In secundo nocturno, anno II
Deuxième nocturne, année II
Ex Homilíis Orígenis presbýteri in Génesim (Hom. 2, 3: SC 7 bis, 89-93)
Homélie d'Origène sur la Genèse
Lectio I
Lecture I
Puto, ut ego pro parvitáte sensus mei ássequi possum, quod illud dilúvium, quo pæne finis tunc datus est mundo, formam téneat finis illíus qui vere futúrus est mundi. Quod et ipse Dóminus pronuntiávit dicens: Sicut enim in diébus Nœ emébant, vendébant, ædificábant, nubébant, et nuptum tradébant, et venit dilúvium, et pérdidit omnes: ita erit et advéntus Fílii hóminis. In quo evidénter unam eamdémque formam dilúvii, quod præcéssit, et finis mundi, quem ventúrum dicit desígnat. Sicut ergo tunc dictum est ad illum Nœ ut fáceret arcam et introdúceret in eam secum non solum fílios et próximos suos, verum étiam divérsi géneris animália, ita étiam ad nostrum Nœ, qui vere solus iustus et solus perféctus est, Dóminum Iesum Christum, in consummatióne sæculórum dictum est a Patre ut fáceret sibi arcam ex lignis quadrátis et mensúras ei daret cæléstibus sacraméntis replétas. Hoc enim designátur in Psalmo, ubi dicit: Pete a me, et dabo tibi gentes hereditátem tuam, et possessiónem tuam términos terræ.
Autant que la petitesse de mon esprit me le permet, je pense que le déluge, qui mit presque alors un terme au monde, figure la fin du monde qui doit véritablement arriver. Le Seigneur lui-même l'a proclamé quand il a dit: Aux jours de Noé les hommes achetaient, vendaient, bâtissaient, se mariaient, mariaient leurs filles; et le déluge vint qui les perdit tous: ainsi sera aussi l'avènement du Fils de l'homme. Dans ce texte, il apparaît bien que le Seigneur décrit d'une seule et même façon le déluge qui a précédé et la fin du monde qu'il annonce pour l'avenir. Ainsi donc, comme il fut dit alors à l'antique Noé de faire une arche et d'y introduire avec lui non seulement ses fils et ses proches, mais des animaux de toute espèce; de même, à la consommation des siècles, a-t-il été dit par le Père à notre Noé, qui est véritablement le seul Juste et le seul Parfait, le Seigneur Jésus-Christ, de se faire une arche de bois équarri et de lui donner des mesures pleines de mystères célestes. C'est ce qui est indiqué dans le psaume, où il dit: Demande et je te donnerai les nations pour héritage, et pour domaine les extrémités de la terre.
r. In artículo diéi illíus ingréssus est Nœ in arcam et fílii eius, * Uxor illíus, et uxóres filiórum eius. v. Deléta sunt univérsa de terra; remánsit solus Nœ et qui cum eo erant in arcam, * Uxor illíus.
r. Ce jour même, Noé entra dans l'arche avec ses fils, * Son épouse, et les épouses de ses fils. v. Tout fut effacé de la surface de la terre; il ne resta que Noé avec ceux qui l'accompagnaient dans l'arche, * Son épouse.
Lectio II
Lecture II
Verum quóniam non est ómnium unum méritum nec unus in fide proféctus, idcírco et arca illa non unam præbet ómnibus mansiónem, sed bicameráta sunt inferióra et tricameráta superióra, et nidi distinguúntur in ea, ut osténdat quia et in Ecclésia, licet omnes intra unam fidem contineántur atque uno baptismáte diluántur non tamen unus ómnibus atque idem proféctus est, sed unusquísque in suo órdine.
Mais ni le mérite ni les progrès dans la foi ne sont les mêmes pour tous; c'est pourquoi cette arche ne renferme pas pour tous le même logement, mais le bas en est à deux étages, le haut à trois étages et on y a établi des niches. Cela montre que dans l'Église, bien que tous soient contenus à l'intérieur d'une même foi et baignés dans un seul baptême, tous ne progressent pas ensemble ni de la même façon, mais chacun en son rang.
r. Recordátus Dóminus Nœ; addúxit spíritum super terram, et imminútæ sunt aquæ; * Et prohíbitæ sunt plúviæ de cælo. v. Reversæque sunt aquæ de terra eúntes et redeúntes, et cœpérunt mínui post centum quinquagínta dies. * Et prohíbitæ sunt.
r. Dieu se souvint de Noé; il fit souffler un vent sur la terre, et les eaux baissèrent; * La pluie du ciel s'arrêta. v. Les eaux se retirèrent de la terre par un flux et un reflux; au bout de cent cinquante jours, elles commencèrent à diminuer. * La pluie.
Lectio III
Lecture III
Per síngulos habitatiónum gradus adscendéntibus pervenítur ad ipsum Nœ, qui interpretátur réquies vel iustus, qui est Christus Iesus. Neque enim in illum Nœ cónvenit quod dicit Lamech pater eius: Hic enim, inquit, réquiem dabit nobis ab opéribus et a tristítiis mánuum nostrárum et a terra quam maledíxit Dóminus Deus. Quómodo enim verum erit quod ille Nœ réquiem déderit illi Lamech vel pópulo qui tunc habebátur in terris, vel quómodo tristítiis et labóre cessátum est tempóribus Nœ vel quómodo ablátum est maledíctum terræ, quod déderat Dóminus, ubi pótius et iracúndia divína maior osténditur et refértur dícere Deus quia pænitet me quod feci hóminem super terram, et íterum dicit: Déleam omnem carnem quæ est super terram, et super ómnia summæ offénsæ indícium intéritus vivéntium datur? Si vero respícias ad Dóminum nostrum Jesum Christum, de quo dícitur: Ecce agnus Dei, ecce qui tollit peccátum mundi, et íterum de quo dícitur: Factus pro nobis maledíctum, ut nos de maledícto legis redímeret, et íterum cum dicit: Veníte ad me qui laborátis et oneráti estis et ego refíciam vos et inveniétis réquiem animábus vestris, invénies hunc esse qui vere réquiem dedit homínibus et liberávit terram de maledícto quo maledíxit ei Dóminus Deus. Huic ergo spiritáli Nœ, qui réquiem dedit homínibus et tulit peccátum mundi, dícitur: Fácies tibi arcam ex lignis quadrátis.
En montant à travers les différents étages d'appartements, on arrive à Noé lui-même, - Noé veut dire " le repos " ou " le juste " - Noé qui est le Christ Jésus. Car ce n'est pas à l'antique Noé que conviennent ces paroles de Lamech son père: Celui-ci nous reposera de nos fatigues, du travail pénible de nos mains et de la terre que le Seigneur Dieu a maudite. Comment, en effet, tenir pour vrai que l'antique Noé a reposé Lamech ou le peuple qui se trouvait alors sur la terre, comment la fatigue et le travail pénible auraient-ils pu cesser à l'époque de Noé, comment aurait pu être supprimée la malédiction que le Seigneur avait prononcée contre la terre, quand il est plutôt montré que la colère divine s'accrut et qu'il est rapporté que Dieu dit: Je me repens d'avoir fait l'homme sur la terre, qu'il dit encore: Je détruirai toute chair sur la terre, et surtout quand la mort des vivants fournit la preuve de la plus grande disgrâce? Mais considérez notre Seigneur Jésus-Christ. Il est dit de lui: Voici l'agneau de Dieu, voici celui qui ôte le péché du monde, et ailleurs: Devenu pour nous malédiction, pour nous racheter de la malédiction de la loi; ailleurs encore, c'est lui qui dit: Venez à moi vous qui êtes fatigués et ployez sous le fardeau et je vous referai et vous trouverez le repos de vos âmes. Vous voyez que c'est lui qui a vraiment donné le repos aux hommes et qui a délivré la terre de la malédiction portée contre elle par le Seigneur Dieu. Ainsi donc, à ce Noé spirituel, qui a donné le repos aux hommes et qui a ôté le péché du monde, il est dit: Tu te feras une arche de bois équarri.
r. Locútus est Dóminus ad Nœ, dicens: Egrédere de arca, tu et * Uxor tua, et fílii tui et uxóres filiórum tuórum tecum. v. Benedixítque eis, dicens: Créscite et multiplicámini et repléte terram. * Uxor tua. v. Glória Patri. * Uxor tua.
r. Dieu adressa la parole à Noé: Sors de l'arche, * Toi, et avec toi ton épouse, tes fils et leurs épouses. v. Dieu bénit Noé avec ses fils; il dit: Soyez féconds, multipliez-vous, remplissez la terre; * Toi. v. Gloire au Père. * Toi.