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 v. Deus, ✠ in adiutórium meum inténde.
 v. Dieu, viens à mon aide.
 r. Dómine, ad adiuvándum me festína.
 r. Seigneur, vite à mon secours.
 Glória Patri, et Fílio, et Spirítui Sancto. Sicut erat in princípio, et nunc et semper, et in sǽcula sæculórum. Amen.
 Gloire au Père, et au Fils et au Saint-Esprit, comme il était au commencement, maintenant et toujours, et dans les siècles des siècles. Amen.
Hymnus
Hymne
Nunc tempus acceptábile fulget datum divínitus, ut sanet orbem lánguidum medéla parsimóniæ.
Voici le temps favorable Dieu a voulu nous le donner pour guérir le monde malade, en lui prescrivant l'abstinence.
Christi decóro lúmine dies salútis émicat, dum corda culpis sáucia refórmat abstinéntia.
La belle lumière du Christ fait poindre le jour du salut quand la pénitence recrée les cœurs blessés par le péché
Hanc mente nos et córpore, Deus, tenére pérfice, ut appetámus próspero perénne pascha tránsitu.
Fais-nous, Seigneur, la pratiquer, dans notre âme et dans notre corps ; et nous passerons, sains et saufs, tendus vers la Pâque éternelle.
Te rerum univérsitas, clemens, adóret, Trínitas, et nos novi per véniam novum canámus cánticum. Amen.
Que toute chose en l'univers T'adore, ô Trinité clémente ; renouvelés par le pardon, chantons le cantique nouveau. Amen.
 Ant. 1. Inclína ad me, Dómine, aurem tuam, ut éruas me.
 Ant. 1. Incline vers moi, Seigneur, Ton oreille, et délivre-moi.
Psalmus 30 (31), 2-17. 20-25
Psaume 30
Afflicti supplicatio cum fiducia
Supplicaton de l'affligé avec confiance
Pater, in manus tuas commendo spiritum meum (Lc 23, 46).
Père, entre Tes mains Je remets Mon esprit (Lc 23,46)
I
I
 In te, Dómine, sperávi, non confúndar in ætérnum; * in iustítia tua líbera me.
 J'ai espéré en Toi, Seigneur; que je ne sois jamais confondu; dans Ta justice délivre-moi.
 Inclína ad me aurem tuam, * accélera, ut éruas me.
 Incline vers moi Ton oreille; hâte-Toi de me délivrer. Sois-moi un Dieu protecteur et une maison de refuge, * afin que Tu me sauves.
 Esto mihi in rupem præsídii et in domum munítam, * ut salvum me fácias.
 Car Tu es ma force et mon refuge, et à cause de Ton Nom, Tu me conduiras et me nourriras.
 Quóniam fortitúdo mea et refúgium meum es tu * et propter nomen tuum dedúces me et pasces me.
 Tu me tireras de ce piège qu'ils ont caché contre moi, car Tu es mon protecteur.
 Edúces me de láqueo, quem abscondérunt mihi, * quóniam tu es fortitúdo mea.
 Je remets mon âme entre Tes mains; Tu m'as racheté, Seigneur, Dieu de vérité.
 In manus tuas comméndo spíritum meum; * redemísti me, Dómine, Deus veritátis.
 Tu haïs ceux qui s'attachent sans aucun fruit à des choses vaines.
 Odísti observántes vanitátes supervácuas, * ego autem in Dómino sperávi.
 Pour moi, j'ai mis mon espérance dans le Seigneur. Je tressaillirai de joie et d'allégresse dans Ta miséricorde.
 Exsultábo et lætábor in misericórdia tua, * quóniam respexísti humilitátem meam;
 Car Tu as regardé mon état humilié; Tu as sauvé mon âme des angoisses.
 agnovísti necessitátes ánimæ meæ, nec conclusísti me in mánibus inimíci; * statuísti in loco spatióso pedes meos.
 Et Tu ne m'as pas livré aux mains de l'ennemi; Tu as mis mes pieds au large.
 Glória Patri, et Fílio, * et Spirítui Sancto.
 Gloire au Père, et au Fils, et au Saint Esprit.
 Sicut erat in princípio, et nunc et semper, * et in sǽcula sæculórum. Amen.
 Comme il était au commencement, maintenant et toujours, et dans les siècles des siècles. Amen.
 Ant. Inclína ad me, Dómine, aurem tuam, ut éruas me.
 Ant. Incline vers moi, Seigneur, Ton oreille, et délivre-moi.
 Ant. 2. Illúmina fáciem tuam super servum tuum, Dómine.
 Ant. 2. Illumine, Seigneur, Ton visage sur Ton serviteur.
II
II
 Miserére mei, Dómine, quóniam tríbulor; conturbátus est in mæróre óculus meus, * ánima mea et venter meus.
 Aie pitié de moi, Seigneur, car je suis très affligé; mon oeil, mon âme et mes entrailles sont troublés par la colère.
 Quóniam defécit in dolóre vita mea * et anni mei in gemítibus;
 Car ma vie se consume dans la douleur, et mes années dans les gémissements.
 infirmáta est in paupertáte virtus mea, * et ossa mea contabuérunt.
 Ma force s'est affaiblie par la pauvreté, et mes os sont ébranlés.
 Apud omnes inimícos meos factus sum oppróbrium et vicínis meis valde et timor notis meis: * qui vidébant me foras, fugiébant a me.
 Plus que tous mes ennemis, je suis devenu un objet d'opprobre, surtout à mes voisins, et l'effroi de ceux qui me connaissent.
 Oblivióni a corde datus sum tamquam mórtuus; * factus sum tamquam vas pérditum.
 Ceux qui me voyaient dehors fuyaient loin de moi. J'ai été oublié des coeurs, comme un mort.
 Quóniam audívi vituperatiónem multórum: * horror in circúitu;
 J'ai été comme un vase brisé; car j'ai entendu les propos injurieux de ceux qui demeurent alentour.
 in eo dum convenírent simul advérsum me, * auférre ánimam meam consiliáti sunt.
 Quand ils se réunissaient ensemble contre moi, ils ont tenu conseil pour m'ôter la vie.
 Ego autem in te sperávi, Dómine; dixi: «Deus meus es tu, * in mánibus tuis sortes meæ».
 Mais j'ai espéré en Toi, Seigneur. J'ai dit: Tu es mon Dieu;
 Eripe me de manu inimicórum meórum * et a persequéntibus me;
 mes destinées sont entre Tes mains. Arrache-moi de la main de mes ennemis et de mes persécuteurs.
 illústra fáciem tuam super servum tuum, * salvum me fac in misericórdia tua.
 Fais luire Ton visage sur Ton serviteur; sauve-moi par Ta miséricorde.
 [Dómine, non confúndar, quóniam invocávi te; * erubéscant ímpii et obmutéscant in inférno.
 [Seigneur, que je ne sois pas confondu, car je T'ai invoqué. Que les impies rougissent, et qu'ils soient conduits dans l'enfer; que les lèvres trompeuses deviennent muettes,
 Muta fiant lábia dolósa, † quæ loquúntur advérsus iústum protérva * in supérbia et in abusióne.]
 elles qui profèrent l'iniquité contre le juste, avec orgueil et insolence.]
 Glória Patri, et Fílio, * et Spirítui Sancto.
 Gloire au Père, et au Fils, et au Saint Esprit.
 Sicut erat in princípio, et nunc et semper, * et in sǽcula sæculórum. Amen.
 Comme il était au commencement, maintenant et toujours, et dans les siècles des siècles. Amen.
 Ant. Illúmina fáciem tuam super servum tuum, Dómine.
 Ant. Illumine, Seigneur, Ton visage sur Ton serviteur.
 Ant. 3. Benedíctus Dóminus, quóniam mirificávit misericórdiam suam mihi.
 Ant. 3. Béni soit le Seigneur, car Il a signalé envers moi Sa miséricorde.
III
III
 Quam magna multitúdo dulcédinis tuæ, Dómine, * quam abscondísti timéntibus te.
 Qu'elle est grande, Seigneur, l'abondance de Ta douceur, que Tu as mise en réserve pour ceux qui Te craignent!
 Perfecísti eis, qui sperant in te, * in conspéctu filiórum hóminum.
 Tu l'exerces envers ceux qui espèrent en Toi, à la vue des enfants des hommes.
 Abscóndes eos in abscóndito faciéi tuæ * a conturbatióne hóminum;
 Tu les cacheras dans le secret de Ta face, à l'abri du tumulte des hommes.
 próteges eos in tabernáculo * a contradictióne linguárum.
 Tu les protégeras dans Ton tabernacle * contre les langues qui les attaquent.
 Benedíctus Dóminus, * quóniam mirificávit misericórdiam suam mihi in civitáte muníta.
 Béni soit le Seigneur, car Il a signalé envers moi Sa miséricorde dans une ville fortifiée.
 Ego autem dixi in trepidatióne mea: * «Præcísus sum a conspéctu oculórum tuórum».
 Pour moi j'ai dit dans le transport de mon esprit: J'ai été rejeté de devant Tes yeux.
 Verúmtamen exaudísti vocem oratiónis meæ, * dum clamárem ad te.
 C'est pour cela que Tu as exaucé la voix de ma prière, lorsque je criais vers Toi.
 Dilígite Dóminum, omnes sancti eius: fidéles consérvat Dóminus * et retríbuit abundánter faciéntibus supérbiam.
 Aimez le Seigneur, vous tous Ses saints; car le Seigneur recherchera la vérité, et Il châtiera largement ceux qui se livrent à l'orgueil.
 Viríliter ágite, et confortétur cor vestrum, * omnes, qui sperátis in Dómino.
 Agissez avec courage, et que votre coeur s'affermisse, vous tous qui espérez au Seigneur.
 Glória Patri, et Fílio, * et Spirítui Sancto.
 Gloire au Père, et au Fils, et au Saint Esprit.
 Sicut erat in princípio, et nunc et semper, * et in sǽcula sæculórum. Amen.
 Comme il était au commencement, maintenant et toujours, et dans les siècles des siècles. Amen.
 Ant. Benedíctus Dóminus, quóniam mirificávit misericórdiam suam mihi.
 Ant. Béni soit le Seigneur, car Il a signalé envers moi Sa miséricorde.
In primo nocturno, anno II
Premier nocturne, année II
De libro Exodi
Du livre de l'Exode
 In diébus illis: Cum appropinquásset phárao, levántes fílii Israel óculos vidérunt Ægýptios post se et timuérunt valde clamaverúntque ad Dóminum et dixérunt ad Móysen: " Fórsitan non erant sepúlcra in Ægýpto? Ideo tulísti nos ut morerémur in solitúdine. Quid hoc fecísti ut edúceres nos ex Ægýpto? Nonne iste est sermo quem loquebámur ad te in Ægýpto, dicéntes: Recéde a nobis, ut serviámus Ægýptiis? Multo enim mélius erat servíre eis quam mori in solitúdine. " Et ait Móyses ad pópulum: " Nolíte timére; state et vidéte salútem Dómini quam factúrus est vobis hódie; Ægýptios enim, quos nunc vidétis, nequáquam ultra vidébitis usque in sempitérnum. Dóminus pugnábit pro vobis, et vos silébitis. "
 En ce temps-là, comme Pharaon approchait, les Israélites levèrent les yeux, et voici que les Égyptiens les poursuivaient. Les Israélites eurent grand-peur et crièrent vers le Seigneur. Ils dirent à Moïse: " Manquait-il de tombeaux en Égypte, que tu nous aies menés mourir dans le désert? Que nous as-tu fait en nous faisant sortir d'Égypte? Ne te disions-nous pas en Égypte: Laisse-nous servir les Égyptiens, car mieux vaut pour nous servir les Égyptiens que de mourir dans le désert? " Moïse dit au peuple: " Ne craignez pas! Tenez ferme et vous verrez ce que le Seigneur va faire pour vous sauver aujourd'hui, car les Égyptiens que vous voyez aujourd'hui, vous ne les reverrez plus jamais. Le Seigneur combattra pour vous; vous, vous n'aurez qu'à rester tranquilles. "
 Dixítque Dóminus ad Móysen: " Quid clamas ad me? Lóquere fíliis Israel ut proficiscántur. Tu autem éleva virgam tuam et exténde manum tuam super mare et dívide illud, ut gradiántur fílii Israel in médio mari per siccum. Ego autem indurábo cor Ægyptiórum, ut persequántur eos; et glorificábor in pharaóne et in omni exércitu eius, in cúrribus et in equítibus illíus. Et scient Ægýptii quia ego sum Dóminus, cum glorificátus fúero in pharaóne, in cúrribus atque in equítibus eius. "
 Le Seigneur dit à Moïse: " Pourquoi cries-tu vers moi? Dis aux Israélites de repartir. Toi, lève ton bâton, étends ta main sur la mer et fends-la, que les Israélites puissent pénétrer à pied sec au milieu de la mer. Moi, j'endurcirai le cœur des Égyptiens, ils pénétreront à leur suite et je me glorifierai aux dépens de Pharaon, de toute son armée, de ses chars et de ses cavaliers. Les Égyptiens sauront que je suis le Seigneur quand je me serai glorifié aux dépens de Pharaon, de ses chars et de ses cavaliers. "
 Cumque extendísset Móyses manum super mare, réppulit illud Dóminus, flante vento veheménti et urénte tota nocte, et vertit in siccum; divisáque est aqua. Et ingréssi sunt fílii Israel per médium maris sicci; erat enim aqua quasi murus a dextra eórum et læva. Persequentésque Ægýptii ingréssi sunt post eos, omnis equitátus pharaónis, currus eius et équites per médium maris. Et ait Dóminus ad Móysen: " Extende manum tuam super mare, ut revertántur aquæ ad Ægýptios super currus et équites eórum. " Cumque extendísset Móyses manum contra mare, revérsum est primo dilúculo ad priórem locum; fugientibúsque Ægýptiis occurrérunt aquæ, et invólvit eos Dóminus in médiis flúctibus.
 Moïse étendit la main sur la mer, et le Seigneur refoula la mer toute la nuit par un fort vent d'est; il la mit à sec et toutes les eaux se fendirent. Les Israélites pénétrèrent à pied sec au milieu de la mer, et les eaux leur formaient une muraille à droite et à gauche. Les Égyptiens les poursuivirent, et tous les chevaux de Pharaon, ses chars et ses cavaliers pénétrèrent à leur suite au milieu de la mer. Le Seigneur dit à Moïse: " Étends ta main sur la mer, que les eaux refluent sur les Égyptiens, sur leurs chars et sur leurs cavaliers. " Moïse étendit la main sur la mer et, au point du jour, la mer rentra dans son lit. Les Égyptiens en fuyant la rencontrèrent, et le Seigneur culbuta les Égyptiens au milieu de la mer.
 In secundo nocturno, anno I
 Deuxième nocturne, année I
 Ex Sermónibus sancto Augustíno epíscopo attribútis (Sermo 145: PL 39, 2027-2028)
 Sermon attribué à saint Augustin
 Hos Quadragésimæ dies, fratres caríssimi, debémus omni veneratióne suscípere, nec longiórem númerum huius témporis fastidíre: quia quanto plures dies sunt ieiúnii, tanto maior est causa remédii; quanto prolíxior abstinéntiæ cursus, tanto redémptio copiósior est salútis; quanto austérior cura vúlnerum, tanto medicína est salúbrior peccatórum. Deus enim qui est nostrárum médicus animárum, cóngruum tempus instítuit, quod et iustis satis sit ad orándum, et peccatóribus suffíciat ad rogándum; illis réquiem postulántibus, his véniam deprecántibus. Illi longum et fastidiósum forte sit tempus, qui nec orat de culpa, nec sperat de vénia. Desperátio enim nec confitéri de scélere, nec indulgéntiam novit speráre de iúdice. Sanctus ígitur et salutáris Quadragésimæ cursus est, quo iudex addúcitur ad misericórdiam, peccátor ad pæniténtiam, iustus ad réquiem.
 Nous devons accueillir, frères bien-aimés, ces jours du Carême avec dévotion et ne pas avoir de dégoût pour la longueur de cette période: plus nombreux sont les jours de jeûne, plus grande aussi est l'efficace du remède; plus longue la durée de l'abstinence, plus abondante aussi la rançon du salut; plus austère le soin des blessures, plus salutaire aussi la guérison des péchés. En effet, Dieu, qui est le médecin de nos âmes, a institué un temps favorable qui suffise aux justes pour prier et aux pécheurs pour supplier; les premiers demandent le repos, les seconds le pardon. Cette période est peut-être longue et fastidieuse pour qui ne prie pas pour ses fautes et n'espère pas de pardon. En effet, le désespoir ne sait ni confesser la faute ni espérer l'indulgence du juge. La durée du Carême est sainte et salutaire pour porter le juge à la miséricorde, le pécheur à la pénitence, le juste au repos.
 His enim diébus sólito ámplius et divínitas miserétur, et delinquéntia deprecátur, et iustítia promerétur. Patent enim ómnia, et cæli ad indulgéndum, et peccátor ad confiténdum, et lingua ad postulándum. Salutáris, inquam, et mýsticus est quadragenárius númerus. Nam primum cum mundi fáciem iníquitas hóminum possidéret, tot diérum currículo Deus effúsis de cælo ímbribus univérsam terram dilúvio superfúdit. Vides ergo iam illo témpore mystérium in figúra dispósitum. Nam sicut tunc quadragínta diébus pluit ad purgándum mundum; ita et nunc quadragínta diébus miserétur ad hóminem purificándum. Quamquam et illíus témporis dilúvium misericórdia dicénda est, quo iníquitas oppréssa est, et iustítia conserváta.
 En ces jours Dieu prend pitié plus que de coutume; qui pèche obtient plus facilement le pardon, qui est juste mérite davantage, car tout est ouvert: le ciel pour accorder, le pécheur pour confesser, la bouche pour demander. Ce nombre de quarante, dis-je, est salutaire et mystérieux. D'abord, en effet, lorsque le péché de l'homme couvrait la face du monde, Dieu déversa du ciel des pluies diluviennes sur la terre entière durant ce nombre de jours. Tu vois donc qu'il a figuré là un mystère. En effet, aux quarante jours de pluie qui ont lavé le monde répondent quarante jours de miséricorde pour purifier l'homme. Encore que le déluge de ce temps-là, qui effaça l'iniquité et sauvegarda la justice, soit lui aussi une miséricorde.
 Pro misericórdia plane vidémus illud fuísse dilúvium, quo, véluti baptísmo quodam, totíus mundi fácies est innováta. Dilúvium illud huius nostri fuit similitúdo baptísmatis. Hoc enim tunc gestum est, quod nunc ágitur: hoc est, ut exuberántibus aquárum fóntibus periclitaréntur vítia, iustítia sola regnáret, mergeréntur in profúndum peccáta, sánctitas vicína cælo portarétur. Tunc enim, sicut dixi, hoc agebátur quod nunc ágitur in Ecclésia Christi.
 Nous voyons bien que ce déluge s'est produit par miséricorde, pour renouveler la face de l'univers, à la manière d'un baptême. Ce déluge fut l'image de notre baptême. Ce qui a eu lieu alors, a lieu maintenant: dans les flots abondants de l'eau les vices perdent pied, la justice seule règne, les péchés sont projetés au fond de la mer, la sainteté approche du ciel. Ce qui a eu lieu alors, comme je l'ai dit, se renouvelle maintenant dans l'Église du Christ.
 r. Derelínquat ímpius viam suam, et vir iníquus cogitatiónes suas, et revertátur ad Dóminum, et miserébitur eius; * Quia benígnus et miséricors est, præstábilis super malítiam Dóminus Deus noster. v. Non vult Dóminus mortem peccatóris, sed ut convertátur et vivat. * Quia benígnus. v. Glória Patri. * Quia benígnus.
 r. Que le méchant abandonne son chemin, et l'homme pervers, ses pensées! Qu'il revienne vers le Seigneur, qui aura pitié de lui; * Car il est tendre et compatissant, le Seigneur notre Dieu, il renonce au châtiment. v. Le Seigneur ne désire pas la mort du pécheur, mais qu'il se convertisse et qu'il vive. * Car. v. Gloire au Père. * Car.
In secundo nocturno, anno II
Deuxième nocturne, année II
Ex Sermónibus sancti Augustíni epíscopi (Sermo Mai 12, 1-2.3: PLS 2, 443-444.445)
Sermon de saint Augustin
 Vitam nostram, fratres caríssimi, peregrinatiónem quamdam esse a pátria sanctórum cælésti Ierúsalem, apertíssime docet apóstolus Paulus dicens: Quámdiu sumus in córpore, peregrinámur a Dómino. Et quia omnis peregrínus útique habet pátriam, nam nemo sine pátria peregrínus est, nosse debémus, quæ sit pátria nostra, quo nos opórtet negléctis ómnibus illécebris et delíciis vitæ huius ad id festináre quo téndimus, et ubi tantúmmodo nobis licet acquiéscere. Nóluit enim Deus álibi nobis esse quiétem veram nisi in illa pátria: nam si et hic daret quiétem, non delectáret redíre. Hanc ergo pátriam Ierúsalem vocans, non illam terrénam, quæ servit cum fíliis suis, sicut idem ipse apóstolus monet.
 Notre vie, frères très chers, est comme un séjour à l'étranger loin de la patrie des saints, la Jérusalem céleste. L'apôtre Paul nous l'enseigne ouvertement: Tant que nous sommes dans ce corps, nous séjournons en étrangers loin du Seigneur. Et puisque tout étranger a une patrie - car personne ne peut être un étranger s'il n'a pas de patrie - nous devons savoir quelle est notre patrie, où il nous faut aller en hâte sans nous occuper de tous les appâts et plaisirs de cette vie, quel est notre but et quel est le seul lieu où il nous soit permis de nous reposer. Dieu n'a pas voulu qu'il y ait pour nous de vrai repos en-dehors de cette patrie: car s'il donnait aussi le repos ici-bas, il ne nous attirerait pas à prendre le chemin du retour. Il appelle donc cette patrie Jérusalem. Mais ce n'est pas celle de la terre, qui est esclave avec ses enfants, comme le même apôtre nous en avertit.
 Est autem ália Ierúsalem quam dicit esse in cælis: Ierúsalem enim sursum est quæ est mater ómnium nostrum. Matrem illam dicit, tamquam metrópolim: nam et metrópolis mater cívitas interpretátur. Ergo ad illam festinándum est nobis, et cognoscéndum peregrínos nos esse, et in via esse. Omnis homo qui nondum credit Christo, nec in via est: errat enim; et ipse pátriam quærit, sed nescit qua, nescit ubi. Quid est quod dico, pátriam quærit? Réquiem quærit omnis ánima, et beatitúdinem quærit; nemo interrogátus, utrum beátus esse velit, cum áliqua dubitatióne se velle respóndet: omnis homo clamat, beátum se velle esse; sed qua eátur ad beatitúdinem, et ubi inveniátur illa beatitúdo, hoc nésciunt hómines: ídeo errant.
 Mais il y a une autre Jérusalem qui, selon ses dires, est dans les cieux: c'est la Jérusalem d'en-haut qui est notre mère à tous. Il l'appelle mère, comme pour dire métropole, car métropole signifie cité-mère. Donc c'est vers elle qu'il faut nous hâter en sachant que nous sommes des étrangers et que nous sommes en chemin. Tout homme qui ne croit pas encore au Christ n'est même pas en chemin: il erre çà et là. Lui aussi cherche une patrie, mais il ne sait par où, il ne sait où. Il cherche une patrie: qu'est-ce que cela veut dire? Toute âme cherche le repos et elle cherche le bonheur. À la question: " Veux-tu être heureux? ", personne n'hésite à répondre qu'il veut l'être: tout homme crie qu'il veut être heureux. Mais par où l'on va au bonheur, et où se trouve ce bonheur, voilà ce que les hommes ignorent: c'est pourquoi ils errent.
 Itaque, fratres, currámus in hac via, quia christiáni cathólici sumus, quæ est una Ecclésia Dei, sicut prædícta est in Scriptúris sanctis. Non enim latére illam Deus vóluit, ut nemo se excusáret: prædícta est futúra per orbem terrárum, exhíbita est toto orbi terrárum. Nec nos debent movére hæreses et schísmata innumerabília. Fortes ítaque estóte in fide: nemo vos sedúcat ad fraudem per áliquam promissiónem, nemo impéllat in fraudem per áliquam comminatiónem. Quidquid tibi promíttit mundus, maius est regnum cælórum; quidquid tibi minátur mundus, maior est gehénna.
 Aussi, frères, nous chrétiens et catholiques, courons sur ce chemin qui est l'unique Église de Dieu, telle que l'ont prédite les saintes Écritures. Dieu n'a pas voulu qu'elle soit cachée pour que nul ne s'excuse. Prédite à toute la terre quand elle était à venir, elle a été ensuite désignée à toute la terre. Et ce ne sont pas les innombrables hérésies et schismes qui doivent nous émouvoir. Soyez donc forts dans la foi: que personne ne vous conduise à des compromis par quelque promesse; que personne ne vous y pousse par quelque menace. Le Royaume des cieux est plus grand que tout ce que le monde te promet; la géhenne est plus grande que tout ce dont le monde te menace.
 r. In ómnibus exhibeámus nos sicut Dei minístros, in multa patiéntia, * Ut non vituperétur ministérium nostrum. v. Ecce nunc tempus acceptábile, ecce nunc dies salútis; némini dantes ullam offensiónem, * Ut non vituperétur. v. Glória Patri. * Ut non vituperétur.
 r. Présentons-nous, en toute circonstance, comme de vrais ministres de Dieu, faisant preuve d'endurance, * Afin que notre ministère ne soit pas décrié. v. C'est maintenant le moment favorable, c'est maintenant le jour du salut; ne donnons à personne occasion de scandale, * Afin. v. Gloire au Père. * Afin.
Postea dicitur immediate et sine orémus oratio propria, cum conclusione longiore.
Après cela on dit immédiatement et sans "Prions" l'oraison propre, avec la conclusion longue.
 Deus, qui ob animárum medélam castigáre córpora præcepísti, † concéde, ut ab ómnibus possímus abstinére peccátis, * et corda nostra pietátis tuæ váleant exercére mandáta. Per Dóminum.
 Dieu, qui nous enseignes la correction sévère de nos corps pour la guérison de nos âmes, donne-nous de nous abstenir du peché et que nos coeurs obtiennent la force d'exercer les commandements de Ta bonté.
 Dóminus vobíscum.
 Le Seigneur soit avec vous.
 r. Et cum spíritu tuo.
 r. Et avec votre esprit.
 Benedícat vos omnípotens Deus, Pater, ✠ et Fílius, et Spíritus Sanctus.
 Que Dieu tout puissant vous bénisse, le Père, ✠ et le Fils et le Saint-Esprit.
 r. Amen.
 r. Amen.
Vel alia formula benedictionis, sicut in Missa.
Ou une autre formule de bénédiction, comme à la Messe.
Et si fit dimissio, sequitur invitatio:
Et si on fait un renvoi, on ajoute l'invitation :
Absente sacerdote vel diacono, et in recitatione a solo, sic concluditur:
En l'absence d'un diacre ou d'un prêtre, et dans la récitation seul, on conclut ainsi :
  Dóminus nos benedícat, et ab omni malo deféndat, et ad vitam perdúcat ætérnam. r. Amen.
  Que le Seigneur nous bénisse, qu'Il nous défende de tout mal, et qu'Il nous fasse parvenir à la vie éternelle. r. Amen.
Les traductions proposées ici ont pour seul but une meilleure compréhension du texte latin. Elles ne doivent pas être utilisées à la place des traductions officielles dans la liturgie en langue vernaculaire, qui sont © AELF.