Le monde attend que l'Eglise redevienne une société de louange

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   v. Deus, ✠ in adiutórium meum inténde.
   v. Dieu, viens à mon aide.
   r. Dómine, ad adiuvándum me festína.
   r. Seigneur, vite à mon secours.
   Glória Patri, et Fílio, et Spirítui Sancto. Sicut erat in princípio, et nunc et semper, et in sǽcula sæculórum. Amen.
   Gloire au Père, et au Fils et au Saint-Esprit, comme il était au commencement, maintenant et toujours, et dans les siècles des siècles. Amen.
Hymnus
Hymne
Ex more docti mystico servémus abstinéntiam, deno diérum círculo ducto quater notíssimo.
Informés par de mystiques usages, nous observons l'abstinence, qui se déroule selon le cycle de quatre fois dix jours.
Lex et prophétæ prímitus hanc prætulérunt, póstmodum Christus sacrávit, ómnium rex atque factor témporum.
Cela a d'abord été ordonné par la loi et les prophètes, puis le Christ l'a solennellement confirmé : Il est le Roi et le Créateur de tous les temps.
Utámur ergo párcius verbis, cibis et pótibus, somno, iocis et árctius perstémus in custódia.
Pratiquons donc l'abstinence dans les paroles, dans la nourriture et la boisson, dans le sommeil et dans les plaisanteries ; plus important encore restons sur nos gardes.
Vitémus autem péssima quæ súbruunt mentes vagas, nullúmque demus cállido hosti locum tyránnidis.
Évitons les péchés qui pénètrent facilement dans les âmes volatiles, et ne laissons pas entrer la tyrannie de l'ennemi rusé.
Præsta, beáta Trínitas, concéde, simplex Unitas, ut fructuósa sint tuis hæc parcitátis múnera. Amen.
Accorde, ô bienheureuse Trinité, accorde, ô simple unité, que les dons du jeûne soient fructueux pour les Tiens. Amen
   Ant. 1. Per síngulos dies benedícam te, Dómine, allelúia.
   Ant. 1. Chaque jour, je Te bénirai, Seigneur, alléluia.
Psalmus 144 (145)
Psaume 144 (145)
Laus divinæ maiestatis
Louange à la divine majesté
Iustus es, qui es et qui eras, Sanctus (Ap 16, 5).
Tu es juste, Seigneur, Toi qui es et qui étais (Ap 16, 5).
I
I
   Exaltábo te, Deus meus rex, et benedícam nómini tuo * in sæculum et in sǽculum sǽculi.
   Je T'exalterai, ô Dieu mon roi, et je bénirai Ton Nom à jamais et dans les siècles des siècles.
   Per síngulos dies benedícam tibi et laudábo nomen tuum * in sǽculum et in sǽculum sǽculi.
   Chaque jour je Te bénirai, et je louerai Ton Nom à jamais, et dans les siècles des siècles.
   Magnus Dóminus et laudábilis nimis, * et magnitúdinis eius non est investigátio.
   Le Seigneur est grand et très digne de louange, et Sa grandeur n'a pas de bornes.
   Generátio generatióni laudábit ópera tua, * et poténtiam tuam pronuntiábunt.
   Chaque génération louera Tes oeuvres et publiera Ta puissance.
   Magnificéntiam glóriæ maiestátis tuæ loquéntur * et mirabília tua enarrábunt.
   On parlera de la magnificence glorieuse de Ta sainteté, et on racontera tes merveilles.
   Et virtútem terribílium tuórum dicent * et magnitúdinem tuam narrábunt.
   On dira quelle est la puissance de Tes oeuvres terribles, et on racontera Ta grandeur.
   Memóriam abundántiæ suavitátis tuæ eructábunt * et iustítia tua exsultábunt.
   On proclamera le souvenir de Ton immense bonté, et on se réjouira de Ta justice.
   Miserátor et miséricors Dóminus, * longánimis et multæ misericórdiæ.
   Le Seigneur est clément et miséricordieux, patient et tout à fait miséricordieux.
   Suávis Dóminus univérsis, * et miseratiónes eius super ómnia ópera eius.
   Le Seigneur est bon envers tous, et Ses miséricordes s'étendent sur toutes Ses oeuvres.
   Glória Patri, et Fílio, * et Spirítui Sancto.
   Gloire au Père, et au Fils, et au Saint Esprit.
   Sicut erat in princípio, et nunc et semper, * et in sǽcula sæculórum. Amen.
   Comme il était au commencement, maintenant et toujours, et dans les siècles des siècles. Amen.
   Ant. Per síngulos dies benedícam te, Dómine, allelúia.
   Ant. Chaque jour, je Te bénirai, Seigneur, alléluia.
   Ant. 2. Regnum tuum, Dómine, regnum ómnium sæculórum.
   Ant. 2. Ton règne, Seigneur, est un règne pour tous les siècles.
Psalmus 144 (145)
Psalmus 144 (145)
Laus divinæ maiestatis
Louange à la divine majesté
Iustus es, qui es et qui eras, Sanctus (Ap 16,5)
Tu es juste, et Saint, Toi qui es et qui étais (Ap 16, 5).
II
II
   Confiteántur tibi, Dómine, ómnia ópera tua; * et sancti tui benedícant tibi.
   Que toutes Tes oeuvres Te célèbrent, Seigneur, et que Tes saints Te bénissent.
   Glóriam regni tui dicant * et poténtiam tuam loquántur,
   Ils diront la gloire de Ton règne, et ils parleront de Ta puissance;
   ut notas fáciant fíliis hóminum poténtias tuas * et glóriam magnificéntiæ regni tui.
   afin de faire connaître aux enfants des hommes Ta puissance, et la glorieuse magnificence de Ton règne.
   Regnum tuum regnum ómnium sæculórum, * et dominátio tua in omnem generatiónem et generatiónem.
   Ton règne est un règne de tous les siècles, et Ton empire s'étend de génération en génération.
   Glória Patri, et Fílio, * et Spirítui Sancto.
   Gloire au Père, et au Fils, et au Saint Esprit.
   Sicut erat in princípio, et nunc et semper, * et in sǽcula sæculórum. Amen.
   Comme il était au commencement, maintenant et toujours, et dans les siècles des siècles. Amen.
   Ant. Regnum tuum, Dómine, regnum ómnium sæculórum.
   Ant. Ton règne, Seigneur, est un règne pour tous les siècles.
   Ant. 3. Fidélis Dóminus in ómnibus verbis suis et sanctus in ómnibus opéribus suis, allelúia.
   Ant. 3. Le Seigneur est fidèle dans toutes Ses paroles et saint dans toutes Ses œuvres, alléluia.
Psalmus 144 (145)
Psalmus 144 (145)
Laus divinæ maiestatis
Louange à la divine majesté
Iustus es, qui es et qui eras, Sanctus (Ap 16,5)
Tu es juste, et Saint, Toi qui es et qui étais (Ap 16, 5).
III
III
   Fidélis Dóminus in ómnibus verbis suis * et sanctus in ómnibus opéribus suis.
   Le Seigneur est fidèle dans toutes Ses paroles, et saint dans toutes Ses oeuvres.
   Allevat Dóminus omnes qui córruunt * et érigit omnes depréssos.
   Le Seigneur soutient tous ceux qui tombent, et Il relève tous ceux qui sont brisés.
   Oculi ómnium in te sperant, * et tu das illis escam in témpore opportúno.
   Les yeux de tous, Seigneur, attendent tournés vers Toi, et Tu leur donnes leur nourriture en son temps.
   Aperis tu manum tuam * et imples omne ánimal in beneplácito.
   Tu ouvres Ta main, et Tu combles de bénédictions tout ce qui a vie.
   Iustus Dóminus in ómnibus viis suis * et sanctus in ómnibus opéribus suis.
   Le Seigneur est juste dans toutes Ses voies, et saint dans toutes Ses oeuvres.
   Prope est Dóminus ómnibus invocántibus eum, * ómnibus invocántibus eum in veritáte.
   Le Seigneur est près de tous ceux qui L'invoquent, de tous ceux qui L'invoquent avec sincérité.
   Voluntátem timéntium se fáciet et deprecatiónem eórum exáudiet * et salvos fáciet eos.
   Il fera la volonté de ceux qui Le craignent; Il exaucera leurs prières, et Il les sauvera.
   Custódit Dóminus omnes diligéntes se * et omnes peccatóres dispérdet.
   Le Seigneur garde tous ceux qui L'aiment, et Il perdra tous les pécheurs.
   Laudatiónem Dómini loquétur os meum, et benedícat omnis caro nómini sancto eius * in sǽculum et in sǽculum sǽculi.
   Ma bouche publiera la louange du Seigneur. Et que toute chair bénisse Son saint Nom à jamais, et dans les siècles des siècles.
   Glória Patri, et Fílio, * et Spirítui Sancto.
   Gloire au Père, et au Fils, et au Saint Esprit.
   Sicut erat in princípio, et nunc et semper, * et in sǽcula sæculórum. Amen.
   Comme il était au commencement, maintenant et toujours, et dans les siècles des siècles. Amen.
   Ant. Fidélis Dóminus in ómnibus verbis suis et sanctus in ómnibus opéribus suis, allelúia.
   Ant. Le Seigneur est fidèle dans toutes Ses paroles et saint dans toutes Ses œuvres, alléluia.
In primo nocturno, anno I
Premier nocturne, année I
Incipit Epístula ad Hebræos
De la lettre aux Hébreux
   Multifáriam et multis modis olim Deus locútus pátribus in prophétis, in novíssimis his diébus locútus est nobis in Fílio, quem constítuit herédem universórum, per quem fecit et sæcula; qui, cum sit splendor glóriæ et figúra substántiæ eius et portet ómnia verbo virtútis suæ, purgatióne peccatórum facta, consédit ad déxteram maiestátis in excélsis, tanto mélior ángelis efféctus, quanto differéntius præ illis nomen hereditávit.
   Après avoir, à maintes reprises et sous maintes formes, parlé jadis aux Pères par les prophètes, Dieu, en ces jours qui sont les derniers, nous a parlé par le Fils, qu'il a éta-bli héritier de toutes choses, par qui aussi il a fait les siècles. Resplendissement de sa gloire, effigie de sa substance, ce Fils qui soutient l'univers par sa parole puissante, ayant accompli la purification des péchés, s'est assis à la droite de la Majesté dans les hauteurs, devenu d'autant supérieur aux anges que le nom qu'il a reçu en héritage est incomparable au leur.
   Cui enim dixit aliquándo angelórum: Fílius meus es tu; ego hódie génui te, et rursum: Ego ero illi in patrem, et ipse erit mihi in fílium? Cum autem íterum introdúcit primogénitum in orbem terræ, dicit: Et adórent eum omnes ángeli Dei. Et ad ángelos quidem dicit: Qui facit ángelos suos spíritus et minístros suos flammam ignis.
   Auquel des anges, en effet, Dieu a-t-il jamais dit: Tu es mon Fils, moi, aujourd'hui, je t'ai engendré? Et encore: Je serai pour lui un père, et lui sera pour moi un fils. Et de nouveau, lorsqu'il introduit le Premier-né dans le monde, il dit: Que tous les anges de Dieu l'adorent. Tandis qu'il s'exprime ainsi en s'adressant aux anges: Il fait de ses anges des vents, de ses serviteurs une flamme ardente.
   Ad Fílium autem: Thronus tuus, Deus, in sæculum sæculi, et virga æquitátis virga regni tui. Dilexísti iustítiam et odísti iniquitátem, proptérea unxit te Deus, Deus tuus, óleo exsultatiónis præ particípibus tuis, et: Tu in princípio, Dómine, terram fundásti; et ópera mánuum tuárum sunt cæli. Ipsi períbunt, tu autem pérmanes; et omnes ut vestiméntum veteráscent, et velut amíctum invólves eos, sicut vestiméntum et mutabúntur. Tu autem idem es, et anni tui non defícient. Ad quem autem angelórum dixit aliquándo: Sede a dextris meis, donec ponam inimícos tuos scabéllum pedum tuórum? Nonne omnes sunt administratórii spíritus qui in ministérium mittúntur propter eos qui hereditátem cápient salútis?
   À son Fils il dit: Ton trône, ô Dieu, subsiste dans les siècles des siècles, et: Le sceptre de droiture est le sceptre de ta royauté. Tu as aimé la justice et tu as haï l'impiété. C'est pourquoi, Dieu, ton Dieu t'a oint d'une huile d'allégresse de préférence à tes compagnons. Et encore: C'est toi, Seigneur, qui aux origines fondas la terre, et les cieux sont l'ouvrage de tes mains. Eux périront, mais toi tu demeures, et tous ils vieilliront comme un vêtement. Comme un manteau tu les rouleras, comme un vêtement, et ils seront changés. Mais toi, tu es le même et tes années ne s'achèveront point. Et auquel des anges a-t-il jamais dit: Assieds-toi à ma droite jusqu'à ce que je place tes ennemis comme un escabeau sous tes pieds? Est-ce que tous ne sont pas des esprits chargés d'un ministère, envoyés en service pour ceux qui doivent hériter du salut?
   Proptérea abundántius opórtet observáre nos ea quæ audívimus, ne forte præterfluámus. Si enim qui per ángelos dictus est sermo factus est firmus, et omnis prævaricátio et inobœdiéntia accépit iustam mercédis retributiónem, quómodo nos effugiémus si tantam neglexérimus salútem? Quæ, cum inítium accepísset enarrári per Dóminum, ab eis qui audiérunt, in nos confirmáta est, contestánte Deo signis et porténtis et váriis virtútibus et Spíritus Sancti distributiónibus secúndum suam voluntátem.
   C'est pourquoi nous devons nous attacher avec plus d'attention aux enseignements que nous avons entendus, de peur d'être entraînés à la dérive. Si déjà la parole promulguée par des anges s'est trouvée garantie et si toute transgression et désobéissance a reçu une juste rétribution, comment nous-mêmes échapperons-nous, si nous négligeons pareil salut? Celui-ci, inauguré par la prédication du Seigneur, nous a été garanti par ceux qui l'ont entendu, Dieu appuyant leur témoignage par des signes, des prodiges, des miracles de toutes sortes, ainsi que par des communications d'Esprit Saint qu'il distribue à son gré.
   r. Emendémus in mélius quæ ignoránter peccávimus, ne súbito præoccupáti die mortis, quærámus spátium pæniténtiæ, et inveníre non possímus. * Atténde, Dómine, et miserére, quia peccávimus tibi. v. Peccávimus cum pátribus nostris, iniúste égimus, iniquitátem fécimus. * Atténde. v. Glória Patri. * Atténde.
   r. Réparons par une meilleure conduite les péchés de notre aveuglement, de peur que, surpris tout-à-coup par la mort, nous cherchions en vain le temps de faire pénitence. * Vois, Seigneur, prends-nous en pitié: nous avons péché contre toi! v. Avec nos pères, nous avons péché, nous avons failli, renié. * Vois. v. Gloire au Père. * Vois.
In secundo nocturno, anno I
Deuxième nocturne, année I
Ex Tractátu Tertulliáni De patiéntia (Cc. 2-3: SC 310, 64-68)
Traité de Tertullien sur la patience
   Nobis exercéndæ patiéntiæ auctoritátem non affectátio humána canínæ æquanimitátis stupóre formáta, sed vivæ ac cæléstis disciplínæ divína disposítio délegat, Deum ipsum osténdens patiéntiæ exémplum, iam primum qui florem lucis huius super iustos et iniústos æquáliter spargit, qui témporum offícia elementórum servítia totíus genitúræ tribúta, dignis simul et indígnis pátitur occúrrere, sústinens ingratíssimas natiónes, ludíbria ártium et ópera mánuum suárum adorántes, nomen famíliam ipsíus persequéntes, luxúria, avarítia, iniquitáte, malignitáte cotídie insolescéntes, ut sua sibi patiéntia détrahat: plures enim Dóminum idcírco non credunt, quia sæculo irátum tam diu nésciunt.
   Ce qui accrédite auprès de nous l'exercice de la patience, ce n'est pas quelque affectation purement humaine de cynique équanimité, façonnée par l'insensibilité, mais la divine disposition d'une discipline vivante et céleste, montrant Dieu lui-même comme modèle de patience, lui qui, dès le début, répand également sur les justes et sur les injustes l'éclat de notre lumière, qui souffre que bénéficient du service des saisons, de la domesticité des éléments, des présents de la création tout entière, aussi bien ceux qui le méritent que ceux qui ne le méritent pas, supportant l'ingratitude des païens qui adorent des produits dérisoires de leurs arts et des ouvrages de leurs mains, tandis qu'ils persécutent son nom et ses serviteurs et qu'ils croissent chaque jour en luxure, en avarice, en iniquité, en méchanceté, de sorte qu'il se porte tort à lui-même par sa propre patience: beaucoup, en effet, ne croient pas au Seigneur, parce qu'ils sont depuis si longtemps dans l'ignorance de sa colère contre le siècle!
   Et hæc quidem divínæ patiéntiæ spécies quasi de longínquo fors ut de supérnis æstimétur: quid illa autem patiéntiam quæ inter hómines palam in terris quodámmodo manu apprehénsa est? Nasci se Deus pátitur: in útero matris et exspéctat et natus adoléscere sústinet et adúltus non gestit agnósci, sed contumeliósus ínsuper sibi est et a servo suo tínguitur et tentatóris congréssus solis verbis repéllit; cum de Dómino fit magíster docens hóminem evádere mortem, absolútam scílicet, véniam offénsæ patiéntiæ erudítus; non conténdit, non reclamávit nec quisquam in pláteis vocem eius audívit; arúndinem quassátam non fregit, linum fúmigans non restínxit (nec enim mentítus fúerat prophéta, immo ipsíus Dei contestátio Spíritum suum in Fílio cum tota patiéntia collocántis! ).
   Certes cette forme de patience divine est peut-être jugée pour ainsi dire éloignée, parce qu'elle vient d'en haut: mais celle qui s'est manifestée parmi les hommes, ouvertement, sur la terre, qu'on a touchée en quelque sorte de la main? Dieu souffre de naître, patiemment: il attend dans le sein de sa mère; une fois né, il accepte de grandir; une fois grand, il ne cherche pas à se faire connaître; mais il s'humilie lui-même, se fait baptiser par son serviteur, n'utilise que des paroles pour repousser les assauts du tentateur; quand de Seigneur il se fait maître, enseignant à l'homme à échapper à la mort, lui qui avait appris à accorder le pardon, total bien sûr, des offenses faites à sa patience, il n'a pas discuté, il n'a pas réclamé, et personne sur les places publiques n'a entendu sa voix; il n'a pas brisé le roseau froissé, il n'a pas éteint la mèche fumante - en effet, il n'avait pas menti, le prophète, ou plutôt le témoignage de Dieu lui-même déposant son esprit dans son fils avec toute sa patience!
   Nullum voléntem sibi adhærére non suscépit, nullíus mensam tectúmve despéxit, atquin ipse lavándis discipulórum pédibus ministrávit; non peccatóres, non publicános aspernátus est, non illi saltim civitáti quæ eum recípere nolúerat irátus est, cum étiam discípuli tam contumelióso óppido cæléstes ignes repræsentári voluíssent; ingrátos curávit, insidiatóribus cessit.
   Il a accueilli quiconque voulait s'attacher à lui, il n'a méprisé la table ni le toit de personne, bien plus il a procédé lui-même au lavement des pieds de ses disciples; il n'a repoussé ni les pécheurs ni les publicains, il ne s'est pas non plus emporté contre la cité qui avait refusé de le recevoir, alors que ses disciples auraient voulu voir se reproduire sur une ville aussi insolente les feux du ciel; il a guéri les ingrats, il a cédé aux traîtres.
   Parum hoc, si non étiam proditórem suum secum hábuit, nec constánter denotávit. Cum vero tráditur, cum addúcitur ut pecus ad víctimam - sic enim non magis áperit os quam agnus sub tondéntis potestáte - ille cui legiónes angelórum si voluísset uno dicto de cælis adfuíssent, ne uníus quidem discéntis gládium ultórem probávit. Patiéntia Dómini in Malcho vulneráta est: ítaque et gládii ópera maledíxit in pósterum et sanitátis restitutióne ei quem non ipse vexáverat satisfécit, per patiéntiam misericórdiæ matrem.
   C'eût été encore peu, s'il n'avait eu aussi avec lui celui qui devait le livrer et ne l'avait blâmé sans éclat. Et quand on le livre, quand on le conduit comme une bête à l'égorgement (tant il est vrai qu'il n'ouvre pas plus la bouche que l'agneau sous la main puissante du tondeur), lui que des légions d'anges venues du ciel auraient assisté sur un mot de sa part, s'il l'avait voulu, il n'a même pas approuvé l'épée vengeresse d'un seul de ses disciples. La patience du Seigneur a reçu une blessure dans la personne de Malchus: aussi a-t-il maudit pour la suite les œuvres du glaive, et en rendant son intégrité physique à celui qu'il n'avait pas fait souffrir de sa main, il lui a donné réparation, grâce à la patience, mère de la miséricorde.
   r. Abscóndite eleemósynam in sinu páuperis, et ipsa orat pro vobis ad Dóminum, * Quia sicut aqua exstínguit ignem, ita eleemósyna exstínguit peccátum. v. Honóra Dóminum de tua substántia, et de primítiis frugum tuárum da paupéribus. * Quia sicut. v. Glória Patri. * Quia sicut.
   r. Cache ton aumône dans le sein du pauvre, et elle intercédera pour toi devant Dieu: * De même que l'eau éteint les flammes, l'aumône éteint la dette du péché. v. Honore de tes biens le Seigneur, et donne aux pauvres les prémices de tes récoltes: * De même que. v. Gloire au Père. * De même que.
Postea dicitur immediate et sine orémus oratio propria, cum conclusione longiore.
Après cela on dit immédiatement et sans "Prions" l'oraison propre, avec la conclusion longue.
   Deus, ómnium misericordiárum et totíus bonitátis auctor, qui peccatórum remédia in ieiúniis, oratiónibus et eleemósynis demonstrásti, hanc humilitátis nostræ confessiónem propítius intuére, * ut, qui inclinámur consciéntia nostra, tua semper misericórdia sublevémur. Per Dóminum.
   O Dieu, source de toutes miséricordes et de toute bonté, Tu nous as montré les remèdes du péché dans le jeûne, la prière et l'aumône ; considère avec bienveillance l'aveu que nous faisons de notre faiblesse : notre conscience nous maintient dans l'humilité, que Ta miséricorde vienne sans cesse nous relever.
   Dóminus vobíscum.
   Le Seigneur soit avec vous.
   r. Et cum spíritu tuo.
   r. Et avec votre esprit.
   Benedícat vos omnípotens Deus, Pater, ✠ et Fílius, et Spíritus Sanctus.
   Que Dieu tout puissant vous bénisse, le Père, ✠ et le Fils et le Saint-Esprit.
   r. Amen.
   r. Amen.
Vel alia formula benedictionis, sicut in Missa.
Ou une autre formule de bénédiction, comme à la Messe.
Et si fit dimissio, sequitur invitatio:
Et si on fait un renvoi, on ajoute l'invitation :
Absente sacerdote vel diacono, et in recitatione a solo, sic concluditur:
En l'absence d'un diacre ou d'un prêtre, et dans la récitation seul, on conclut ainsi :
    Dóminus nos benedícat, et ab omni malo deféndat, et ad vitam perdúcat ætérnam. r. Amen.
    Que le Seigneur nous bénisse, qu'Il nous défende de tout mal, et qu'Il nous fasse parvenir à la vie éternelle. r. Amen.
Les traductions proposées ici ont pour seul but une meilleure compréhension du texte latin. Elles ne doivent pas être utilisées à la place des traductions officielles dans la liturgie en langue vernaculaire, qui sont © AELF.
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