pérdere conántur. Itaque semper in excúbiis vígiles persistámus.
De toute notre vigueur, de toutes nos forces, combattons, nous tous qui craignons Dieu, de peur que, tout en vivant dans le gymnase de la vertu, nous retirions de là, au lieu de vertus, la méchanceté, la ruse, l'effronterie, la fourberie et la colère. Et il n'y a pas lieu d'être étonné si parfois tu vois cela se produire. Car tant que tu fais partie des civils, des matelots ou des cultivateurs, les ennemis de ton roi ne te provoquent pas trop fortement. Mais dès qu'ils s'aperçoivent que tu revêts les insignes de ton chef d'armée, que tu t'armes d'un bouclier, d'un glaive et d'une lance, d'un arc, d'une capote et d'un habit militaires; alors, en vérité, ils grincent des dents, et ils déploient toutes les forces de la violence pour t'assaillir et te perdre complètement. C'est pourquoi, demeurons toujours en faction pour assurer la veille.
r. Comédite pínguia et bíbite mulsum et míttite partes eis qui non præparavérunt sibi: sanctus enim dies Dómini est; nolíte contristári: * Gáudium étenim Dómini est fortitúdo nostra. v. Qui regis Israel, inténde, qui dedúcis velut ovem Ioseph, qui sedes super chérubim. * Gáudium. v. Glória Patri. * Gáudium.
r. Mangez des viandes savoureuses, buvez des boissons douces, et envoyez une part à celui qui n'a rien de prêt: car ce jour est consacré à notre Dieu! Ne vous affligez pas: * La joie du Seigneur est notre rempart! v. Berger d'Israël, écoute, toi qui conduis Joseph, ta brebis, toi qui trônes au-dessus des kéroubim. * La joie. v. Gloire au Père. * La joie.