Le monde attend que l'Eglise redevienne une société de louange

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   v. Deus, ✠ in adiutórium meum inténde.
   v. Dieu, viens à mon aide.
   r. Dómine, ad adiuvándum me festína.
   r. Seigneur, vite à mon secours.
   Glória Patri, et Fílio, et Spirítui Sancto. Sicut erat in princípio, et nunc et semper, et in sǽcula sæculórum. Amen.
   Gloire au Père, et au Fils et au Saint-Esprit, comme il était au commencement, maintenant et toujours, et dans les siècles des siècles. Amen.
Hymnus
Hymne
Nunc tempus acceptábile fulget datum divínitus, ut sanet orbem lánguidum medéla parsimóniæ.
Voici le temps favorable Dieu a voulu nous le donner pour guérir le monde malade, en lui prescrivant l'abstinence.
Christi decóro lúmine dies salútis émicat, dum corda culpis sáucia refórmat abstinéntia.
La belle lumière du Christ fait poindre le jour du salut quand la pénitence recrée les cœurs blessés par le péché
Hanc mente nos et córpore, Deus, tenére pérfice, ut appetámus próspero perénne pascha tránsitu.
Fais-nous, Seigneur, la pratiquer, dans notre âme et dans notre corps ; et nous passerons, sains et saufs, tendus vers la Pâque éternelle.
Te rerum univérsitas, clemens, adóret, Trínitas, et nos novi per véniam novum canámus cánticum. Amen.
Que toute chose en l'univers T'adore, ô Trinité clémente ; renouvelés par le pardon, chantons le cantique nouveau. Amen.
   Ant. 1. Laborávi clamans, dum spero in Deum meum.
   Ant. 1. Je me suis fatigué en criant, tandis que j’espère en mon Dieu.
Psalmus 68
Psaume 68
Zelus domus tuæ comedit me
Le zèle de Ta maison me dévore
Dederunt ei vinum bibere cum felle mixtum (Mt 27,34).
Il Lui donnèrent à boire du vin mêlé de fiel.
I
I
   Salvum me fac, Deus, * quóniam venérunt aquæ usque ad guttur meum.
   Sauve-moi, ô Dieu, * car les eaux sont entrées jusqu'à mon âme.
   Infíxus sum in limo profúndi, et non est substántia; * veni in profúnda aquárum, et fluctus demérsit me.
   Je suis enfoncé dans une boue profonde, où il n'y a pas de consistance; je suis descendu au fond des eaux et le flot m'a submergé.
   Laborávi clamans, raucæ factæ sunt fauces meæ; * defecérunt óculi mei, dum spero in Deum meum.
   Je me suis fatigué à crier, ma gorge en a été enrouée; mes yeux se sont épuisés, tandis que j'attends mon Dieu.
   Multiplicáti sunt super capíllos cápitis mei, * qui odérunt me gratis.
   Ils sont devenus plus nombreux que les cheveux de ma tête, ceux qui me haïssent sans cause.
   Confortáti sunt, qui persecúti sunt me inimíci mei mendáces; * quæ non rápui, tunc exsolvébam.
   Ils sont devenus forts, mes ennemis qui me persécutent injustement; j'ai dû payer ce que je n'avais pas pris.
   Deus, tu scis insipiéntiam meam, * et delícta mea a te non sunt abscóndita.
   O Dieu, Tu connais ma folie, et mes péchés ne Te sont point cachés.
   Non erubéscant in me, qui exspéctant te, * Dómine, Dómine virtútum.
   Que ceux qui espèrent en Toi ne rougissent pas à cause de moi, Seigneur, Seigneur des armées.
   Non confundántur super me, * qui quærunt te, Deus Israel.
   Qu'ils ne soient pas confondus à mon sujet, ceux qui Te cherchent, Dieu d'Israël.
   Quóniam propter te sustínui oppróbrium, * opéruit confúsio fáciem meam;
   Car c'est à cause de Vous que j'ai souffert l'opprobre, et que la confusion a couvert mon visage.
   extráneus factus sum frátribus meis * et peregrínus fíliis matris meæ.
   Je suis devenu un étranger pour mes frères, et un inconnu pour les fils de ma mère.
   Quóniam zelus domus tuæ comédit me, * et oppróbria exprobrántium tibi cecidérunt super me.
   Car le zèle de Ta maison m'a dévoré, et les outrages de ceux qui T'insultaient sont tombés sur moi.
   Et flevi in ieiúnio ánimam meam, * et factum est in oppróbrium mihi.
   J'ai affligé mon âme par le jeûne, et l'on m'en a fait un sujet d'opprobre.
   Et pósui vestiméntum meum cilícium, * et factus sum illis in parábolam.
   J'ai pris pour vêtement un cilice, et je suis devenu leur fable.
   Advérsum me loquebántur, qui sedébant in porta, * et in me canébant, qui bibébant vinum.
   Ceux qui étaient assis à la porte parlaient contre moi, et ceux qui buvaient du vin me raillaient par leurs chansons.
   Glória Patri, et Fílio, * et Spirítui Sancto.
   Gloire au Père, et au Fils, et au Saint Esprit.
   Sicut erat in princípio, et nunc et semper, * et in sǽcula sæculórum. Amen.
   Comme il était au commencement, maintenant et toujours, et dans les siècles des siècles. Amen.
   Ant. Laborávi clamans, dum spero in Deum meum.
   Ant. Je me suis fatigué en criant, tandis que j’espère en mon Dieu.
   Ant. 2. Dedérunt in escam meam fel, et in siti mea potavérunt me acéto.
   Ant. 2. Ils m'ont donné du fiel comme nourriture, et pour ma soif, ils m'ont donné du vinaigre à boire.
II
II
   Ego vero oratiónem meam ad te, Dómine, * in témpore benepláciti, Deus.
   Mais moi je T'adresse, Seigneur, ma prière. Voici le temps favorable, ô Dieu.
   In multitúdine misericórdiæ tuæ exáudi me, * in veritáte salútis tuæ.
   Selon la grandeur de Ta miséricorde exauce-moi, selon la vérité de Tes promesses de salut.
   Éripe me de luto, ut non infígar, erípiar ab iis, qui odérunt me, * et de profúndis aquárum.
   ue les flots en fureur ne me submergent point; que l'abîme ne m'engloutisse pas, et que le puits ne ferme pas sa bouche sur moi.
   Exáudi me, Dómine, quóniam benígna est misericórdia tua; * secúndum multitúdinem miseratiónum tuárum réspice in me.
   Exauce-moi, Seigneur, car Ta miséricorde est toute suave; regarde- moi selon l'abondance de Tes bontés.
   Et ne avértas fáciem tuam a púero tuo; * quóniam tríbulor, velóciter exáudi me.
   Et ne détourne pas Ton visage de Ton serviteur; parce que je suis dans l'angoisse, exauce-moi promptement.
   Accéde ad ánimam meam, víndica eam, * propter inimícos meos rédime me.
   Sois attentif sur mon âme, et délivre-la à cause de mes ennemis.
   Tu scis oppróbrium meum * et confusiónem meam et reveréntiam meam.
   Tu connais mon opprobre, et ma confusion, et ma honte.
   In conspéctu tuo sunt omnes, qui tríbulant me; *oppróbrium contrívit cor meum, et elángui.
   Tous ceux qui me persécutent sont devant Toi ; mon coeur s'attend à l'insulte et à la misère.
   Et sustínui, qui simul contristarétur, et non fuit, * et qui consolarétur, et non invéni.
   Et j'ai attendu que quelqu'un s'attristât avec moi, mais nul ne l'a fait; et que quelqu'un me consolât, mais je n'ai trouvé personne.
   Et dedérunt in escam meam fel * et in siti mea potavérunt me acéto.
   Et ils m'ont donné du fiel pour nourriture, et dans ma soif ils m'ont abreuvé de vinaigre.
   [Fiat mensa eórum coram ipsis in láqueum * et in retributiónes et in scándalum.
   [Que leur table soit devant eux comme un filet, un juste châtiment et une pierre de scandale.
   Obscuréntur óculi eórum, ne vídeant, * et lumbos eórum semper infírma.
   Que leurs yeux soient obscurcis, pour qu'ils cessent de voir, et courbe à jamais leur dos.
   Effúnde super eos iram tuam, * et furor iræ tuæ comprehéndat eos.
   Déverse sur eux Ta colère, et que la fureur de Ton courroux les saisisse.
   Fiat commorátio eórum desérta, * et in tabernáculis eórum non sit qui inhábitet.
   Que leur demeure devienne déserte, et qu'il n'y ait personne qui habite dans leurs tentes.
   Quóniam, quem tu percussísti, persecúti sunt, * et super dolórem eíus, quem vulnerásti, addidérunt.
   Parce qu'ils ont persécuté celui que Tu as frappé, et qu'ils ont ajouté à la douleur de mes blessures.
   Appóne iniquitátem super iniquitátem eórum, * et non véniant ad iustítiam tuam.
   Ajoute l'iniquité à leur iniquité, et qu'ils n'entrent pas dans Ta justice.
   Deleántur de libro vivéntium * et cum iústis non scribántur.]
   Qu'ils soient effacés du livre des vivants, et qu'ils ne soient point inscrits avec les justes.]
   Glória Patri, et Fílio, * et Spirítui Sancto.
   Gloire au Père, et au Fils, et au Saint Esprit.
   Sicut erat in princípio, et nunc et semper, * et in sǽcula sæculórum. Amen.
   Comme il était au commencement, maintenant et toujours, et dans les siècles des siècles. Amen.
   Ant. Dedérunt in escam meam fel, et in siti mea potavérunt me acéto.
   Ant. Ils m'ont donné du fiel comme nourriture, et pour ma soif, ils m'ont donné du vinaigre à boire.
   Ant. 3. Quǽrite Dóminum, et vivet ánima vestra.
   Ant. 3. Cherchez le Seigneur, et votre âme vivra.
III
III
   Ego autem sum pauper et dolens; * salus tua, Deus, súscipit me.
   Pour moi, je suis pauvre et dans la douleur; Ton salut, ô Dieu, m'a relevé.
   Laudábo nomen Dei cum cántico * et magnificábo eum in laude.
   Je louerai le Nom de Dieu par des cantiques, et je le glorifierai par des louanges;
   Et placébit Dómino super taurum, * super vítulum córnua producéntem et úngulas.
   et ce sera plus agréable à Dieu que le jeune veau, à qui poussent les cornes et les ongles.
   Vídeant húmiles et læténtur; * quærite Deus, et vivet cor vestrum,
   Que les pauvres le voient et se réjouissent. Cherchez Dieu, et votre âme vivra;
   quóniam exaudívit páuperes Dóminus * et vinctos suos non despéxit.
   car le Seigneur a exaucé les pauvres, et Il n'a pas méprisé Ses captifs.
   Laudent illum cæli et terra, * mária et ómnia reptília in eis.
   Que les cieux et la terre Le louent; la mer, et tout ce qui s'y meut.
   Quóniam Deus salvam fáciet Sion et ædificábit civitátes Iudæ; * et inhabitábunt ibi et possidébunt eam.
   Car Dieu sauvera Sion, et les villes de Juda seront bâties. Ils y habiteront, et ils l'acquerront en héritage.
   Et semen servórum eius hereditábunt eam * et, qui díligunt nomen eius, habitábunt in ea.
   Et la race de Ses serviteurs la possédera, et ceux qui aiment Son Nom y habiteront.
   Glória Patri, et Fílio, * et Spirítui Sancto.
   Gloire au Père, et au Fils, et au Saint Esprit.
   Sicut erat in princípio, et nunc et semper, * et in sǽcula sæculórum. Amen.
   Comme il était au commencement, maintenant et toujours, et dans les siècles des siècles. Amen.
   Ant. Quǽrite Dóminum, et vivet ánima vestra.
   Ant. Cherchez le Seigneur, et votre âme vivra.
In primo nocturno, anno I
Premier nocturne, année I
De Epístula ad Hebræos
De la lettre aux Hébreux
   De pontífice grandis nobis sermo et ininterpretábilis ad dicéndum, quóniam segnes facti estis ad audiéndum. Etenim cum deberétis magístri esse propter tempus, rursum indigétis ut vos dóceat áliquis eleménta exórdii sermónum Dei, et facti estis quibus lacte opus sit, non sólido cibo. Omnis enim qui lactis est párticeps, expers est sermónis iustítiæ, párvulus enim est; perfectórum autem est sólidus cibus, eórum qui pro consuetúdine exercitátos habent sensus ad discretiónem boni ac mali.
   Au sujet du grand prêtre, nous avons bien des choses à dire, et difficiles à exposer parce que vous êtes devenus lents à comprendre. En effet, alors qu'avec le temps vous devriez être devenus des maîtres, vous avez de nouveau besoin qu'on vous enseigne les premiers rudiments des oracles de Dieu, et vous en êtes venus à avoir besoin de lait, non de nourriture solide. Effectivement, quiconque en est encore au lait ne peut goûter la doctrine de justice, car c'est un tout petit enfant; les parfaits, eux, ont la nourriture solide, ceux qui, par l'habitude, ont le sens moral exercé au discernement du bien et du mal.
   Quaprópter prætermitténtes inchoatiónis Christi sermónem ad perfectiónem ferámur, non rursum iacéntes fundaméntum pæniténtiæ ab opéribus mórtuis et fídei ad Deum, baptísmatum doctrínæ, impositiónis quoque mánuum, ac resurrectiónis mortuórum et iudícii ætérni. Et hoc faciémus síquidem permíserit Deus.
   C'est pourquoi, laissant l'enseignement élémentaire sur le Christ, élevons-nous à l'enseignement parfait, sans revenir sur les articles fondamentaux du repentir des œuvres mortes et de la foi en Dieu, de l'instruction sur les baptêmes et de l'imposition des mains, de la résurrection des morts et du jugement éternel. Et c'est ainsi que nous allons faire, si Dieu le permet.
   Impossíbile est enim eos qui semel sunt illumináti, gustavérunt étiam donum cæléste et partícipes sunt facti Spíritus Sancti et bonum gustavérunt Dei verbum virtutésque sæculi ventúri et prolápsi sunt, rursus renovári ad pæniténtiam, rursum crucifigéntes sibimetípsis Fílium Dei et osténtui habéntes. Terra enim sæpe veniéntem super se bibens imbrem et génerans herbam opportúnam illis propter quos et cólitur, áccipit benedictiónem a Deo; próferens autem spinas ac tríbulos réproba est et maledícto próxima, cuius finis in combustiónem.
   Il est impossible, en effet, pour ceux qui une fois ont été illuminés, qui ont goûté au don céleste, qui sont devenus participants de l'Esprit Saint, qui ont goûté la belle parole de Dieu et les forces du monde à venir, et qui néanmoins sont tombés, de les rénover une seconde fois en les amenant à la pénitence, alors qu'ils crucifient pour leur compte le Fils de Dieu et le bafouent publiquement. En effet, lorsqu'une terre a bu la pluie venue souvent sur elle, et qu'elle produit des plantes utiles à ceux-là mêmes pour qui elle est cultivée, elle reçoit de Dieu une bénédiction. Mais celle qui porte des épines et des ronces est réprouvée et bien proche d'être maudite. Elle finira par être brûlée.
   r. In ieiúnio et fletu orábant sacerdótes, dicéntes: * Parce, Dómine, parce pópulo tuo, et ne des hereditátem tuam in perditiónem. v. Inter vestíbulum et altáre plorábant sacerdótes, dicéntes: * Parce. v. Glória Patri. * Parce.
   r. Les prêtres du Seigneur suppliaient dans le jeûne et les larmes: * Pitié, Seigneur, épargne ton peuple, ne livre pas ton héritage à la ruine! v. Entre le portail et l'autel, les prêtres se lamentaient, disant: * Pitié. v. Gloire au Père. * Pitié.
In secundo nocturno, anno I
Deuxième nocturne, année I
Ex Sermónibus sancti Bernárdi abbátis (Sermo 4 in Quadr., 3-4: EC 4, 370-371)
Sermon de saint Bernard
   Orátio quanto efficácior est, si fiat ut debet, tanto callídius impedíri ab adversário solet. Intérdum enim gráviter impedítur orátio a pusillanimitáte spíritus et timóre immoderáto. Hoc autem tunc solet fíeri, cum sic cógitat homo própriam indignitátem, ut non convértat óculos ad divínam benignitátem. Abýssus enim abýssum ínvocat: abýssus luminósa, abýssum tenebrósam; abýssus misericórdiæ, abýssum misériæ. Profúndum namque est cor hóminis et imperscrutábile. Sed si magna est iníquitas mea, multo maior est, Dómine, píetas tua. Ideóque cum ad meípsum turbáta fúerit ánima mea, memor sum multitúdinis misericórdiæ tuæ et respíro in ea, et, cum introíero in poténtias meas, nolo memorári iustítiæ tuæ solíus.
   Plus l'efficacité de la prière est grande, quand elle est bien faite, plus l'ennemi déploie de ruse à l'entraver. Souvent aussi elle trouve un obstacle dans l'abattement de l'esprit et une crainte immodérée. Ce qui arrive d'ordinaire quand l'homme considère son indignité personnelle, sans tourner les yeux vers la divine bonté. Un abîme amène un autre abîme: un abîme de lumière, un abîme de ténèbres; un abîme de miséricorde, un abîme de misères. Car le cœur de l'homme est profond, et on n'en peut sonder les mystères. Mais si mon péché est grand, plus grande, Seigneur, est ta bonté. Aussi, quand mon âme se trouble, je me rappelle l'immensité de ta miséricorde, et je respire, et, en pénétrant dans mes impuissances, je ne m'arrête pas au souvenir exclusif de ta justice.
   Verúmtamen sicut perículum est, si fúerit orátio nimis tímida, sic in contrária parte non minus, immo et maius perículum est, si forte fúerit temerária. Nec hoc dico, ut peccatóribus áuferam orándi fidúciam; sed volo eos oráre tamquam gentem quæ peccátum fécerit, non iustítiam. Orent pro indulgéntia peccatórum suórum in ánimo contríto et spíritu humilitátis, quemádmodum publicánus ille: Deus, inquit, propítius esto mihi peccatóri. Temeritátem enim dico, quando is in cuius consciéntia peccátum adhuc aut vítium áliquod regnat, ámbulat in magnis et mirabílibus super se, minus sollícitus pro perículo ánimæ suæ.
   Cependant, s'il y a un péril dans la timidité de la prière, il y en a un aussi grand, un plus redoutable même, dans l'excès contraire, la témérité. Je ne dis pas cela pour ôter aux pécheurs la confiance dans la prière, mais je veux que leur prière soit une prière de pécheurs et non de justes. Qu'ils prient afin d'obtenir le pardon de leurs offenses, par la contrition du cœur et l'humilité de l'esprit, à l'exemple du publicain qui s'écriait: Dieu, aie pitié de moi, pécheur. Or, j'appelle témérité les sentiments d'un homme dont la conscience est dominée par le péché ou le vice, et qui pourtant marche fièrement, sans inquiétude du salut de son âme.
   Tertium perículum est, si sit orátio tépida et non ex viva affectióne procédens. Tímida quidem orátio cælum non pénetrat, quia restríngit ánimum timor immoderátus, ut orátio, non dicam non ascéndere, sed nec procédere queat. Tépida vero in ascénsu languéscit et déficit, eo quod non hábeat vigórem. Nam temerária ascéndit, sed résilit; resístitur enim ei, nec tantum non óbtinet grátiam, sed merétur offénsam. Quæ vero fidélis, et húmilis, et fervens orátio fúerit, cælum sine dúbio penetrábit, unde certum est quod vácua redíre non possit.
   Un troisième danger, c'est la tiédeur dans la prière qui n'est pas inspirée par une affection vive. Une prière timide ne pénètre pas le ciel, parce que l'excès de crainte resserre le cœur et empêche la prière non seulement de monter, mais de sortir de l'âme. La prière tiède languit et défaille dans son vol; elle est sans vigueur. La prière téméraire monte bien, mais elle tombe ensuite devant la résistance qu'elle rencontre, et, loin d'obtenir la grâce, elle se convertit en offense. Pour la prière riche de foi, d'humilité et de ferveur, elle pénétrera certainement les cieux; elle ne peut revenir vide et stérile.
   r. Scíndite corda vestra et non vestiménta vestra, * Et convertímini ad Dóminum Deum vestrum, quia benígnus et miséricors est. v. Revertímini unusquísque a via sua mala, et a péssimis cogitatiónibus vestris. * Et convertímini. v. Glória Patri. * Et convertímini.
   r. Déchirez vos cœurs et non pas vos vêtements, * Et convertissez-vous au Seigneur votre Dieu, car il est tendre et miséricordieux. v. Revenez donc, chacun, de votre voie mauvaise et de la perversité de vos projets. * Et convertissez-vous. v. Gloire au Père. * Et convertissez-vous.
Postea dicitur immediate et sine orémus oratio propria, cum conclusione longiore.
Après cela on dit immédiatement et sans "Prions" l'oraison propre, avec la conclusion longue.
   Córdibus nostris, quǽsumus, Dómine, grátiam tuam benígnus infúnde, ut ab humánis semper retrahámur excéssibus, * et mónitis inhærére valeámus, te largiénte, cæléstibus. Per Dóminum.
   Dans Ta bonté, Seigneur, répands Ta grâce en nos coeurs pour que nous sachions toujours nous garder des excès de la nature, et qu'avec Ton aide, nous puissions rester attachés à l'enseignement qui nous vient du ciel.
   Dóminus vobíscum.
   Le Seigneur soit avec vous.
   r. Et cum spíritu tuo.
   r. Et avec votre esprit.
   Benedícat vos omnípotens Deus, Pater, ✠ et Fílius, et Spíritus Sanctus.
   Que Dieu tout puissant vous bénisse, le Père, ✠ et le Fils et le Saint-Esprit.
   r. Amen.
   r. Amen.
Vel alia formula benedictionis, sicut in Missa.
Ou une autre formule de bénédiction, comme à la Messe.
Et si fit dimissio, sequitur invitatio:
Et si on fait un renvoi, on ajoute l'invitation :
Absente sacerdote vel diacono, et in recitatione a solo, sic concluditur:
En l'absence d'un diacre ou d'un prêtre, et dans la récitation seul, on conclut ainsi :
    Dóminus nos benedícat, et ab omni malo deféndat, et ad vitam perdúcat ætérnam. r. Amen.
    Que le Seigneur nous bénisse, qu'Il nous défende de tout mal, et qu'Il nous fasse parvenir à la vie éternelle. r. Amen.
Les traductions proposées ici ont pour seul but une meilleure compréhension du texte latin. Elles ne doivent pas être utilisées à la place des traductions officielles dans la liturgie en langue vernaculaire, qui sont © AELF.
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