In secundo nocturno, anno II
Deuxième nocturne, année II
Ex Homilíis sancti Severiáni Gabalénsis epíscopi De mundi creatióne (Hom. 6, 10: PG 56, 497-498)
Homélie de saint Sévérien de Gabala
Lectio I
Lecture I
Quid ígitur? Damnatióni obnóxius est mulíeris sexus, manétque in dolóribus, nec vínculum sólvitur? Venit Christus qui vínculum solvit: occúrrit ea quæ Dóminum péperit, séxui patrócinans, sancta Virgo pro vírgine; nam virgo erat Eva cum peccávit; damnátæ dolórem solvit, atque gémitum. Sicut enim si quis in régiam vocétur, suos honóribus augére studet, ac, si in angústia fúerint, liberáre; sic sancta Virgo in régiam vocáta, ut divínæ generatióni ministráret, insólito donáta partu, hanc primam grátiam petit, immo áccipit. Quia non decébat culpæ obnóxiam féminam innóxium gígnere, venit is qui primo Evæ tristítiam per gáudium solvit.
Eh quoi? Le sexe féminin a été soumis à la condamnation, il demeure dans les douleurs, et ses chaînes ne sont pas brisées? Le Christ est venu, et il a brisé ces chaînes; la mère du Seigneur s'est présentée, plaidant pour son sexe, elle, la Vierge sainte, pour la vierge Ève, car Ève était vierge quand elle pécha; elle a mis un terme à la douleur de la condamnée et à ses gémissements. Si quelqu'un, en effet, est invité au palais du roi, il s'efforcera d'obtenir des honneurs pour les siens; et, s'ils se trouvent dans la nécessité, de les en délivrer; pareillement, la Vierge sainte, invitée au palais du roi, afin de prêter ses services à la naissance d'un Dieu, et gratifiée d'un enfantement inouï, demande d'abord cette grâce, ou plutôt la reçoit. Il ne convenait pas qu'une femme coupable enfantât l'innocent; c'est pourquoi il est venu, celui qui commença par délivrer Ève de sa tristesse par la joie.
r. Dixit Ioseph úndecim frátribus: Ego sum Ioseph, quem vendidístis in Ægýptum. Adhuc vivit pater noster sénior de quo dixerátis mihi? * Ite, addúcite eum ad me, ut possit vívere. v. Biénnium est quod cœpit esse fames in terra; adhuc restant álii quinque. * Ite.
r. S'adressant à ses onze frères, Joseph leur dit: Je suis Joseph, que vous avez vendu pour être mené en Égypte. Est-ce que notre père âgé, dont vous m'aviez parlé, vit encore? * Allez, amenez-le moi, afin qu'il ait la vie sauve ! v. C'est la seconde année que sévit la famine dans le pays; il y en a encore pour cinq ans. * Allez.
Lectio II
Lecture II
Venit ángelus Vírgini dicens: Ave, grátia plena. Tum per Ave, seu Gaude illud, tristítiæ vínculum solvit. Ave; venit is qui solvit tristítiam. Ave, grátia plena, quia háctenus maledícto obnóxia. Hic Dei grátiam animadvérte. Ave, grátia plena, Dóminus tecum. Quia cum illa serpens in tristítia, gaude, quia tecum est Deus. Ac vide ángeli vocem, quómodo totam Christi dispensatiónem éxplicat. Ave, grátia plena. Quia illa dúplicem maledictiónem accépit, tristítiam et gémitum partus, indúcit partum qui solvat priórem illum partum: Ecce concípies in útero et páries fílium, et vocábis nomen eius Iesum. Ipse enim salvum fáciet pópulum suum a peccátis eórum. Patrum tuórum peccáta solvit qui ex te fructus óritur.
L'ange vient et dit à la Vierge: Réjouis-toi, pleine de grâce. Alors, par ce réjouis-toi, il a brisé la chaîne de la douleur. Réjouis-toi, il est arrivé, celui qui enlève la tristesse! Réjouis-toi, pleine de grâce, car jusqu'à présent la femme était vouée à la malédiction. Ici, considère la grâce de Dieu: Réjouis-toi, pleine de grâce, le Seigneur est avec toi. Le serpent était avec Ève dans sa tristesse; Réjouis-toi, car c'est Dieu qui est avec toi. Et comprends la parole de l'ange: elle révèle tout le plan du salut du Christ. Réjouis-toi, pleine de grâce. Puisqu'Ève a reçu une double malédiction, la tristesse et les douleurs de l'enfantement, il expose un enfantement qui délivre du premier: Voici que tu concevras dans ton sein et tu enfanteras un fils, et tu lui donneras le nom de Jésus, car c'est lui qui sauvera son peuple de ses péchés. Le fruit qui naît de toi délivre tes pères de leurs péchés.
r. Nuntiavérunt Iacob dicéntes: Ioseph fílius tuus vivit, et ipse dominátur in tota terra Ægýpti. Quo audíto, revíxit spíritus eius, et dixit: * Súfficit mihi, vadam et vidébo eum ántequam móriar. v. Cumque audísset Iacob quod fílius eius víveret, quasi de gravi somno evígilans, ait: * Súfficit mihi.
r. Ils annoncèrent à Jacob la nouvelle: Joseph, ton fils, vit encore! C'est même lui qui est gouverneur de toute l'Égypte! Entendant cela, son esprit se ranima et il dit: * Cela me suffit! Ah! Que j'aille le voir avant de mourir ! v. Apprenant que son fils était encore en vie, Jacob, comme s'il sortait d'un profond sommeil, s'écria: * Cela.
Lectio III
Lecture III
Iam mutáta res est. Háctenus qui Evam audiébant, míseram prædicábant: " Væ míseræ: quantam glóriam amísit! Væ míseræ: quanta passa est! " María quotídie ómnium vocem audit: " Beáta: sane plena Spíritu Sancto! " Ac demum vatícinans Virgo audi quid dicat: Benedíctus Dóminus Deus Israel, quia respéxit humilitátem ancíllæ suæ: ex hoc enim beátam me dicent omnes generatiónes.
Désormais tout est changé. Jusqu'à présent ceux qui entendaient parler d'Ève l'appelaient malheureuse: " Hélas, la misérable! Quelle gloire elle a perdue! Hélas, la misérable! Que de souffrances elle a endurées! " Marie, elle, entend chaque jour toutes les bouches proclamer: " Bienheureuse! Vraiment remplie de l'Esprit Saint! " Et dorénavant, écoute ce que dit la Vierge en prophétie: Béni soit le Seigneur, le Dieu d'Israël! Il a jeté les yeux sur l'humilité de sa servante; désormais toutes les générations me diront bienheureuse.
r. Salus nostra in manu tua est, dómine; respíciat super nos misericórdia tua, * Ut secúri serviámus tibi. v. Vivat, dómine, ánima tua, ut non videámus mortem, neque párvulos nostros deficiéntes. * Ut secúri. v. Glória Patri. * Ut secúri.
r. Notre salut est entre tes mains, seigneur; que ta miséricorde nous prenne en considération, * Pour que, rassurés, nous puissions te servir. v. Longue vie à toi, seigneur! Ainsi, nous ne mourrons pas, et nos petits enfants ne tomberont pas de faim! * Pour que. v. Gloire au Père. * Pour que.