Le monde attend que l'Eglise redevienne une société de louange

   Léctio sancti Evangélii secúndum Marcum (1,1-8)
    
   Inítium evangélii Iésu Christi Fílii Dei. Sicut scriptum est in Isaía prophéta: " Ecce mitto ángelum meum ante fáciem tuam, qui præparábit viam tuam; vox clamántis in desérto: "Paráte viam Dómini, rectas fácite sémitas eíus" ", fuit Ioánnes Baptísta in desérto prǽdicans baptísmum pæniténtiæ in remissiónem peccatórum. Et egrediebátur ad illum omnis Iudǽæ régio et Hierosolýmitæ univérsi et baptizabántur ab illo in Iordáne flúmine confiténtes peccáta sua. Et erat Ioánnes vestítus pilis cámeli, et zona pellícea circa lumbos eíus, et locústas et mel silvéstre edébat. Et prædicábat dicens: " Venit fórtior me post me, cuíus non sum dignus procúmbens sólvere corrígiam calceamentórum eíus. Ego baptizávi vos aqua; ille vero baptizábit vos in Spíritu Sancto ".
   Commencement de l'Evangile de Jésus-Christ, Fils de Dieu. Selon qu'il est écrit dans le prophète Isaïe: Voici que J'envoie Mon Ange devant Ta face, et il préparera Ton chemin devant Toi; voix de celui qui crie dans le désert: Préparez le chemin du Seigneur, rendez droit Ses sentiers; Jean était dans le désert, baptisant et prêchant le baptême de pénitence pour la rémission des péchés. Et tout le pays de Judée et tous les habitants de Jérusalem venaient à lui; et ils étaient baptisés par lui dans le fleuve du Jourdain, confessant leurs péchés. Or Jean était vêtu de poils de chameau, il avait une ceinture de cuir autour de ses reins, et il se nourrissait de sauterelles et de miel sauvage. Et il prêchait en disant: Il vient après moi, Celui qui est plus puissant que moi, et je ne suis pas digne de délier, en me baissant, la courroie de Ses sandales. Moi, je vous ai baptisés dans l'eau; mais Lui, Il vous baptisera dans l'Esprit-Saint.
   Commentarium evangelii
   Commentaire de l'évangile
Par dom Paul Delatte OSB, 3ème abbé de Solesmes (1848-1937)


« Commencement de l'évangile de Jésus-Christ, Fils de Dieu. »
L'évangile (du mot grec evangelion) a d'abord signifié, chez
les plus anciens classiques, le cadeau offert au messager d'une bonne
nouvelle, le sacrifice de reconnaissance pour l'heureux événement
annoncé, enfin la bonne nouvelle elle-même. Dans la langue de
l'Église, et cela dès la première heure, évangile signifie la bonne
nouvelle par excellence, la seule, à proprement parler, qui soit au
monde : l'annonce que l'homme, primitivement appelé à l'amitié et à la
vie de Dieu, puis déchu de cette grandeur première, y est replacé par le
Fils de Dieu incarné, Notre-Seigneur Jésus-Christ. Lorsque saint Marc
nous dit : l'évangile « de Jésus-Christ », nous devons donc entendre
cette attribution non seulement au sens où le Seigneur est regardé comme
le messager de cette bonne nouvelle qui nous a été, historiquement,
apportée par lui ; mais encore et surtout au sens où le Seigneur est le
message lui-même. L'objet de l'évangile et sa substance c'est le
Seigneur en personne, ea tant que sa vie, ses œuvres, son enseignement,
sa mort, sn résurrection nous restituent la filiation et l'amitié de
Dieu.


L'ère du salut, les temps messianiques ont eu leur inauguration
solennelle par la prédication de saint Jean -Baptiste, comme saint Marc
l'expliquera dans les versets qui suivent ; l'évangile de Jésus-Christ a
commencé lorsque parut au désert le héraut de celui qui venait fonder, à
la fois sur terre et dans les cieux, le Royaume de Dieu.


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