Feria III 20 Octobris 2026, Hebdomada XXIX per annum,
   In secundo nocturno, anno I)
   Deuxième nocturne, année I)
   Lectio
   Lecture
   Ex Expositióne Guillélmi abbátis monastérii Sancti Theodoríci super Cántica canticórum (Str. 4, 53. 55: SC 82, 146. 148-150)
   Commentaire de Guillaume de Saint-Thierry sur le Cantique des cantiques
   Vide evidentíssimam grátiam. Cum post confessiónem, venit Sponsa ad oratiónem, repénte Sponsum, quem quærit, merétur inveníre; quem toto caritátis ampléxu, áttrahens in cor suum, et quasi os ad ósculum ei pórrigens, o, inquit, quem díligit ánima mea. Nam iuxta sensum históricum, amánti et quærénti se óbtulit Sponsus, sed adhuc quasi avértens et excútiens se ab ea, et probans eam in abscóndito tempestátis, in ósculo contradictiónis. Quem illa, ardénti amóre aggrédiens, o, inquit, quem díligit ánima mea. In quo primo maniféstum est, Spíritum Sanctum iam infirmitátem orántis adiuváre; quia Spíritus Sanctus ipsa diléctio est, de qua dicit Sponsa: O quem díligit ánima mea.
   Considère cette grâce tout à fait remarquable. Après l'aveu de ses fautes, l'Épouse vient à la prière. Tout aussitôt l'Époux qu'elle cherche, elle mérite de le trouver. De toute l'étreinte de la charité, elle l'attire en son cœur. Elle tend les lèvres, pour ainsi dire, à son baiser. Ô toi, s'écrie-t-elle, toi l'aimé de mon âme! D'après le sens historique, l'Époux s'offre à l'Épouse qui l'aime et le cherche. Mais il feint encore de se détourner d'elle et de s'arracher de ses bras; il l'éprouve au sein de la tempête, dans le baiser de la contradiction. Mais elle, brûlante d'amour, marche vers lui en disant: Ô toi, toi l'aimé de mon âme! Cette parole tout d'abord nous le prouve: l'Esprit Saint soutient maintenant la faiblesse de la suppliante. Car cette dilection même, d'où jaillit la parole de l'Épouse: Ô toi, toi l'aimé de mon âme, c'est l'Esprit Saint.
   Indica ergo, ait, mihi, o quem díligit ánima mea, ubi pascis, ubi cubas in merídie. Notándum quo Sponsam próvehat virtus et humílitas confessiónis, quo cum supérius ósculum péteret, et ósculo Sponsi se comparáret; nec aspiráre pótuit sublímitas contemplatiónis; ad cubándum scílicet in sinu Iesu sicut aliquándo cubábat diléctus ille discípulus, concípiens inde summum princípium, et in princípio Verbum, et Verbum apud Deum.
   Montre-moi donc, dit l'Épouse, toi, l'aimé de mon âme, où tu mènes paître, où tu reposes à midi. Remarque ce désir où l'entraînent et la force et l'humilité de la confession: ce désir, au moment où elle implorait le baiser, et se disposait à le recevoir de l'Époux, la sublimité de la contemplation n'y aurait pu aspirer. Et quel est-il? Se reposer sur la poitrine de Jésus, comme autrefois s'y reposait le disciple bien-aimé, y percevant le principe suprême, Verbe au commencement, Verbe auprès de Dieu.
   Indica, ait, mihi. Intus, ait, in corde, dic mihi ut séntiam in memetípsa, per sensum certíssimæ experiéntiæ; inspíra mihi, ut sciam per experiméntum fruéntis consciéntiæ, quo vivéndi génere, quo statu ánimæ, quo mentis hábitu, quo dono grátiæ, in afféctu eius quem dignum facis, tu qui miseréris cuius miseréris, neque enim est hoc voléntis, vel curréntis, sed tui miseréntis, pascis amántis intelléctum de cognitióne veritátis tuæ, de multitúdine dulcédinis tuæ, eiúsque tibi sacras memóriam, in qua cubes iúgiter ac delectabíliter; ipse ei exístens amóris ardéntis et cauma meridiánum, et refrigérium, splendor lúminis meridiáni, et umbráculum.
   Montre-moi, dit-elle. Dis-moi tout au fond du cœur, et que je sente en moi-même, par la sensation d'une expérience très sûre; insuffle-moi, et que je sache, de cette connaissance expérimentale liée à la jouissance, quel genre de vie, quel état d'âme, quelle disposition d'esprit, quelle effusion de grâce en l'inclination amoureuse de celui que tu en rends digne, te servent - toi qui fais miséricorde à qui tu veux, car cela ne dépend ni du vouloir ni de la hâte de l'homme, mais de ta miséricorde - te servent, dis-je, à nourrir de la connaissance de ta vérité et de la surabondance de ta douceur, l'intelligence de l'amant; à t'approprier sa mémoire, en vue d'y prendre un délicieux et incessant repos, te montrant pour lui, pour son ardent amour, chaleur brûlante à la fois et source de fraîcheur, splendeur du jour en son midi et refuge plein d'ombre.
   r. Dómine, exáudi oratiónem meam, et clamor meus ad te véniat; * Quia non spernis, Deus, preces páuperum. v. De profúndis clamávi ad te, Dómine; Dómine exáudi vocem meam. * Quia. v. Glória Patri. * Quia.
   r. Seigneur, entends ma prière: que mon cri parvienne jusqu'à toi! * Car tu ne méprises pas, mon Dieu, la prière des humbles. v. Des profondeurs je crie vers toi, Seigneur; Seigneur, écoute mon appel! * Car. v. Gloire au Père. * Car.


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