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 v. Deus, ✠ in adiutórium meum inténde.
 v. Dieu, viens à mon aide.
 r. Dómine, ad adiuvándum me festína.
 r. Seigneur, vite à mon secours.
 Glória Patri, et Fílio, et Spirítui Sancto. Sicut erat in princípio, et nunc et semper, et in sǽcula sæculórum. Amen.
 Gloire au Père, et au Fils et au Saint-Esprit, comme il était au commencement, maintenant et toujours, et dans les siècles des siècles. Amen.
Hymnus
Hymne
Pange, lingua, gloriósi próélium certáminis et super crucis tropǽo dic triúmphum nóbilem, quáliter redémptor orbis immolátus vícerit.
Chante, ma langue, les lauriers d’un glorieux combat, Sur le trophée de la Croix chante le grand triomphe, Raconte comment le Rédempteur du monde triomphe en S’immolant.
De paréntis protoplásti fraude factor cóndolens, quando pomi noxiális morte morsu córruit, ipse lignum tunc notávit, damna ligni ut sólveret.
Dieu compatit au malheur du premier homme sorti de Ses mains. Dès qu’il mordit à la pomme funeste, Adam se précipita dans la mort. Dieu Lui- même désigna l’arbre nouveau pour réparer les malheurs causés par le premier.
Hoc opus nostræ salútis ordo depopóscerat, multifórmis perditóris arte ut artem fálleret, et medélam ferret inde, hostis unde lǽserat.
Cette œuvre réparatrice, l’économie de notre salut la réclamait ; Dieu voulait que l’artifice du serpent fût déjoué par un autre artifice ; Il voulait porter le remède là où l’ennemi avait causé le tort.
Quando venit ergo sacri plenitúdo témporis, missus est ab arce Patris Natus, orbis cónditor, atque ventre virgináli carne factus pródiit.
Quand donc fut arrivée la plénitude des temps annoncés, du haut du trône de Son Père, le Fils, créateur du monde, fut envoyé. Dans le sein d’une Vierge, Il Se revêtit de chair et Il naquit.
Lustra sex qui iam perácta tempus implens córporis, se volénte, natus ad hoc, passióni déditus, agnus in crucis levátur immolándus stípite.
Le temps de six lustres est écoulé, la durée de Sa vie mortelle est accomplie : le Rédempteur, de Lui-même, Se livre aux tourments de Sa Passion ; Agneau divin. Il est cloué à la croix, bois très saint sur lequel Il S’immole.
Æqua Patri Filióque, ínclito Paráclito, sempitérna sit beátæ Trinitáti glória, cuius alma nos redémit atque servat grátia. Amen.
Gloire soit éternellement à la bienheureuse Trinité. Honneur égal au Père et au Fils, comme aussi au Paraclet, car Sa grâce bienfaisante nous rachète et nous sauve. Amen.
 Ant. 1. Ipsi intra nos gémimus, exspectántes redemptiónem córporis nostri.
 Ant. 1. Nous aussi, nous gémissons intérieurement, attendant l'adoption, la rédemption de notre corps.
Psalmus 38 (39)
Psaume 38
Ægrotantis deprecatio
Supplication de l'infirme
Vanitati creatura subiecta est... propter eum qui subiecit eam in spe (Rom 8, 20).
La création a été soumise à la vanité ... à cause de celui qui l'y a soumise dans l'espérance.
I
I
 Dixi: «Custódiam vias meas, * ut non delínquam in lingua mea;
 J'ai dit: je veillerai sur mes voies, pour ne point pécher par ma langue.
 ponam ori meo custódiam, * donec consístit peccátor advérsum me».
 J'ai mis une garde à ma bouche, pendant que le pécheur s'élevait devant moi.
 Tacens obmútui et sílui absque ullo bono, * et dolor meus renovátus est.
 Je me suis tu, et je me suis humilié, et je me suis abstenu de dire même de bonnes choses; et ma douleur a été renouvelée.
 Concáluit cor meum intra me, * et in meditatióne mea exársit ignis.
 Mon coeur s'est échauffé au dedans de moi, et tandis que je méditais, un feu s'est embrasé.
 Locútus sum in lingua mea: * «Notum fac mihi, Dómine, finem meum;
 La parole est venue sur ma langue: Fais-moi connaître ma fin, Seigneur,
 et númerum diérum meórum quis est, * ut sciam quam brevis sit vita mea».
 et quel est le nombre de mes jours, afin que je sache combien peu il m'en reste.
 Ecce paucórum palmórum fecísti dies meos, * et spátium vitæ meæ tamquam níhilum ante te.
 Voici que Tu as soumis mes jours à une mesure bornée, et mon être est comme un néant devant Toi.
 Etenim univérsa vánitas omnis homo constitútus est. * Etenim ut imágo pertránsit homo.
 Oui, tout homme vivant n'est qu'entière vanité.Oui, l'homme passe comme un fantôme,
 Étenim vánitas est et concitátur; * thesaurízat et ignórat quis congregábit ea.
 et c'est en vain qu'il se tourmente. Il amasse des trésors, et il ignore pour qui il les aura entassés.
 Glória Patri, et Fílio, * et Spirítui Sancto.
 Gloire au Père, et au Fils, et au Saint Esprit.
 Sicut erat in princípio, et nunc et semper, * et in sǽcula sæculórum. Amen.
 Comme il était au commencement, maintenant et toujours, et dans les siècles des siècles. Amen.
 Ant. Ipsi intra nos gémimus, exspectántes redemptiónem córporis nostri.
 Ant. Nous aussi, nous gémissons intérieurement, attendant l'adoption, la rédemption de notre corps.
 Ant. 2. Exáudi oratiónem meam, Dómine; pércipe lácrimas meas.
 Ant. 2. Écoute ma prière, Seigneur ; reçois mes larmes.
 Etenim vánitas est et concitátur; * thesaurízat et ignórat quis congregábit ea.
 et c'est en vain qu'il se tourmente. Il amasse des trésors, et il ignore pour qui il les aura entassés.
II
II
 Et nunc quæ est exspectátio mea, Dómine? * Spes mea apud te est.
 Et maintenant quelle est mon attente? N'est-ce pas le Seigneur? Mon espérance est en Toi.
 Ab ómnibus iniquitátibus meis érue me, * oppróbrium insipiénti ne ponas me.
 Délivre-moi de toutes mes iniquités. Tu m'as rendu l'opprobre de l'insensé.
 Obmútui et non apériam os meum, * quóniam tu fecísti.
 Je me suis tu, et je n'ai pas ouvert la bouche, parce que c'est Toi qui l'as fait
 Amove a me plagas tuas: * ab ictu manus tuæ ego deféci.
 Détournez de moi Tes coups, sous la puissance de Votre main, j'ai défailli, quand Tu m'as repris
 In increpatiónibus, propter iniquitátem, corripuisti hominem, † et tabéscere fecísti sicut tínea desiderabília eius. * Etenim vánitas omnis homo.
 Tu as puni l'homme à cause de son iniquité. Et Tu as fait dessécher son âme comme l'araignée. Oui, c'est en vain que tout homme s'inquiète.
 Exáudi oratiónem meam, Dómine, * et clamórem meum áuribus pércipe.
 Exauce, Seigneur, ma prière et ma supplication;
 Ad lácrimas meas ne obsurdéscas, † quóniam ádvena ego sum apud te, * peregrínus sicut omnes patres mei.
 Soyez attentif à mes larmes. Ne garde pas le silence, car je suis auprès de Toi un étranger et un voyageur, comme tous mes pères.
 Avértere a me, ut refrígerer, * priúsquam ábeam et non sim ámplius.
 Accorde-moi quelque relâche, afin que je sois rafraîchi avant de partir et de disparaître.
 Glória Patri, et Fílio, * et Spirítui Sancto.
 Gloire au Père, et au Fils, et au Saint Esprit.
 Sicut erat in princípio, et nunc et semper, * et in sǽcula sæculórum. Amen.
 Comme il était au commencement, maintenant et toujours, et dans les siècles des siècles. Amen.
 Ant. Exáudi oratiónem meam, Dómine; pércipe lácrimas meas.
 Ant. Écoute ma prière, Seigneur ; reçois mes larmes.
 Ant. 3. Ego autem sperávi in misericórdia Dei in ætérnum.
 Ant. 3. Quant à moi, j'ai espéré dans la miséricorde de Dieu pour l'éternité.
Psalmus 51
Psaume 51
Contra calumniatorem
Contre les calomniateurs
Qui gloriatur, in Domino glorietur (I Cor 1,31).
Que celui qui se glorifie se glorifie dans le Seigneur
 Quid gloriáris in malítia, * qui potens es iniquitáte?
 Pourquoi te glorifies-tu dans le mal, toi qui est vaillant pour commettre l'iniquité?
 Tota die insídias cogitásti; * lingua tua sicut novácula acúta, qui facis dolum.
 Tout le jour ta langue a médité l'injustice; comme un rasoir affilé tu pratiques la tromperie.
 Dilexísti malítiam super benignitátem, † mendácium magis quam loqui æquitátem. * Dilexísti ómnia verba perditiónis, lingua dolósa.
 Tu as plus aimé la malice que la bonté, l'iniquité plus que les paroles de justice. Tu as aimé toutes les paroles de ruine, ô langue trompeuse.
 Proptérea Deus déstruet te in finem; † evéllet te et emigrábit te de tabernáculo * et radícem tuam de terra vivéntium.
 C'est pourquoi Dieu te détruira pour toujours; Il t'arrachera et te fera sortir de ta tente, et Il enlèvera ta racine de la terre des vivants.
 Vidébunt iústi et timébunt * et super eum ridébunt:
 Les justes le verront, et craindront; et ils se riront de lui, en disant:
 “Ecce homo, qui non pósuit Deum refúgium suum, † sed sperávit in multitúdine divitiárum suárum * et præváluit in insídiis suis.”
 Voilà l'homme qui n'a point pris Dieu pour son protecteur, mais qui s'est confié dans la multitude de ses richesses, et qui s'est prévalu de sa vanité.
 Ego autem sicut virens olíva in domo Dei. † Sperávi in misericórdia Dei * in ætérnum et in sǽculum sǽculi.
 Mais moi, je suis comme un olivier fertile dans la maison de Dieu. * J'espère en la miséricorde de Dieu éternellement et à jamais.
 Confitébor tibi in sǽculum, quia fecísti; † et exspectábo nomen tuum, quóniam bonum est; * in conspéctu sanctórum tuórum
 Je Te louerai sans fin, parce que Tu as fait cela; et j'attendrai Ton Nom, parce qu'il est bon, en présence de Tes saints.
 Glória Patri, et Fílio, * et Spirítui Sancto.
 Gloire au Père, et au Fils, et au Saint Esprit.
 Sicut erat in princípio, et nunc et semper, * et in sǽcula sæculórum. Amen.
 Comme il était au commencement, maintenant et toujours, et dans les siècles des siècles. Amen.
 Ant. Ego autem sperávi in misericórdia Dei in ætérnum.
 Ant. Quant à moi, j'ai espéré dans la miséricorde de Dieu pour l'éternité.
In primo nocturno, anno II
Premier nocturne, année II
De libro Ieremíæ prophétæ
Du livre de Jérémie
 Tu autem, Dómine, demonstrásti mihi et cognóvi; tunc ostendísti mihi ópera eórum. Et ego quasi agnus mansuétus qui portátur ad víctimam; et non cognóvi quia super me cogitavérunt consília: " Cædámus lignum in vigóre eius et eradámus eum de terra vivéntium, et nomen eius non memorétur ámplius. " Tu autem, Dómine exercítuum, qui iúdicas iuste et probas renes et corda: vídeam ultiónem tuam ex eis; tibi enim revelávi causam meam.
 Le Seigneur me l'a fait savoir et je l'ai su; tu m'as alors montré leurs agissements. Et moi, comme un agneau confiant qu'on mène à l'abattoir, j'ignorais qu'ils tramaient contre moi des machinations: " Détruisons l'arbre dans sa vigueur, arrachons-le de la terre des vivants, qu'on ne se souvienne plus de son nom! " Seigneur des armées, qui juges avec justice, qui scrutes les reins et les cœurs, je verrai ta vengeance contre eux, car c'est à toi que j'ai exposé ma cause.
 Iustus quidem tu es, Dómine, si dísputem tecum; verúmtamen de iudíciis loquar ad te. Quare via impiórum prosperátur? Bene est ómnibus qui prævaricántur et iníque agunt. Plantásti eos et radícem misérunt, profíciunt et fáciunt fructum; prope es tu ori eórum et longe a rénibus eórum. Et tu, Dómine, nosti me, vidísti me et probásti cor meum tecum; ségrega eos quasi gregem ad víctimam et sanctífica eos in diem occisiónis. Usquequo lugébit terra et herba omnis regiónis siccábitur propter malítiam habitántium in ea? Consúmptum est ánimal et vólucre, quóniam dixérunt: " Non vidébit novíssima nostra. " Si cum pedítibus currens laborásti, quómodo conténdere póteris cum equis? Cum autem in terra pacis secúrus fúeris, quid fácies in silva condénsa Iordánis? Nam et fratres tui et domus patris tui, étiam ipsi fraudulénter egérunt advérsum te et clamavérunt post te plena voce; ne credas eis, cum locúti fúerint tibi bona.
 Tu es trop juste, Seigneur, pour que j'entre en contestation avec toi. Cependant je parlerai avec toi de questions de droit: Pourquoi la voie des méchants est-elle prospère? Pourquoi tous les traîtres sont-ils en paix? Tu les plantes, ils s'enracinent, ils vont bien, ils portent du fruit. Tu es près de leur bouche, mais loin de leurs reins. Mais toi, Seigneur, tu me connais, tu me vois, tu éprouves mon cœur qui est avec toi. Enlève-les comme des brebis pour l'abattoir, consacre-les pour le jour du massacre. (Jusques à quand le pays sera-t-il en deuil et l'herbe de toute la campagne desséchée? C'est par la perversité de ses habitants que périssent bêtes et oiseaux. ) Car ils disent: Dieu ne voit pas notre destinée. - Si la course avec des piétons t'épuise, comment lutteras-tu avec des chevaux? Dans un pays en paix tu te sens en sécurité, mais que feras-tu dans les halliers du Jourdain? Car même tes frères et la maison de ton père, même eux te trahiront! Même eux crieront après toi à pleine voix. N'aie pas confiance en eux quand ils te diront de bonnes paroles!
 Relíqui domum meam, dimísi hereditátem meam; dedi diléctam ánimæ meæ in manu inimicórum eius. Facta est mihi heréditas mea quasi leo in silva; dedit contra me vocem, ídeo odívi eam. Numquid avis díscolor heréditas mea mihi? Numquid aves in circúitu contra eam? Veníte, congregámini, omnes béstiæ campi, properáte ad devorándum. Pastóres multi demolíti sunt víneam meam, conculcavérunt partem meam; dedérunt portiónem meam desiderábilem in desértum solitúdinis. Posuérunt eam in dissipatiónem; lugétque coram me desoláta, vastáta est omnis terra, quia nullus est qui recógitet corde. Super omnes colles in desérto venérunt vastatóres, quia gládius Dómini dévorat ab extrémo terræ usque ad extrémum eius; non est pax univérsæ carni. Seminavérunt tríticum et spinas messuérunt, laboravérunt, et non eis próderit; confundémini a frúctibus vestris propter iram furóris Dómini.
 J'ai abandonné ma maison, quitté mon héritage; ce que je chérissais, je l'ai livré aux mains de ses ennemis. Mon héritage s'est comporté envers moi comme un lion de la brousse, il a poussé contre moi ses rugissements, aussi l'ai-je pris en aversion. Mon héritage serait-il un rapace bigarré, que les rapaces l'encerclent de toutes parts? Allez! Rassemblez toutes les bêtes sauvages, faites-les venir à la curée! Des pasteurs en grand nombre ont saccagé ma vigne, piétiné mon domaine, réduit mon domaine préféré en solitude désertique. Ils en ont fait une région désolée, en deuil, désolée devant moi. Tout le pays est désolé et personne ne prend cela à cœur! Sur tous les monts chauves du désert sont arrivés des dévastateurs (car le Seigneur tient une épée dévorante): d'un bout du pays jusqu'à l'autre il n'y a de paix pour aucune chair. Ils ont semé du blé, ils moissonnent des épines: ils se sont épuisés sans profit. Ils ont honte de leurs récoltes, à cause de l'ardente colère du Seigneur.
 r. O Iuda, qui dereliquísti consílium pacis et cum Iudæis consiliátus es, trigínta argénteis vendidísti sánguinem iustum, * Et pacis ósculum ferébas, quam in péctore non habébas. v. Verax datur fallácibus, pium flagéllat ímpius. * Et pacis. v. Glória Patri. * Et pacis.
 r. Ô Judas, tu as abandonné les projets de paix, pour former, avec les autorités juives, celui de vendre le sang d'un juste trente pièces d'argent. * Et tu offrais le baiser d'une paix que tu n'avais pas dans le cœur. v. L'homme véridique est livré aux imposteurs, l'impie flagelle l'homme de la piété filiale. * Et tu offrais. v. Gloire au Père. * Et tu offrais.
In secundo nocturno, anno II
Deuxième nocturne, année II
Ex Sermónibus sancti Bernárdi abbátis (Sermo in Fer. 4 Hebd. Sanctæ, 3-4: EC 5, 58-59)
Sermon de saint Bernard
 Vidimus eum et non erat ei aspéctus, nec speciósum forma præ fíliis hóminum, sed oppróbrium hóminum, tamquam leprósum; novíssimum virórum, plane virum dolórum, a Deo percússum et humiliátum; ita ut nulla esset ei spécies neque decor. O novíssimum, et altíssimum! O húmilem, et sublímem! O oppróbrium hóminum, et glóriam angelórum! Nemo illo sublímior, neque humílior. Dénique sputis íllitus est, oppróbriis saturátus est, morte turpíssima condemnátus est, cum scelerátis deputátus est. Nihílne merébitur vel ista humílitas, quæ hunc habet modum, immo quæ tam est ultra modum? Sicut est patiéntia singuláris, sic humílitas admirábilis, útraque sine exémplo.
 Nous l'avons vu, et il n'y avait rien en lui qui pût attirer nos regards, le plus beau des enfants des hommes est devenu objet d'horreur, comme un lépreux, le dernier des hommes, vraiment l'homme de la douleur, frappé par Dieu et humilié, et il n'y avait plus en lui ni éclat ni beauté. Ô dernier des hommes, qui es premier Humilié, exalté. Ô déchet des hommes et gloire des anges. Nul n'est plus haut que lui et nul n'est plus bas. Il a été couvert de crachats, saturé d'opprobres, condamné à la mort la plus honteuse et mis au rang des criminels. Ne méritera-t-elle rien, cette humilité aussi qui embrasse une telle mesure, bien plus, qui dépasse tellement toute mesure? De même que la patience du Christ est unique, ainsi son humilité est admirable, sans exemple toutes deux.
Utrámque tamen magnífice causa ipsa comméndat; nimírum cáritas est. Propter nímiam enim caritátem suam qua diléxit nos Deus, ut servum redímeret, nec Pater Fílio, nec sibi Fílius ipse pepércit. Vere nímiam, quia et hæc mensúram excédit, modum súperat, plane superéminens univérsis. Nec sane áliud áliquid patiéntiam hanc et humilitátem æque illústrat, quam quod trádidit in mortem ánimam suam et peccáta multórum tulit, étiam pro transgressóribus rogans, ut non perírent. Fidélis sermo, et omni acceptióne dignus! Quia enim vóluit, oblátus est. Non modo vóluit et oblátus est, sed quia vóluit. Solus nimírum potestátem hábuit ponéndi ánimam suam: nemo eam ábstulit ab eo; óbtulit ultro.
L'une et l'autre prennent plus de splendeur encore si l'on pense à leur racine: Le trop grand amour dont Dieu nous a aimés. Pour racheter l'esclave, le Père n'a pas épargné son Fils, le Fils ne s'est pas épargné lui-même. Trop grand, oui, car il dépasse mesure et mode, l'emportant sur tout autre amour. Rien ne définit mieux sa patience et son humilité: il a donné sa vie et porté le péché de la multitude, priant encore pour les coupables. Parole fidèle, digne de toute créance: c'est parce qu'il l'a voulu qu'il est devenu sacrifice. On ne doit pas seulement dire qu'il l'a voulu et qu'il est devenu sacrifice, mais parce qu'il l'a voulu. Car il eut seul ce pouvoir de déposer sa vie: nul ne la lui ôta, il l'offrit spontanément.
Cum accepísset acétum dixit: Consummátum est. Nihil restat impléndum iam non est quod exspéctem. Et inclináto cápite, factus obœdiens usque ad mortem, trádidit spíritum. Quis tam fácile quando vult dormit? Magna quidem infírmitas mori; sed plane sic mori, virtus imménsa. Nempe quod infírmum est Dei, fórtius est homínibus. Solus in mortem trádidit ánimam suam, qui solus virtúte própria regréssus est ad vitam. Solus potestátem hábuit ponéndi, qui solus facultátem æque hábuit líberam resuméndi, impérium habens vitæ et mortis.
Ayant pris le vinaigre, il dit: Tout est consommé. Toutes choses sont accomplies, je n'attends rien de plus. Et, inclinant la tête, obéissant jusqu'à la mort, il rendit l'esprit. Quel homme peut s'endormir ainsi dans la mort, au gré de sa volonté. Mourir, quelle grande infirmité mais mourir ainsi, quelle force immense. Vraiment, ce qui est faiblesse de Dieu est plus fort que les hommes. Seul pouvait se livrer ainsi à la mort celui qui seul allait revenir à la vie par sa vertu propre. Seul il eut le pouvoir de donner sa vie, lui qui, seul, pouvait la reprendre parce qu'il commande la vie et la mort.
 r. Iudas, mercátor péssimus, ósculo pétiit Dóminum. Ille, ut agnus, ínnocens non negat Iudæ ósculum. * Denariórum número Christum Iudæis trádidit. v. Mélius illi erat si natus non fuísset. * Denariórum. v. Glória Patri. * Denariórum.
 r. Judas, ce misérable mercantile, dans un baiser assaille le Seigneur: lui, cet agneau innocent, ne refuse pas le baiser de Judas; * Pour quelques deniers, le malheureux livre le Christ aux autorités juives. v. Il vaudrait mieux pour lui qu'il ne soit pas né! * Pour quelques deniers. v. Gloire au Père. * Pour quelques deniers
Postea dicitur immediate et sine orémus oratio propria, cum conclusione longiore.
Après cela on dit immédiatement et sans "Prions" l'oraison propre, avec la conclusion longue.
 Deus, qui pro nobis Fílium tuum crucis patíbulum subíre voluísti, † ut inimíci a nobis expélleres potestátem, * concéde nobis fámulis tuis, ut resurrectiónis grátiam consequámur. Per Dóminum.
 O Dieu qui a voulu que Ton Fils subît pour nous le gibet de la croix pour enlever à l'ennemi tout pouvoir sur nous, accorde-nous qui sommes Tes serviteurs la grâce de la résurrection.
 Dóminus vobíscum.
 Le Seigneur soit avec vous.
 r. Et cum spíritu tuo.
 r. Et avec votre esprit.
 Benedícat vos omnípotens Deus, Pater, ✠ et Fílius, et Spíritus Sanctus.
 Que Dieu tout puissant vous bénisse, le Père, ✠ et le Fils et le Saint-Esprit.
 r. Amen.
 r. Amen.
Vel alia formula benedictionis, sicut in Missa.
Ou une autre formule de bénédiction, comme à la Messe.
Et si fit dimissio, sequitur invitatio:
Et si on fait un renvoi, on ajoute l'invitation :
Absente sacerdote vel diacono, et in recitatione a solo, sic concluditur:
En l'absence d'un diacre ou d'un prêtre, et dans la récitation seul, on conclut ainsi :
  Dóminus nos benedícat, et ab omni malo deféndat, et ad vitam perdúcat ætérnam. r. Amen.
  Que le Seigneur nous bénisse, qu'Il nous défende de tout mal, et qu'Il nous fasse parvenir à la vie éternelle. r. Amen.
Les traductions proposées ici ont pour seul but une meilleure compréhension du texte latin. Elles ne doivent pas être utilisées à la place des traductions officielles dans la liturgie en langue vernaculaire, qui sont © AELF.