Feria V 27 Augustii 2026, Hebdomada XXI per annum,
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   Pourquoi plusieurs choix de cursus?
   Depuis des siècles, l’usage monastique de la répartition des psaumes aux différentes heures est différent de l’usage séculier. Saint Benoît dans sa règle (regula monachorum c. XVIII : QUO ORDINE IPSI PSALMI DICENDI SUNT) propose une répartition des psaumes adaptés à des communautés monastiques qu’il fonde, en précisant bien qu’une autre répartition est possible.
   « Hoc praecipue commonentes ut, si cui forte haec distributio psalmorum displicuerit, ordinet si melius aliter iudicaverit, dum omnimodis id adtendat ut omni hebdomada psalterium ex integro numero centum quinquaginta psalmorum psallantur, et dominico die semper a caput reprehendatur ad vigilias. Quia nimis inertem devotionis suae servitium ostendunt monachi qui minus a psalterio cum canticis consuetudinariis per septimanae circulum psallunt, dum quando legamus sanctos patres nostros uno die hoc strenue implesse, quod nos tepidi utinam septimana integra persolvamus. »
   « L’ordonnance de la psalmodie de jour étant ainsi faite, tous les psaumes qui restent seront également répartis entre les sept vigiles nocturnes, de manière à diviser ceux qui sont les plus longs et à en établir douze pour chaque nuit. Nous faisons surtout la recommandation suivante : si jamais cette distribution des psaumes déplaît à quelqu’un, qu’il en adopte une autre jugée par lui meilleure, pourvu qu’il veille, en tout cas, à ce qu’on chante chaque semaine intégralement le psautier de cent cinquante psaumes et que, le dimanche aux vigiles, on le reprenne toujours au commencement. « Car ils montrent vraiment par trop de lâcheté dans le service qu’ils ont voué, les moines qui, au cours d’une semaine, psalmodient moins d’un psautier avec les cantiques habituels. Nous lisons que nos saints Pères accomplissaient vaillamment en un jour cette tâche ; nous, dans notre tiédeur, puissions-nous nous en acquitter en une semaine entière ! »
   A une certaine époque, notamment à l’époque contemporaine, (XIXème siècle, après la révolution française) la légitimité de l’usage de la répartition des psaumes proposée par S. Benoît a été remise en cause. C’est Dom Guéranger qui a œuvré en France pour la reconnaissance d’un usage séculaire distinguant la répartition des psaumes dans l’office séculier et dans l’office monastique si bien que c’est aujourd’hui tout à fait admis. La répartition des psaumes proposée par S. Benoît est appelée « schéma A », et c’est celle qui est proposée sur Societas laudis. Mais il y en a d’autres (schéma B, schéma C) qui sont en usage de façon tout à fait légitime dans certains monastères. Le cursus monastique du schéma A diffère du cursus séculier avant tout car en conformité avec la Règle de Saint Benoît, l’ensemble du psautier est chanté sur une semaine, alors que dans le cursus séculier (Liturgia horarum) le psautier est chanté sur 4 semaines. La différence la plus notable concerne l’office nocturne qui comporte 12 psaumes (« la mesure de l’ange ») alors que dans le cursus séculier il en comporte 3. Avant la réforme liturgique de Vatican II, l’office de nuit séculier en comportait 9.
   Comment changer de cursus ?
   Dans votre profil, vous pouvez choisir le cursus (séculier ou monastique) que vous voulez voir s'afficher au lancement de l'application. Si vous voulez basculer de l'un à l'autre, vous pouvez également le faire via la petite route dentée en haut à gauche de l'onglet "Liturgia", ansi que dans l'onglet "ordo", bouton "Calendarium" en haut à droite. Prochainement vous pourrez également changer la langue de traduction (Anglais bientôt disponible ; les traductions sont en cours).
   Pourquoi les traductions françaises diffèrent-elles de celles que j’entends à la messe ou à l’office?
   La liturgie en latin souffre de beaucoup de maux : elle n’est pas goutée par la plus grande partie de nos contemporains, car la plupart d’entre eux n’ont pas suivi suffisamment de cours de latin pour réellement en tirer un profit spirituel. C’est pourquoi dans de nombreux endroits, elle est simplement laissée de côté, pour des raisons pastorales qui sont explicitées rapidement par les responsables de la façon suivante : les fidèles ont besoin de comprendre les prières qu’ils adressent à Dieu, et si elles ne sont pas dans leur langue maternelle, cela handicape leur vie spirituelle.
   Ces raisons sont aisément compréhensibles ; mais quelquefois les pasteurs ou les fidèles en tirent des conclusions hâtives, voire erronées, en finissant par penser que prier dans une autre langue que sa langue maternelle pourrait faire d’eux de mauvais chrétiens, ou a minima des traditionalistes, qui secrètement rejetteraient l’enseignement de l’Eglise. Nous pensons évidemment exactement l’inverse : la langue latine qui est justement la langue de l’Eglise permet au contraire d’entrer plus profondément dans le mystère ecclésial.
   L’objectif de Societas laudis est ainsi de répondre – autrement – à cette préoccupation ; nous avons la conviction que la liturgie latine permet d’approfondir à la fois le cœur à cœur avec Dieu et la contemplation de la vérité chrétienne de façon beaucoup plus intense que la liturgie en langue maternelle. L’abandonner serait un grand dommage pour les âmes et pour toute l’Église. Or, pour que les fidèles puissent profiter à plein du magnifique trésor littéraire et spirituel de la liturgie en latin, il faut proposer en face des textes liturgiques une manière simple d’y entrer.
   Il importe donc de faire une traduction sur le texte latin lui-même et non sur une autre version ; en particulier l’AELF, l’organe qui publie les textes officiels de la liturgie en français, traduit l’Écriture sainte à partir de sa version grecque. Proposer en face du texte latin une traduction française faite sur le Grec ne permet pas de s’imprégner de façon progressive du génie de la langue liturgique latine qui a structuré de façon décisive l’occident chrétien. C’est pourquoi nous proposons une traduction différente de la version de l’AELF, qui s’inspire des meilleures sources : la bible Fillion, la bible de Jérusalem, la bible Glaire-Vigouroux, la bible Crampon ; notre traduction ne doit pas être utilisée pour la célébration de la liturgie en français.
   Ces réflexions sont valables à la fois pour les psaumes, les antiennes les hymnes, les répons et les lectures de la messe comme de l’office. Certaines personnes font observer que les lectures en latin semblent interdites dans la liturgie d’après le Concile ; et qu’en ce qui concerne l’usage actuel de la liturgie d’avant le Concile Vatican II, Traditionis custodes demande à ce que les lectures de la messe soient faites en langue maternelle. Pour répondre à cela, observons deux aspects :
   1- Societas laudis n’est pas concerné par Traditionis custodes, puisque les textes présentés ici sont en conformité avec la liturgie post-conciliaire.
   2 – En France, les évêques ont demandé que pour les messes avec peuple, les lectures soient en français. Rien n’a été demandé en ce qui concerne l’office si bien qu’en France, y compris pour une liturgie avec peuple, il est tout à fait légitime de proposer une lecture en latin. Enfin, toutes les messes ne sont pas publiques, et pour une messe sans peuple, rien n’empêche un célébrant de prendre les lectures en latin. Dans d’autres pays, une telle limitation concernant l’usage du latin pour les lectures de la messe n’existe pas. A Rome, notamment dans la liturgie papale les lectures sont souvent en latin et même en grec pour l’Evangile.
   Par ailleurs, même si la lecture de la messe est en langue maternelle, il demeure tout à fait profitable pour un fidèle d’avoir à sa disposition le texte officiel de la lecture pour toute l’Eglise qui est en latin et référencé dans l’Ordo lectionum missae – un livre rappelons-le qui date d’après le Concile et propose toutes les lectures de la messe en langue latine. Les usagers et sociétaires de Societas laudis sont en effet souvent très heureux de pouvoir consulter la version latine des textes de la messe qui leur donne une connaissance plus approfondie de la Parole de Dieu.
   Pourquoi les psaumes ne sont pas tout à fait les mêmes que dans le monastère / l’abbaye de N. ?
   L’usage du latin pour la liturgie a connu depuis plus de 50 années plusieurs évolutions ; Avant 1979, l’Eglise utilisait une version de la Vulgate appelée « sixto-clémentine » qui souffrait de certaines déficiences. Le pape Jean-Paul II a promulgué une version corrigée de cette Vulgate « sixto-clémentine » sous le nom de « Nova vulgata », avec des ajustements d’importance, notamment en ce qui concerne certains termes théologiques ou certaines interpolations. Les textes liturgiques les plus antiques (notamment ceux utilisés par le répertoire du chant grégorien) n’utilisent pas eux-mêmes la Vulgate de Saint Jérôme mais une autre édition communément appelée « Vetus romana ».
   Ce débat sur la version latine de la bible n’est pas nouveau ; dès avant le Concile Vatican II, le problème d’une version latine de l’Écriture sainte conforme à la foi s’est posée et a fait débat (cf. le « psautier Béa »). Les monastères sont des communautés où l’équilibre et la « discretio » sont les conditions de la vie contemplative. Pour cette raison, tous n’ont pas adopté l’ensemble des livres officiels ou le font progressivement ; il y a d’autre part dans l’ordre bénédictin une tradition d’autonomie de la vie spirituelle de chaque maison, si bien qu’il peut y avoir des différences assez importantes de pratique liturgique, particulièrement dans la liturgie des heures, entre chaque communauté y compris à l’intérieur d’une même congrégation, et c’est tout à fait légitime. Les textes qui sont présentés sur Societas laudis, par contre s’efforcent autant que possible d’être standards ou de correspondre à un usage réel, et ne prennent pas en compte (pour le moment ?) les variations locales de chaque monastère. Si bien que vous pouvez fréquenter par exemple un monastère qui utilise toujours soit la Vulgate sixto-clémentine, soit la Nova vulgata avec la répartition des versets de psaumes dans sa version de 1985 (celle de Liturgia Horarum dans son édition typique) ou dans la version datant des années 2000 (Psalterium monasticum le plus récent).
   Pourquoi n’affichez-vous pas dans le propre de la messe le texte du psaume responsorial ? C’est pourtant obligatoire pour la célébration de la messe.
   Nous avons fait le choix sur Societas laudis de proposer en priorité les propres de la messe chantée (missa cantata). Le psaume responsorial fait partie non pas du propre de la messe chantée mais du propre de la messe lue. Les textes peuvent différer assez fortement, car les textes de la messe lue ne sont pas – logiquement – destinés au chant. En effet le Missale romanum indique l’antienne d’entrée et de communion que le prêtre lit si la messe est une « missa lecta » (messe lue). En ce qui concerne la « missa cantata » (messe chantée), les textes se trouvent non pas au missel romain mais au graduel romain ; c’est le chœur qui exécute la pièce. Cependant, dans certains cas nos pages indiquent l’antienne d’entrée, le psaume responsorial, l’acclamation avant l’Evangile et l’antienne de communion qui sont indiqués soit au Missel, soit au Lectionnaire, en fin de page, sous le titre « modifications aux messes lues ». Tout n’est pas (encore) complété.
   Pourquoi indiquez vous un chant à l’offertoire ? Dans le missel d’après Vatican II, il n’y a pas d’antienne d’offertoire.
   En effet le chant d’offertoire n’apparaît pas au missel romain pour une raison simple : ce livre est à l’usage du célébrant, qui doit accomplir les rites de la « praeparatio donorum » (préparation des dons) à ce moment, donc il ne peut pas lire en même temps l’antienne d’offertoire prévue au rite romain. Celle-ci est l’apanage du chœur ou de la schola et cette pièce est bien présente dans l’Ordo cantus Missae. Notons au passage que dans ce livre (qui est également un livre postérieur à la réforme liturgique ayant fait suite au Concile Vatican II) il s’agit bien d’un chant « ad offertorium », ce qui dit bien que l’offertoire dans le rite romain n’a pas disparu dans la liturgie rénovée ; la « praeparatio donorum » prend une forme différente de celle qu’elle avait jusqu’en 1969, mais le chant lui-même demeure. Les pièces présentées par l’Ordo cantus missae font d’ailleurs partie des plus antiques du répertoire grégorien.
   Faut il chanter le graduel et l’alléluia aux messes de semaine ?
   Le principe général de la messe chantée est que le chant intercalé entre les lectures est une méditation de la lecture qui le précède. Si bien que s’il n’y a qu’une seule lecture avant l’Évangile, on ne chante que l’un des deux chants : au temps per annum, par exemple soit graduel, soit alléluia. Conséquemment, observons donc qu’il peut très bien y avoir pendant ce temps liturgique une messe sans alléluia. Ce choix est laissé au chœur, car dans beaucoup de cas, les chants des féries de semaine sont simplement la reprise des chants du dimanche qui précède. Ajoutons que le graduel comme l’alléluia sont des répons. Il faut donc en chantant le graduel, exactement comme pour l’alléluia, reprendre la première phrase après le verset. L’habitude est peu ancrée, pour des raisons historiques : avant le Concile, on enchaînait le chant du graduel et de l’alléluia car le formulaire du propre de la messe demeurait tel quel le dimanche et les jours suivants de la semaine. Or l’usage du rite romain est que, à la messe, lorsqu’un répons est suivi d’un autre chant (une séquence par exemple) on ne reprend pas le répons. Seul l’alléluia, placé en dernier avant l’Évangile, était donc chanté sous forme responsoriale.
   Pourquoi je n’ai pas les mêmes textes de l’office de lecture que dans mon livre « liturgie des heures » ?
   La Présentation générale de la liturgie des heures au numéro 161 indique :
   Præter lectiones libro Liturgiæ Horarum pro unoquoque die assignatas, habetur Lectionarium ad libitum, ubi maior copia lectionum præbetur, quo latius pateat iis qui Officium divinum persolvunt, thesaurus Ecclesiæ traditionis. Datur facultas unicuíque lectionem alteram sumendi aut e libro Liturgiæ Horarum aut e Lectionario ad libitum.
   Outre les lectures assignées pour chaque jour dans le livre de la Liturgie des Heures, on a un lectionnaire facultatif, où l’on trouve une plus grande abondance de lectures, ouvrant plus largement à ceux qui s’acquittent de l’office divin le trésor de la tradition de l’Église. Chacun est libre de prendre la seconde lecture soit au livre de la Liturgie des Heures, soit au lectionnaire facultatif.
   Ce livre a été édité en Français et est disponible par exemple ici : https://www.abbayedesolesmes.fr/affichagelivres/lectionnaire-pour-chaque-jour-serie-complete-4-vol ; il n’est – il est vrai – pas intégré à la version standard de l’adaptation française de Liturgia Horarum édité sous l’appellation Liturgie des heures. Nous avons pensé proposer plutôt cette version, car elle sous-entend l’usage notamment des antiennes des premières vêpres des dimanches non pas sur une seule année, mais sur deux, tant en ce qui concerne l’Antiphonale romanum que l’Antiphonale monasticum. Évidemment, proposer davantage de textes pour cet office de lecture pourra rendre de grands services à tous ceux qui font de la liturgie le centre de gravité de leur piété et de leur relation à Jésus-Christ.


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