Le monde attend que l'Eglise redevienne une société de louange

Avertissement : l'antiphonaire romain est en construction. Il subsiste de nombreuses erreurs et omissions. Soyez patients.
%%
(c3) DE(h)us,(h) (,)in(h) ad(h)iu(h)tó(hi)ri(h)um(h) me(h)um(h) in(h)tén(h)de.(h) r/.(::) Dó(h)mi(h)ne,(h) (,) ad(h) ad(h)iu(h)ván(h)dum(h) me(h) fes(h)tí(h)na.(h) (:) Gló(h)ri(h)a(h) Pa(h)tri,(h) et(h) Fí(h)li(h)o,(h) (,) et(h) Spi(h)rí(h)tu(h)i(h) Sanc(h)to.(h) (:)
Si(h)cut(h) e(h)rat(h) in(h) prin(h)cí(h)pi(h)o,(h) et(h) nunc,(h) et(h)
sem(h)per,(h) (,) et(h) in(h) sǽ(h)cu(h)la(h) sæ(h)cu(h)ló(h)rum.(h)
Am(h)en.(h:) Al(h)le(hi)lú(h)ia.(h) (::)
   v. Deus, ✠ in adiutórium meum inténde. r. Dómine, ad adiuvándum me festína. Glória Patri, et Fílio, et Spirítui Sancto. Sicut erat in princípio, et nunc et semper, et in sǽcula sæculórum. Amen. Allelúia.
   v. Dieu, viens à mon aide. r. Seigneur, vite à mon secours. Gloire au Père, et au Fils et au Saint-Esprit, comme il était au commencement, maintenant et toujours, et dans les siècles des siècles. Amen. Alléluia.
Hymnus
Hymne
annotation: 1;
%%
(c4) BE(ded)á(c)te(d) mar(fe)tyr,(fgFE) pró(d)spe(cd)ra(d_,)
di(c)em(e) tri(d)um(e)phá(fe)lem(d) tu(ce)um,(e.;)
quo(d) sán(dh)gui(h)nis(g) mer(fvED)ces(f) ti(gf)bi(e_,)
co(c)ró(e)na(d) vin(e)cén(fe)ti(d) da(cd)tur.(d.::)


2.() Hic(ded) t<i>e</i>() ex(c) te(d)né(fe)bris(fgFE) saé(d)cu(cd)li(d_,)
tor(c)tó(e)re(d) vict<i>o</i>(e) et(fe) iú(d)di(ce)ce,(e.;)
e(d)vé(dh)xit(h) ad(g) cæ(fvED)lum(f) di(gf)es(e_,)
Chri(c)stóqu<i>e</i>(e) o(d)ván(e)tem,(fe) réd(d)di(cd)dit.(d.::)
3.() Nunc(ded) an(c)ge(d)ló(fe)rum(fgFE) pár(d)ti(cd)ceps(d_,)
col(c)lú(e)ces(d) in(e)sí(fe)gni(d) sto(ce)la,(e.;)
quam(d) te(dh)stis(h) in(g)do(fvED)má(f)bi(gf)lis(e_,)
ri(c)vis(e) cru(d)ó(e)ris(fe) lá(d)ve(cd)ras.(d.::)
4.() Ad(ded)é(c)sto(d) nunc(fe) et(fgFE) ób(d)se(cd)cra,(d_,)
pla(c)cá(e)tus(d) ut(e) Chri(fe)stus(d) su(ce)is(e.;)
in(d)clí(dh)net(h) au(g)rem(fvED) pró(f)spe(gf)ram,(e_,)
no(c)xas(e) nec(d) om(e)nes(fe) ím(d)pu(cd)tet.(d.::)
5.() Pau(ded)lí(c)sper(d) huc(fe) il(fgFE)lá(d)be(cd)re(d_,)
Chri(c)sti(e) fa(d)vó(e)rem(fe) dé(d)fe(ce)rens,(e.;)
sen(d)sus(dh) gra(h)vát<i>i</i>(g) ut(fvED) sén(f)ti(gf)ant(e_,)
le(c)vá(e)men(d) in(e)dul(fe)gén(d)ti(cd)æ.(d.::)
6.() Ho(ded)nor(c) Pa(d)tri(fe) cum(fgFE) Fí(d)li(cd)o(d_,)
et(c) Spí(e)ri(d)tu(e) Pa(fe)rá(d)cli(ce)to,(e.;)
qui(d) te(dh) co(h)ró(g)na(fvED) pér(f)pe(gf)ti(e_,)
cin(c)gunt(e) in(d) au(e)la(fe) gló(d)ri(cd)æ.(d.::) A(ded)men.(cd..) (::)
Beate (Beata) martyr, próspera diem triumphálem tuum, quo sánguinis merces tibi coróna vincénti datur.
Rendez favorable, saint martyr, le jour où vous avez triomphé quand la couronne fut donnée pour prix du sang, à votre victoire.
Hic te ex tenébris sǽculi, tortóre victo et iúdice, evéxit ad cælum dies Christóque ovántem réddidit.
De la ténèbre d'ici-bas, ce jour vous a porté jusqu'au ciel, pour vous rendre au Christ, en triomphe, vainqueur des bourreaux et des juges.
Nunc angelórum párticeps collúces insígni stola, quam testis indomábilis rivis cruóris láveras.
Réuni aux anges du ciel, vous brillez dans le vêtement que vous avez, martyr indomptable, lavé dans le sang qui ruisselle.
Adésto nunc et óbsecra, placátus ut Christus suis inclínet aurem prósperam, noxas nec omnes ímputet.
Venez maintenant prier pour nous, et que le Christ, en Sa pitié, incline une oreille propice et ne nous compte aucune faute.
Paulís per huc illábere Christi favórem déferens, sensus gravati ut séntiant levámen indulgéntiæ.
Descendez un moment jusqu'à nous, porteur de la grâce du Christ : que nous sentions Son indulgence alléger nos âmes pesantes.
Honor Patri cum Fílio et Spíritu Paráclito, qui te coróna pérpeti cingunt in aula glóriæ. Amen.
Honneur au Père, honneur au Fils, honneur à l'Esprit Paraclet, qui, dans leur demeure de gloire, pour l'éternité vous couronnent. Amen.
annotation: 7a;
%%
(c3) O(e)mnes(e') i(g)ni(h)mí(i)ci(j) me(i)i(h) *(,) au(j)di(k)é(j)runt(h) ma(j)lum(k) me(j)um,(ih~) Dó(jk)mi(j)ne:(i) (;) læ(i)tá(i)ti(hg) sunt,(e) (,) quó(e)ni(i)am(h) tu(g) fe(f)cí(e)sti.(e) (::) E(i) u(i) o(j) u(i) a(h) e.(gf) (::)
   Ant. 1. Omnes inimíci mei audiérunt malum meum, Dómine: lætáti sunt quóniam tu fecísti.
   Ant. 1. Tous mes ennemis ont entendu mon malheur, Seigneur : ils s’en sont réjouis, car c’est Toi qui l’as fait.
Psalmus 88 (89), 39-53
Psaume 88 (89), 39-53
Lamentatio de ruina domus David
Lamentation sur la ruine de la maison de David
Erexit cornu salutis nobis in domo David (Lc 1, 69).
Il nous a suscité un sauveur de la maison de David.
IV
IV
   Tu vero reppulísti et reiecísti, * irátus es contra christum tuum;
   Et pourtant Tu as rejeté et méprisé; Tu as repoussé Ton oint.
   evertísti testaméntum servi tui, * profanásti in terram diadéma eius.
   Tu as détruit l'alliance faite avec Ton serviteur; Tu as profané en le jetant à terre son diadème sacré.
   Destruxísti omnes muros eius, * posuísti munitiónes eius in ruínas.
   Tu as abattu toutes ses clôtures ; Tu as rempli de frayeur ses forteresses.
   Diripuérunt eum omnes transeúntes viam, * factus est oppróbrium vicínis suis.
   Tous ceux qui passaient par le chemin l'ont pillé, et il est devenu l'opprobre de ses voisins.
   Exaltásti déxteram depriméntium eum, * lætificásti omnes inimícos eius.
   Tu as élevé la droite de ses oppresseurs ; Tu as réjoui tous ses ennemis.
   Avertísti áciem gládii eius * et non es auxiliátus ei in bello.
   Tu as enlevé toute force à son glaive, et Tu ne l'as pas secouru dans la guerre.
   Finem posuísti splendóri eius * et sedem eius in terram collisísti.
   Tu l'as dépouillé de son éclat, et Tu as brisé son trône contre la terre.
   Minorásti dies iuventútis eius, * perfudísti eum confusióne.
   Tu as abrégé les jours de son règne; Tu l'as couvert d'ignominie.
   Glória Patri, et Fílio, * et Spirítui Sancto.
   Gloire au Père, et au Fils, et au Saint Esprit.
   Sicut erat in princípio, et nunc et semper, * et in sǽcula sæculórum. Amen.
   Comme il était au commencement, maintenant et toujours, et dans les siècles des siècles. Amen.
annotation: ;
%%
(c3) a/. O(e)mnes(e') i(g)ni(h)mí(i)ci(j) me(i)i(h) (,) au(j)di(k)é(j)runt(h) ma(j)lum(k) me(j)um,(ih~) Dó(jk)mi(j)ne:(i) (;) læ(i)tá(i)ti(hg) sunt,(e) (,) quó(e)ni(i)am(h) tu(g) fe(f)cí(e)sti.(e)
(::)
   Ant. Omnes inimíci mei audiérunt malum meum, Dómine: lætáti sunt quóniam tu fecísti.
   Ant. Tous mes ennemis ont entendu mon malheur, Seigneur : ils s’en sont réjouis, car c’est Toi qui l’as fait.
annotation: 6f;
%%
(c4) BE(f)ne(g)dí(h)ctus(f) *() Dó(g)mi(fe)nus(d) in(f) æ(g)tér(g)num.(f) (::)
E(h) u(h) o(f) u(gh) a(g) e.(f) (::)
   Ant. 2. Benedíctus Dóminus in ætérnum.
   Ant. 2. Béni soit le Seigneur pour toujours.
V
V
   Usquequo, Dómine, abscondéris in finem, * exardéscet sicut ignis ira tua?
   Jusques à quand, Seigneur, Te détourneras-Tu à jamais? Jusques à quand Ta colère s'embrasera-t-elle comme le feu?
   Memoráre, quam brevis mea substántia. * Ad quam vanitátem creásti omnes fílios hóminum?
   Rappelle-Toi ce qu'est ma vie; car est-ce pour le néant que Tu as créé tous les enfants des hommes?
   Quis est homo, qui vivet et non vidébit mortem, * éruet ánimam suam de manu ínferi?
   Quel est l'homme qui pourra vivre sans voir la mort, et qui arrachera son âme à la puissance de l'enfer ?
   Ubi sunt misericórdiæ tuæ antíquæ, Dómine, * sicut iurásti David in veritáte tua?
   Où sont, Seigneur, Tes anciennes miséricordes, que Tu as jurées à David au nom de Ta vérité ?
   Memor esto, Dómine, oppróbrii servórum tuórum, * quod contínui in sinu meo, multárum géntium,
   Souviens-Toi, Seigneur, de l'opprobre de Tes serviteurs; je l'ai tenu caché dans mon sein; il venait de nations nombreuses.
   quo exprobravérunt inimíci tui, Dómine, * quo exprobravérunt vestígia christi tui.
   Souviens-Toi au reproche de Tes ennemis, Seigneur, du reproche qu'ils ont fait au sujet de Ton changement à l'égard de Ton oint.
   Benedíctus Dóminus in ætérnum. * Fiat, fiat.
   Béni soit le Seigneur à jamais. Ainsi soit-il, ainsi soit-il.
   Glória Patri, et Fílio, * et Spirítui Sancto.
   Gloire au Père, et au Fils, et au Saint Esprit.
   Sicut erat in princípio, et nunc et semper, * et in sǽcula sæculórum. Amen.
   Comme il était au commencement, maintenant et toujours, et dans les siècles des siècles. Amen.
annotation: ;
%%
(c4) a/. Be(f)ne(g)dí(h)ctus(f) () Dó(g)mi(fe)nus(d) in(f) æ(g)tér(g)num.(f)
(::)
   Ant. Benedíctus Dóminus in ætérnum.
   Ant. Béni soit le Seigneur pour toujours.
annotation: 1g;
%%
(c4) CON(d)vér(e)te(f)re,(ge) Dó(f)mi(e)ne,(df/d/dc) *(,) et(dc~) de(f)pre(g)cá(h)bi(g)lis(f) e(g)sto(f) (,) su(e)per(f) ser(g)vos(fe) tu(d)os.(d) (::)
E(h) u(h) o(g) u(f) a(gh) e.(g) (::)
   Ant. 3. Convértere, Dómine et deprecábilis esto super servos tuos.
   Ant. 3. Convertis, Seigneur, et sois propice à Tes serviteurs.
Psalmus 89 (90)
Psaume 89 (90)
Sit splendor Domini super nos
Que la splendeur du Seigneur soit sur nous.
Unus dies apud Dominum sicut mille anni, et mille anni sicut dies unus (2 Petr 3, 8).
Auprès du Seigneur, un jour est comme mille ans, et mille ans sont comme un jour.
   Dómine, refúgium factus es nobis * a generatióne in generatiónem.
   Seigneur, Tu as été pour nous un refuge de génération en génération.
   Priúsquam montes nasceréntur aut gignerétur terra et orbis, * a sǽculo et usque in sǽculum tu es Deus.
   Avant que les montagnes fussent nées, et que Tu eusses enfanté la terre et le monde, de l'éternité à l'éternité Tu es, ô Dieu.
   Redúcis hóminem in púlverem; * et dixísti: «Revertímini, fílii hóminum».
   Tu réduis les mortels en poussière, et Tu dis : « Retournez, fils de l'homme ».
   Quóniam mille anni ante óculos tuos tamquam dies hestérna, quæ prætériit, * et custódia in nocte.
   Car mille ans sont, à Tes yeux, comme le jour d'hier, quand il passe, et comme une veille de la nuit.
   Auferes eos, sómnium erunt: * mane sicut herba succréscens,
   Tu les emportes, semblables à un songe : le matin, comme l'herbe, ils repoussent,
   mane floret et crescit, * véspere décidit et aréscit.
   le matin, elle fleurit et pousse, le soir, elle se flétrit et se dessèche.
   Quia defécimus in ira tua * et in furóre tuo turbáti sumus.
   Ainsi nous sommes consumés par Ta colère, et Ta fureur nous terrifie.
   Posuísti iniquitátes nostras in conspéctu tuo, * occúlta nostra in illuminatióne vultus tui.
   Tu mets devant Toi nos iniquités, nos fautes cachées à la lumière de Ta face.
   Quóniam omnes dies nostri evanuérunt in ira tua, * consúmpsimus ut suspírium annos nostros.
   Tous nos jours disparaissent par Ton courroux nous voyons nos années s'évanouir comme un son léger.
   Dies annórum nostrórum sunt septuagínta anni * aut in valéntibus octogínta anni,
   Nos jours s'élèvent à soixante-dix ans, et dans leur pleine mesure à quatre-vingts ans,
   et maior pars eórum labor et dolor, * quóniam cito tránseunt, et avolámus.
   et leur splendeur n'est que peine et misère, car ils passent vite, et nous nous envolons.
   Quis novit potestátem iræ tuæ * et secúndum timórem tuum indignatiónem tuam?
   Qui comprend la puissance de Ta colère, et Ton courroux, selon la crainte qui T'est due ?
   Dinumeráre dies nostros sic doce nos, * ut inducámus cor ad sapiéntiam.
   Enseigne-nous à bien compter nos jours, afin que nous acquérions un cœur sage.
   Convértere, Dómine, úsquequo? * Et deprecábilis esto super servos tuos.
   Reviens, Seigneur ; jusques à quand ? Aie pitié de Tes serviteurs.
   Reple nos mane misericórdia tua, * et exsultábimus et delectábimur ómnibus diébus nostris.
   Rassasie-nous le matin de Ta bonté, et nous serons tous nos jours dans la joie et l'allégresse.
   Lætífica nos pro diébus, quibus nos humiliásti, * pro annis, quibus vídimus mala.
   Réjouis-nous autant de jours que Tu nous as humiliés, autant d'années que nous avons connu le malheur.
   Appáreat servis tuis opus tuum * et decor tuus fíliis eórum.
   Que Ton oeuvre se manifeste à Tes serviteurs, ainsi que Ta gloire, pour leurs fils.
   Et sit splendor Dómini Dei nostri super nos, et ópera mánuum nostrárum confírma super nos * et opus mánuum nostrárum confírma.
   Que la faveur du Seigneur, notre Dieu, soit sur nous, affermis pour nous l'ouvrage de nos mains et affermis l'ouvrage de nos mains.
   Glória Patri, et Fílio, * et Spirítui Sancto.
   Gloire au Père, et au Fils, et au Saint Esprit.
   Sicut erat in princípio, et nunc et semper, * et in sǽcula sæculórum. Amen.
   Comme il était au commencement, maintenant et toujours, et dans les siècles des siècles. Amen.
annotation: ;
%%
(c4) a/. Con(d)vér(e)te(f)re,(ge) Dó(f)mi(e)ne,(df/d/dc) (,) et(dc~) de(f)pre(g)cá(h)bi(g)lis(f) e(g)sto(f) (,) su(e)per(f) ser(g)vos(fe) tu(d)os.(d)
(::)
   Ant. Convértere, Dómine et deprecábilis esto super servos tuos.
   Ant. Convertis, Seigneur, et sois propice à Tes serviteurs.
   v. Iste est qui contémpsit vitam mundi. r. Et pérvenit ad cæléstia regna.
   v. Celui-ci négligea la vie dans le monde. r.  Et il parvint au royaume des cieux.
In primo nocturno, anno II )
Premier nocturne, année II)
De Actibus Apostolórum 27, 21-44
Du livre des Actes des Apôtres
   Cum multa ieiunátio fuísset, tunc stans Paulus in médio eórum dixit: «Oportébat quidem, o viri, audíto me, non tóllere a Creta lucríque fácere iniúriam hanc et iactúram. Et nunc suádeo vobis bono ánimo esse, nulla enim amíssio ánimæ erit ex vobis prætérquam navis; ástitit enim mihi hac nocte ángelus Dei cuius sum ego, cui et desérvio, dicens: "Ne tímeas, Paule; Cæsari te opórtet assístere, et ecce donávit tibi Deus omnes qui návigant tecum." Propter quod bono ánimo estóte, viri; credo enim Deo quia sic erit, quemádmodum dictum est mihi. In ínsulam autem quandam opórtet nos incídere.»
   Il y avait longtemps qu'on n'avait plus mangé: alors Paul, debout au milieu des autres, leur dit: « Il fallait m'écouter, mes amis, et ne pas quitter la Crète; on se serait épargné ce péril et ce dommage. Quoi qu'il en soit, je vous invite à avoir bon courage, car aucun de vous n'y laissera la vie, le navire seul sera perdu. Cette nuit en effet m'est apparu un ange du Dieu auquel j'appartiens et que je sers, et il m'a dit: "Sois sans crainte, Paul. Il faut que tu comparaisses devant César, et voici que Dieu t'accorde la vie de tous ceux qui naviguent avec toi." Courage donc, mes amis! Je me fie à Dieu de ce qu'il en sera comme il m'a été dit. Mais nous devons échouer sur une île. »
   Sed posteáquam quarta décima nox supérvenit, cum ferrémur in Hádria, circa médiam noctem suspicabántur nautæ apparére sibi áliquam regiónem. Qui submitténtes bólidem invenérunt passus vigínti, et pusíllum inde separáti et rursum submitténtes invenérunt passus quíndecim; timéntes autem, ne in áspera loca inciderémus, de puppi mitténtes áncoras quáttuor optábant diem fíeri. Nautis vero quæréntibus fúgere de navi, cum demisíssent scapham in mare suo obténtu, quasi a prora incíperent áncoras exténdere, dixit Paulus centurióni et milítibus: «Nisi hi in navi mánserint, vos salvi fíeri non potéstis.» Tunc abscidérunt mílites funes scaphæ et passi sunt eam excídere.
   C'était la quatorzième nuit et nous étions ballottés sur l'Adriatique, quand, vers minuit, les matelots pressentirent l'approche d'une terre. Ils lancèrent la sonde et trouvèrent vingt brasses; un peu plus loin, ils la lancèrent encore et trouvèrent quinze brasses. Craignant donc que nous n'allions échouer quelque part sur des écueils, ils jetèrent quatre ancres à la poupe; et ils appelaient de leurs vœux la venue du jour. Mais les matelots cherchaient à s'enfuir du navire. Ils mirent la chaloupe à la mer, sous prétexte d'aller élonger les ancres de la proue. Paul dit alors au centurion et aux soldats: « Si ces gens-là ne restent pas sur le navire, vous ne pouvez être sauvés. » Sur ce les soldats coupèrent les cordes de la chaloupe et la laissèrent tomber.
   Donec autem lux incíperet fíeri, rogábat Paulus omnes súmere cibum dicens: «Quarta décima hódie die exspectántes ieiúni permanétis nihil accipiéntes; propter quod rogo vos accípere cibum, hoc enim pro salúte vestra est, quia nullíus vestrum capíllus de cápite períbit.» Et cum hæc dixísset et sumpsísset panem, grátias egit Deo in conspéctu ómnium et, cum fregísset, cœpit manducáre. Animæquióres autem facti omnes et ipsi assumpsérunt cibum. Erámus vero univérsæ ánimæ in navi ducéntæ septuagínta sex. Et satiáti cibo alleviábant navem iactántes tríticum in mare.
   En attendant que parût le jour, Paul engageait tout le monde à prendre de la nourriture. « Voici aujourd'hui quatorze jours, disait-il, que, dans l'attente, vous restez à jeun, sans rien prendre. Je vous engage donc à prendre de la nourriture, car c'est votre propre salut qui est ici en jeu. Nul d'entre vous ne perdra un cheveu de sa tête. » Cela dit, il prit du pain, rendit grâces à Dieu devant tous, le rompit et se mit à manger. Alors, retrouvant leur courage, eux aussi prirent tous de la nourriture. Nous étions en tout sur le navire deux cent soixante-seize personnes. Une fois rassasiés, on se mit à alléger le navire en jetant le blé à la mer.
   Cum autem dies factus esset, terram non agnoscébant, sinum vero quendam considerábant habéntem litus, in quem cogitábant si possent eícere navem. Et cum áncoras abstulíssent, committébant mari simul laxántes iunctúras gubernaculórum et, leváto artémone, secúndum flatum auræ tendébant ad litus. Et cum incidíssent in locum dithalássum, impegérunt navem; et prora quidem fixa manébat immóbilis, puppis vero solvebátur a vi flúctuum. Mílitum autem consílium fuit, ut custódias occíderent, ne quis, cum enatásset, effúgeret; centúrio autem volens serváre Paulum prohíbuit eos a consílio iussítque eos qui possent natáre, míttere se primos et ad terram exíre et céteros, quosdam in tábulis, quosdam vero super ea quæ de navi essent; et sic factum est ut omnes eváderent ad terram.
   Quand le jour parut, les marins ne reconnurent pas la terre; ils distinguaient seulement une baie avec une plage, et ils se proposaient, si possible, d'y pousser le navire. Ils détachèrent les ancres, qu'ils abandonnèrent à la mer; ils relâchèrent en même temps les amarres des gouvernails. Puis, hissant au vent la voile d'artimon, ils se laissèrent porter vers la plage. Mais ayant touché un haut-fond entre deux courants, ils y firent échouer le navire. La proue, fortement engagée, restait immobile, tandis que la poupe, violemment secouée, se disloquait. Les soldats résolurent alors de tuer les prisonniers, de peur qu'il ne s'en échappât quelqu'un à la nage. Mais le centurion, qui voulait sauver Paul, s'opposa à leur dessein. Il donna l'ordre à ceux qui savaient nager de se jeter à l'eau les premiers et de gagner la terre; quant aux autres, ils la gagneraient, qui sur des planches, qui sur les épaves du navire. Et c'est ainsi que tous parvinrent sains et saufs à terre.
   r. Tempus est ut revértar ad eum qui misit me, dicit Dóminus; nolíte contristári, nec turbétur cor vestrum; * Rogo pro vobis Patrem ut ipse vos custódiat, allelúia, allelúia. v. Nisi ego abíero, Paráclitus non véniet; dum assúmptus fúero, mittam vobis eum. * Rogo. v. Glória Patri. * Rogo.
   r. Il est temps que je retourne auprès de celui qui m'a envoyé, dit le Seigneur; ne soyez pas bouleversés, contristés; * Je prie pour vous le Père: que lui-même vous garde, alléluia, alléluia! v. Si je ne m'en vais pas, le Défenseur ne viendra pas à vous; mais quand j'aurai été enlevé au ciel, je vous l'enverrai. * Je prie. v. Gloire au Père. * Je prie.
In secundo nocturno, anno II)
Deuxième nocturne, année II )
Ex Apológia secúnda sancti Iustíni mártyris (Cc.13-14 : ed. de Otto, Ienæ, 1876, 237-241)
Seconde apologie de saint Justin
   Ego, cum integuméntum nefárium a pravis dæmónibus ad deterréndos céteros hómines divínis christianórum doctrínis iniéctum vidérem, et huiúsmodi mendaciórum auctóres et ipsum integuméntum et vulgi opiniónem irrísi. Christiánus ut invéniar, profíteor me et laudi dúcere et omni dimicatióne conténdere, non quod aliénæ sint Platónis doctrínæ a Christo, sed quod non omníno símiles sint, ut neque ceterórum, nempe Stoicórum et pœtárum et historicórum. Quisque enim ex parte dissemináti divíni Logi id quod ei cognátum est videns præcláre locútus est; qui autem in rebus gravióribus secum pugnántia dixérunt eos consecútos non esse ápparet sciéntiam sublimiórem et cognitiónem quæ refélli néqueat.
   Voyant que, pour détourner les hommes, les mauvais démons jetaient le discrédit sur la doctrine divine des chrétiens, je me moquai et des mensonges et des calomnies et de l'opinion de la multitude. Je suis chrétien, je m'en fais gloire et, je l'avoue, tout mon désir est de me faire reconnaître comme tel. Ce n'est pas que la doctrine de Platon soit incompatible avec celle du Christ, mais elle ne lui est pas en tout semblable, pas plus que celles des autres, Stoïciens, poètes ou écrivains. Chacun d'eux, en effet, a vu du Verbe divin disséminé dans le monde ce qui était en rapport avec sa nature, et a pu exprimer ainsi une vérité partielle; mais comme ils se contredisent dans les points essentiels, ils montrent qu'ils n'ont pas une science infaillible et une connaissance irréfutable.
   Quæcúmque ígitur apud omnes præcláre dicta sunt, nostra christianórum sunt; oriúndum enim ab ingénito et inenarrábili Deo Logon secúndum Deum adorámus et amámus, quandóquidem étiam homo propter nos factus est, ut, et perpessiónum nostrárum párticeps factus, et medicínam nobis fáceret. Scriptóres enim omnes per ínsitum Logi semen subobscúre potuérunt verum vidére. Nam áliud est semen alicúius et imitámen pro víribus concéssum, et áliud ipsum illud cuius communicátio et imitátio secúndum grátiam ab ipso proveniéntem concéditur.
   Tout ce qu'ils ont enseigné de bien nous appartient, à nous chrétiens. Car après Dieu nous adorons et nous aimons le Verbe né du Dieu éternel et ineffable, puisqu'il s'est fait homme pour nous, afin de nous guérir de nos maux en y prenant part. Les écrivains ont pu voir indistinctement la vérité, grâce à la semence du Verbe qui a été déposée en eux. Mais autre chose est de posséder une semence et une ressemblance proportionnée à ses facultés, autre chose l'objet même dont la participation et l'imitation procèdent de la grâce qui vient de lui.
   Quaprópter vos rogámus ut huncce libéllum, subscribéntes quod vobis placet, promulgétis, ut céteris quoque nostra innotéscant et possint falsa opinióne boníque ignorántia liberári : qui sua culpa supplíciis obnóxii fiunt, quia natúræ hóminum inest facúltas cognoscéndi bonum et turpe, et quia nos, quos non norunt tália patráre facínora quália criminántur, condémnant, et quia diis gaudent, qui tália patrárunt et ab homínibus simília étiam nunc éxigunt : ádeo ut eo ipso, quod nos, quasi tália patrántes, morte aut vínculis aut ália eiúsmodi pœna mulctant, seípsos condémnent, ita ut áliis iudícibus non sit opus.
   Nous vous demandons de sanctionner cette requête, en telle forme qu'il vous plaira. Ainsi notre doctrine sera connue, et cette connaissance dissipera les préjugés et l'ignorance de la vérité auprès des autres qui, en grand nombre, s'exposent au châtiment par leur faute. Car l'homme a par sa nature le pouvoir de connaître le bien et le mal. Car on nous condamne pour des crimes dont on ne sait pas si nous sommes coupables. Car on approuve les dieux qui font ce qu'on nous reproche et qui cherchent parmi les hommes des imitateurs. Ceux qui pour ces prétendus faits nous condamnent à mort, à la prison ou à quelque peine semblable, se condamnent eux-mêmes; ils n'ont pas besoin d'autres juges.
   r. Iste sanctus pro lege Dei sui certávit usque ad mortem, et a verbis impiórum non tímuit ; * Fundátus enim erat supra firmam petram, allelúia. v. Iste est qui contémpsit vitam mundi et pervénit ad cæléstia regna. * Fundátus. v. Glória Patri. * Fundátus.
   r. Ce saint homme a combattu jusqu'à en mourir pour la loi de son Dieu, il n'a pas tremblé devant les menaces des impies; * Car il était ancré fermement sur le roc, alléluia! v. Pour avoir méprisé sa vie en ce monde, il a gagné le royaume des cieux; * Car. v. Gloire au Père. * Car.
   
   Orémus.
   Prions.
   Deus, qui per stultítiam crucis eminéntem Iesu Christi sciéntiam beátum Iustínum mártyrem mirabíliter docuísti, eius nobis intercessióne concéde, * ut, errórum circumventióne depúlsa, fídei firmitátem consequámur.
   O Dieu, qui, par la folie de la croix, as, d’une manière admirable, enseigné au bienheureux Justin, Martyr, l’éminente science de Jésus-Christ, accorde-nous, par son intercession, qu’après avoir vu repousser la foule des erreurs qui nous entourent, nous obtenions la fermeté dans la foi.
%%
(c3) BE(hij)ne(i)di(j)cá(ih)mus(gf) Dó(ghGF)mi(ef)no.(f) r/.(::) De(hijIH)o(gf) grá(ghGF)ti(ef)as.(f) (::)
   v. Benedicámus Dómino. r. Deo grátias.
   v. Bénissons le Seigneur. r. Rendons grâces à Dieu.
Les traductions proposées ici ont pour seul but une meilleure compréhension du texte latin. Elles ne doivent pas être utilisées à la place des traductions officielles dans la liturgie en langue vernaculaire, qui sont © AELF.
Retour en haut